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Route 66

Route 66

Prenez vos bécanes pour aller au cinéma, voir des pièces de théâtre, admirer des expositions...

Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Edward Norton filme New-York comme les plus grands...

De Brooklyn à Harlem, des rues mal famées aux clubs de jazz où les trompettistes improvisent et jusque dans les quartiers huppés de Manhattan, nous suivons Lionel Essrog (Edward Norton formidable), à la poursuite des meurtriers de son mentor Frank Minna (Bruce Willis)...

Lionel Essrog est atteint du syndrome de la Tourette : agité par de nombreux tics, il ne peut maîtriser son cerveau qui lui fait proférer des jurons à tout bout de champ...

Mais Lionel, doté d'une intelligence nettement au-dessus de la moyenne et d'une mémoire infaillible est tenace et rien ne le fait reculer...

Il croisera sur sa route Moses Randolph (Alec Baldwin) un manitou tout puissant de l'immobilier et Paul son malheureux frère (Willem Dafoe) et surtout Laura Rose (magnifique Gugu Mbatha-Raw) dont il va tomber amoureux et dont il finira par comprendre le rôle exact dans toute cette histoire...

Nous sommes à New-York dans les années 50 et l'argent roi commence à grignoter inexorablement les quartiers des minorités ethniques pour accélérer leur gentrification...

L'époque est passionnante et annonce la nôtre... la reconstitution de l'atmosphère et des costumes de ces années là nous plonge dans la nostalgie de l'âge d'or du cinéma et Edward Norton est tout simplement touchant dans ce rôle complexe de grand maladroit qui tente d'être à la hauteur de celui qui l'a aidé à prendre sa place dans la société alors qu'il aurait pu rester une victime de son statut d'orphelin handicapé...

A voir pour New-York et pour Edward Norton qui à 50 ans réalise son second long métrage en adaptant le livre de Jonathan Lethem : Motherless Brooklyn !

 

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Elia Suleiman nous offre un film à nulle autre pareil...

Il nous parle de son pays la Palestine...mais il nous parle également des pays occidentaux...

Coiffé de son éternel panama, le réalisateur incarne le rôle d'un candide qui regarde le monde et nous fait partager son étonnement...

Fatigué de l'omniprésence de la police dans sa ville de Nazareth et agacé par le manège de son voisin qui vient cueillir les oranges de son jardin comme s'il n'était pas présent, Elia Suleiman décide de s'envoler pour Paris où il débarque un 14 juillet au petit matin...

Quelle n'est pas sa surprise de voir des avions surgir au-dessus des maisons du Palais Royal et d'énormes chars défiler dans les rues désertes...

Accoudé à la rambarde de sa chambre d'hôtel, il observe l'étrange ballet de policiers en rollers ou en gyropode dans les rues désertes, une tournée du Samu qui tourne à la caricature administrative, d'autres policiers encore qui viennent avec le plus grand sérieux mesurer une terrasse de café avant de dicter leur rapport...

Le réalisateur nous offre quelques jolies scènes lorsqu'un espiègle moineau de Paris  vient picorer son ordinateur ou lorsqu'il est interpellé par deux touristes japonais qui croient reconnaître en lui Brigitte, leur hôte Airbnb ! puis rejoint New York où il a rendez-vous avec un producteur !

Dans un New York survolé en permanence par des hélicoptères, le cinéaste palestinien découvre avec stupeur que les caissiers et les consommateurs d'un supermarché sont tous armés et assiste avec la plus grande stupéfaction à la traque d'un ange par une escouade de policiers dans les allées de Central Park...

Dérouté par l'accueil qui lui est réservé : jugé soit trop palestinien soit pas assez, Elia Suleiman reprend l'avion pour Nazareth où il retrouve son voisin chapardeur...

Une jolie parabole sur l'image de la Palestine dans le monde, sur la paranoïa des pays occidentaux qui ont "importé" les mesures contre la violence qui constitue le quotidien du Moyen Orient, un espoir aussi dans le renouveau incarné par la jeunesse palestinienne !

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Le réalisateur Dominik Moll adapte à l'écran le roman éponyme de Colin Niel...

Cinq personnages écrivent cinq chapitres qui s'emboîtent et viennent se compléter pour éclairer les raisons de la disparition mystérieuse d'une femme dans le Causse Méjean (au sud du Massif central)...

Le ton est donné dès les premières images : nous sommes en plein hiver sur un plateau enneigé où les paysans isolés tentent de survivre avec leurs bêtes...

Michel (Denis Ménochet impressionnant comme à son habitude) est agriculteur - il vit avec sa femme Alice (formidable Laure Calamy), assistante sociale et supporte mal le père de celle-ci qui le tient pour un minable

Alice rend souvent visite au taiseux Joseph (Damien Bonnard impressionnant de vérité) qui ne se remet pas du décès de sa mère et préfère la compagnie de son chien à toute sollicitude humaine...

La parisienne Evelyne (Valeria Bruni Tedeschi dans un rôle à sa mesure) est attirée par Marion (formidable Nadia Tereszkiewicz), une serveuse de restaurant qui lui déclare son amour et se met à la harceler...

Quand Evelyne disparaît, le gendarme Cédric (Bastien Bouillon) parcourt les routes enneigées pour tenter de comprendre...

L'enquête quitte les Causses pour plonger dans la foule grouillante d'Abidjan où des jeunes gens désœuvrés tentent de gagner beaucoup d'argent en montant des cyber-arnaques...

Le spectateur se pique au jeu de la traque en écoutant les récits des cinq protagonistes qui aiment tous la mauvaise personne...

Le film nous parle de l'isolement et la misère sexuelle des agriculteurs des campagnes françaises et plus largement du besoin d'amour éperdu de chacun au risque de se perdre...

On en ressort à la fois captivé et sonné par la violence sourde qui parcourt notre époque de solitude hyper connectée !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Robert Guédiguian nous emmène de nouveau à Marseille mais quitte l'Estaque pour nous plonger dans les nouveaux quartiers (La Joliette) ou les quartiers entre deux (Plombières)...

Le film commence par de très jolies scènes sur la naissance de Gloria dans une famille recomposée : la mère Mathilda (Anaïs Demoustier) qui passe de CDD en CDD, le père Nicolas (Robinson Stévenin) qui tente de gagner sa vie en chauffer Uber, la grand-mère Sylvie (Ariane Ascaride) qui se tue au travail de nuit comme femme de ménage et le nouveau mari de celle-ci Richard (Jean Pierre Darroussin) qui est conducteur de bus...

Le ton est donné dès qu'apparaissent à la maternité Aurore (Lola Naymark), la demi-sœur de Mathilda et son compagnon Bruno (Grégoire Leprince Ringuet)...

Par petites touches, le cinéaste nous fait partager la vie de ces "déclassés" qui se battent pour rester debout, opposant au premier cercle l'arrivisme forcené du couple Aurore / Bruno qui n'envisage pas un instant d'aider Mathilda et Nicolas que le mauvais sort poursuit...

Il nous parle de la générosité des anciens : Sylvie et Richard mais aussi et surtout de Daniel (Gérard Meylan) le premier mari de Sylvie et le père de Mathilda qui, à peine sorti de 20 ans de réclusion, fera tout pour aider ceux qui sont dans le besoin...

Il nous parle également de la précarisation de la jeunesse dans un univers instable, dissocié et violent où les individus n'hésitent pas à trahir pour satisfaire leurs pulsions individuelles...

Des acteurs tous formidables de vérité ! Une réussite !

A voir absolument !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Mais ne nous convainc pas !

Il nous raconte en flash back l'histoire du crime organisé entre 1950 et 1970 en évoquant les souvenirs de deux anciennes figures de la mafia : l'homme de mains Franck Sheeran (Robert de Niro) et le parrain de la famille Northeastern Pennsylvania Russell Bufalino (Joe Pesci)...

C'est Russell Bufalino qui a fait la carrière du petit escroc Franck Sheeran auquel il confia notamment la mission de garde du corps auprès de Jimmy Hoffa (Al Pacino), le célèbre patron du syndicat des camionneurs...

Le réalisateur nous immerge par le menu dans les luttes intestines entre familles rivales, donne sa version de la mystérieuse disparition de Jimmy Hoffa  et flirte avec l'analyse politique en évoquant l'élection et l'assassinat de Kennedy...

Mais le récit trop linéaire, le maquillage outrancier des protagonistes et notamment celui d'Al Pacino particulièrement gratiné au point d'en être quasiment méconnaissable, nous laissent de marbre

Le caractère des personnages est trop univoque, pas assez fouillé pour réellement nous passionner ; sans parler de de Niro dont l'attitude servile et obéissante ne laisse aucune place au doute (en tout cas en apparence)... 

En résumé aucune tension dramatique dans ces 3 heures 30, ce qui est le comble pour un film sur la mafia !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Alice Winocour nous fait participer dans ce film à l'entraînement quasi inhumain que doivent subir les astronautes avant de quitter la terre...

Tourné dans des décors réels jamais filmés jusqu'à ce jour : le centre d'entraînement de Cologne, la ville fermée de Star City près de Moscou et le cosmodrome de Baïkonour, le scénario nous détaille le parcours du combattant de cette jeune femme astronaute qui arrive à s'imposer dans un milieu essentiellement masculin et  profondément machiste ! 

La réalisatrice ajoute au documentaire une dimension fictionnelle en nous racontant la relation fusionnelle entre Sarah (interprétée par Eva Green présente dans presque tous les plans) et sa petite fille de 8 ans (extraordinaire Zélie Boulant Lemesle)  et surtout leur difficile séparation puisque la jeune astronaute doit s'absenter durant 1 an !

Le résultat sonne vrai mais la "démonstration" est trop appuyée pour que le film nous séduise !  

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Publié le par Hélène
Publié dans : #théâtre

Eric Ruf s'est visiblement emparé  avec gourmandise de la mise en scène de la pièce que Brecht a écrite en 1938 puis retravaillée jusqu'en 1954...

Dans un décor inventif, les gigantesques toiles peintes de figures religieuses (réalisées dans les ateliers de la Comédie Française), nous projettent dans les différents lieux de vie de Galilée, astronome, mathématicien et physicien italien du XVIIe siècle qui a scandalisé la toute puissante Eglise de son temps en reprenant et en étayant la thèse de Copernic : la Terre tourne autour du Soleil et donc l'homme n'est plus au centre du monde...

S'identifiant à Galilée, tiraillé par le doute suscité par l'autodafé de ses œuvres en mai 1933 et effrayé par la responsabilité des scientifiques allemands dans la construction de la bombe atomique, Brecht livre une réflexion pesante sur l'attitude de Galilée face aux autorités et notamment face à l'Inquisition...

Sans doute trop fidèle au texte et malgré le talent de la troupe au grand complet vêtue de costumes somptueux réalisés par Christian Lacroix, la mise en scène ne convainc pas et nous laisse en dehors du débat pourtant passionnant et actuel contre l'obscurantisme !

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Entre deux productions de Star Wars, le réalisateur américain Rian Johnson s'essaie au polar avec une brochette d'acteurs célèbres (Chris Evans, Michael Shannon, Jamie Lee Curtis, Toni Collette...)

Il situe l'action dans un vieux manoir où toute la famille Thrombey fête les 85 ans du patriarche Harlan (Christopher Plummer toujours aussi british), auteur à succès de romans policiers !

Tous les membres de la famille  (filles, fils, conjoints, petits enfants) sont suspects : ils ont besoin d'argent !

Et que penser de Marta Cabrera (Ana de Armas) la trop parfaite infirmière particulière d'Harlan sur laquelle pèse la menace d'expulsion du territoire car sa famille n'a pas de papiers ?

Tous les ingrédients d'un bon Agatha Christie sont réunis, y compris Benoit Blanc, un "Poirot" américain interprété par un Daniel Craig à contre emploi qui semble beaucoup s'amuser à jouer un détective pas malin malin...

Le film se laisse regarder malgré une intrigue un peu tirée par les cheveux, d'inutiles rebondissements, des longueurs (2h11) et un parti pris un peu trop appuyé pour l'infirmière alors même qu'elle avoue être l'auteur du meurtre...

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Michel Denisot s'ouvre à la réalisation avec ce premier long métrage...

Le sujet lui a été soufflé lors d'un dîner un peu arrosé avec les dirigeants d'UGC au festival de Cannes 2015, repas au cours duquel l'ex présentateur vedette de Canal + a livré moult anecdotes sur un milieu qu'il connaît bien !

Il nous raconte l'ascension fulgurante d'un journaliste Cédric Saint Guérande, devenu présentateur du 20 H d'une grande chaîne en "s'emparant" du 11 septembre 2011 à la barbe du titulaire du poste...

Franck Dubosc tout à fait crédible dans le rôle, nous est présenté comme un grand fauve, amateur de femmes, d'alcool et de drogues pas vraiment licites...

Remarié avec Elsa (Caterina Murino), une belle et jeune italienne, il a exilé son fils unique dans un collège chic en Suisse et mène une vie de patachon, choyé par son complice de toujours Thierry Morgon (Jérôme Commandeur) et ses nombreuses assistantes...

Tout va bien pour CSG jusqu'à l'arrivée d'un nouveau DG, énarque de son état en la personne de Julien Demaistre (Denis Podalydès parfait comme d'hab), qui se fait fort de le remplacer par une journaliste plus jeune et plus malléable, et ce malgré ses excellents taux d'audience...

Dommage que le récit se perde en anecdotes caricaturales avec notamment un ministre de la Culture grotesque incarné par Laurent Bateau, ainsi qu'en scènes plus ou moins orgiaques qui encombrent inutilement le scénario qui aurait mérité d'être plus resserré...

En bref un bon sujet, de mon point de vue mal traité, malgré toutes les guest stars : PPDA, Claire Chazal, Michel Drucker, Alain Delon, Béatrice Dalle, JoeyStarr, Laurent Delahousse, Nikos Aliagas... qui viennent tous faire un petit tour humoristique dans le film...

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

En 1969 Costa-Gavras dénonçait la dictature des colonels dans Z...

Aujourd'hui il met en images le livre de Yanis Varoufakis : Conversations entre adultes. Dans les coulisses secrètes de l'Europe...

Nous sommes en 2015 au lendemain de la victoire de Syriza : Alexis Tsipras (Alexandros Bourdoumis) et son ministre des finances Yanis Varoufakis (Christos Loulis fabuleux !) tentent de renégocier auprès de l'Eurogroupe des ministres des finances européens et la redoutable "troïka" des fonctionnaires de la BCE, de la Commission européenne et du FMI - des échéances raisonnables et la restructuration de la dette colossale de la Grèce...

Pour plus de véracité, le réalisateur a choisi de prendre des acteurs de la nationalité des protagonistes plutôt que des vedettes bankable et de déplacer sa caméra dans les différentes villes où se sont tenues les négociations...

Nous assistons bouche bée aux jeux de pouvoir et d'influence entre tous ces hommes cravatés en costumes gris parmi lesquels seule Christine Lagarde (Josiane Pinson) impose un ton différent...

Car au delà de l'aspect documentaire, le film est un véritable thriller qui démonte les rouages de la mise à mort orchestrée d'un homme et de son peuple : derrière les portes fermées des cabinets, tous les coups sont permis y compris la manipulation... et la rigueur de l'Allemagne représentée par un inflexible Wolfgang Schäuble (Ulrich Tukur) fait froid dans le dos...

La bande annonce m'avait fait hésiter à voir le film, j'en suis ressortie enthousiaste !

 

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