Si Mike Leigh a réalisé deux films historiques ces dernières années : "Mr Turner" (2014) et "Peterloo" (2018), le réalisateur anglais revient à 82 ans avec son dernier opus, au drame contemporain, sur les dissensions d’une famille issue de la communauté africaine-américaine, au lendemain de la pandémie de Covid-19.
Mais le scénario est cent coudées en dessous de "Secrets et Mensonges" (1996)...
Le résumé était attractif : l'histoire de deux sœurs quinquagénaires dont Pansy (Marianne Jean Baptiste) l'aînée, déteste la terre entière y compris son mari et son fils et la seconde Chantal (Michele Austin) qui incarne la joie de vivre, élevant seule ses deux filles avec un optimisme communicatif...
On comprend peu à peu que l'attitude de Pansy qui se rend physiquement malade à force d'entrer en conflit avec sa famille et son entourage remonte à un passé mal digéré... ok !
Seule Chantal la supporte et continue à l'écouter et lui porter secours...
Le souci du film c'est que durant 1h38, à part les altercations et les effondrements de Pansy, la situation n'évolue pas : elle est toujours en colère et quels que soient les efforts déployés autour d'elle, elle s'enferme dans sa posture de victime... So what ?
Heureusement que le chaleureux personnage de Chantal sauve un peu le film car ni le mari taiseux ni le fils asocial et obèse ne retiennent notre attention bienveillante...
Le dernier film de Samuel Theis diffère des autres films du genre puisqu'il s'agit d'un procès en appel d'un condamné qui reconnaît son crime (il est pyromane), mais demande à être rejugé car il estime sa peine trop lourde...
Le "héros" du film n'est donc pas le condamné mais Fabio (Julien Ernwein), un des membres du jury, quadra un peu paumé qui ne trouve pas sa place dans la société et hésite à s'engager sur le plan personnel...
Très réticent à l'idée de participer à ce procès, il est pourtant retenu et découvre avec étonnement le fonctionnement d'un jury et plus largement d'une cour d'assises...
Taiseux, il ne participe pratiquement pas aux débats mais finit par se poser les mêmes questions que ses homologues... réflexion qui l'amène peu à peu à sortir de sa gangue pour évoluer sur le plan personnel...
Le film séduit par l'originalité de son angle de vue, par la belle présence de Marina Foïs qui incarne le président de ce tribunal mais pêche par l'approche simpliste et l'évolution téléphonée de son personnage central...
Trop rare sur nos écrans et sur les planches de nos théâtres, Caroline Silhol a adapté le texte de Marcy Lafferty sur la dernière conférence de presse de Vivien Leigh et surtout interprète l'actrice anglaise qui restera pour toujours et pour tous les cinéphiles, l'incomparable Scarlett O'Hara d’« Autant en emporte le vent », et la déchirante Blanche Dubois du « Tramway nommé désir », deux rôles qui lui ont valu deux oscars !
Elégante liane en robe blanche, cette magnifique comédienne de 75 ans, nous tient en haleine durant 1 heure 15 où elle passe en revue l'enfance de Vivien Leigh (elle est née en Inde en 1913), sa carrière artistique, les heurs et malheurs de sa vie privée...
Elle nous parle également de sa maladie, aujourd'hui rebaptisée bipolarité qui entrava son parcours professionnel et finit par briser le couple glamour qu'elle formait avec Laurence Olivier... jusqu'à son décès précoce d'une pneumonie à 53 ans...
Si Caroline Silhol ne ressemble pas physiquement, à l’interprète de Scarlett O’Hara, elle parvient immédiatement à imposer l’aura de la « star » comme une évidence. Son jeu classieux et les nombreuses nuances de ses expressions et de son regard contribuent à restituer avec talent et sensibilité les paradoxes de cette actrice à la féminité libre et insolente que fut Vivien Leigh...
Occupant toute la scène du Poche Montparnasse, Caroline Silhol arrive à nous fasciner malgré une mise en scène un peu faible...
A voir pour les amoureux de Vivien Leigh mais pas que !
Le réalisateur israélien Eran Riklis adapte à l'écran le roman autobiographique d'Azar Nafisi, une professeure de littérature née à Téhéran où elle a vécu et enseigné avant de s'exiler à Washington en 1997...
Les premières images du film nous montrent Azar et son mari, passant la frontière iranienne pour rentrer dans leur pays suite à l'instauration d'une république islamique, résultat de la Révolution iranienne de 1979, un soulèvement populaire contre le régime du Shah Mohammad Reza Pahlavi, soutenu puis abandonné par l'Occident...
Azar Nafisi incarnée par la toujours aussi merveilleuse Golshifteh Farahani), reprend donc le chemin de la faculté pour partager son amour des classiques de la littérature occidentale et encourage ses étudiants à la lecture des ouvrages interdits par le régime car jugés subversifs tels que "Lolita" de Nabokov, "Orgueil et préjugés" de Jane Austen ou "Gatsby le magnifique" de F. Scott Fitzgerald...
Très appréciée par sa classe, Azar Nafisi déchante rapidement quand elle est rattrapée par l'implantation de lois strictes basées sur la charia, que le régime théocratique impose aux iraniens et notamment aux femmes en les obligeant notamment à porter le voile...
Dépitée, elle se résout à quitter la faculté et décide de réunir secrètement sept de ses étudiantes pour continuer son enseignement dans le refuge de son appartement...
Très incarné par ces femmes au regard déterminé, le film pêche par un scénario construit de façon erratique puisqu'il mélange les époques dans un désordre qui ne nous permet pas de nous associer au sort de ces femmes ostracisées et violentées... Qui plus est, la personnalité du personnage principal et des personnages secondaires y compris celle du mari d'Azar ne sont pas approfondies ou souffrent d'ellipses qui rendent leur comportement incompréhensible au regard des événements qu'ils subissent... Quant aux enfants d'Azar, ils sont invisibilisés dans le film qui ne nous montre aucune scène de famille, recentrant toute l'attention du spectateur sur le questionnement personnel de la professeure...
Enfin on ne peut que s'étonner de passages impensables comme les rencontres régulières dans l'espace public entre Azar et son mentor, alors que la loi islamique interdit formellement aux femmes de s'asseoir à côté d'un homme qui n'est pas son mari...
Dommage... mais le film mérite bien évidemment d'être vu pour dénoncer le sort réservé aux iraniens et surtout aux iraniennes !
Le film est l'adaptation du roman du même nom, publié en 2021, et écrit par Roland Perez. Avocat, il est aussi animateur de radio et de télévision. Il a notamment été pendant plus de quinze ans médiateur d'Europe 1, et a tenu une chronique hebdomadaire sur le droit dans l'émission de Sophie Davant, C'est au programme.
Avec ce roman inspiré de sa vie, Roland Perez voulait rendre hommage à sa mère, et à toutes les mères qui se battent pour leur enfant. Jusqu'au décès de cette dernière, il n'avait jamais parlé publiquement de son handicap.
En choisissant Leïla Bekhti pour jouer le rôle de la mère, le réalisateur Ken Scott a trouvé en cette actrice frémissante, la clé de voûte de son film qui, étant donné son sujet : le handicap, aurait pu être tire-larmes mais du fait de la présence solaire de cette mère "louve" ne peut que nous séduire et nous captiver...
L'histoire c'est celle de Roland, sixième enfant d'une famille juive marocaine, qui nait en 1963 avec un pied bot. Contre l’avis de tous les spécialistes et de son entourage, Esther promet à son fils qu’il marchera comme les autres, et donc sans être appareillé, et qu’il aura une vie fabuleuse. Dès lors, elle n’aura de cesse de tout mettre en œuvre pour tenir cette promesse.
À travers cinq décennies d’épreuves et de "miracles" de la vie, le scénario nous invite au sein de cette famille soudée autour de l'enfant qui trouve, grâce à sa mère et à Sylvie Vartan, à laquelle il voue une véritable passion, la force de vaincre son handicap et de déjouer les menaces proférées par le corps médical et la pression de l'aide sociale à l'enfance incarnée par la toujours aussi formidable Jeanne Balibar, qui exige que l'enfant soit scolarisé...
Sylvie Vartan a accepté de jouer son propre rôle dans le film, ce qui le rend encore plus fort et plus émouvant et l'on ne peut que saluer la performance complexe de Leïla Bekhti, crédible à tous les âges de la vie jusqu'aux portes de son décès, ainsi que celle de Jonathan Cohen qui interprète Roland à l'âge adulte !
Le filmest une adaptation libre du roman du même nom de Christophe Boltanski (prix Femina 2015), dans lequel l'auteur raconte l’histoire de sa famille sur plus d’un siècle.
Le réalisateur Lionel Baier a choisi de s'attarder sur les événements de Mai 68, alors que dans le livre, cette période ne fait l’objet que d’un demi-paragraphe.
Il explique ce choix par ces mots : "Pour moi, les événements de ce mois particulier ont exacerbé les passions françaises. 23 ans après la guerre, suite aux grèves et pénuries, l’inconscient collectif a refait surface et s’est incarné aussi bien à gauche, qu’à droite. [...] Cela permettait de déplier une grande partie des thématiques qui m’avaient touché dans le roman. Comme le rapport aux origines, le besoin de fiction dans la construction de son identité, l’antisémitisme, le non-dit."
Le scénario du film s'écrit autour de Christophe, un petit garçon de 9 ans, qui vit les événements de mai 68, dans l’appartement familial de ses grands parents à Paris rue de Grenelle, entouré de ses oncles (William Lebghil et Aurélien Gabrielli) et de son arrière-grand-mère dite L'Arrière-pays car originaire d'Ukraine et victime des pogroms russes, interprétée par une Liliane Rovère plus vraie que nature...
Chez Père Grand (Michel Blanc) qui a son cabinet de médecin et Mère Grand (Dominique Reymond) qui travaille sur ses livres, la famille vit soudée dans un cocon qu'ils ne quittent que pour quelques trajets en Citroën Ami6 rouge, une autre bulle protectrice, conduite par Mère Grand, qui refuse que son corps martyrisé par la polio ne l'empêche de vivre une vie comme les autres...
Le bruit de la ville et de la Révolution s'arrête aux portes de l'appartement que le petit garçon imagine habité par un chat qui vivrait sous le parquet mais qu'on ne voit pas...
Mêlant très habilement la tendresse et la fantaisie, le réalisateur nous fait pénétrer dans l'intimité de cette tribu juive "névrosée par son passé", qui continue à se protéger jusqu'à retenir ses grands enfants, les deux oncles qui restent attachés à l'appartement, comme pour ne pas être rattrapés par les "dangers" de l'extérieur...
Par un jeu subtil, le spectateur est amené à se poser les mêmes questions que Christophe et découvre petit à petit le secret du titre du livre et du film...
Les acteurs sont tous formidables et Michel Blanc révèle, si cela était encore nécessaire, qu'il est (était) un grand comédien au jeu subtil et complexe !
Dolce&Gabbana est la rencontre entre le Sicilien Domenico Dolce et Stefano Gabbana. À l'époque, tous deux travaillent pour la marque Giorgio Correggiari, où Dolce prend Gabbana sous son aile, lui apprenant les rouages de l'industrie ainsi que le dessin. Car c'est bien Domenico Dolce qui a grandi dans un foyer tourné vers la mode : son père était tailleur, sa mère vendait du tissu. Il conçoit sa première pièce à l'âge de six ans. Le Milanais Stefano Gabbana ne s'y intéresse quant à lui qu'à l'adolescence, bien qu'il ait souvent répété que les poupées lui ont appris tout ce qu'il fallait savoir sur la mode.
C'est en 1983 que Dolce&Gabbana voit le jour, d'abord comme un studio de consulting dans le design. Leur première collection, Geometrissimo (printemps-été 1986), ressemble à beaucoup de “premières fois” sans le sou : les mannequins sont des amies, elles portent leurs propres accessoires sur le podium, et un drap appartenant à Dolce sert de rideau pour le défilé. C'est la collection suivante, Donne Vere/Real Women (automne hiver 1986) qui marque un tournant pour la maison, qui parvient à séduire des investisseurs, ainsi que des critiques de mode. Leurs vêtements, marqués par leur héritage italien, puise ses inspirations du côté du film Le Guépard de Luchino Visconti (1963) et les icônes du cinéma italien de l'époque, dont Claudia Cardinale et Sophia Loren. Leurs tissus favoris alors ? La dentelle et la soie – ce qui, en 40 ans, n'a presque jamais changé.
Réunissant pour la première fois les créations uniques de la maison de mode de luxe, l'exposition est une lettre d’amour ouverte à la culture italienne, source d’inspiration constante de Domenico Dolce et Stefano Gabbana. Elle retrace l’itinéraire esthétique de leurs créations, d’abord portées dans leur cœur, puis exécutées à la main dans leurs ateliers.
Conçue par l’historienne de la mode Florence Müller, l’exposition célèbre Dolce&Gabbana en tant que symbole du style italien, et remonte à l’origine du songe extraordinaire devenu la réalité de leur Alta Moda. Elle explore une approche singulière dans le monde du luxe, faite d’élégance et de sensualité, mais aussi d’humour, d’impertinence et d’extravagance.
Les modèles exposés, des pièces uniques réalisées par des artisans italiens dotés de savoir-faire incomparables, mettent en évidence les différents éléments de la culture italienne qui nourrissent les créations de Dolce&Gabbana. L’exposition, selon un parcours thématique, reflète la richesse de leurs inspirations puisées dans l’histoire de l’art italien, l’architecture, l’artisanat, les cultures régionales, la musique, l’opéra, le ballet, le cinéma, les traditions folkloriques, le théâtre et bien sûr – « la dolce vita ».
Le Centre Pompidou consacre une monographie à Suzanne Valadon (1865-1938), artiste emblématique et audacieuse, l’une des plus importantes de sa génération.
À la marge des courants dominants de son époque, elle défend avec ardeur la nécessité de peindre le réel – elle place le nu, féminin comme masculin, au centre de son œuvre, représentant les corps sans artifice ni voyeurisme (elle est la première femme à peindre en grand format un nu masculin de face).
Riche de plus de deux-cents peintures et dessins, les deux médiums de prédilection de l’artiste –, réparties en cinq sections thématiques, l'exposition retrace son rôle précurseur, souvent sous-estimé, dans la naissance de la modernité artistique.
Née Marie Clémentine Valadon, elle adopte le prénom de « Suzanne » que lui donne Henri de Toulouse Lautrec, en référence à l'épisode biblique de Suzanne et les Vieillards.
Modèle favorite du tout-Montmartre dès l'âge de 15 ans, elle perfectionne dans les ateliers d'artiste sa maîtrise du dessin qu'elle pratique depuis l'enfance. Elle observe les techniques picturales, fait la connaissance du peintre Pierre Puvis de Chavannes et pose également pour Auguste Renoir qui devient aussi son amant.
Elle a plusieurs admirateurs dont Miguel Utrillo, un ingénieur catalan, promoteur des arts, peintre, homme de lettres et critique d'art (journaliste)
À 18 ans, elle attend un fils, Maurice, qui naît le . C'est à ce moment qu'elle réalise sa première œuvre signée Suzanne Valadon : un autoportrait au pastel. À cette époque, elle fait des dessins, surtout des portraits, à la mine de plomb, au fusain et à la sanguine.
Miquel Utrillo, qui s'intéresse à l'enfant, vient régulièrement en visite chez les Valadon. En 1886, Marie-Clémentine et sa mère déménagent dans la maison où Henri de Toulouse-Lautrec loue un atelier. Très vite, ils font connaissance. Elle devient son modèle ainsi que sa maîtresse. Elle l'accompagne partout pendant ses escapades nocturnes. Après avoir découvert par hasard quelques dessins faits par elle, il lui conseille de les montrer à Edgar Degas. Très enthousiaste (Suzanne Valadon devient son élève et sa protégée), il encourage ses efforts en lui achetant ses premiers dessins.
Elle devient la maîtresse de Paul Mousis, agent de change et ami d'Erik Satie, qu'elle épouse en 1896. Le couple s'installe alors au 12, rue Cortot, en haut de la butte Montmartre. Ce mariage lui donne une stabilité financière qui lui permet de se consacrer à sa peinture et à l'éducation de son fils.
Il faut attendre 1892 pour que Suzanne Valadon commence à pratiquer la peinture à l'huile. Elle peint des natures mortes, des bouquets et des paysages marqués par la force de leur composition et leurs couleurs vibrantes. Elle s'inspire aussi de son entourage, ainsi elle brosse les portraits de son fils et de sa mère. Elle peint également des nus.
Son mariage prend fin en 1909, année où elle expose au Salon d'automne à Paris (dont elle deviendra Sociétaire jusqu'en 1933). Elle se met en ménage avec l'ami de son fils, le peintre André Utter (1886-1948), qu’elle épouse en 1914. Cette union, houleuse, durera près de trente ans. André Utter en Adam et elle-même en Eve figurent sur l'une de ses toiles les plus connues : Adam et Eve
La visite s’ouvre sur l’un de ses tableaux les plus connus et les plus emblématiques de son œuvre : La Chambre bleue, peint en 1923. Une toile moderne et, surtout, authentique qui rompt avec les représentations féminines réalisées par ses contemporains : le corps du modèle n’est pas idéalisé et la scène n’est pas érotisée.
Sous les doigts de Suzanne Valadon, les femmes – mais aussi les hommes – se dévoilent dans une intimité brute, sans artifice ni voyeurisme. Une fillette découvrant son anatomie à l’aide d’un miroir, une mère qui sèche le corps de sa fille, une femme humant un bouquet de fleurs : les moments de la vie quotidienne ne servent pas de prétexte à satisfaire la curiosité ou le plaisir du spectateur.
« Je peins les gens pour apprendre à les connaître », disait-elle. Aussi, lorsque l’artiste se lance dans le portrait bourgeois dans les années 1920 – ce qui engendre son ascension sociale, elle qui avait plutôt l’habitude de représenter des femmes du peuple –, on y lit la même volonté de traduire le réel. Des yeux absents, un visage marqué par les rides, un corps vieillissant : elle ne pose pas de regard compatissant sur ses sujets. Ses portraits cherchent avant tout à saisir la vérité.
Une femme libre au parcours atypique, pratiquant un art transgressif qui a réussi à imposer son nom dans un milieu et une époque largement dominés par les hommes !
Autoportraits : pastel (18 ans), puis dessins, puis peinture à l'huile
Portraits familiaux avec sa mère, son fils, André Hutter et sa famille - Adam et Eve
Le réel : peintures et dessins
Natures mortes et paysages
Portraits de commande
Peintres contemporains : Marie Laurencin, Renoir, Toulouse Lautrec, Matisse, Henner, Erik Satie, Juliette Roche, Emilie Charmy
La pièce de Cyril Gely se déroule en 1946 et pourtant elle est d'une toujours aussi brûlante actualité quant à la reconnaissance de la place des femmes dans la sphère scientifiques...
Ludmila Mikael interprète Lise Meitner (1878-1968), autrichienne naturalisée suédoise, physicienne renommée pour ses travaux sur la radioactivité et la physique nucléaire...
Pierre Arditi incarne Otto Hahn (1879-1968), chimiste allemand lauréat du prix Nobel de Chimie pour la découverte de la fission nucléaire...
Le 10 décembre 1946, au Grand Hôtel de Stockholm, peu avant l'heure de recevoir le Prix Nobel de Chimie, Otto Hahn est rejoint dans sa suite par Lise Meitner, son ancienne collaboratrice avec laquelle il a travaillé plus de 30 ans, mais qu'il n'a pas revue depuis 1938... où elle a dû fuir l'Allemagne du fait de sa judéité...
Fébrile, obnubilé par la préparation de son discours, Otto Hahn accueille Lise Meitner avec inquiétude : pourquoi vient-elle le voir maintenant, juste avant la remise de son prix...
D'abord chaleureux, l'entretien devient vite tendu, passionné, incisif, accusateur...
Lise rappelle à Otto leurs travaux communs, la complémentarité entre leurs profils de chimiste et de physicienne... et vient lui demander des comptes...
Se défendant pied à pied, Otto tente de se justifier mais perd de sa superbe devant la pugnacité de cette femme géniale qui veut que ses découvertes soient reconnues...
Otto ne comprend pas tout de suite ce qu'elle veut, cherche la corde sensible, la trouve un moment... mais... je ne vous raconterai pas la fin qui est magnifique !
Les deux acteurs brillantissimes nous tiennent en haleine durant tout le spectacle, nous révélant au fil des échanges les liens professionnels et personnels qu'ils ont tissés puis rompus pour des raisons de sexisme, de nationalité et d'antisémitisme...
Ludmila Mikael VS Pierre Arditi : le face à face tant attendu. Actuellement au Théâtre Hébertot Lien pour réserver en ligne : https://www.theatrehebertot.com/spect... téléphone au 01 43 87 2...
Steven Soderbergh nous invite à plonger dans un film d'espionnage haletant, mais difficile à suivre tant il est complexe, qui raconte l'histoire d’un couple d’agents secrets, George Woodhouse (Michael Fassbender impénétrable) et sa femme Kathryn (Cate Blanchett éblouisssante).
Lorsque ses supérieurs demandent à George de trouver la taupe soupçonnée de trahison qui se cache dans leur groupe, groupe auquel appartient également sa femme, George doit faire face à un dilemme déchirant : protéger son mariage qualifié de parfait par tous ceux qui travaillent avec eux, ou défendre son pays.
Le personnage de George Woodhouse s’inspire en partie de James Jesus Angleton, une légende de la CIA. Comme Angleton, George est un passionné de pêche, un passe-temps qui reflète sa patience et sa capacité d’observation : le lac où le personnage de Michael Fassbender se ressource est un véritable lieu idyllique du Buckinghamshire, choisi pour son atmosphère paisible contrastant avec la tension du film.
Très british dans son ambiance, ses décors et son esthétisme, le film ne nous laisse pas une seconde de répit pour essayer de suivre l'enquête menée tambour battant par des as de l'espionnage et du mensonge !
On ressort de la projection sans avoir tout compris et la fin nous laisse perdu et perplexe sur la méthode employée pour débusquer la taupe !