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Route 66

Route 66

Prenez vos bécanes pour aller au cinéma, voir des pièces de théâtre, admirer des expositions...

Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Le pitch est séduisant : Charlie Heller (Rami Malek), un cryptographe de la CIA aussi brillant qu’introverti, voit son existence basculer lorsque sa femme décède durant une attaque terroriste perpétrée à Londres. Déplorant l’inaction de sa hiérarchie, il prend alors l’affaire en mains et se met à la recherche des assassins, embarquant pour un dangereux voyage partout à travers le monde pour assouvir sa vengeance.

La caméra ne quitte pas une seconde durant deux heures, ce jeune surdoué au QI de 170 qui s'improvise agent de terrain alors qu'il n'a jusqu'alors exercé ses fonctions que dans les sous-sols hautement sécurisés de la CIA...

Grâce à lui, on voyage de Londres, à Paris, à Istanbul, en Roumanie, à la recherche des tueurs qui ont assassiné sa femme en s'en servant comme bouclier humain...

Le thriller brillant, original et plus psychologique que physique séduit malgré quelques invraisemblances et quelques personnages caricaturaux ! Même s'il faut saluer le jeu particulièrement subtil de son instructeur Henderson (interprété par Laurence Fishburne)

Par contre le thème de la vengeance personnelle, au cœur du scénario, peut interroger : jusqu'où peut-on aller quand on n'est pas un "tueur" ?

Sachant que le film est une fiction et peut être vu et interprété selon sa propre sensibilité de spectateur !

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #livres

Après "Le mage du Kremlin" que j'ai salué dès sa sortie en (le livre a remporté le Grand Prix du roman de l'Académie française et a figuré en finale du prix Goncourt), j'ai lu d'une seule traite cet essai qui nous alerte sur les nouveaux prédateurs...

Depuis trois décennies, le pouvoir de la méritocratie se délite au profit des autocrates décomplexés "dont  l'action irréfléchie, la seule à même de produire l'effet de sidération", en fait des "princes", "des seigneurs de la tech qui ont décidé de de se débarrasser des anciennes élites politiques"... sans parler de "l'IA qui se déploie sans aucun contrôle, aux mains d'entreprises privées qui s'élèvent au rang d'Etats-nations" ...

Conseiller italien et suisse, Giuliano da Empoli nous livre le compte-rendu aussi haletant que glaçant de ses pérégrinations de New York à Riyad, de l’ONU au Ritz-Carlton de MBS et nous fait toucher du doigt ce que le monde nouveau de l'après-guerre ne veut pas voir...

Quelques citations éclairant mieux qu'un long discours, je ne résiste à vous en livrer quelques unes :

"Le chaos n'est plus l'arme des des rebelles, mais le sceau des dominants "

"L'IA se nourrit elle-même du chaos , mais elle promet en retour un nouvel ordre : un gouvernement rationnel de la société, des décisions prises sur la base de données, cela ressemble en théorie au rêve des technocrates. Il n'y a qu'un hic ! Pour que le règne de l'IA advienne, il est nécessaire de remplacer le savoir par la foi"

Très érudit l'essai de Giuliano da Empoli nous fait remonter dans l'histoire, comparant l'attitude de l'empereur  aztèque Moctezuma II face à l'arrivée des conquistadors aux XVIe siècle : "pris en étau entre les avis opposés de ses conseillers, il décida de ne pas décider et ayant voulu éviter la guerre au prix du déshonneur, eut le déshonneur et la guerre... "comme les responsables politiques des démocraties occidentales qui confrontés à la foudre et au tonnerre d'Internet, des réseaux sociaux et de l'IA se sont soumis"

A lire absolument !

 

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #théâtre
Le thriller tiré de faits réels de Caroline Ami et Flavie Péan, mis en scène par Sébastien Azzopardi fait salle comble, réunissant toutes les générations dans un théâtre à l'ancienne où le spectateur oublie vite l'inconfort des fauteuils pour tenter de suivre l'intrigue aux multiples rebondissements dans des décors bluffants d’ingéniosité !

L'histoire commence dans le bureau de la directrice d'une maternité, ou Tomas, jeune papa attendri découvre qu'un test ADN démontre qu’il n’est pas le père de son bébé, mais son oncle. Seulement, à sa connaissance, il n’a pas de frère ! Déboussolé, il se rue chez sa mère qui se montre évasive... Interroge Karen sa compagne, son meilleur ami Dan (Eric Pucheu) puis se rend de nouveau chez sa mère qui a décidé de tout lui révéler : mais quand il arrive chez elle, il la découvre assassinée et s'enfuit !

D'abord plutôt intimiste, la pièce se transforme en course poursuite à l'américaine dans les rues de Washington avec  voitures de police aux alarmes hurlantes, flics armés jusqu'aux dents et fouille systématique de tous les endroits où le fugitif aurait pu se cacher, y compris parmi les spectateurs...

L'histoire se complique avec plusieurs personnages (joués avec virtuosité par la troupe d'acteurs qui se transforment sous nos yeux sans que l'on puisse les identifier) : un ami d'enfance à la fois présent et fuyant, un père géniteur qui ressort de 30 ans de silence, une grand-mère enfermée dans un EPHAD qui livre des éléments du passé dans quelques éclairs de lucidité, une sombre histoire de viol dont la victime a été dédommagée pour se taire, la nouvelle maire de Washington...

De révélations en révélations ( il faut suivre !), on arrive peu à peu à défaire la pelote de cette histoire incroyable (cf la fin que je ne vous révélerai pas), grâce à une femme flic qui ose tenir tête au vieux mâle blanc, l'agent Coffman (Alexandre Guilbaud) qui dirige l'enquête...

Le public embarqué dans le thriller rit franchement et les acteurs tous excellents sont applaudis (avec une mention spéciale pour le couple des parents du bébé : Tomas interprété par Benoît Facerias et Karen jouée par Anne Plantey)

Nominé aux Molières 2025, la pièce est à voir jusqu'au 30 avril !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Premier long métrage du cinéaste somalien et autrichien Mo Harawe, le film nous plonge dans un petit village du désert somalien, torride et venteux, dont le rivage de sable blanc est léché par les vagues de l'Océan indien...

Dans un pays en proie à la guerre civile et à la corruption, une famille de trois personnes tente de faire face pour garder leur dignité humaine...

Mamargade, père célibataire, cumule les petits boulots pour offrir à son fils Cigaal une vie meilleure, en l'inscrivant dans un pensionnat en ville puisque l'école du village vient de fermer et que le petit garçon fait preuve d'une intelligence précoce... Désolé de quitter son père et sa tante Araweelo revenue vivre avec eux après son divorce, le petit garçon tente de s'adapter à un environnement aseptisé dont il ne possède pas les codes...

Impossible de quitter des yeux ces trois visages qui nous habitent par leurs silences et la beauté de leurs gestes...

L'affiche tente de donner un aperçu de l'extraordinaire palette de couleurs de ce film où les murs et les portes de leurs misérables habitations, les objets qu'ils utilisent et les étoffes qu'ils portent rivalisent de chatoiement pour mieux faire ressortir la matité de leurs peaux...

Chaque scène est un tableau qui pourrait rivaliser avec ceux de Vermeer, comme pour tenter de nous faire oublier les difficultés de leur vie quotidienne...

Les dernières images, porteuses d'espoir, laissent entrevoir un possible espoir nourri par l'amour qui les réunit !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
 
Raha Amirfazli et Alireza Ghasemi, deux cinéastes iraniens signent un premier long métrage pour nous alerter sur le sort réservé aux réfugiés afghans en Iran (sujet non traité au cinéma jusqu'à ce jour), qui doivent courber l'échine pour obtenir la citoyenneté iranienne (ils seraient aujourd'hui 7 millions en situation régulière ou non)
 
Iran années 2000 : dans l’ombre de l’invasion américaine, une famille élargie de réfugiés afghans tente de reconstruire sa vie dans "le pays des frères". Une odyssée sur trois décennies où Mohammad, un jeune étudiant prometteur, Leila, une femme isolée et Qasem qui porte le poids du sacrifice pour sa famille, luttent pour survivre à ce nouveau quotidien incertain.
Sur un registre très délicat, suggérant sans les montrer les moments d'humiliation les plus forts, les deux cinéastes ont tenté de décrire le destin de ces hommes et de ces femmes qui ne ne cesse de se dégrader au fil des décennies et ont pris conscience au cours du tournage qu'ils allaient devoir eux-mêmes quitter l'Iran car leur film ne serait jamais accepté par le bureau de la censure...
Difficile de ne pas se sentir concerné par les trois personnages principaux et leur entourage et de ne pas se poser la question plus globalement sur le sort des réfugiés dans le monde...
On sort de la salle émus par le courage de ces "héros quotidiens" mais désemparés par notre impuissance !
 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #théâtre

La salle du théâtre des Béliers Parisiens était pleine pour ce spectacle dont c'était la première (en reprise) et qui ne se joue que 4 dimanches du 6 au 27 avril !

Une assistance en majorité jeune pour écouter l'histoire de Paul Palandin (Johann Dionnet), entouré d'un couple d'amis Auguste (Matthieu Burnel) et Susan (Sandra Colombo), à qui il présente au cours d'un dîner Rose (délicieuse et pétillante Laetitia Vercken) qui deviendra bientôt sa femme...

Le scénario suprêmement habile écrit par Constance Carrelet et Christophe Canard nous fait partager l'effroi de Paul que l'on retrouve dès la seconde scène face à une psychanalyste qui semble perdre pied devant la mémoire fuyante de son patient...

Paul veut comprendre pourquoi il se sent vide mais il ne peut pas raconter les milliers d'idées qui se bousculent dans sa tête car il ne se souvient même plus de son nom...

De scène en scène, nous comprenons grâce à un savant jeu d'ellipses successives ce qui s'est joué entre ces quatre personnages et surtout entre Paul et Rose...

Le sujet qui pourrait sembler tragique est présenté de façon humoristique comme pour mieux nous apprivoiser et l'ajout d'un personnage né de l'hallucination de Paul rajoute un degré supplémentaire à l'absurdité de sa situation : Paul veut se souvenir mais oublie immédiatement les révélations qui lui sont faites...

Créé par Paul, le personnage qui est un pianiste aveugle et veuf retenu malgré lui dans le processus de reconstruction de la mémoire de Paul, nous divertit par ses réparties aussi sottes que grenues !

Un spectacle qui a connu le succès du Off d'Avignon en 2022, repris depuis dans plusieurs salles de théâtre... à voir absolument pour son humanité et sa modernité !

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #livres

En 105 pages, le journaliste et co-animateur de la matinale la plus écoutée de France sur France Inter, se confie à ses lectrices et lecteurs : "Je suis un malade mental", je suis bipolaire" !

Sans pathos et avec pudeur, l'éminent journaliste nous révèle le calvaire qu'il vit depuis vingt ans, l'errance médicale qui l'a conduit au bord du suicide avant que le diagnostic ne tombe enfin, il n'y a que 8 ans !

Impossible de ne pas lire d'une seule traite ce livre qui nous attrape par son écriture fluide et factuelle et nous donne envie de le remercier et de lui donner la main pour l'aider à continuer à vivre avec cette maladie qui lui est étrangère mais qui l'habite entièrement au point de rarement lui laisser des moments de répit... malgré les innombrables médicaments qu'il absorbe pour faire face et se présenter chaque matin devant ses auditeurs à l'heure dite et ce durant trois heures de direct...

Hésitant à se confier, de crainte de perdre sa position professionnelle de premier rang, il a eu la chance d'avoir à ses côtés Léa Salamé depuis 2017, la seule personne à laquelle il avait avoué sa maladie,  pour l'aider et le soutenir en cas de besoin... qui lui a répété à maintes reprises à propos de sa bipolarité  « Tu n’es pas que ça, Nico » Oui mais, a-t-il prévenu, elle lui « colle à la peau ».

Le journaliste s'interroge sur le monde médical et le lecteur également : comment au XXIe siècle, peut-on laisser ainsi souffrir un homme durant des années, en se dédouanant par la seule prescription de médicaments hautement puissants voire contre productifs, comme se sont révélés certains !

Quel courage, quelle élégance, quelle intelligence chez cet homme lettré qui est entré à France Culture en 1997 puis à France Inter de 2006 à 2010 où il assure la matinale - après un court passage à Europe 1,  il succède à Laurent Joffrin à la codirection du journal Libération puis retourne à France Inter en 2014 où il anime "Un jour dans le monde" de 18h15 à 19h. À la rentrée de , il reprend Le 7/9 devenu Le 7/9.30 en 2022 puis Le 7/10 en 2023 avec Léa Salamé suite du départ de Patrick Cohen... 

Merci Nicolas, pour toi, pour tous ceux qui ont honte d'être atteints d'une maladie mentale, pour nous qui sommes tes contemporains bien portants, pour la Société française qui crève de tous les tabous qui aujourd'hui encore l'entravent dans son ouverture et sa liberté...

Merci et longue route à toi Nicolas qui habite nos matinées de tes analyses à nulles autres semblables et nous fait réfléchir sur tous les sujets qui traversent nos consciences de citoyen européen ! 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Si Mike Leigh a réalisé deux films historiques ces dernières années : "Mr Turner" (2014) et "Peterloo" (2018), le réalisateur anglais revient à 82 ans avec son dernier opus, au drame contemporain, sur les dissensions d’une famille issue de la communauté africaine-américaine, au lendemain de la pandémie de Covid-19.

Mais le scénario est cent coudées en dessous de "Secrets et Mensonges" (1996)...

Le résumé était attractif : l'histoire de deux sœurs quinquagénaires dont Pansy (Marianne Jean Baptiste) l'aînée, déteste la terre entière y compris son mari et son fils et la seconde Chantal (Michele Austin) qui incarne la joie de vivre, élevant seule ses deux filles avec un optimisme communicatif...

On comprend peu à peu que l'attitude de Pansy qui se rend physiquement malade à force d'entrer en conflit avec sa famille et son entourage remonte à un passé mal digéré... ok !

Seule Chantal la supporte et continue à l'écouter et lui porter secours...

Le souci du film c'est que durant 1h38, à part les altercations et les effondrements de Pansy, la situation n'évolue pas : elle est toujours en colère et quels que soient les efforts déployés autour d'elle, elle s'enferme dans sa posture de victime... So what ?

Heureusement que le chaleureux personnage de Chantal sauve un peu le film car ni le mari taiseux ni le fils asocial et obèse ne retiennent notre attention bienveillante...

En conclusion : bof !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Le dernier film de Samuel Theis diffère des autres films du genre puisqu'il s'agit d'un procès en appel d'un condamné qui reconnaît son crime (il est pyromane), mais demande à être rejugé car il estime sa peine trop lourde...

Le "héros" du film n'est donc pas le condamné mais Fabio (Julien Ernwein), un des membres du jury, quadra un peu paumé qui ne trouve pas sa place dans la société et hésite à s'engager sur le plan personnel...

Très réticent à l'idée de participer à ce procès, il est pourtant retenu et découvre avec étonnement le fonctionnement d'un jury et plus largement d'une cour d'assises...

Taiseux, il ne participe pratiquement pas aux débats mais finit par se poser les mêmes questions que ses homologues... réflexion qui l'amène peu à peu à sortir de sa gangue pour évoluer sur le plan personnel...

Le film séduit par l'originalité de son angle de vue, par la belle présence de Marina Foïs qui incarne le président de ce tribunal mais pêche par l'approche simpliste et l'évolution téléphonée de son personnage central...

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Publié le par Hélène
Publié dans : #théâtre

Trop rare sur nos écrans et sur les planches de nos théâtres, Caroline Silhol a adapté le texte de Marcy Lafferty sur la dernière conférence de presse de Vivien Leigh et surtout interprète l'actrice anglaise qui restera pour toujours et pour tous les cinéphiles, l'incomparable Scarlett O'Hara d’« Autant en emporte le vent », et la déchirante Blanche Dubois du « Tramway nommé désir », deux rôles qui lui ont valu deux oscars !

Elégante liane en robe blanche, cette magnifique comédienne de 75 ans, nous tient en haleine durant 1 heure 15 où elle passe en revue l'enfance de Vivien Leigh (elle est née en Inde en 1913), sa carrière artistique, les heurs et malheurs de sa vie privée...

Elle nous parle également de sa maladie, aujourd'hui rebaptisée bipolarité qui entrava son parcours professionnel et finit par briser le couple glamour qu'elle formait avec Laurence Olivier... jusqu'à son décès précoce d'une pneumonie à 53 ans...

Si Caroline Silhol ne ressemble pas physiquement, à l’interprète de Scarlett O’Hara, elle parvient immédiatement à imposer l’aura de la « star » comme une évidence. Son jeu classieux et les nombreuses nuances de ses expressions et de son regard contribuent à   restituer avec talent et sensibilité les paradoxes de cette actrice à la féminité libre et insolente que fut Vivien Leigh...

Occupant toute la scène du Poche Montparnasse, Caroline Silhol arrive à nous fasciner malgré une mise en scène un peu faible...

A voir pour les amoureux de Vivien Leigh mais pas que !

 

 

 

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