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Route 66

Route 66

Prenez vos bécanes pour aller au cinéma, voir des pièces de théâtre, admirer des expositions...

Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Le réalisateur Jia Zhang-Ke s'est inspiré d'une héroïne de la pègre des années 30-40 pour écrire son scénario...

Le film débute par une scène très sèche où Bin (impressionnant Liao Fan), chef de la pègre de Datong, fait avouer une faute à l'un de ses lieutenants, l'humiliant devant tous...

Sa compagne Qiao (formidable Zhao Tao), elle-même fille de mineur,  également sur les lieux, se fait respecter de tous les hommes par sa brutale autorité...

Nous sommes en 2001 lorsque la Chine s'éveille à l'Ouest et que les jeunes gens tentent d'oublier leur quotidien en dansant des nuits entières dans des discothèques...

Lorsque Bin se fait attaquer par une bande rivale, Qiao n'hésite pas à s'interposer en tirant en l'air pour faire fuir les agresseurs de son amant...

Arrêtée par la police, elle sera incarcérée durant 5 ans à l'issue desquels elle prendra le train et fera 7700 kilomètres à travers une Chine à chantiers ouverts, pour aller rejoindre Bin qui la reçoit très froidement : Bin qui a une nouvelle compagne a tourné le dos à la pègre pour tenter de trouver sa place dans le capitalisme sauvage...

Ecoeurée par cette double infidélité alors qu'elle s'est sacrifiée pour lui, Qiao repart à Datong pour régner en patronne sur la pègre locale...

Et quand dix ans plus tard Bin réapparaît pour lui demander de l'aide, Qiao femme courage oublie ses griefs pour à nouveau lui tendre la main...

Jia Zhang-Ke filme son épouse et muse au plus près de ses émotions, nous livrant un beau personnage de femme qui s'inscrit dans la lignée de ses précédents films...

Mais contrairement à son dernier opus Au-delà des montagnes, son propos est si noir et si teinté de violence qu'il occulte presque la force de l'histoire...

A voir bien évidemment pour Zhao Tao et pour l'aspect documentaire du film qui illustre les années d'agitation sociale qu'a connu la Chine entre 2001 et nos jours !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #théâtre

Gérard Savoisien nous invite à écouter le dialogue étrangement moderne que Jean Baptiste Poquelin et Madeleine Béjart entament lorsque Molière tombe amoureux d'Armande, la fille de Madeleine...

Madeleine, interprétée merveilleusement par Anne Bouvier, a fait de Jean Baptiste Poquelin, un fils de bourgeois parisiens,  le grand auteur, l'acteur de génie, le Molière que toute la cour et Louis XIV s'arrachent...

Sous les traits de Christophe de Mareuil très crédible dans le rôle,  Molière est déchiré entre l'histoire d'amour qu'il vit depuis 20 ans avec Madeleine et les 20 ans triomphants d'Armande...

Mais si Molière est déchiré, Madeleine s'effondre car elle a consacré toute sa vie à un homme qui l'oublie pour un jeune minois, à qui il va confier le rôle iconique d'Agnès dans l'Ecole des femmes...

La mise en scène inventive alterne les dialogues entre les deux amants et le jeu sur scène des deux comédiens qui font rire leur public... quant à Armande, elle est présente tout le long de la pièce sous l'apparence d'un mannequin revêtu d'une jolie robe bleue à la taille fine...

La pièce commence dans la fantaisie, prend de l'épaisseur et se finit par une très jolie scène où le comédien jette le masque pour n'être plus qu'un homme, lâche certes mais tellement universel face à la femme courage qui sait s'effacer avec une fausse désinvolture !

Un spectacle de qualité au théâtre Rive Gauche !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Barry Jenkins, le réalisateur de Moonlight, adapte le roman de James Baldwin paru en 1974 pour nous faire partager l'histoire d'amour contrariée de deux jeunes afro-américains dans le Harlem des années 70...

Tish (délicieuse Kiki Layne) et Fonny (Stephan James très émouvant) se connaissent depuis l'enfance et s'aiment...

Accusé à tort d'un viol qu'il n'a pas commis, Fonny est incarcéré...

Tish découvre qu'elle est enceinte et décide, avec l'aide de sa famille, de tout faire pour le sortir de prison...

Alternant les flash backs qui nous racontent peu à peu la genèse de l'accusation et les longs plans séquences qui nous associent à la naissance de leur amour, le film dénonce le racisme ordinaire, fondement quotidien du destin des noirs américains d'hier et d'aujourd'hui...

L'enfant qui naît incarne l'espoir des minorités opprimées qui envers et contre tout, restent dignes face à l'adversité...

Un beau film qui manque peut-être d'un peu de tension pour égaler In mood for love !

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

C'est le premier long métrage solo de Peter Farelly qui s'est inspiré d'une histoire vraie d'une amitié de 50 ans entre un jazzman noir et son chauffeur blanc... 

Il a fait appel à Nick Vallelonga, fils aîné de Tony Lip héros du film, pour écrire le scénario et a confié des rôles de mafieux à des amis de la famille Vallelonga pour accentuer la véracité du récit...

Le film démarre à Manhattan en 1962 dans la célèbre boîte de nuit Copacabana fréquentée par la mafia et des célébrités telles que Franck Sinatra...

Viggo Mortensen qui a pris 20 kg pour le rôle de Tony Vallelonga (surnommé Lip pour sa gouaille), interprète un videur italo-américain natif du Bronx qui se retrouve au chômage suite à l'incendie du Copa...

Grâce à ses relations, il est embauché par Don Shirley (Mahershala Ali impressionnant de justesse), un pianiste noir virtuose qui, malgré la ségrégation féroce qui sévit à l'époque, a décidé de faire une tournée de deux mois sur les routes du sud...

Tony, au volant de la Chevy tchatche comme à son habitude, la bouche pleine d'hamburger ou de poulet frit qu'il engloutit à pleines mains... quand il n'enchaîne pas les cigarettes qu'il n'abandonne qu'à regret pour complaire à son patron à l'élocution parfaite et à la tenue irréprochable...

Au début du film tout oppose les deux hommes dans ce rapport inversé entre le blanc "brut de fonderie" et le noir éduqué et mélomane mais la route va bien évidemment les rapprocher au hasard des difficultés qu'ils rencontrent, dues au nécessaire respect du Green Book (guide de voyage qui signalait les établissements réservés aux noirs !)  

Si le réalisateur appuie le trait et multiplie les anecdotes, le film prend pourtant au fil des étapes, toute sa dimension politique et fait écho aux violences policières dont les noirs sont encore aujourd'hui les victimes !

Les personnages "secondaires" comme Dolorès la femme de Tony (délicieuse Linda Cardellini) et les musiciens du trio de Don Shirley sont excellents, la musique est fabuleuse et la fin réellement très savoureuse !

Un film à voir pour toutes les raisons développées plus haut mais également pour son humour et son ode à la tolérance !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Le film de Ludovic Bernard n'a pas été salué par la critique et sa distribution se fait rare mais les salles sont pleines !

Le réalisateur a imaginé cette histoire en se demandant comment un jeune homme inconnu pouvait jouer aussi  merveilleusement du piano dans une gare...

Il a transposé la scène à la gare du Nord où Mathieu Malinski (Jules Benchetrit fiévreux et inspiré), un petit loubard de banlieue  se fait plaisir en interprétant de la musique classique à la barbe des flics qui le recherchent...

Repéré par Pierre Geitner le directeur du conservatoire national de musique (interprété avec classe et talent par Lambert Wilson), Mathieu refuse de l'écouter mais finit par accepter de mauvaise grâce sa carte de visite...

Lorsque Mathieu se fait choper par la police lors d'un énième cambriolage qui a mal tourné, il appelle Pierre qui le fait libérer et réussit à le faire inscrire dans un programme d'intérêt général, au conservatoire de Courbevoie !

Le scénario très "feel good movie" mêle ensuite le destin de trois personnages autour de Mathieu : Pierre dont l'obsession sera de présenter Mathieu au concours national de piano, la comtesse (formidable Kristin Scott Thomas), chargée par Pierre de donner des leçons de piano au prodige à l'oreille absolue et Anna (lumineuse Karidja Touri), une jeune musicienne racée dont Mathieu va tomber éperdument amoureux...

La musique occupe la première place dans le film d'autant que Jules Benchetrit (fils de Marie Trintignant) est parfaitement crédible dans le rôle alors qu'il n'est pas pianiste de formation... et Rachmaninov, que Mathieu répète pour son concours, habille à merveille la Seine Musicale et la salle Gaveau...

Un film à  voir pour les valeurs véhiculées par les acteurs : sens de l'effort, audace, transmission et tolérance !

  

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Issu d'une famille de médecins, David Roux réalise son premier long métrage avec un casting très réussi...

Jérémie Renier est tout simplement formidable dans le rôle de Simon, un pneumologue expérimenté en soins intensifs qui voit ses certitudes bouleversées par la récidive du cancer de sa mère...

Le réalisateur s'est inspiré de son histoire personnelle pour nous immerger dans le monde hospitalier puisque son frère aîné est lui-même pneumologue et puisqu'il a  été récemment confronté à la maladie et à la mort de sa mère...

La vie de Simon se passe dans cet univers aseptisé et secret avec ses sous sols où l'on peut se réfugier et/ou se perdre, mais ce que nous raconte David Roux c'est surtout une belle histoire de famille entre la mère (magnifique Marthe Keller), le père (Alain Libolt très touchant), la sœur (délicieuse Maud Wyler) et le frère...

Sans oublier l'histoire de la vie propre à l'établissement entre les médecins, le personnel soignant et les internes dont la jeune Mathilde (Zita Hanrot très naturelle), qui devient peu à peu le pivot du film...

En voulant sauver sa mère, Simon prend enfin le temps de se pencher sur son enfance et de tenter de se construire son propre futur...

Une réflexion très actuelle sur la transmission, les émotions et les valeurs !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Dans ce film, Clint Eastwood s'est inspiré de la vie d'Earl Stone, mule vedette à plus de 90 ans du cartel mexicain Sinaloa !

Il interprète avec truculence ce personnage de papy qui réussit à déjouer toutes les polices lancées aux trousses du cartel et de ses mules...

Earl Stone est un horticulteur qui a vécu toute sa vie pour sa passion jusqu'à y sacrifier sa femme et sa fille Iris (interprétée par Alison Eastwood sa propre fille)...

Lorsque l'explosion des ventes sur internet le contraint à déposer le bilan, le vieux monsieur se retrouve avec ses cartons au volant de son vieux van et sans ressources... 

Il accepte de faire le chauffeur pour transporter une cargaison illicite, dont au début il ignore ou feint d'ignorer la nature...

Passeur de drogue idéal étant donné son âge, Earl va bientôt devenir la mascotte du cartel et amasser suffisamment d'argent pour remplacer son van, racheter sa maison, subventionner le club de vétérans obligé de mettre la clé sous la porte suite à un sinistre, financer les études de sa petite fille...

Earl sillonne l'Amérique profonde au volant de son van, chantant à tue tête les ballades jazzy et les mélodies country qui l'enchantent et nous enchantent...

Nous suivons avec curiosité l'acteur Clint qui se régale dans ce rôle de composition et en profite pour régler ses regrets personnels de ne pas avoir été ni bon père ni bon mari, à travers de très jolies scènes avec son ex femme, sa fille et sa petite fille...

Bradley Cooper campe avec talent un agent de la DEA chargé de démanteler le cartel et le duo des deux acteurs se traduit également par de jolis échanges sur le sens de la vie...

Un beau film à voir pour Clint, la musique, les paysages et les personnages tant principaux que secondaires qui jouent tous leur partition dans cette histoire de réconciliation !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Le premier long métrage de Lucas Bernard est bien écrit, enlevé, primesautier et nous fait sourire !

Sourire parce que les acteurs sont excellents et semblent beaucoup s'amuser...

Sourire parce que le scénario qui ne connaît pas la ligne droite  nous entraîne sur les toits de Paris où se déroule une grande partie de l'action...

Car Bertrand (délicieux Swann Arlaud), est un voleur de tableaux presque aussi séduisant qu'Arsène Lupin qui nargue le commissaire Beffrois (Charles Berling très cool dans des chemises improbables), un flic proche de la retraite qui ne demande qu'à être séduit...

Justine (formidable Jennifer Decker), une jeune restauratrice de tableaux au tempérament fougueux fera le go-between entre les deux hommes !

Un film à voir pour le plaisir si vous arrivez à le dénicher car la programmation a été très cruelle !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Dans son dernier film ô combien bavard, Olivier Assayas nous parle des changements technologiques qui impactent ou non le monde de l'édition et ses acteurs... et multiplie les lieux communs

Léonard (Vincent Macaigne à l'aise dans un rôle de paumé à son image), est un écrivain empêtré dans l'autofiction qui se voit refuser son dernier manuscrit par son ami et éditeur Alain (Guillaume Canet)

Alain vit avec Séléna (Juliette Binoche qui ne prend même plus la peine de se coiffer !), héroïne d'une série à succès dont elle aimerait bien sortir...

Léonard vit avec Valérie (Nora Hamzawi), une attachée parlementaire qui aime son mari envers et contre tout !

Léonard et Séléna sont amants !

Tout ce petit monde se reçoit, papote, se trahit, s'utilise... 

Les acteurs visiblement s'amusent et ne craignent pas d'interpréter des rôles antipathiques avec un humour qui personnellement ne m'a pas fait rire ?!

Bref, comme vous l'avez compris,  je ne rejoins pas le concert d'éloges unanime des critiques !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Avec ce film, Hu Bo a réalisé son premier et unique long métrage  adapté d'une de ses nouvelles...

Unique puisque le jeune réalisateur de 29 ans s'est donné la mort alors que la post-production était à peine achevée !

Oeuvre testamentaire de près de 4 heures, le film décrit un quatuor que le destin réunit à la suite d'une  altercation entre deux jeunes lycéens...

Plongés dans le brouillard persistant de cette ville industrielle de la Chine du Nord, les 4 anti-héros sont comme englués dans un destin poisseux, aggravé par la déshérence sociale et la violence des rapports familiaux...

La journée de Yu Cheng, jeune caïd mélancolique, commence avec le suicide de son meilleur ami qui l'a découvert dans les bras de sa femme...

Wei Bu, jeune lycéen en rupture de ban familial, tient tête à un de ses condisciples qui le harcelait puis s'enfuit après l'avoir envoyé valdinguer mortellement dans les escaliers...

Son amie Huang Ling accuse le choc de la révélation dans les réseaux sociaux de sa liaison avec le proviseur adjoint et décide de quitter une mère maltraitante...

Quant à Wang Jin, grand père retraité, que Wei Bu rencontre fortuitement lors de ses errances, il refuse de laisser son appartement à son fils et à sa belle fille qui le verraient bien s'installer en maison de retraite...

La gaieté n'est pas de mise dans ce film qui parle d'humiliation, de mort, de chantage et de corruption dans un décor tout aussi déglingué que les personnages...

Que cette Chine est laide et glauque et violente tant dans les mots échangés que dans les coups qui partent à la moindre occasion...

Il reste le rêve de s'enfuir vers Manzhouli où l'éléphant du cirque reste assis sur ses fesses toute la journée, comme la promesse d'un  Bouddha ?

Un film à voir pour entendre les témoins de la Chine contemporaine... mais à condition d'avoir le moral !

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