Steven Spielberg aurait été encouragé par un ami coscénariste à écrire ce biopic personnel... il aurait mieux fait de s'abstenir...
Nous n'apprenons rien sur ce grand cinéaste si ce n'est comment il est tombé dans la réalisation et ses révélations s'inscrivent dans le registre de l'évidence...
Spielberg nous parle de lui et de ses parents mais surtout de lui, de son père génie de l'informatique mais surtout de lui, de sa mère pianiste contrariée mais surtout de lui, de sa fratrie (trois sœurs) avec laquelle il partage repas et vacances mais surtout de lui...
Et de ses premiers films amateurs dont il nous projette l'intégralité en insistant sur l'enthousiasme de ses proches à son égard...
Et de sa douloureuse découverte de l'anti-sémitisme quand il arrive en Californie...
Mais sa caméra à chaque fois le sauve et c'est très bien...
Son récit s'apparente aux bonnes histoires de l'oncle Paul dans un illustré des années 50... et dure 2 heures 30...
Steven, tu te fais vieux ! Tu aurais du t'inspirer d'Armageddon Time de James Gray !
Aftersun est le premier long métrage de l'écossaise Charlotte Wells qu'elle a entrepris en retrouvant une photo d'elle à 5 ans alors qu'elle passait des vacances en Espagne avec son père...
Dans le film, la petite fille Sophie (délicieuse Frankie Corio) a 11 ans et le regard malicieux de l'enfant qui pose plein de questions et attend des réponses...
Elle et son père Calum (Paul Mescal touchant) passent une semaine de vacances dans un complexe hôtelier de la côte turque...
Père et fille font tout ce que font les vacanciers dans ce genre d'endroit : repas, natation, plongée sous-marine, billard, karaoké...
Sophie filme son père et 20 ans après cet été-là, tente de comprendre qui était cet homme qu'elle aimait mais ne connaissait pas vraiment...
Sur cette trame ultra mince, la réalisatrice filme le vide des vacances et ne nous donne guère de réponses.
Le spectateur comprend vite que le père a du vague à l'âme et que la présence de son enfant lui fait du bien mais c'est à peu près tout...
Pour ma part, je me suis beaucoup ennuyée devant certains plans qui n'en finissaient plus et j'ai été agacée par la répétition d'images stroboscopiques censées nous ramener au passé de Calum...
Le film a été présenté à la Semaine Internationale de la Critique au Festival de Cannes 2022, où il a obtenu le Prix French Touch du jury mais à mon avis il ne le mérite pas !
Le réalisateur coréen Hong Sang-Soo nous avait habitués à son marivaudage...
Faudra-t-il désormais s'accoutumer à son bavardage ou plutôt à celui des personnages de son dernier film, que le hasard fait se rencontrer pour mieux trouver ensemble un remède à la perte de sens, à la panne d'inspiration...
Le scénario réunit une romancière, une libraire, une actrice, un réalisateur, un poète, un étudiant... qui sont tous plus ou moins en échec dans leur carrière et sans doute dans leur vie personnelle également...
La caméra va de l'un à l'autre dans un ballet qui les réunit à deux, trois, quatre ou plus selon les scènes tournées en noir et blanc dans un périmètre restreint autour d'une tour d'une ville proche de Séoul...
Les dialogues sont libres mais répétitifs, chacun s'étonnant du propos de l'autre et lui faisant répéter : "c'est vrai ?" demandent-ils chaque fois que l'un avance une remarque ou affirme un jugement...
Un film étrange, une fin elliptique, une curiosité ?!
Vincent Mottez et la société de production Puy du Fou Films nous racontent l'épopée du général royaliste François-Athanase Charette de La Contrie, chef de guerre vendéen durant les premières heures de la Révolution française.
Après avoir démissionné en 1790 de la Marine, Charette s'est retiré dans son château de Fonteclose et a épousé Marie-Angélique Josnet de la Doussetière dont il eu un fils.
Mais son destin a basculé en 1793, lorsque la Convention nationale, qui avait aboli la royauté, a décidé en urgence la levée en masse de 300 000 hommes pour lutter contre la coalition monarchique qui menaçait la toute nouvelle république.
De nombreux paysans se sont révoltés et sont allés chercher Charette pour en faire leur chef.
Ce dernier a finalement accepté de prendre le commandement de la rébellion et a constitué une "Armée catholique et royale", composée de paysans et d'artisans (armés de fourches et de faux) - et même de femmes, que l'on surnommera les "Amazones de Charette".
Le film nous raconte cette guerre, une des plus sanglantes de l'histoire de France, qui a duré trois ans et a provoqué la mort de 200 000 hommes (dont 170 000 vendéens et 30 000 soldats républicains).
Du bel ouvrage : une reconstitution fidèle, un formidable acteur en la personne de Hugo Becker pour incarner cette figure de résistance, un scénario très bien articulé entre de brillantes scènes de batailles et des moments plus intimistes... mais il faut aimer ce genre de film traditionnel qui nous donne à voir une leçon d'Histoire...
La Chine rurale est misérable mais le gouvernement chinois, qui déclare avoir éradiqué la pauvreté, a censuré puis interdit le film de Li Ruijun quelques mois après de très bons chiffres d'exploitation dans le pays - et a assigné à résidence le réalisateur !
Li Ruijin voulait filmer la province du Gansu où il est né avant qu'elle ne disparaisse au profit de l'urbanisation galopante et il le fait avec authenticité et tendresse tant envers les gens de la terre que les animaux...
Ma Youtie, interprété par le formidable Wu Renlin, vrai fermier et oncle du réalisateur, est exploité par son frère ainé et le propriétaire des terres qu'il cultive.
Cao Guiying, incarnée par l'actrice Hai Quing, est devenue lourdement handicapée à la suite de maltraitances répétées.
Lorsque leurs deux familles décident de marier ces deux réprouvés, il nait entre eux une délicate complicité que le scénario nous fait vivre au rythme des saisons, des semis et des récoltes...
L'âne de Ma Youtie qui est de tous les plans, constitue un personnage à part entière, fidèle et dévoué, travailleur acharné comme son maître qu'il suivra jusque dans sa nouvelle vie.
De très jolies scènes entre le mari et la femme comme la dégustation impromptue d'un poisson cuit dans la cendre ou une immersion dans les flots vifs d'une rivière pour combattre l'eczéma du blé, des moments forts comme la construction d'une maison de briques traditionnelles à mains nues, la poésie de la vie de tous les jours qui use les corps mais laisse les esprits libres de rêver à leur avenir...
Un film lent et somptueux (2h13) pour célébrer la noblesse des déshérités et dénoncer en filigrane la corruption rampante des autorités locales qui, contraste inouï avec la précaire charrette de Ma Youtie, roulent en BMW !
Kirill Serebrennikov qui s'intéresse depuis longtemps à Tchaïkovski, s'est inspiré pour réaliser son film, de la biographie en deux tomes du célèbre compositeur écrite par d'Alexander Poznansky et des mémoires et des lettres d'Antonina Tchaïkovskaïa...
Il nous raconte "l'histoire d'amour" tragique entre Piotr Illitch interprété par Odin Lund Biron (un comédien américain qui a longtemps vécu en Russie) et Antonina incarnée par une jeune actrice russe Alyona Mikhailova.
En effet pour tenter de « guérir » son homosexualité, mettre un terme aux rumeurs et s'assurer une position sociale, Tchaïkovski a épousé en 1877 Antonina Tchaïkovskaïa, une élève du Conservatoire qui lui avait écrit une longue lettre enflammée : tout d'abord effrayé par la passion affichée de la jeune fille à son égard, il avait fini par se laisser convaincre, alléché par la dot promise de 10 000 roubles...
Durant 2 heures et 23 minutes, Kirill Serebrennikov tente de nous intéresser à cette histoire à mes yeux sans intérêt : la vie d'Antonina avant le mariage dans une famille terrorisée par une mère toxique, la frustration d'Antonina durant les deux mois que dura le mariage et la descente aux enfers d'Antonina après que son musicien de mari l'ait abandonnée...
Je n'ai pas du tout réussi à entrer dans le film ni à ressentir la moindre compassion pour cette femme complètement névrosée qui s'attache aux basques de cet homme cynique qui, très ouvertement ne veut pas d'elle...
Kirill Serebrennikov, qui s'intéresse depuis longtemps à Tchaïkovski, s'est inspiré pour réaliser son film, de la biographie en deux tomes du célèbre compositeur écrite par d'Alexander Poznansky et des mémoires et des lettres d'Antonina Tchaïkovskaïa...
Il nous raconte "l'histoire d'amour" tragique entre Piotr Illitch interprété par Odin Lund Biron (un comédien américain qui a longtemps vécu en Russie) et Antonina incarnée par une jeune actrice russe Alyona Mikhailova...
En effet pour tenter de « guérir » son homosexualité, mettre un terme aux rumeurs et s'assurer une position sociale, Tchaïkovski a épousé en 1877 Antonina Tchaïkovskaïa, une élève du Conservatoire qui lui avait écrit une longue lettre enflammée : tout d'abord effrayé par la passion affichée de la jeune fille à son égard, il avait fini par se laisser convaincre, alléché par la dot promise de 10 000 roubles...
Durant 2 heures et 23 minutes, Kirill Serebrennikov tente de nous intéresser à cette histoire sans suspens : la vie d'Antonina avant le mariage dans une famille terrorisée par une mère toxique, la frustration d'Antonina durant les deux mois que dura le mariage et la descente aux enfers d'Antonina après que son musicien de mari l’ait abandonnée...
Je n'ai pas du tout réussi à entrer dans le film ni à ressentir la moindre compassion pour cette femme complètement névrosée qui s'attache aux basques de cet homme cynique qui, très ouvertement ne veut pas d'elle...
Le musée Guimet présente pour la première fois en France un ensemble unique d’estampes d’Utagawa Hiroshige (1797-1858) destinées à orner des éventails.
Accessoire saisonnier et éphémère, l’éventail plat en bambou (uchiwa) se popularisa au Japon à l’époque d’Edo (1603-1868) et devint l’un des supports d’expression de la créativité des maîtres de l’école picturale japonaise ukiyo-e.
D’abord vendus pendant l’été par des colporteurs ou dans des échoppes provisoires à l’occasion de fêtes, les éventails d’Edo furent proposés à partir de la fin du 18e siècle à la devanture des marchands d’estampes et de livres illustrés, lorsqu’ils commencèrent à être signés par des artistes célèbres. Objets jetables, ces éventails ont pour la plupart disparu ; les estampes qui nous sont parvenues, non découpées et dans leur premier tirage, sont celles qui ne furent jamais montées sur leur armature, préservées par les éditeurs d’estampes ou les collectionneurs. Beaucoup de ces œuvres sont aujourd’hui uniques ou conservées en de très rares exemplaires de par le monde.
Hiroshige qui est l'un des derniers grands imagiers du Japon de l’époque d’Edo, réalisa plus de 650 feuilles d'éventail entre les années 1830 et 1850. A travers une sélection de 90 œuvres, parmi les plus belles de la Collection Georges Leskowicz, l'exposition révèle l’inventivité graphique et la diversité du travail de l'artiste voyageur qui représenta des paysages de provinces japonaises et des monuments célèbres d’Edo et de Kyoto, mais également des portraits féminins, des saynètes historiques ou littéraires, des images parodiques et de subtiles compositions de fleurs et d’oiseaux.
✨ | HIROSHIGE | Artiste majeur de la première moitié du XIXe siècle, Utagawa Hiroshige est l'un des plus grands maîtres de l'estampe japonaise de l'époque d'Edo (1603-1868). L'inventivité e...
Carrefour des civilisations entre les peuples des oasis, des steppes, de l'Inde, de la Perse et de la Chine, l'Ouzbékistan est l'héritier de royaumes et d'empires puissants nés de cette situation géographique unique.
Sur cette terre de savoirs et de cultures, les pratiques zoroastriennes et musulmanes, après la conquête arabe et l'avènement de l'islam au VIIIe siècle, ont coexisté et marqué durablement la symbolique des productions artistiques de la région. Les légendaires routes de la soie ont participé à la prospérité de la région, amenant un flot incessant de richesses et de marchands partageant savoirs et légendes.
C’est durant l’émirat de Boukhara (1785-1920) que la broderie d’or atteint son apogée et sa renommée en termes de technique, de qualité et surtout de créativité. Nombre de productions splendides et monumentales – chapans (manteau masculin ample), robes, coiffes, tapis de selle mêlant couleurs et or – réservées à la cour et aux cadeaux diplomatiques sont exclusivement confectionnées à l’atelier privé de l’émir et témoignent de son art de vivre opulent.
L'exposition présente également des suzanis qui sont de grandes pièces de tissu brodées de fils de soie destinés à la dot de la mariée. Éléments d'apparat d'intérieurs (décorations de murs, couvertures de lits, rideaux, tapis de prière...), ces créations exclusivement féminines déploient un univers fantasmagorique censé assurer une vie de couple et de famille harmonieuse.
Bien d’autres pièces sont à découvrir comme :
- les tapis dont la laine provient des steppes et des régions montagneuses. Tissés par des femmes, ils se décomposent en 4 familles : les tapis feutrés (forme la plus ancienne), les tapis noués, les tapis tissés à plat qui se roulent pour s'adapter à la vie nomade et les tapis brodés,
- les ikats, tissus aux mille couleurs, dont seuls les fils de chaine sont teints ; chaque région a ses propres motifs qui peuvent être végétaux, floraux, zoomorphiques ou géométriques,
- les harnachements de chevaux et les bijoux...
Au total, 300 pièces inédites sur un parcours de plus de 1100 m2, à admirer jusqu'au 4 juin !
Chapans pour hommes XIX et XXe siècles
Chapans pour femmes, robes et parandja (qui recouvrent la tête) XIX et XXe siècle, ornements de front
Suzanis de Boukhara (motifs floraux) et de Samarcande (motifs astraux) et tapis
C’est sur Instagram, pendant le confinement de 2020, que l’auteur et comédien Thomas Poitevin a donné une première vie à ses personnages à la fois drôles et pathétiques.
Le spectacle Thomas joue ses perruques, co-écrit avec Hélène François, les met désormais en scène dans une galerie de portraits piquants qui raconte le XXIe siècle.
Seul en scène sur un plateau nu mais savamment éclairé, Thomas change de perruque et campe une ribambelle d'anti-héros magnifiques qui nous ressemblent...
Une nouvelle comédie humaine qui réunit des archétypes d'aujourd'hui : un adolescent dans un hôpital de jour, un beau frère en plein discours de mariage, une apprentie comédienne qui nous raconte sa vie, une créatrice de start-up survoltée, un père malade qui se cache de sa fille végane, un utilisateur d'un site de vente en ligne qui cherche désespérément à récupérer son colis...
Légèrement loufoques, ces mini-fictions se succèdent pour le grand plaisir du public, dénonçant avec "bienveillance" les névroses et les tics de langage de notre époque !