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Route 66

Route 66

Prenez vos bécanes pour aller au cinéma, voir des pièces de théâtre, admirer des expositions...

Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Pietro Marcello adapte le roman éponyme de Jack London en le transposant de la Californie à Naples, ville portuaire de tous les brassages...

Il nous conte l'histoire de Martin, un matelot qui, par amour pour Elena, une ravissante grande bourgeoise, décide de combler ses lacunes scolaires en lisant toute la philosophie et la poésie qu'il arrive à se procurer... pour, dit-il, devenir écrivain...

Martin est interprété par Luca Marinelli, un acteur fabuleux qui crève l'écran de sa silhouette à la fois virile et déliée : le rôle lui a valu le Prix du meilleur acteur à la Mostra de Venise de 2019 contre Joaquin Phoenix dans Joker !

Quant à Elena, la belle étudiante aux cheveux dorés, elle est interprétée par Jessica Cressy, qui lui prête sa délicatesse et sa liberté de ton dans une Italie du Sud corsetée par les luttes de classe...

Nous suivons avec passion l'ascension du jeune Martin Eden qui sait rallier toutes les sympathies masculines et féminines autour de lui tel Russ Brissenden le poète maudit ou Maria, la jeune veuve qui, bien que très pauvre, lui ouvre les portes de sa maison, le nourrit et le soigne quand il tombe malade...

Séduite par la fougue créatrice de Martin, Elena doit très vite composer entre son amour naissant et le rejet de ses parents qui voient d'un mauvais œil le prolétaire autodidacte qui profère des idées transgressives...

Le film nous plonge dans les combats de l'époque : le socialisme, la petite entreprise... et se nourrit d'images d'archive tremblées qui nous rendent l'intrigue encore plus vivante...

La fresque passionnante se poursuit jusque dans les années 80 où Martin Eden victime de son succès, ne désire plus !

A voir avant que le film ne disparaisse des écrans !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Après avoir réalisé un court métrage du même nom en 2017, oeuvre qui a été récompensée par le César du meilleur court métrage en 2018, Ladj Ly nous offre dans ce film une fresque non manichéenne de la vie dans la cité des Bosquets à  Montfermeil qui l'a vu grandir...

Au lendemain de la victoire des Bleus à la Coupe de Monde de foot censée avoir apaisé les esprits, il nous immerge dans la France métissée aux portes de Paris où cohabitent différents groupes  (Maliens, Gitans, musulmans radicaux, faux repentis, bande des "microbes"...), tous surveillés par la BAC (Brigade Anti-Criminalité)...

Émaillé par de petits incidents, le quotidien de ces policiers de terrain : Chris (Alexis Manenti glaçant en beauf raciste), Gwada (excellent Djebril Zonga) et Stéphane le nouveau venu (Damien Bonnard fascinant dans un rôle complexe de gentil flic), va soudainement basculer dans la tension lorsqu'un enfant de la bande s'empare d'un lionceau appartenant aux Gitans.... C'est une histoire véridique !

Le réalisateur confie à son fils le drone avec lequel il a lui-même surveillé les policiers de sa cité durant 5 ans jusqu'à réussir à filmer La bavure...

Le spectateur assiste impuissant à la montée de la violence qui n'épargne personne, dans ce monde abandonné des politiques et livré aux expédients, à la drogue et à l'islamisme !

Un film pour informer, pour témoigner, pour alerter sans prendre parti !

A voir assurément !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #théâtre

Ecrit et mis en scène par Laetitia Gonzalbes, la pièce nous conte par le biais d'une fiction pleine d'humour et d'inventivité la vie romanesque de ce compositeur hors norme, virtuose avant-gardiste dont les musiques sont aujourd'hui jouées dans le monde entier telles les célèbres Gymnopédies...

Mêlant musique, danse et illustrations qui se dessinent en fond d'écran sous la plume du formidable illustrateur Suki,  le texte d'une finesse d'écriture rare ouvre une série de portes et nous entraîne dans les questionnements d'une jeune femme dont la mère s'est suicidée, d'un homme prêt à tout pour sauver sa fille de la dépression...

La vie, le grand amour, les amis et l'oeuvre de Satie constituent la trame de ce récit tendu entre hier et aujourd'hui, entre souvenir et jeu...

Portée par deux magnifiques comédiens aux multiples talents : Elliot Janicut (ex pensionnaire de la Comédie française, mime et clown) et Anaïs Yazit (danseuse de flamenco et chanteuse de rock et de soul), la pièce mérite d'être vue par tous les amateurs de théâtre "art et essai" !

Pour compléter votre soirée, je vous conseille L'Atelier 72, un excellent restaurant qui malheureusement va fermer ses portes fin décembre - installé 72 rue du Cardinal Lemoine, il propose des assiettes de dégustation originales et très "faites maison", servies avec des vins dont certains en biodynamie !

Quelle excellente soirée !  

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Fabienne Berthaud s'est inspiré du livre de Corine Sombrun : Mon initiation chez les Chamanes pour écrire son film...

Conseillée par Corine Sombrun et accompagnée d'une traductrice présente dans le film, la réalisatrice a emmené toute l'équipe de tournage dans la steppe mongole où vivent les Tsaatans, peuple nomade éleveur de rennes, région totalement inaccessible par la route, sans eau courante ni électricité ou connexion internet... mais magnifique !

C'est Cécile de France qui joue le rôle de Corine : complètement dévastée par le décès de son mari Paul, elle accepte de faire un reportage sur les "spiritualités" en Mongolie...

Transportée par le rituel, Corine entre en transe... mais a du mal à accepter la révélation : elle serait elle-même une chamane ?

A peine rentrée en France, elle repart toutefois en Mongolie pour être initiée et surtout revoir son mari...

Cécile de France est crédible lorsqu'elle pleure son mari mais on a du mal à la suivre dans ses aventures chamaniques qui semblent complètement caricaturales...

Quant à Ludivine Sagnier qui joue sa sœur, elle n'est pas gâtée par le rôle d'opposante systématique qui lui est dévolu...

A éviter donc sauf si vous aimez la Mongolie et sa faune sauvage !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Le réalisateur James Mangold nous raconte deux histoires qui se nourrissent l'une l'autre : celle de la rivalité entre Ferrari et Ford et celle de l'amitié entre deux hommes : Carroll Shelby (Matt Damon parfait) et Ken Miles (Christian Bale formidable)... 

A l'aube des années 60, Ford vend des voitures mais ne fait pas rêver... 

Son orgueilleux patron Henri Ford II envisage de racheter Ferrari mais échoue... Piqué au vif, il lance ses équipes dans un pari fou : concevoir de A à Z et en un temps record une voiture susceptible de leur faire gagner la mythique course des 24H du Mans...

Pour chapeauter le projet, Henri Ford et son directeur marketing Ian Iacocca (Jon Bernthal excellent) font appel à Carroll Shelby, ancien vainqueur de l'épreuve reconverti dans la construction de bolides pour des clients fortunés... Shelby va, avec grande difficulté,  réussir à imposer à l'équipe Ford de travailler avec Ken Miles, as du volant et mécano de génie...

Plongé dans des décors réels avec des voitures d'époque ou des répliques authentiques, le spectateur suit avec passion le suspens industriel, le récit haut en couleurs du nécessaire rapprochement entre les cols blancs et de ceux qui ont les mains dans le cambouis et se retrouve régulièrement aux commandes, scotché par l'effet de vitesse ressenti dans les bolides conduits par ces fous du volant à 300 km/h...

Des portraits d'hommes fascinants, un rôle de femme magnifique en la personne de Mollie (fabuleuse Caitriona Balfe) épouse de Ken Miles et une compétition reconstituée dans ses moindres détails : les 24H du Mans en 1966 !

Ford va gagner, c'est un film américain mais c'est également la réalité historique !

Palpitant !

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #théâtre

Le Petit Montparnasse nous gâte une fois de plus en donnant la parole aux femmes : Annick Le Goff adapte la belle biographie d'Evelyne Bloch-Dano  dans une mise en scène élégante d'Anouche Setbon et confie le rôle titre à la grande Catherine Arditi...

En 1908, le transfert des cendres d'Emile Zola au Panthéon bouleverse Alexandrine qui enterre son mari pour la seconde fois !

Fatiguée par l'asthme qui lui coupe le souffle, elle fait venir Monsieur Fleury (Pierre Forest) apothicaire et herboriste de son état à qui elle confie les souvenirs de sa vie romanesque...

Issue des bas fonds du ventre de Paris, orpheline dès l'âge de 7 ans, livrée à elle-même, devenue blanchisseuse à 14 ans, modèle des peintres Cézanne et Manet, sachant tout juste lire et écrire, Alexandrine va se hisser par amour à la hauteur d'un des écrivains les plus célèbres de son temps, au point de lui devenir indispensable au quotidien comme en politique, voire même sur le plan littéraire...

Encouragée par Monsieur Fleury qui s'improvise psychanalyste , Madame Zola va au fil des visites de l'apothicaire aux étranges potions retrouver sa voix et l'apprivoiser à son tour...

Un beau portrait de femme complexe et touchante dans sa sincérité ! 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Une très jolie surprise en ce mois de novembre gris et hivernal : une comédie française intelligente portée par des acteurs tous plus épatants les uns que les autres !

Nicolas Bedos nous raconte l'histoire de Victor (Daniel Auteuil parfait dans le rôle), dessinateur au chômage et vieux mari délaissé par Marianne sa femme (Fanny Ardant pétillante)...

Nostalgique des années 70, Victor n'aime pas son époque et refuse tous les outils modernes de communication au grand dam de Marianne qui lui préfère François son ex associé (Denis Podalydès désopilant) et finit par le mettre à la porte de leur appartement...

Désemparé son fils François (Michaël Cohen sobre et touchant à la fois), lui offre un voyage dans l'époque de son choix, organisé par un de ses amis d'enfance Maxime (Guillaume Canet parfaitement à l'aise dans ce rôle de metteur en scène cynique et d'amoureux tyrannique)...

Victor choisit sans hésiter le jour où il a rencontré sa femme Marianne en 1974 !

C'est là que le film se met en place avec l'arrivée de Margot (délicieuse Dora Tillier), jeune comédienne qui interprétera le rôle de Marianne jeune... et par ailleurs amante de Maxime...

Alternant nostalgie et ironie, scènes d'aujourd'hui et scènes des années 70 dans une reconstitution aussi fidèle que délicieusement "clichés" , le film gagne en profondeur au fur et à mesure que les personnages prennent conscience de leurs vrais désirs...

Quelques scènes hilarantes dont la "partouze" et les ronflements de l'amant tombé de son piédestal, des personnages secondaires extrêmement bien campés (et plus particulièrement le photographe et la scripte de l'équipe de tournage), un invité surprise en la personne de Pierre Arditi qui nous émeut, un magnifique couple Ardant/Auteuil...

Une seule petite déception : le couple Tillier/Canet trop caricatural dans leurs relations volcaniques pour vraiment nous convaincre !

A voir assurément !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Roman Polanski (86 ans) nous replonge dans la plus grande erreur judiciaire de la fin du XIXe siècle, la fameuse affaire Dreyfus qui déchira les familles françaises durant 12 ans... 

Le scénario du film est signé Robert Harris, journaliste britannique de télévision et de presse écrite qui s'est fait un nom en écrivant des romans historiques... tout comme l'était celui de Ghost Writer (très grand succès du réalisateur en 2010)...

Pour nous faire vivre "l'Affaire" à Paris et non depuis l'île du Diable, Roman Polanski et Robert Harris ont décidé de la présenter du point de vue de Georges Picquart, un lieutenant-colonel antisémite qui a paradoxalement et largement contribué à innocenter Alfred Dreyfus...

Le film tourné en français démarre dans la sinistre cour de l'Ecole Militaire le 5 janvier 1895 lorsque Dreyfus, condamné pour haute trahison et intelligence avec l'ennemi, est dégradé sous les cris de la foule haineuse qui se presse aux grilles...

Et le ton est donné... Tout est sombre dans le film : les bureaux, les prétoires, les appartements... tout est confiné et sent la poussière... seuls rutilent les uniformes aux pantalons garance...

Durant 2h13, nous suivons avec passion l'enquête menée par Picquart depuis son arrivée à la tête du "Bureau des Statistiques", autrement dit le service du renseignement français jusqu'au fameux "J'accuse" d'Emile Zola qui précipitera le deuxième procès puis la réhabilitation du capitaine juif...

Interprété par une brochette d'acteurs tous plus excellents les uns que les autres : Jean Dujardin incarne avec sobriété le personnage complexe de Picquart, Louis Garrel est marmoréen dans les habits de Dreyfus, Grégory Gadebois est formidable comme à son habitude dans la peau de Hubert Henry, officier subalterne qui fabriqua des fausses preuves contre Dreyfus à la demande de sa hiérarchie, Mathieu Amalric campe un Bertillon plus vrai que nature, Vincent Perez est parfait en Me Leblois, l'avocat ami de Picquart, Didier Sandre excelle dans l'uniforme du général de Boisdeffre, Melvil Poupaud est magnifique dans la robe de Me Labori qui défendit Dreyfus... le film dénonce la chasse aux sorcières à l'encontre d'une minorité, la paranoïa sécuritaire, les tribunaux militaires secrets, les agences de renseignement qui échappent à tout contrôle, les dissimulations gouvernementales et la presse tabloïd...

Le 64ème film de Polanski est tout à la fois le récit d'un passé peu glorieux pour la France et son armée et une mise en garde contre un possible bégaiement de l'Histoire ! 

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #théâtre

Le théâtre des Mathurins nous offre un très beau spectacle en mettant en scène Une vie, le premier roman de Guy de Maupassant...

Clémentine Célarié interprète avec infiniment de sensibilité et de talent Jeanne, l'héroïne du roman mais également tous les autres personnages : Petite mère, Petit père, son mari le vicomte Julien de Lamare, son fils Paul et Rosalie sa sœur de lait...

On suit avec passion l'histoire de la vie de cette femme, aristocrate de la fin du XIXe siècle, dont les joies et les tourments nous semblent si proches des nôtres...

Clémentine Célarié illumine le texte écrit dans une langue d'un classicisme souple et élégant et nous captive durant 1 heure et demi en nous faisant vivre les différents épisodes de cette vie aux accents normands où la mer puissante et enchanteresse n'est jamais très loin !

A voir absolument ! 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Le réalisateur letton Juris Kursietis nous raconte l'histoire d'Oleg (formidable Valentin Novopolskij), garçon boucher qui quitte son pays pour travailler sans contrat dans une "usine de viande" à Bruxelles...

Bien intégré dans l'équipe, Oleg vit chichement mais semble satisfait de son quotidien qui lui permet d'avoir un salaire décent et des compagnons d'infortune...

Trahi par un de ses collègues, il est viré sur le champ et se retrouve la proie d'Andrzej, un polonais mafieux qui l'exploite en contrepartie du vivre et du couvert...

Oleg est rattrapé par le destin de l'Agneau de Dieu, parabole que lui racontait sa grand mère en lui promettant un avenir salvateur...

Tentant d'échapper à son bourreau, il s'enfuit à Gant pour admirer le fameux Agneau mystique peint par les frères Van Eyck puis, n'arrivant pas à trouver sa place au sein d'une quelconque communauté (Andrzej lui a déchiré son passeport letton et il ne parle pas polonais alors que c'est la nationalité portée sur son nouveau passeport), il retourne à Bruxelles où l'attendent d'autres épreuves...

Inspiré d'une histoire vraie, le film "coup de poing" fait froid dans le dos et nous interroge sur la capacité d'accueil de nos belles démocraties !

A voir un jour où vous avez le moral ! 

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