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Route 66

Route 66

Prenez vos bécanes pour aller au cinéma, voir des pièces de théâtre, admirer des expositions...

Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Beaucoup de bons films cette année... mais surtout des films étrangers : japonais, coréen, polonais, américain, britannique, singapourien... mais de mon point de vue peu de films français ?

Je vous propose mon classement subjectif mais sincère, qui fait la part belle aux témoignages plus ou moins autobiographiques mais pas que...

Des univers qui nous font voyager (Cold war), qui nous interpellent (Three billboards/En guerre), nous émeuvent (Une affaire de famille), nous émerveillent  (Phantom Thread) et nous font saliver (La saveur des ramen)...

1. Une affaire de famille : Kore-Eda remporte la palme d'or 2018 et nous séduit encore après Tel père tel fils et The third murder

2. Three billboards, les panneaux de la vengeance : un portrait au vitriol de l'Amérique profonde

3. Phantom thread : un magnifique film cousu main pour Daniel Day Lewis

4. Cold war : le réalisateur d'Ida nous offre une somptueuse adaptation en noir et blanc de la vie de ses parents 

5. En guerre : Vincent Lindon crève l'écran dans un rôle de syndicaliste engagé

6. My lady : Emma Thomson nous fascine dans la robe d'une juge proche de la retraite, confrontée à l'une des décisions les plus difficiles de sa vie

7. La saveur des ramen : un beau film singapourien sensuel à déguster sans modération

8. Première année : après Hippocrate et Médecin de campagne, Thomas Lilti poursuit avec talent son témoignage sur les réalités du monde médical

9. The spy gone north : un film d'espionnage coréen sur fond de trame historique, servi par de brillants acteurs

10. Le grand bain : Gilles Lellouche signe une comédie subtile qui fait l'éloge de la solidarité

Et aussi : La révolution silencieuse (une passionnante page d'histoire allemande), Katie says goodbye (une actrice lumineuse dans un univers proche de Bagdad Café), Lady bird (le premier film très réussi de Greta Gerwig), Nos batailles (une jolie fable sociale avec un Romain Duris très juste), Burning (un scénario à la Jules et Jim pour dénoncer le chômage des jeunes coréens), Une pluie sans fin (un premier long métrage saisissant sur la Chine des années 90), Au poste (un cocktail d'humour franco-belge)...

Cinéma classement 2018
Cinéma classement 2018
Cinéma classement 2018
Cinéma classement 2018
Cinéma classement 2018
Cinéma classement 2018
Cinéma classement 2018
Cinéma classement 2018
Cinéma classement 2018

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Sébastien Marnier a adapté le roman de Christophe Duffossé (2002) pour nous raconter l'histoire de Pierre (excellent Laurent Lafitte), un professeur de français chargé de remplacer le titulaire qui vient de se suicider sous les yeux de sa classe d'une douzaine de surdoués...

Ces enfants de troisième très matures pour leur âge, ne croient plus au progrès mais seulement à l'imminence de catastrophes écologiques, sanitaires ou terroristes...

Très vite contesté par ses élèves, le professeur qui se cherche toujours personnellement à 40 ans, tente de remplir son rôle !

Doit-il être leur référent voire leur protecteur, ce qu'ils refusent ou au contraire garder sa lucidité pour tenter de suivre leur apparente obstination dans la réalisation d'un projet qu'il devine et redoute...

Faisant écho au Ruban blanc, au Cercle des poètes disparus et au Village des damnés, le scénario donne la chair de poule !

A voir si le cœur vous en dit !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Inspiré par Shakespeare in love, Alexis Michalik a eu l'idée d'inventer les coulisses de la gestation d'un des plus grands succès théâtraux français : Cyrano de Bergerac...

Ne trouvant pas de producteur pour son projet au cinéma, il décide d'adapter son scénario au théâtre et remporte 5 Molière en 2017... 

Aujourd'hui grâce au succès de la pièce, il réussit à financer l'adaptation cinématographique d'Edmond et nous raconte l'histoire de ce poète de 30 ans qui se débat pour créer "son" chef d'oeuvre...

Le réalisateur est parti à Prague pour filmer le Paris de la fin du XIXe siècle et les décors sont très réussis...

Une mise en scène alerte, une distribution parfaite avec l'excellent Thomas Solivérès dans le rôle titre, Olivier Gourmet qui se délecte dans l'interprétation de Constant Coquelin qui fut le premier à porter le nez de Cyrano, Tom Leeb qui campe un Léo très actuel, Mathilde Seignier qui semble beaucoup s'amuser dans le rôle de Roxane (Maria Legault) de même que Clémentine Célarié dans celui de Sarah Bernhardt... que demander de plus à un film de divertissement !

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Ryûsuke Hamaguchi le réalisateur de Senses, adapte un roman de l'écrivaine Tomoka Shibasaki pour nous conter l'histoire d'une  ravissante japonaise Asako (Erika Karata) amoureuse de Baku (Masahiro Higashide), un jeune homme fantasque qui soudain disparaît de sa vie...

Complètement désemparée Asako quitte Osaka pour Tokyo où elle fait la connaissance de Ryohei (également interprété par Masahiro Higashide), un homme au tempérament différent de Baku mais qui lui ressemble trait pour trait physiquement...

Fascinée Asako va se laisser séduire mais à l'inverse de James Stewart dans Vertigo, elle va tenter d'oublier Baku pour mieux aimer Ryohei !

Quand Baku refait surface dans sa vie, Asako semble flotter entre deux rives, n'arrivant plus à faire la différence entre le rêve et la réalité...

Le film fascine pour ses personnages mais également pour la description de la société japonaise d'aujourd'hui qui, sous couvert d'une politesse intemporelle cache une violence distanciée des rapports humains !

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

La critique est unanime pour saluer le second long métrage de Louis Garrel !

Très narcissique, le réalisateur incarne Abel un jeune trentenaire dont le cœur balance entre deux femmes... 

Marianne (Laetitia Casta), avec laquelle il vit depuis 3 ans,  lui annonce un beau matin qu'elle est enceinte... de Paul un ami d'Abel... qu'elle va épouser dans 10 jours... 

Au lieu de questionner, de se rebeller, Abel quitte quasiment sur le champ l'appartement de Marianne ?!

Dix ans passent, Abel retrouve Marianne à l'enterrement de Paul : il rencontre son fils Joseph qui accuse sa mère d'avoir tué son père et Eve (Lily-Rose Depp) la jeune sœur de Paul, secrètement amoureuse d'Abel depuis son enfance...

Tout ce petit monde marivaude à l'envie, joue avec les sentiments de l'autre, lance de fausses pistes mais tout est feutré et aucun rebondissement n'a de véritable importance...

Le film a le mérite de ne durer qu'une heure 15 !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Pour sa première réalisation, le comédien Paul Dano adapte le roman Une saison ardente de Richard Ford qui se déroule dans le Montana durant l'été 60...

Nous suivons peu à peu le naufrage d'un couple à travers le regard de Joe leur fils de 14 ans (formidable Ed Oxenbould) !

Paul Dano reconstitue à merveille le contexte de l'époque et nous plonge dans les immensités du Montana alors menacé par d'immenses feus de forêt (déjà !)

Il confie les deux principaux rôles à deux grands acteurs : Carey Mulligan est touchante de fragilité dans le rôle de Jeanette qui a abandonné ses rêves de reine de beauté et son métier d'enseignante pour s'occuper de son mari et de son fils - quant à Jake Gyllenhaal (Jerry), il incarne en tout point le mâle américain de cette époque, macho, primaire et incapable de trouver sa place dans la société après ses premières gloires footballistiques...

Quand Jerry se fait renvoyer par le président du golf parce qu'il est trop proche de ses clients, il refuse tout d'abord d'envisager tout job alimentaire et finit par s'engager sur un coup de tête comme pompier volontaire à un dollar l'heure...

Dès cet instant, Joe assiste impuissant à la dérive post-adolescente de ses parents qui n'arrivent plus à communiquer et s'éloignent l'un de l'autre irrémédiablement...

Le film est à la fois fascinant mais trop "mou" et trop lent pour pleinement nous convaincre et nous faire adhérer à ce drame familial qui parait très daté !

Dommage !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #théâtre

Créée à Bristol en 2015, jouée à Londres puis à New York en 2016, la pièce britannique écrite par Philip Ridley est présentée pour la première fois à Paris au Petit Montparnasse...

Joséphine Berry (Fleur)  et Louis Bernard (Olive) incarnent avec brio un jeune couple désargenté qui attend un enfant...

Ils se voient offrir par une étrange agente immobilière (Floriane Andersen), une maison de rêve à rénover, sans eau ni électricité...

Après quelques hésitations, Fleur et Olive acceptent l'étrange proposition pour le "bonheur de leur futur enfant" !

Volontairement provoquant, le propos "exagéré" de l'auteur nous fait toucher du doigt les "compromis" criminels dans lesquels nos contemporains sont prêts à s'engager au nom de la sacro-sainte réussite matérielle !

De jeunes acteurs formidablement toniques, une mise en scène inventive, un décor volontairement blanc et neutre pour mieux nous plonger dans cette farce outrancière...

Attention humour anglais carabiné !!!

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Publié le par Hélène
Publié dans : #théâtre

La compagnie des Inspirés créée en 2016 regroupe cinq comédiens talentueux...

Présentée à Avignon en 2018, la pièce qui est leur première création théâtrale se donne aujourd'hui au Lucernaire...

Les deux auteurs Emmanuel Gaury et Mathieu Rannou nous racontent l'amitié de cinq stars de la Belle Epoque : Jules Renard (Maxence Gaillard), Alphonse Allais (Mathieu Rannou), Tristan Bernard (Guillaume d'Harcourt), Lucien Guitry (Emmanuel Gaury) et Alfred Capus (Nicolas Poli)...

Au cours de déjeuners mémorables chez Lucien au 26 place Vendôme (voir caricature ci-dessous réalisée par Sacha Guitry), les cinq mousquetaires rivalisaient d'esprit autour d'un repas largement arrosé de vin, de cognac et d'absinthe...

Pourtant, en octobre 1901 leur amitié se fissure sous les coups des egos exacerbés de ces auteurs/interprètes et le mensonge s'installe...

La pièce démarre sous des auspices très plaisants, les acteurs visiblement s'amusent beaucoup mais très vite les échanges tournent en rond et la vacuité des propos n'est plus sauvée que rarement par les mots d'esprit...

La fin très réussie sauve heureusement un texte un peu faible et une histoire un peu vaine !

Les Mousquetaires attablés, dessin de Sacha Guitry

Les Mousquetaires attablés, dessin de Sacha Guitry

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Après Tel père tel fils qui avait eu le prix du jury à Cannes en 2013, Hirokazu Kore-Eda a reçu la palme d'or en mai dernier pour Une affaire de famille...

Le réalisateur japonais poursuit avec bonheur son questionnement sur la famille et les liens du sang,  en y ajoutant une dimension socio-économique qui semble agacer le gouvernement japonais qui ne s'est pas réjoui de cette récompense...

La famille Shibata (la grand mère, la mère, le père, la tante et le fils) vivent de petits délits qui viennent compléter les maigres revenus de la famille qui profite surtout de la retraite de la grand mère !

Devenus des experts du vol à l'étalage, le père et le fils croisent un soir Juri, une petite fille de 5 ans que ses parents maltraitent...

N'écoutant que leur cœur, Osamu (formidable Lily Franky) et son fils Shota recueillent l'enfant qui se laisse peu à peu apprivoiser par cette étrange famille...

Le scénario habile et réaliste nous fait partager le quotidien de cette tribu qui cohabite dans une petite maison perdue au milieu d'une banale cité moderne : des repas chaleureux pris en commun, des discussions animées, le plaisir d'entendre un feu d'artifice lointain, une virée exceptionnelle à la mer...

Quand Shota finit par se faire arrêter, la vie de la famille bascule révélant la construction et les moyens de subsistance de cette famille recomposée qui résiste à sa façon à l'uniformisation moderne...

Les acteurs adultes et enfants sont tous merveilleux de naturel et plus particulièrement la grand mère Hatsue incarnée par Kirin Kiki, une formidable actrice décédée peu après le tournage du film... 

Un film à la fois poignant et gai, un film à voir assurément !

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #théâtre

Anne Bouvier met en scène un texte de Jeffrey Hatcher, auteur et scénariste de Columbo, Coco Chanel, The mentalist...

L'histoire se situe en 1941, dans un Paris occupé où les juifs sont spoliés par les dirigeants de l'état nazi des œuvres d'art qu'ils possèdent...

Pablo Picasso est convoqué par Mademoiselle Fischer, attachée culturelle allemande, dans un dépôt où sont entreposées les toiles volées...

Il doit authentifier parmi elles trois de ses tableaux afin d'organiser une exposition d'"Art dégénéré" dont le point d'orgue sera un autodafé...

Jean Pierre Bouvier est un Picasso plus vrai que nature : corps puissant, esprit de répartie brillant, séduction et orgueil, face à une Sylvia Roux excellente dans un rôle ingrat où elle dévoile peu à peu son dessein personnel face au génie qui lui tient tête...

Pleine de rebondissements plus astucieux les uns que les autres, la pièce nous tient en haleine en nous faisant nous interroger sur la propriété intellectuelle, la beauté et la puissance d'une oeuvre d'art, le rayonnement culturel et universel d'un peintre qui savait peindre comme un artiste à 14 ans et qui toute sa vie a cherché à peindre comme un enfant...

Passionnant !

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