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Route 66

Route 66

Prenez vos bécanes pour aller au cinéma, voir des pièces de théâtre, admirer des expositions...

Publié le par Hélène
Publié dans : #théâtre

La pièce nous plonge en 1993, dans un bunker isolé au cœur d’une forêt suisse, où François Genoud (interprété par un Jacques Weber magistral), surnommé le banquier des nazis, vit ses derniers instants. Toute sa vie, il a échappé à la justice et n’a jamais éprouvé de remords.

Pour son ultime coup d’éclat, il accepte de recevoir une jeune journaliste d’un quotidien israélien, incarnée par Elodie Navarre au jeu impeccable mais dont la frêle silhouette n'arrive pas toujours à faire le poids face au monstre tapi dans sa tanière...

Dès son arrivée dans cet espace sans porte ni fenêtre, la jeune femme semble s'être jetée innocemment et naïvement dans la gueule du loup comme dans le conte du Petit chaperon rouge, mais le scénario à rebondissements nous étonne jusqu'au twist final, qui arrive, de mon point de vue, un peu tard dans le scénario...

Qu'est-elle venue chercher, quel dernier message veut-il faire passer : les deux personnages, beaucoup plus complexes que leur première description ne le laisse paraître, s'affrontent dans un duel verbal qui ne les épargnent pas et détruisent également l'image de leurs proches respectifs...

La pièce écrite par 4 auteurs talentueux, sortie il y a une semaine, fait salle pleine dans un théâtre où la visibilité et l’acoustique ne sont pas toujours parfaites, en dehors du Carré d'Or, dont le prix inabordable fait hésiter !

A voir pour le thème, pour Jacques Weber mais aussi pour Elodie Navarre dont le rôle est essentiel bien que moins "flamboyant" !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

C’est grâce à sa mère, qui lui faisait écouter des disques de Maria Callas après l’avoir emmené à l’opéra de Santiago, que le réalisateur chilien Pablo Larrain a pu découvrir cette Soprano quand il était enfant...

Son dernier biopic conclut son "triptyque de femmes qui ont bouleversé le XXe siècle" selon ses dires...

Le film se concentre sur les dernières semaines de la vie de la chanteuse, semaine douloureuse pour cette artiste qui avait "perdu" sa voix et tentait de la retrouver...

Comme il nous l'a expliqué lors de l'avant-première, le cinéaste a  immédiatement songé à Angelina Jolie pour camper le rôle...

L'actrice s’est préparée pendant sept mois, avec plusieurs coachs pour apprendre l’italien, étudier l’histoire de l’opéra et surtout, pour apprendre à chanter en adoptant la bonne posture et en  travaillant sa respiration : dans tous les arias interprétés, la voix d'Angelina Jolie a été mixée avec celle de Maria Callas !

Le spectateur assiste pendant 2 heures à un récit qui mélange la vérité et la fiction : les personnages qu'elle a connus tels que Onassis, Kennedy ou son majordome Ferrucio font partie de l'histoire de sa vie mais certaines anecdotes ont été inventées pour servir le propos du réalisateur...

Grâce au talent et à la beauté d'Angelina Jolie, nous assistons à une magnifique reconstitution mais les images d'archives de Maria Callas sont tellement plus fortes que les images du film que l'on aimerait partager ces moments avec la Diva charismatique plutôt qu'avec son interprète...

En tout cas, le film ne laisse pas indifférent et donne envie de réécouter la voix de cette cantatrice grecque née Sophie Cecilia Kalos à New York,  la fille « à la voix d’or », qui d’après un de ses professeurs avait « un rossignol dans la gorge » !

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Publié le par Jean-Louis
Publié dans : #cinéma

Sous son apparence de thriller érotique, ce film nous présente la double vie d’une femme puissante, hantée par des souvenirs traumatisants dont elle est prisonnière et victime.

Mariée à un homme aimant, mère de famille exemplaire et chef d’entreprise autoritaire, Romy incarne une réussite parfaite, mais elle est minée de l’intérieur par une vulnérabilité inavouable qui la pousse à entamer une relation malsaine avec un stagiaire.

Plutôt que de se complaire à filmer ses ébats "soumis" avec un homme qui ne la respecte pas, la réalisatrice néerlandaise Halina Reijn aurait pu réserver une place plus importante à une analyse fine de sa détresse psychologique et à son cheminement vers l’aveu fait à son mari, qui ouvre la voie à une mise à distance et une libération progressive.

Cette histoire est en fait celle d’un rapport de force de l’héroïne avec ses propres démons, qu’elle parvient à dominer au prix du désordre qu'elle crée dans sa vie privée et dans sa carrière.

Quant aux interprètes, Nicole Kidman livre une performance primée à la Mostra de Venise et son mari à l’écran, Antonio Banderas, signe un retour attendu au cinéma avec un jeu subtil passant de l’incompréhension à l’acceptation.

Je n’étais qu’à moitié convaincu avant de voir ce film et le suis encore moins après, tant ce scénario dont ne se dégage aucune émotion, semble appartenir à un monde imaginaire, dans lequel évoluent des personnages caricaturaux.

En résumé j'ai vu une sorte de fable des temps modernes caractérisés par la recherche de la performance et la difficulté à l’assumer.

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Le réalisateur franco-japonais Koya Kamur a adapté, pour son premier long métrage,  le roman éponyme écrit par Elisa Shua Dusapin en 2015 pour nous raconter l'histoire d'une jeune eurasienne Soo-Ha de 23 ans (touchante Bella Kim), qui travaille comme cuisinière dans une petite pension et aide sa mère vendeuse de poisson au marché de Sokcho (ville balnéaire de la Corée du Sud)...

Quand Yan Kerrand (Roschdy Zem dans un rôle quasi mutique), célèbre dessinateur venu de Normandie demande une chambre, une relation étrange se noue entre la jeune fille et cet homme secret... qui, du fait de sa nationalité, lui fait repenser à son père français qu'elle n'a jamais connu et dont sa mère refuse de parler...

Par petites touches et à travers les dessins de Yan Ferrand, le cinéaste nous parle de dépaysement, de banalités quotidiennes, de solitude, d'espoir, de difficulté à communiquer, de différence culturelle... et le film nous enferme à notre insu dans une atmosphère aussi cotonneuse que la neige qui recouvre la ville...

Le déséquilibre entre les deux comédiens : Bella Kim si juste dans son rôle et Roschdy Zem, acteur certes talentueux mais qui n'habite pas vraiment son personnage, accentue la distance entre les deux héros que tout sépare au-delà de leur ascendance française ...

Dommage !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #théâtre

Sam Karmann reprend pour 2 mois au Lucernaire, le spectacle créé en off à Avignon en juillet 2024...

Depuis plusieurs années, Sam Karmann souhaitait raconter l'histoire de sa famille et plus particulièrement le parcours romanesque de sa mère...

Sa rencontre avec Denis Lachaud, lui a permis de se confier, sans doute plus qu'il ne le prévoyait au départ... et l'acteur de 70 ans s'appuie sur le texte écrit par l'auteur pour partager ses souvenirs d'enfance et d'adolescence et démonter devant nous les ressorts qui lui ont permis de devenir Sam Karmann, l'ancien cancre qui s'était promis de devenir médecin mais qui a fini par succomber à la tentation du théâtre, profession dans laquelle il a du trouver sa place avec une tardive reconnaissance à l'âge de 30 ans...

Avec son humour si particulier, seul sur scène, il nous émeut, nous surprend, nous fait sourire, nous effraie et nous convainc : oui Samir Hafez est devenu par le biais des révélations et des transformations qui s'en sont suivies, le talentueux comédien Sam Karmann qu'il est aujourd'hui !

Le spectacle est une autobiographie sans concession ni complaisance d'un homme qui a traversé le monde de l'Egypte à la France, a été nourri de catholicisme, d'islam et de judaïsme pour se convertir à l'athéisme et a fini par trouver sa véritable identité, effaçant ainsi les traumas de sa mère et les siens pour s'ouvrir aux personnages qu'il interprète et accueille comme des modèles ou des amis...

Une magnifique rencontre que l'on peut prolonger en discutant avec lui à la fin du spectacle !

A voir absolument !

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Dans son dernier opus, Walter Salles s'est inspiré du récit écrit par Marcelo, le fils de Rubens et Eunice Paiva, pour mettre en scène la tragédie qu'a connue sa famille,  famille que le cinéaste a fréquentée à la fin des années 60 à Rio de Janeiro...

Le film démarre sur des images idylliques : une famille unie de cinq enfants autour d'un couple parental complice, une belle maison posée au bord de la plage où règne la joie de vivre, tenue par une jeune domestique totalement intégrée à la famille, l'arrivée d'un chien errant à la bouille craquante...

Une seule ombre au tableau : le survol de la plage par un hélicoptère noir et menaçant : nous sommes en 1971, sous la dictature militaire à la tête du Brésil...

Lorsque deux soldats sonnent à la porte pour emmener Rubens Paiva, ingénieur de métier et ancien député, Eunice s'inquiète mais Rubens part avec le sourire : ce n'est que pour un entretien de routine...

Très habilement monté, le scénario nous fait partager l'angoisse qui s'installe peu à peu - avec l'absence de nouvelles de Rubens, l'emprisonnement puis le retour à la maison d'Eunice et de sa fille aînée, le manque d'argent qui s'installe très rapidement et les contraint à changer leur style de vie puis à quitter la maison... malgré le soutien des amis et le conseil des avocats qui tentent de percer le mystère autour du sort de Rubens...

La figure d'Eunice interprétée avec maestria par Fernanda Torres illumine le film du début à la fin, Eunice qui décidera de quitter Rio pour reprendre des études de droit : devenue avocate et militante du mouvement anti-dictature militaire au Brésil, cette dernière est décédée le 13 décembre 2018.

Durant 2h15, nous suivons le destin de cette famille brisée qui saura se relever et nous prenons conscience par touches successives de l'horreur de ces années de plomb,  période la plus répressive du régime militaire, qui continuera jusqu'en 1974, menant à la rupture, première dans l'histoire du Brésil, entre le régime et la hiérarchie catholique...

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Hiroshi Okuyama a toujours voulu faire un film sur le patinage artistique pour partager les émotions sur ce sport auquel il a été initié étant enfant...

Il nous raconte l'histoire de Takuya (Keitatsu Koshimaya très touchant), un jeune garçon maladroit dans les sports masculins dont le hockey sur glace, incontournable lors des longs hivers neigeux sur l'île d’Hokkaido...

Rêveur, il reste assis au bord de la patinoire et admire Sakura (Kiara Nakashini), une ravissante patineuse dont les arabesques le subjugue, coachée par Arakawa (Sosuke Ikematsu), un ex champion exilé de Tokyo...

Quand ce dernier touché par l'isolement de Takuya lui propose de l'entraîner en duo avec Sakura, le jeune homme s'épanouit sous l’œil attendri du coach et développe des qualités artistiques insoupçonnées...

Une merveilleuse sortie à trois sur un lac naturel enneigé nous fait espérer un avenir radieux pour ces trois-là mais ils sont malheureusement rattrapés par les préjugés sociétaux japonais et notamment par l'homophobie latente mais omniprésente...

Le fil est joli, les acteurs et notamment les deux jeunes (excellents patineurs dans la vie mais non professionnels au cinéma) sont attachants et le spectateur passe durant 1h30 un moment un peu hors du temps mais plein d'espoir en l'humanité !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #théâtre

C'est en 1965 que la carrière et le destin de Barbara, alors âgée de 35 ans, soudain bascule. Artiste de cabaret jusque-là discrète, interprétant les chansons des autres cramponnée à son piano, la jeune femme aux cheveux noirs de geai se jette à l'eau, enregistre un premier album en tant qu'auteur-compositeur-interprète et bouleverse le public de Bobino, inaugurant une histoire d'amour qui ne finira qu'à sa disparition, en novembre 1997.

Catherine Pietri a décidé d'adapter et d'interpréter l'autobiographie "Il était un piano noir..." que Barbara a écrit l'année de sa disparition...

Le résumé du livre est poignant :

"Plus jamais je ne rentrerai sur scène. Je ne chanterai jamais plus.
Un soir de 1993, au Châtelet, mon cœur, trop lourd de tant d'émotion, a brusquement battu trop vite et trop fort, et, durant l'interminable espace de quelques secondes où personne, j'en suis sûre, ne s'est aperçu de rien, mon corps a refusé d'obéir à un cerveau qui, d'ailleurs, ne commandait plus rien. J'ai gardé, rivée en moi, cette panique fulgurante pendant laquelle je suis restée figée, affolée, perdue.
J'ai dû interrompre le spectacle pendant quelque temps, puis définitivement...
Durant deux ans, j'ai fait le deuil d'une partie de ma vie qui venait brusquement de se terminer.
Ecrire, aujourd'hui, est un moyen de continuer le dialogue".

Le spectacle proposé par le studio Hébertot est malheureusement, malgré le talent de l'actrice, étrangement inhabité puisque l'on n'entend aucune chanson de Barbara et surtout vide d'émotions alors que l'enfance de l'artiste, née Monique Serf en 1930, avant qu'elle ne devienne la "longue dame brune", est un roman à part entière : habitée par son envie de devenir chanteuse et choyée par sa grand-mère émigrée russe, la petite fille vit un enfer personnel entre une mère indifférente et un père incestueux et se retrouve, du fait de son ascendance juive, contrainte de quitter Paris pour échapper à la Gestapo...

Je ne vous recommande donc pas de voir la pièce qui se termine le 20 janvier mais plutôt de lire le livre et surtout d'écouter Barbara !

Le spectacle interprété par Anna Mouglalis en 2022 à la Maison de la Poésie avec un accompagnement musical et la chanteuse Pomme devait être autrement poignant (voir lien ci-dessous) !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Les critiques chagrins disent que ce film ne ressemble pas à Almodovar... à part peut-être dans l'usage savant des couleurs franches qui l'ont toujours caractérisé...

Ils disent ne pas retrouver l'outrance de l'Almodovar de la Movida mais nous ne sommes plus au début des années 80 et le talentueux réalisateur espagnol a aujourd'hui 75 ans...

Il s'est inspiré du roman Quel est donc ton tourment ? de Sigrid Nunez pour nous parler du thème très actuel de la fin de vie... à travers la rencontre inopinée de ces deux femmes qui ne se sont pas vues depuis des années et se retrouvent par le biais d'une de leurs amies communes, confrontées au drame que doit affronter Martha (magnifique Tilda Swinton) qui est en phase terminale d'un "méchant cancer"...

Ingrid (Julianne Moore dans une de ses meilleures interprétations) et Martha se sont connues en début de carrière puis leurs métiers : romancière à succès pour l'une et intrépide reporter de guerre pour l'autre, les ont séparées...

Quand Martha demande à Ingrid dont le dernier ouvrage parle de sa peur de la mort de l'accompagner dans son désir de maîtriser sa fin de vie, cette dernière terrorisée, finit par accepter le défi qui se présente à elle...

Pedro Almodovar sait trouver la bonne distance pour filmer la complicité de ces deux femmes "puissantes", si semblables et si différentes, les dessinant comme les deux faces d'un même personnage qui habiterait tour  tour la chambre d'à côté...

Des flashbacks savamment positionnés, des scènes finement drôles viennent soulager le poids de ces questions qui hantent la génération qui voit la fin de sa vie se rapprocher : comment accepter ses échecs personnels, quelle attitude adopter face à la maladie et à la déchéance, à qui demander de partager ses derniers moments...

Jusqu'aux dernières images magnifiques, le film nous saisit et nous émeut devant l'audace de ce réalisateur qui dévoile ses faiblesses sans apitoiement et avec panache !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Le réalisateur anglais John Crawley nous offre un joli roman d'amour, plein de gaieté et d'authenticité...

C'est aussi une histoire triste car Almut (Florence Pugh) et Tobias (Andrew Garfield), qui sont "tombés" amoureux au premier regard, doivent affronter la maladie qui se déclare rapidement chez Almut...

Le scénario ainsi décrit pourrait faire craindre le pire (un Love Story du XXIe siècle), mais le montage du film entremêle si habilement la chronologie des moments partagés qu'on ne peut que sourire et s'émouvoir de la complicité de ce couple dont les regards sont chargés de tendresse l'un envers l'autre...

Les deux acteurs que je ne connaissais pas, sont très attachants et très contemporains : dans leur couple, c'est elle qui donne le "la" mais lui incarne un homme sensible et moderne, à l'écoute des désirs de sa compagne et toujours présent dans chaque bonheur partagé et dans chaque épreuve traversée...

Je vous conseille de passer 1h50 avec ce duo pour partager un vrai moment de cinéma élégant et classique, très éloigné de tous les profils atypiques, cabossés et mal dans leur peau que l'on tente de nous imposer à longueur de films comme les personnages représentatifs de notre époque !

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