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Route 66

Route 66

Prenez vos bécanes pour aller au cinéma, voir des pièces de théâtre, admirer des expositions...

Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

La réalisatrice japonaise Chie Hayakawa se raconte à travers l'été 1987 de son héroïne Fuki (délicieuse Yui Suzuki), une petite fille de 11 ans, solitaire et perdue entre un père mourant et une mère rarement présente puisque qu'accaparée par son travail...

A travers ce second long métrage, la cinéaste, mère de deux enfants, avoue avoir essayé de se guérir de sa culpabilité de n'avoir pas su accompagner son père malade...

Elle  a choisi l’année 1987 parce qu’elle avait l’âge de la petite fille du film cette année-là. Mais aussi et surtout parce que le Japon était à son apogée économique et que la population avait un très fort pouvoir d’achat, avant le déclin de ce modèle économique.

L'idée est jolie et je regrette de n'avoir pas réussi à entrer dans le film tant il m'a paru décousu, irrationnel et incompréhensible (en tout cas pour un européen) !

Le titre du film, étrange pour un film japonais, vient de l'enchantement de Chie Hayakawa pour le tableau de Renoir "La petite Irène" dont son père lui avait offert une reproduction... tableau qui fascine également Fuki qui va l'accrocher dans la chambre d'hôpital de son père...

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Publié le par Hélène
Publié dans : #théâtre

Auréolée par 5 Molières, la nouvelle pièce de Jean-Philippe Daguerre nous plonge dans la vie d'une famille de mineurs à la fin des années 50 à Noeux Les Mines...

Nous ne sommes pas chez Zola, ni chez les Bisounours mais chez Daguerre dont le talent pour faire revivre des époques, comme l'Occupation avec "Adieu Monsieur Haffmann" n'est plus à démontrer...

Sans pathos mais avec humour, il nous fait partager la fierté de ces hommes qui sont mineurs de père en fils, le courage de ces femmes qui sont le ciment de ce mode de vie...

Il nous parle aussi d'amitié, d'amour, d'accueil de l'autre, de l'immigré : d'abord des polonais vite intégrés car catholiques puis des marocains dont ils partagent beaucoup de valeurs... et de solidarité : Philippe Daguerre est excellent dans le rôle du médecin qui a quitté Paris et sa clientèle bourgeoise pour soigner des vrais gens !

A ses côtés, cinq acteurs de grand talent interprètent :

- le père Sosthène (Jean-Jacques Vanier), philosophe à ses heures,  très fier du poste de télévision qu'il vient d'acquérir en compensation de sa silicose, poste sur lequel il va pouvoir suivre la coupe du monde de football en Suède et les exploits de l'enfant du pays, Raymond Kopaszewski dit Kopa,

- la mère Simone (Raphaëlle Cambray récompensée comme meilleure actrice dans un second rôle) qui tient le troquet local comme sa mère et sa grand-mère où Sosthène et son ami Bartek (Aladin Reibel), syndicaliste polonais au cœur brisé par le décès de son épouse se retrouvent pour boire et parler de leurs fils, 

- Pierre (Théo Dusoulié) et Vlad (Julien Ratel), les deux amis inséparables qui ont choisi le métier de leurs pères et partagent leur goût pour la musique...

Quand Leila (Juliette Béhar, prix de la révélation féminine), une jeune marocaine intègre le groupe des accordéonistes, la rivalité s'installe entre les deux amis qui tombent tous les deux follement amoureux de la jolie rebelle... 

Le travail sur le décor est très astucieux puisqu'il fait ressortir sur le fond gris de la mine, la chaleur du bistrot où chacun se retrouve pour se confier et oublier les dures conditions de travail - et l'accordéon dont les trois héros jouent à la perfection compose à lui seul un personnage à part entière...

La pièce reprend au théâtre du Palais Royal et fait salle comble ! 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #expos

Depuis son suicide il y a deux mille ans, la notoriété de Cléopâtre n’a cessé que croître. Une renommée aux multiples facettes – d’autant plus surprenante que nulle biographie antique ne la fonde – qui habitent nos imaginaires dans tous les domaines de la création, et même de la consommation.

Pourquoi une telle renommée? Peintures, sculptures, estampes, manuscrits, objets archéologiques, bijoux et monnaies, costumes, projections, photographies… sont autant de réponses, à découvrir au fil d’une riche sélection d’œuvres issues du Louvre, de la Bibliothèque nationale, du château de Versailles, d’autres musées de France et d’Espagne, des États-Unis, d’Italie et de Suisse.

L’exposition débute par une plongée dans les découvertes historiques et archéologiques les plus récentes. Grâce aux rares sources directes – pièces de monnaie et papyrus peut-être signé de sa main –, nous mettons un visage sur le nom de Cléopâtre VII Philopator. 

Cette section éclaire le contexte économique, politique et religieux d’une époque charnière, alors que le prospère royaume d’Égypte, sous protectorat romain, et sa capitale Alexandrie, centre du monde hellénistique, constituent un florissant lieu d’études, d’échanges et de commerce. Dernière souveraine de la lignée ptolémaïque, Cléopâtre mène une active politique de réformes qui enrichissent son pays. Fine stratège, elle fait régner la paix pendant les vingt années de son règne.  

En 31 avant notre ère, la défaite d’Actium qui oppose la Rome d’Octave, futur empereur Auguste, et l’Égypte de Cléopâtre et Marc Antoine marque un tournant majeur dans l’histoire méditerranéenne : avec le suicide de sa reine, s’en est fini de l’indépendance de l’Égypte.

Si les auteurs arabes soulignent les qualités intellectuelles et le rôle de cheff d’État de Cléopâtre, on doit aux écrivains romains d’avoir fondé sa légende noire, en accord avec la propagande augustéenne, en la dépeignant sous les traits d’un fatale monstrum (Horace). Dans les écrits de l’époque impériale, elle est diffamée et reléguée au second plan, n’apparaissant que dans des récits consacrés à César ou à Marc Antoine. « L’Égyptienne » incarne la luxure et la menace qu’une étrangère, femme de tête et reine tout à la fois, représentait pour un pouvoir romain misogyne. Ces sources biaisées influenceront durablement l’historiographie. 

Son suicide, grâce auquel elle échappe à la capture par les Romains, fait naître la Cléopâtre immortelle : la mort héroïque d’une reine séductrice selon les auteurs de l’Antiquité, se révèle une inépuisable source d’inspiration. Enluminures, dessins, peintures, sculptures, littérature, théâtre, opéra…  généralisent la légende d’une Cléopâtre tantôt inspirée de l’Ève pécheresse tantôt Orientale perverse.    

Après Sarah Bernhardt qui l’incarne dans Cléopâtre de Victorien Sardou, la reine prend sa revanche sur les écrans, éclipsant César et Antoine. Des actrices charismatiques imposent la Cléomania au cinéma dans des productions à grand spectacle, avec leurs garde-robes somptueuses et leurs maquillages anachroniques, Sophia Loren et surtout Liz Taylor dans la  superproduction mythique de Joseph L. Mankiewicz de 1963. 

Avec la prolifération des images, la glamourisation du star-system, elle s’invite dans tous les foyers. Objet de consommation, elle devient reine de beauté, égérie de mode ou marque de publicité. En devenant l’une des femmes les plus connues au monde, le mythe l’emporte sur les faits, entrainant une durable confusion, voire des récupérations hasardeuses, au dépend de la connaissance de la chef d’État historique.

Dès la fin du XIXe siècle naît Cléopâtre, icône des luttes identitaires et émancipatrices. Cette femme forte et indépendante qui préféra mourir plutôt que se rendre est relue sous le prisme de nouveaux combats politiques. En Égypte, la reine est un emblème nationaliste de résistance face au colonialisme, affirmant l’héritage antique du pays. Aux États-Unis, elle est récupérée par la communauté africaine-américaine comme cheffe d’État africaine. Plus largement, les mouvements féministes réhabilitent son image en tant que femme de pouvoir ayant su imposer sa voix. Par-delà les siècles et les fruits de la recherche historique et académique, la figure de Cléopâtre demeure ainsi le miroir des aspirations et des fantasmes…

Ce qui est très intéressant dans cette exposition c'est qu'elle souligne le contraste entre la pauvreté des sources historiques et la profusion des évocations légendaires (celles des publicités sont très amusantes) jusqu'aux revendications actuelles !

A voir jusqu'au 11 janvier 2026

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Simon Curtis reprend du service pour réaliser ce dernier volet, après avoir déjà signé le second (que j'avais trouvé excellent), qui se clôturait par la mort de la comtesse douairière, Violet (incarnée par Maggie Smith, décédée elle aussi deux ans plus tard).

Ultime adaptation ciné de la série culte qui en six saisons de 2010 à 2015 nous a rendus accros à la famille Crawley et à leur personnel de maison, le film boucle dans les années 30 une saga qui avait démarré en avril 1912, le jour du naufrage du Titanic...

A la mélancolie de cet adieu, s'ajoutent le passage de flambeau de Robert et Cora à leur fille Lady Mary, le divorce de Lady Mary et les départs en retraite du majordome Carson et de la cuisinière Madame Patmore...

Au plaisir de retrouver nos personnages favoris, se mêle donc la tristesse des au revoir et également le sentiment de perte de l'insouciance d'une époque bouleversée dès les premières scènes par les conséquences du krach de 1929... tournant de l'Histoire qui n'est pas sans annoncer la fin des années 30 et la perspective de la seconde guerre mondiale...

Difficile de clore cette longue page d'histoire sans collectionner les "vignettes" en invitant tour à tour les différents personnages que nous avons vu changer et s'épanouir au fil des épisodes - procédé qui prive le scénario de son habituel souffle captivant...

Mais il faut quand même aller voir le film et notamment pour se réjouir de la transformation de deux personnages : Edith Crawley devenue un appui pour sa si brillante soeur aînée, et Daisy Parker, la jeune aide cuisinière godiche qui s'est transformée en une charmante jeune femme respectée pour son talent professionnel en cuisine ! 

 

 

"Downton Abbey III : Le grand final" : difficile de dire adieu à cette série culte !
"Downton Abbey III : Le grand final" : difficile de dire adieu à cette série culte !
"Downton Abbey III : Le grand final" : difficile de dire adieu à cette série culte !
"Downton Abbey III : Le grand final" : difficile de dire adieu à cette série culte !
"Downton Abbey III : Le grand final" : difficile de dire adieu à cette série culte !
"Downton Abbey III : Le grand final" : difficile de dire adieu à cette série culte !
"Downton Abbey III : Le grand final" : difficile de dire adieu à cette série culte !
"Downton Abbey III : Le grand final" : difficile de dire adieu à cette série culte !
"Downton Abbey III : Le grand final" : difficile de dire adieu à cette série culte !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Il s’agit du premier long-métrage de fiction de Guillermo Galoe - qui avait déjà réalisé en 2023 un court métrage sur La Canada Real, l'un des plus grands bidonvilles d'Europe aux portes de Madrid (il s'étend sur plus de 14 kms de long)...

Pour raconter ce monde en voie de disparition qui réunit gitans, roms, immigrés marocains et latinos, le réalisateur a du convaincre les habitants de participer au film dont ils sont les héros (le projet suivi du tournage a duré 6 ans)...

Les premières images nous montrent une scène de chasse impliquant un pick up rempli d'enfants accompagnant un lévrier blanc qui court après un lapin... une première scène de "western" où le spectateur ressent viscéralement la liberté du groupe qui se déplace dans un paysage quasi désertique...

Le film nous montre la fierté et la solidarité de ces communautés qui résistent malgré des conditions de vie de plus en plus inhumaines du fait du réchauffement climatique à la volonté du gouvernement espagnol de démanteler ce ghetto (l'électricité  a été coupée en 2020, des maisons en dur sont régulièrement démolies...), pour récupérer des terrains qui ont pris de la valeur aux portes de la capitale espagnole...

Nous découvrons cet endroit improbable à travers le regard de deux adolescents : Antonio Fernandez, un jeune gitan qui aide son grand-père ferrailleur et Bilal Sedraoui d'origine marocaine, dont les visages crèvent l'écran...

Le film reparti du Festival de Cannes auréolé du Prix SACD de la Semaine de la Critique, nous fait toucher du doigt l'opposition entre deux mondes qui ne peuvent pas cohabiter sur le territoire européen : celui ancestral du voyage où la poésie côtoie la drogue et celui du capitalisme florissant qui n'en finit plus de grignoter les terres libres de béton...

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Fils de est le premier long-métrage réalisé par Carlos Abascal Peiro. Avant de devenir cinéaste, ce dernier était journaliste pour plusieurs médias espagnols à Madrid puis à Paris.

Sur le papier le film avait tout pour plaire : un sujet ô combien d'actualité (une semaine après la présidentielle, la France cherche toujours son Premier Ministre !), un casting de choc avec François Cluzet, Karin Viard et Alex Lutz...

A l'arrivée un boulgi boulga de scènes aussi absurdes qu'incompréhensibles qui illustrent un seul message : les femmes et les hommes politiques sont tous pourris (et vulgaires !)

Un seul conseil : voir ou revoir la série Baron noir (2016-2020), les films L'exercice de l'Etat (2011), Quai d'Orsay (2013), Alice et le maire (2019), Les Promesses (2022) avec Isabelle Huppert..

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Comme pour son premier film Beyond the infinite Two Minutes (2020), le réalisateur japonais Junta Yamaguchi nous propose une boucle temporelle de deux minutes dans laquelle les héros de son histoire se retrouvent enfermés...

Capté dès les premières images dans un décor magnifique au cœur des montagnes japonaises enneigées, le spectateur est invité à l’auberge Fujiya près de Kyoto, où les employés et les clients se rendent vite compte que les mêmes 2 minutes sont en train de se répéter à l'infini... 

Incrédules, agacés, énervés, désorientés, amusés... mais jamais indifférents, ils vont peu à peu prendre conscience que revivre les 2 mêmes minutes à l'infini offre un grand nombre de possibilités : emprunter un autre escalier, prononcer d'autres paroles, modifier un geste... en un mot remonter le temps pour corriger le passé...

Le film, au premier abord absurde, recèle une analyse très fine des émotions et des sentiments des différents protagonistes dont la délicieuse Mikoto (Riko Fujitani) qui se retrouve sur la même berge de la rivière avec l'obligation de remonter dans l'auberge pour nettoyer la chambre d'un client...

A voir pour le décor de carte postale mais pas que ! 

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
Présenté à la Quinzaine des Cinéastes au Festival de Cannes 2025, le film de Christian Petzold signe sa quatrième collaboration avec Paula Beer...
J'avais adoré Le ciel rouge et ce notamment pour son engagement écologique (voir ma critique en 2023), mais ce dernier opus m'a laissée perplexe...

Dans Miroirs n°3 qui fait référence à la pièce pour piano éponyme du compositeur français Maurice Ravel, le réalisateur nous raconte l'histoire de Laura (Paula Beer) qui semble flotter entre le désir de mort et son envie de vivre pour la musique...

Quasiment mutique, elle est recueillie par Betty (Barbara Auer à fleur de peau), une femme d'une cinquantaine d'années qui vit seule dans une maison de la campagne berlinoise et l'a extraite miraculeusement intacte d'une voiture accidentée après un tonneau qui a couté la vie à son petit ami...

Une étrange complicité se noue entre les deux femmes, chacune ayant visiblement besoin de l'autre : d'ellipses en ellipses, le spectateur comprend le drame qui a détruit Betty mais peine à analyser le mal être de Laura...

Deux actrices merveilleuses, de très belles scènes mais on ressort du film un peu frustré(e) en se demandant quel est le véritable sujet du scénario...

En conclusion, un court moment de cinéma plaisant, touchant mais un peu vain ?

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
Le réalisateur Nader Saeivar a tourné le film de manière clandestine en Iran, avant de quitter le pays dès la fin du tournage (il vit aujourd’hui à Berlin)
Il s’est servi de certains éléments de sa propre vie pour les besoins du film. Ainsi, la scène qui montre la manière dont une femme est arrêtée par les autorités iraniennes pour ensuite être conduite dans le désert est une expérience vécue également par le cinéaste, à la suite de la sortie de son deuxième film, No End (2022).
Dans ce scénario écrit à quatre mains avec Jafar Panahi, le cinéaste mêle habilement la fiction et l'histoire politique de son pays en rendant hommage au mouvement "Femme, Vie, Liberté" qui s'oppose à la dictature des mollahs...
Il nous fait partager le dilemme de Tarlan, ancienne professeur de danse, qui a été témoin du féminicide d'une jeune femme qu'elle considère comme sa fille et se heurte aux institutions qui protègent les puissants...
Interprétée par Maryam Boubani qui est devenue un vrai symbole en Iran car elle a été l’une des premières femmes à retirer son hijab et à déclarer qu’elle ne voulait plus le porter, l'héroïne transcende le film de son regard clairvoyant, empathique et intransigeant...
Relativement court (1h40), le film se termine sur une scène magnifique qui apporte une note d'espoir à ce combat massivement réprimé (551 morts et des milliers de personnes arrêtées d'après les ONG) ! 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #livres

L'essai est un premier livre poignant d'Adèle Yon, à la lisière de différents genres : l’enquête familiale, le récit de soi, le road-trip, la documentation sur l'évolution des traitements psychiatriques depuis les théories de Jean-Martin Charcot... 

À travers la voix de l'écrivaine, les archives et les entretiens, se déploient différentes histoires : celles du poids des secrets de famille, des peurs liées aux maladies mentales héréditaires, des violences faites aux femmes y compris dans les grandes familles bourgeoises et catholiques et surtout celle de la psychiatrie du XXe siècle...

Une chercheuse craignant de devenir "folle" car ne comprenant pas les colères qui l'habitent, mène une enquête pour tenter de rompre le silence qui entoure la maladie de son arrière-grand-mère Élisabeth, dite Betsy, diagnostiquée schizophrène dans les années 1950. La narratrice ne dispose, sur cette femme morte avant sa naissance, que de quelques légendes familiales dont les récits fluctuent. Une vieille dame coquette qui aimait nager, bonnet de bain en caoutchouc et saut façon grenouille, dans la piscine de la propriété de vacances. Une grand-mère avec une cavité de chaque côté du front qui accusait son petit-fils de la regarder nue à travers les murs. Une maison qui prend feu. Des grossesses non désirées. C’est à peu près tout. Les enfants d’Élisabeth ne parlent jamais de leur mère entre eux et ils n’en parlent pas à leurs enfants qui n’en parlent pas à leurs petits-enfants. “C’était un nom qu’on ne prononçait pas. Maman, c’était un non-sujet”

Un essai de près de 400 pages qui se lit comme un roman et nous glace par les révélations que le lecteur découvre au fil des pages, venant ajouter une page sinistre aux ravages du patriarcat, dont on commence enfin à entrevoir les multiples répercussions qu'il a engendré et qu'il continue à générer dans la vie psychologique, matérielle et même physiologique de générations de femmes ! 

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