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Route 66

Route 66

Prenez vos bécanes pour aller au cinéma, voir des pièces de théâtre, admirer des expositions...

Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Après Eva en août que je n'ai pas vu, le réalisateur madrilène Jonas Trueba continue à nous parler des questionnements des trentenaires...

Le film démarre sur une longue scène le temps d'un concert de jazz : la caméra suit les émotions sur les visages de deux couples qui écoutent religieusement la dernière création d'un pianiste de jazz, composée durant le confinement...

Elena (Itsaso Arana) et Guillermo (Vito Sanz) renouent avec Susana (irene Escolar) et Dani (Francesco Carril) qui leur parlent avec enthousiasme de leur récente installation à  la campagne... et surtout de la naissance attendue de leur enfant...

Le couple citadin rentre dans son appartement, visiblement chamboulé par les décisions de leurs amis... et lorsqu'ils décident 6 mois après de leur rendre visite dans leur jolie maison, ils confrontent leurs expériences respectives à la lumière d'un livre philosophique dont Elena et Guillermo se partagent la lecture...

Fait de petits riens, le film minimaliste (1h04) interroge, sans s'appesantir, les choix de vie de cette génération qui doit composer avec la distanciation sociale de la pandémie et les craintes liées aux risques climatiques...

Un étrange objet traversé par la luminosité estivale !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #théâtre

Isabelle Carré retrouve le plateau du théâtre du Rond Point dans La Campagne, une pièce de Martin Crimp écrite en 2000, qui n'est pas sans évoquer l'actualité post pandémie qui s'est traduite par l'installation à la campagne de nombreux jeunes citadins...

Sur la scène au décor minimaliste (une longue table éclairée par deux luminaires industriels), un couple Corinne (Isabelle Carré) et Richard (Yannick Choirat) se cherchent querelle au sujet d'une jeune femme que Richard, médecin, a ramenée chez eux après l'avoir, d'après ses dires, trouvée inconsciente au bord de la route...

Richard et Corinne ont quitté la ville tout particulièrement pour Richard, visiblement trop sollicité par de multiples tentations citadines, et également pour reconstruire leur couple...

Il apparaîtra au fil des duos entre les trois protagonistes, que cette "accidentée" dénommée Rebecca n'était pas une inconnue pour Richard, était à l'origine de leur exil campagnard et que Richard n'était pas étranger à son inconscience...

Triangle amoureux ?, polar ?, fiction fantastique ?, critique sociétale ?, le texte de la pièce le plus souvent faible mais par moments fulgurant et ce, notamment lors des interventions de Rebecca (excellente Manon Clavel), hésite jusqu'à nous perdre...

La salle était comble alors que la pièce n'a débuté que le 5 janvier mais les applaudissements furent polis... pour saluer le jeu d'Isabelle Carré, délicieusement naturelle comme à son habitude...

 

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Dans ce film adapté du roman éponyme de Ermanno Rea, le réalisateur napolitain Mario Martone nous plonge dans le dédale des rues du quartier populaire de la Sanita, où règne sans partage la Camorra...

Enfin pas tout à fait car Don Luigi (formidable Francesco Di Leva), un prêtre héroïque (inspiré d'une figure bien réelle), ose encore défier l'organisation en fédérant par des activités récréatives une partie de la population dont la jeunesse désœuvrée...

Le héros du film Felice Lasco (Pierfrancesco Favino excellent) revient à Naples, ville qu'il a quitté mystérieusement à l'âge de 15 ans... pour une raison que l'on découvre au fur et à mesure du déroulement de l'histoire...

Felice qui a refait sa vie dans son pays adoptif l'Egypte, où l'attendent son épouse et son entreprise florissante, revient dans sa ville natale et dans son quartier pour retrouver sa mère, une ancienne couturière,  qu'il n'a pas vue depuis quarante ans...

On se doute que cette raison "filiale" n'est pas la seule car dès les mots échanges avec sa mère, l'ombre de son ami d'enfance Oreste (Tommaso Ragno) plombe leur dialogue...

Felice, qui découvre très vite que celui avec qui il a partagé ses jeunes années est devenu un puissant chef mafieux,  ne pense plus qu'à une chose : le retrouver pour lui parler...

Hanté par son passé, le quinquagénaire qui a brillamment "réussi" sa vie, n'écoute pas les mises en garde et reconstruit son tissu relationnel, grâce à l'aide de Don Luigi, pour mieux pénétrer la mafia locale...

Qu'attend Felice de ses retrouvailles avec Oreste : une aspiration au pardon, un fantasme d'amitié retrouvée, une envie de revivre la fièvre de l'adolescence, un attrait délétère pour les causes perdues ? c'est le questionnement sans réponse évidente que nous propose le film !

Construit autour de ces trois hommes : l'exilé, le prêtre et le ragazzo, enrichi par des personnages secondaires bien campés, le scénario nous tient en haleine jusqu'à la fin, malheureusement un peu téléphonée...

Une belle réflexion autour de la force du passé, du poids de l'amitié et du sentiment d'appartenance !

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #théâtre

Catherine Shaub met en scène, au théâtre de Poche Montparnasse,  le livre éponyme de Nicolas Bouvier qui fait le récit du voyage de six mois qu'il a effectué en 1953 à travers les Balkans, l'Anatolie, l'Iran puis l'Afghanistan, avec son ami Thierry Vernet (qui documentera l'expédition en dessins et croquis).

Samuel Labarthe, seul en scène, reprend les paroles de Nicolas Bouvier, un jeune homme de vingt-quatre ans, fils de bonne famille calviniste, qui a suivi des cours de sanscrit, d'histoire médiévale et de droit... et nous fait partager ce classique de la littérature helvète...

L'acteur, visiblement inspiré par le livre, résume ainsi le voyage dans le dossier de presse : "C'est un voyage qui donne des clefs, qui fait apparaître les remèdes aux maladies de nos sociétés"...

Sans doute devrais-je lire L'usage du monde avant de faire la critique de la pièce mais je n'ai malheureusement pas ressenti cette dimension, malgré le grand talent de Samuel Labarthe...

Le récit est concret, pragmatique avec un morceau de bravoure très drôle sur les mouches asiatiques, mais n'a pas la dimension humaniste promise qui m'avait initialement séduite...

Pas facile sans doute d'adapter un récit de voyage à une scène de théâtre sans un minimum de décor : derrière l'acteur, quelques images en noir et blanc et quelques sons pour illustrer le texte ne suffisent pas à nous faire voyager...

Dommage !

 

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Le premier bataillon de tirailleurs a été créé par décret impérial en juillet 1857. Ce corps de militaires a été constitué au sein de l’Empire colonial français et composé de soldats africains, du Maghreb à l’Afrique subsaharienne. Ils ont participé à des moments de gloire – la défense de Reims en 1918 ou la bataille de Bir Hakeim en 1940 – comme à des tragédies telles que les terribles massacres commis par la Wehrmacht à leur encontre lors de la campagne de France.
Quant aux tirailleurs dits « sénégalais » (venus du Sénégal mais aussi de toute l’Afrique), ils sont montés au front, aux côtés des poilus de métropole. Ils étaient près de 200 000 à combattre, 30 000 sont morts sur les champs de bataille de la Grande Guerre, beaucoup sont revenus blessés ou invalides. Près de 150 000 ont été mobilisés durant la Seconde Guerre mondiale (les chiffres varient selon les sources). Ce corps militaire a été dissous en 1960.
L'histoire des tirailleurs reste encore méconnue et souvent oubliée des manuels scolaires.

L’idée du film est née en 1998 chez le réalisateur Mathieu Vadepied, lors de la mort du dernier tirailleur sénégalais Abdoulaye Ndiaye, à l’âge de 104 ans : enrôlé de force en 1914, il est mort la veille du jour où il devait recevoir la légion d’honneur promise par le président de la République, Jacques Chirac.

Le comédien Omar Sy, qui a rencontré en 2011 Vadepied, alors directeur de la photographie sur le tournage d'Intouchables, n'a eu de cesse d'accompagner l'écriture de Tirailleurs tout au long de ses dix années de développement.

Si l'idée de dénoncer les "rafles" opérées par l'Armée française en Afrique en 1917 est belle et généreuse, on ne peut que regretter que le film ne soit pas à la hauteur : trop simplificateur et surtout trop long...

Les rôles des différents protagonistes sont caricaturaux : le général est  veule et vieillissant, le lieutenant (son fils) est exalté et "trompe la mort" pour impressionner son père, les tirailleurs sont soit "tire au flanc" soit très volontaristes à l'instar du fils d'Omar Sy, que ce dernier a volontairement suivi dans les tranchées pour le "protéger"...

Quant à Omar Sy, que je me réjouissais de revoir, il est tout simplement mauvais dans un jeu répétitif et prévisible...

Une recommandation négative !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #expos

Le parcours de l'exposition rassemble plus de 40 sculptures d’artistes internationaux de premier plan dont : George Segal, Ron Mueck, Maurizio Cattelan, Berlinde De Bruyckere, Duane Hanson, Carole A. Feuerman, John DeAndrea,…

Réalité, art ou copie ?

Le sous-titre de l’exposition fait référence à la célèbre œuvre de René Magritte « Ceci n’est pas une pipe », qui questionnait le rapport de l’art à la réalité.

L’artiste hyperréaliste tourne le dos à l’abstraction et cherche à atteindre une représentation minutieuse de la nature au point que les visiteurs se demandent parfois si la sculpture est vivante.

D’autres, au contraire, questionnent la notion de réalité : nouvelles technologies, représentations populaires détournées, déformations….

Des interviews passionnantes de certains artistes projetées en vidéo,  permettent de mieux comprendre leurs démarches et surtout de découvrir leurs secrets de fabrication !

A voir jusqu'au 5 mars 2023 pour plonger dans l’univers troublant de l’hyperréalisme, un courant artistique qui transporte aux frontières du réel !

 


 

"Hyperréalisme - Ceci n'est pas un corps" : une exposition très originale et très intéressante au musée Maillol
"Hyperréalisme - Ceci n'est pas un corps" : une exposition très originale et très intéressante au musée Maillol
"Hyperréalisme - Ceci n'est pas un corps" : une exposition très originale et très intéressante au musée Maillol
"Hyperréalisme - Ceci n'est pas un corps" : une exposition très originale et très intéressante au musée Maillol
"Hyperréalisme - Ceci n'est pas un corps" : une exposition très originale et très intéressante au musée Maillol
"Hyperréalisme - Ceci n'est pas un corps" : une exposition très originale et très intéressante au musée Maillol
"Hyperréalisme - Ceci n'est pas un corps" : une exposition très originale et très intéressante au musée Maillol
"Hyperréalisme - Ceci n'est pas un corps" : une exposition très originale et très intéressante au musée Maillol
"Hyperréalisme - Ceci n'est pas un corps" : une exposition très originale et très intéressante au musée Maillol
"Hyperréalisme - Ceci n'est pas un corps" : une exposition très originale et très intéressante au musée Maillol
"Hyperréalisme - Ceci n'est pas un corps" : une exposition très originale et très intéressante au musée Maillol
"Hyperréalisme - Ceci n'est pas un corps" : une exposition très originale et très intéressante au musée Maillol
"Hyperréalisme - Ceci n'est pas un corps" : une exposition très originale et très intéressante au musée Maillol
"Hyperréalisme - Ceci n'est pas un corps" : une exposition très originale et très intéressante au musée Maillol
"Hyperréalisme - Ceci n'est pas un corps" : une exposition très originale et très intéressante au musée Maillol
"Hyperréalisme - Ceci n'est pas un corps" : une exposition très originale et très intéressante au musée Maillol
"Hyperréalisme - Ceci n'est pas un corps" : une exposition très originale et très intéressante au musée Maillol
"Hyperréalisme - Ceci n'est pas un corps" : une exposition très originale et très intéressante au musée Maillol
"Hyperréalisme - Ceci n'est pas un corps" : une exposition très originale et très intéressante au musée Maillol
"Hyperréalisme - Ceci n'est pas un corps" : une exposition très originale et très intéressante au musée Maillol
"Hyperréalisme - Ceci n'est pas un corps" : une exposition très originale et très intéressante au musée Maillol
"Hyperréalisme - Ceci n'est pas un corps" : une exposition très originale et très intéressante au musée Maillol
"Hyperréalisme - Ceci n'est pas un corps" : une exposition très originale et très intéressante au musée Maillol
"Hyperréalisme - Ceci n'est pas un corps" : une exposition très originale et très intéressante au musée Maillol

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Difficile comme chaque année de se livrer à cet exercice périlleux !

L’année 2022 a été marquée par la sortie d’un grand nombre de films en salles : 280 !

Inutile de dire que je ne les ai pas tous vus mais il est vrai que j’évite en règle générale les blockbusters et que je ne me précipite pas pour regarder les films d’animation...

Parmi les 95 films (soit environ 8 films par mois) qui ont retenu mon attention en 2022, j’en ai sélectionné 28 dont 16 français et 12 étrangers.

Contrairement à l’année 2021, j’ai plus apprécié la production française que l’an dernier puisque dans ma liste des 10 favoris, vous trouverez 5 films français et 5 films étrangers (Egypte, Bhoutan, Etats-Unis, Espagne et Pakistan).

La sélection de Cannes ne m’a visiblement pas inspirée puisque j’ai boudé « Sans filtre » la palme d’or, « Huit montagnes » le prix du jury ex aequo, « Tori et Lolita », le prix du 75e et « Les nuits de Mashad », prix d’interprétation féminine.

J’ai donné la 1ère place de mon palmarès à « La Conspiration du Caire », prix du scénario et n’ai pas retenu dans ma short list « Eo », ni « Close » ni « Les bonnes étoiles ».

Sur la base des 95 films visionnés, je vous propose donc le classement suivant, reflet de ma propre subjectivité :

1. La conspiration du Caire : le réalisateur égyptien Tarik Saleh retrouve son acteur fétiche, le génial Fares Fares, pour nous plonger dans un somptueux thriller politico-religieux et mieux dénoncer les dérives du pouvoir autoritaire du maréchal al-Sissi.

2. L’innocent : pour son troisième long métrage, Louis Garrel renouvelle le thème rebattu « du dernier casse avant la retraite » en nous offrant un scénario pétillant d’humour interprété par des acteurs en état de grâce : Roschdy Zem, Noémie Merlant, Anouk Grinberg et lui-même en fils débordé par le comportement de sa mère et englué dans le deuil de son épouse

3. La nuit du 12 : film féministe qui fait la part belle aux portraits d'hommes, film noir encastré dans la montagne, film hanté par la violence masculine, La nuit du 12 révèle le talent de Dominik Moll qui s'empare avec réalisme et distance du thème très actuel de la violence faite aux femmes et nous livre les clés de son univers personnel.

4. L’école du bout du monde : le réalisateur Pawo Choyning Dorji nous propose un malicieux voyage initiatique aux confins du Bhoutan pour mieux nous parler de la spiritualité des habitants de son pays aux traditions ancestrales.

5. Le sixième enfant : le film de Léopold Legrand nous émeut et nous attache aux questionnements les plus intimes de deux couples, jusqu'à nous faire totalement épouser le désir d'enfant d'Anna (interprétée avec talent par une Sara Giraudeau dont le jeu d’actrice ne cesse de se déployer).

6. Armageddon Time : dans son dernier opus, James Gray revient sur son enfance juive à New York au début des années 80, en nous faisant partager ses prises de conscience adolescentes.

7. El buon patron : Javier Bardem crève l’écran dans le rôle du patron de PME que lui a confié le réalisateur espagnol Fernando Leon de Aranoa, qui nous offre une critique toute en finesse des faux semblants du paternalisme.

8. Les passagers de la nuit : début des années 80 dans le Paris de Beaugrenelle, Charlotte Gainsbourg, dirigée par Mickaël Hers, est exceptionnelle et délicieuse dans ce rôle de maman poule / grande sœur de ses deux enfants désormais adolescents qui lui échappent.

9. Joyland : le fascinant premier long métrage du réalisateur pakistanais Saim Sadiq dénonce les ravages du patriarcat ordinaire au Pakistan en nous faisant partager les questionnements d’une famille traditionnelle où chacun tente de trouver la place qui lui correspond.

10. Reste un peu : entouré d’excellents acteurs non professionnels dont ses propres parents et sa sœur, Gad Elmaleh trouve le ton juste pour nous raconter avec humour et une grande sensibilité, sa conversion au catholicisme.

 

Et aussi

Deux films roumains très puissants : R.M.N.et Dédales,

Deux films très réussis sur le thème de la précarité de l’emploi des métiers de service : Les femmes du square et Ouistreham,

Un beau film coréen habité par le thème du suicide : Decision to leave,

Un film sensible sur la difficile reconstruction des victimes de l’attentat du Bataclan, avec Virginie Efira : Revoir Paris,

Un film délicieusement primesautier avec Sara Giraudeau : La page blanche,

Un film politique « intelligent » avec Reda Kateb et Isabelle Huppert : Les promesses,

Un film émouvant sur le désir d’enfant avec Virginie Efira :  Les enfants des autres,

Et encore Nightmare Alley, L’étau de Munich, L’affaire Collini, De nos frères blessés, Pacifiction pour Benoit Magimel, En corps, La panthère des neiges, Downtown Abbey 2, Les Amandiers

-/-

2022 fut, de mon point de vue, une grande année pour le cinéma même si la fréquentation des salles n’a pas retrouvé son niveau d’avant Covid (sauf pour Top Gun et Avatar 2)

 

 

 

 

Cinéma : classement 2022
Cinéma : classement 2022
Cinéma : classement 2022
Cinéma : classement 2022
Cinéma : classement 2022
Cinéma : classement 2022
Cinéma : classement 2022
Cinéma : classement 2022
Cinéma : classement 2022

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Le premier long métrage du réalisateur pakistanais Saim Sadiq a été récompensé du Prix du Jury Un certain regard au festival de Cannes 2022 !

L'auteur s'est largement inspiré de son contexte familial pour dénoncer les ravages du patriarcat ordinaire au Pakistan...

Les premières images du film nous transportent dans un labyrinthique appartement lumineux où Haider, un beau jeune homme brun, joue à cache cache avec des enfants...

La voix autoritaire d'un patriarche en chaise roulante vient suspendre la magie de l'instant : Haider est réquisitionné pour tuer une chèvre... et trouver du travail... et faire un enfant à sa femme.... un fils de préférence contrairement à son frère aîné dont la femme ne donne vie qu'à des filles...

Dans cette maison où cohabitent plusieurs générations, chacun est sensé occuper la place que lui réserve la tradition pakistanaise : les femmes à la maison et les hommes au travail pour faire vivre la famille...

Quand Haider finit par dénicher un emploi de danseur dans un petit cabaret du nom de Joyland, son destin croise celui de Biba, une danseuse trans sensuelle et charismatique...

Écartelé entre des injonctions contradictoires : être l'époux de sa femme qu'il aime sincèrement ou se faire aspirer par cette rencontre magnétique, Haider se laisse piéger par les mensonges qu'il tisse jour après jour...

Un duo d'acteurs incandescents, des personnages secondaires magnifiques, une fascinante immersion dans la ville surpeuplée de Lahore, un questionnement universel sur la place respective de la femme et de l'homme dans un couple,  une prise de conscience de l'importance des trans dans la société pakistanaise (dont le statut social était encore plus important avant la colonisation britannique puisqu'elles étaient associées à la poésie et aux bonnes manières),  un scénario inventif , un tourbillon de couleurs... vous comprendrez en me lisant que j'ai adoré "Joyland" !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Le film de Martin McDonagh nous parle d'amitié entre deux hommes... ou plutôt de "désamitié", thème rarement abordé au cinéma...

Padraic (Colin Farell) et Colm (Brendan Gleeson) sont amis depuis toujours : l'amitié qui les lie n'a pas grand chose à voir avec celle de Montaigne et La Boétie immortalisée par l'exclamation « parce que c’était lui, parce que c’était moi ».

Nous sommes en 1920, la guerre civile fait rage en Irlande...

Padraic et Colm qui habitent l'île fictive d'Inisherin, à l'ouest de l'Irlande, passent leurs après-midi à boire des pintes au pub et à refaire le monde...

Quand Padraic, qui habite avec sa sœur Siobhan (formidable Kerry Condon), vient chercher Colm dans sa maison isolée au bord de l'eau, comme tous les jours, il ne comprend pas que son ami lui batte froid et refuse de le suivre...

Dérouté par la tentative d'explication de Colm qui déclare à Padraic qu'il veut désormais se consacrer à l'écriture de ballades qu'il interprète au violon, ce dernier, malgré la menace exposée par Colm de se couper les doigts si Padraic lui adresse encore la parole, ne peut pas se résoudre à accepter l'inéluctable...

Car cette amitié pour Padraic, c'est toute sa vie : il aime beaucoup sa sœur, son ânesse Jenny et son troupeau de vaches... et même le chien de Colm, mais il ne peut pas accepter que ce dernier le rejette parce qu'il le trouve soudain "creux"...

Il interroge sa sœur, le patron du pub, se rapproche de Dominic, l'idiot du village et tel un chien repoussé injustement par son maître, il repart sans cesse au front de cette amitié qui se dérobe...

Tourné dans le splendide décor naturel des îles d'Aran (Inishmore et Achill), le film magnifiquement interprété par les deux acteurs principaux, nous interroge sur la complexité des liens humains, au-delà de la différence d'âge...

Un voyage dans un paysage de pierres sur lequel ne pousse aucun arbre, une plongée dans une société "primitive" profondément formatée par le catholicisme,  une ode au féminisme : les deux figures fortes du film sont la soeur de Padraic et Madame McCormick (Sheila Flitton), l'incarnation physique de la banshee, annonciatrice de la mort dans la mythologie irlandaise...

A voir malgré quelques longueurs (le film dure 1h58) et certaines images d'automutilation, d'une violence à la limite du supportable (et de mon point de vue inutiles) !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Le réalisateur sud-africain Oliver Hermanus a adapté le film éponyme de Kurosawa, en le transposant dans le Londres de 1953...

Bill Nighy incarne avec talent Williams, un "senior gentleman" anglais qui travaille à la Mairie de Londres...

Le spectateur est plongé dès le début du film dans l'imaginaire anglais : des messieurs en costume trois pièces et chapeau melon attendent le train qui va les mener comme chaque matin à la City...

Peter Wakeling (touchant Alex Sharp),  est le petit nouveau qui va rejoindre l'équipe "chapeautée" par "Monsieur" Williams...

Tout ce petit monde partage un bureau dans le mythique bâtiment de County Hall où le tournage a pu être effectué...

Quand Williams apprend qu'il a un cancer et qu'il ne lui reste plus que 6 à 9 mois à vivre, il décide de profiter de ce délai pour réaliser tout ce que sa "bonne éducation" l'a dissuadé de faire jusqu'à présent...

Sa rencontre fortuite avec la jeune Margaret Harris (délicieuse Aimee Lou Wood), une ancienne employée de son administration, va lui ouvrir de nouveaux horizons...

Quand il retourne travailler après un court arrêt maladie, c'est un tout autre homme qui reprend les rênes de son service avec la complicité de Peter Wakeling...

Un acteur exceptionnel, des personnages secondaires attachants, de très jolis moments d'échanges, une ambiance extrêmement bien restituée... font de ce film un feel good movie... malgré une mise en scène un peu trop classique et quelques longueurs...

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