Théo Mercier, sculpteur et metteur en scène de 38 ans, a conçu un grand cycle d’installations éphémères, baptisé « Outremonde » décliné en plusieurs chapitres.
Créé in situ, le premier s’est tenu à la Collection Lambert, dans le cadre du Festival d’Avignon 2021. Le deuxième, "Dream hunters" a eu lieu à Luma Westbau (Zurich), l'été dernier.
Le troisième, intitulé « The Sleeping Chapter », a ouvert en octobre dans le cadre du Festival d’Automne, à la Conciergerie.
80 tonnes de sable* ont été livrées à cet effet dans la salle des Gens d’Armes et compressées par des sculpteurs spécialistes, donnant naissance à une cinquantaine de créations qui évoquent les traces de nos sommeils et de nos rêves : des matelas, sommiers, lits, couettes, oreillers, ton sur ton avec la couleur de la pierre des colonnes médiévales.
Il faut absolument aller voir cette incroyable mise en scène de sculptures en sable qui occupent l’espace naturellement et s’harmonisent merveilleusement avec l’architecture de la salle.
Le temps s’arrête et laisse la place aux rêves, aux songes, à l’imaginaire.
Une ambiance apaisante et hors du temps.
Une musique zen contribue à nous transporter ailleurs.
Le jour où j’y suis allée, des élèves de l’École de Condé, adossés le long des colonnes, dessinaient ces étonnantes sculptures de sable, sous l’œil attentif et bienveillant de leur professeur.
*les tonnes de sable seront rendues aux carrières franciliennes
Pour le troisième chapitre de son installation "Outremonde", Théo Mercier investit la Conciergerie avec des sculptures entièrement constituées de sable... ✏️ Découvrez l'article lié à la...
Le Musée d’Art Moderne de Paris présente la première rétrospective parisienne consacrée à l’artiste autrichien Oskar Kokoschka (1886-1980).
Le parcours réunissant près de cent soixante œuvres, moitié peintures, moitié arts graphiques, décapant du début à la fin, a le mérite de nous intéresser à sa peinture toujours renouvelée et jamais tiède, parfois "rebutante", qui court le long de sept décennies bien remplies.
Peintre, mais aussi dramaturge et poète, Oskar Kokoschka est un artiste engagé, porté par les bouleversements artistiques et intellectuels de la Vienne du début du XXe siècle.
Soucieux d’exprimer l’intensité des états d’âmes de son époque, il réalise à partir de 1909, avec un talent certain pour la provocation, le portrait de toute une brochette de personnalités viennoises : pâte épaisse, grasse chez l’un, rouge chez un autre, dents crispées en un rictus terrifiant, mains déformées comme des pattes de poulet...
Soutenu par Gustav Klimt et Adolf Loos, il inspire une nouvelle génération d’artistes, parmi lesquels Egon Schiele, mais devient pour la critique l’enfant terrible de Vienne !
Ébranlé par sa rupture avec la compositrice Alma Mahler avec laquelle il entretient une relation tumultueuse entre 1912 et 1914, Kokoschka s’engage dans l’armée au déclenchement de la Première Guerre mondiale. Il sera gravement blessé à deux reprises.
Il enseigne ensuite à l’Académie des Beaux-Arts de Dresde (1916-1923), où il recherche de nouvelles formes d’expressions picturales, en contrepoint des mouvements contemporains tels que l’expressionnisme et l'abstraction.
Voyageur infatigable, il entreprend dans les années 1920 d’incessants périples en Europe, en Afrique du Nord et au Moyen Orient. Sa fragilité financière l’oblige à revenir à Vienne, qui connaît dès le début des années 1930 d’importants troubles politiques, le contraignant à partir pour Prague en 1934.
Qualifié par les nazis d’artiste « dégénéré », 680 de ses œuvres sont retirées des musées allemands.
Kokoschka s’engage alors pleinement pour la défense de la liberté face au fascisme. Il parvient à fuir en Grande-Bretagne en 1938 où il prouve par des toiles satiriques hérissées de couleurs criardes, mettant en scène la reine Victoria, Mussolini, Hitler ou Churchill, qui en prennent tous pour leur grade, qu’il garde son mordant.
Après la guerre, il devient une figure de référence de la scène intellectuelle européenne.
Prenant ses distances avec la culture et la langue germanique, il s’installe à Villeneuve, en Suisse romande, en 1951.
Sa croyance dans la puissance subversive de la peinture, vecteur d’émancipation et d’éducation, demeure inébranlable jusqu’à sa mort en 1980.
A voir jusqu'au 12 février 2023 !
Pour compléter le portrait d'Oskar Kokoschka, je vous conseille le documentaire d'Arte (voir lien ci-dessous) intitulé "Portraits européens", qui fait un focus sur la relation particulière qu'il a noué avec le chancelier Adenauer lors de ses séances de pose.
De son portrait du chancelier Adenauer en 1966 à ses débuts fracassants au sein de la Sécession viennoise, ce documentaire remonte le fil des souvenirs du peintre autrichien Oskar Kokoschka ...
Après "1925. Quand l'Art déco séduit le monde", présentée en 2013, la Cité de l'Architecture propose de continuer l'exploration de la période Art déco en faisant le récit des échanges intellectuels et artistiques transatlantiques de la fin du 19ème siècle aux années 1930.
Cette exposition montre comment le style français Art déco a influencé l'architecture, les décors, le mode de vie et le goût des Américains du Nord. Style populaire, caractérisé notamment par un travail de la ligne, de l'ornementation, des arrondis, ou encore des motifs floraux, l'Art déco va voyager de la France à l'Amérique du Nord dans un dialogue dynamique porté en particulier par les architectes.
Dès les deux dernières décennies du 19ème siècle, l'Ecole des Beaux-Arts de Paris forme une centaine d'architectes américains et canadiens. Venus trouver dans la formation française l'art de la composition et de l'ornementation, cette "Internationale des Beaux-Arts" offre les fondements des échanges à venir entre la France et l'Amérique du Nord. De retour en Amérique, ces architectes construisent et meublent des buildings Art déco dans les métropoles américaines.
Cette émulation réciproque entre la France et l'Amérique connait son point culminant en 1925 lors de l'Exposition internationale des arts décoratifs et industriels. Une délégation américaine de 104 membres y est envoyée par le secrétariat d'Etat au commerce pour observer ce "nouveau style" résolument moderne. Parallèlement, la France confie une mission diplomatique à l'Art déco, en revendique la paternité et veille à sa diffusion. Les années 20 sont ainsi marquées par les aller-retours : les architectes français qui construisent sur le continent américain sont de plus en plus nombreux (Paul Cret et Jacques Greber à Philadelphie, Jacques Carlu enseigne au MIT...)
Clé de voute de tous les arts, l'architecture entraine des évolutions stylistiques dans de nombreuses professions : peintres, sculpteurs, ensembliers, ferronniers...
A leur suite, la mode, la joaillerie et les arts de la table s'inspirent de ce nouveau style dont les lignes simples et fluides contrastent avec la période précédente de l'Art nouveau.
Cette dynamique est brisée par la crise économique de 1929, les architectes français rentrent en France.
En 1934, Jacques Carlu se voit confier le projet du palais du Trocadéro et conçoit un nouveau bâtiment aux proportions américaines, autour de la création d'une esplanade et de la percée d'une perspective grandiose sur la ville et la Tour Eiffel : l'art déco a retraversé l'océan.
Alléchée par cette promesse ambitieuse, j'ai été déçue par la qualité des objets et meubles présentés, par la scénographie très livresque des différents chapitres de l'exposition (beaucoup de panneaux écrits en lettres difficilement lisibles du fait de la petitesse des caractères), beaucoup de dessins et d'esquisses de projets jamais réalisés...
Je vous recommande d'autant plus l'exposition "Le chic ! Arts décoratifs et mobilier de 1930 à 1960" à la Galerie des Gobelins (voir critique du 29/11) !
Le Petit Palais présente, pour la première fois en France, une grande rétrospective dédiée au peintre anglais Walter Sickert (1860-1942), conçue en partenariat avec la Tate Britain.
Pourquoi quatre-vingts ans après sa mort ?
Ce retard est peu explicable à moins qu’il ne soit une conséquence du fait qu'il est malaisé de le caractériser en raison de la diversité des sujets qu'il peint et des nombreux styles qu'il s'approprie au fil des années.
Sa qualité d’artiste britannique elle-même, quoique confirmée par son passeport, ne l’est pas si nettement par sa vie. Il naît à Munich, en Allemagne, d’un peintre d’origine danoise et d’une mère anglo-irlandaise qui a grandi en France, à Dieppe.
Sa première éducation artistique, après quelques années où il exerce le métier de comédien, se passe à Londres, à la Slade School of Fine Art.
Dès 1882, il est introduit dans l’atelier de Whistler (1834-1903), lui-même de nationalité américaine et aussi présent à Paris qu’à Londres. Venu dans la capitale pour y transporter un tableau de Whistler qui doit être accroché au Salon de la Société des artistes français, il rencontre Edgar Degas, en avril 1883.
Dieppe devient à partir de 1885 et pour une vingtaine d’années le lieu de prédilection de Sickert. Il y séjourne aussi souvent que possible, avant de s’y établir à demeure, de 1898 à 1905, ce qui ne fait qu’accentuer sa proximité avec ses contemporains français impressionnistes.
Comme eux, il trouve les motifs de ses paysages dans les vieux quartiers de Dieppe et, comme eux encore, regarde longuement la mer et le ciel. Autre similitude : il se rend souvent à Venise, entre 1894 et 1904, comme Manet et Whistler avant lui et Monet après.
Il s’inscrit exactement dans l’idée de peintre de la vie moderne, telle qu’elle est énoncée par Baudelaire, en 1863 : un artiste qui tient la chronique de ses contemporains et scrute la ville, ses rues, ses immeubles et ses lieux de plaisir nocturne, comme des scènes de music-hall ou, plus tard, des nus, présentés de manière prosaïque dans des intérieurs pauvres de Camden Town.
L'artiste n'a pas beaucoup peint Paris mais à Londres le personnage solitaire perdu dans une rue la nuit et l'éclairage de la scène (Maple Street, 1916), ou bien à Dieppe les lumières d'un café vu de la rue (Nuit d'amour, 1920) font incroyablement penser aux atmosphères de l'Américain Edward Hopper (1882-1967).
Si Walter Sickert a multiplié les genres, ses choix de couleurs aussi virtuoses qu’étranges (j'ai particulièrement aimé ses "rouges") ainsi que ses cadrages originaux et déroutants caractérisent toute son œuvre.
Personnellement je n'ai pas du tout apprécié ses dernières créations : en effet à partir de 1914 l'artiste change radicalement sa façon de travailler. Il se met à peindre en grand format à partir de photographies dont il reporte les tracés agrandis sur la toile, ou bien en projetant directement l'image sur la toile avec une lanterne. Ces œuvres sont tirées de la presse, du cinéma, du monde du spectacle.
Une exposition très complète, malheureusement pas très bien éclairée de mon point de vue (le musée explique que c'est pour protéger les tableaux), à découvrir jusqu'au 29 janvier 2023.
Photo, auto-portraits, portraits de commandes et portraits de ses nombreuses maitresses
Dieppe : café, salle de baccarat, salle de spectacle et église St Jacques
Fête foraine et scènes de music hall
Londres : scènes d'extérieurs et scènes d'intérieurs (dont sa toile la plus connue "L'ennui" de la vie conjugale))
Venise, Paris rue Notre Dame des Champs, marine (Angleterre)
Quel bonheur de retrouver Laure Calamy dans ce beau rôle de femme courage !
La réalisatrice Blandine Lenoir s'empare de l'histoire d'un combat de femmes... et d'hommes (quelques jeunes médecins courageux), qui ont contribué à favoriser le débat sur l'avortement et surtout le vote de la loi Veil en 1975...
Nous sommes en 1973, Annie (Laure Calamy) se retrouve enceinte alors qu'elle a déjà 2 grands enfants : avec l'accord de son mari, elle fait appel au MLAC (Mouvement pour la Liberté de l’Avortement et de la Contraception) de sa ville de Nevers pour avorter avec la toute nouvelle technique de l'aspiration...
Annie est une femme "ordinaire", ouvrière dans une usine de matelas : elle est dévouée à son mari et à ses enfants et n'a pas confiance en elle...
Réconfortée par la chaleur et la tendresse qui émanent de ce groupe de femmes courageuses, elle se découvre plus forte qu'elle ne le pensait et réalise qu'elle peut se rendre socialement utile !
Laure Calamy met tout son talent au service de cette cause et elle nous séduit une fois de plus par sa présence et son naturel !
Elle est entourée par un cercle d'actrices formidables : Zita Henrot est magnifique dans un rôle d'infirmière au grand cœur qui n'a pas la langue dans sa poche, India Hair est sensationnelle dans un rôle de femme médecin aux gestes précis et doux, quant à Rosemary Standley (chanteuse du groupe Moriarty), qui incarne une bénévole, elle nous bouleverse lorsqu'elle chante des mélodies cristallines aux femmes candidates à l'avortement pour les aider à traverser cette épreuve !
Un film essentiel alors que l'inscription de l'avortement dans la constitution est actuellement en discussion à l'Assemblée Nationale...
Christophe Honoré qui a 52 ans, nous fait revivre l'année de ses 17 ans lorsque sa vie a été bouleversée par le décès subit de son père...
S'ensuit une longue dissertation sur le deuil vécu par son alter ego (Paul Kircher), son frère ainé (Vincent Lacoste) et sa mère (Juliette Binoche)...
Le pathos est au rendez-vous mais pas l'émotion tant le propos du cinéaste se fait insistant, complaisant et même dérangeant : est-ce vraiment nécessaire de nous montrer tant de scènes de sexe y compris tarifé avec un adulte, alors que les media et la société s'attaquent enfin au fléau de la pédophilie ?
Les critiques encensent le film et le jeune interprète qui a 20 ans dans la vraie vie, mais qui peine à nous convaincre de son chagrin en alternant les moues de tristesse et les sourires éblouissants...
Quant à Vincent Lacoste, il ne trouve à aucun moment la bonne distance de grand frère : trop proche dans ses rapports potaches ou trop distant dans sa morgue de jeune actif...
J'ai décidément beaucoup de mal avec ce réalisateur qui, pour moi, ne se renouvelle guère, creusant de film en film (14 en 20 ans) son sillon d'homosexuel mal dans sa peau...
En collaboration avec le musée Munch d’Oslo, le musée d’Orsay consacre une exposition au célèbre peintre norvégien Edvard Munch (1863-1944) dont l’œuvre dans son ampleur – soixante ans de création - et sa complexité demeure pourtant en partie méconnu.
Un voyage au cœur de la carrière d’Edvard Munch, une rétrospective qui mélange l’expressionnisme, l’art moderne, l’impressionnisme, le réalisme, le symbolisme ou encore le postimpressionnisme.
L’exposition présente une centaine d’œuvres, peintures, mais aussi dessins, estampes ou encore blocs gravés, rendant compte de la diversité de la pratique de l'artiste.
Le peintre a élaboré d'une manière poétique, philosophique et structurale le cycle de la vie, de l'amour et de la mort, comme le titre de l'exposition le laisse transparaitre. Ses œuvres sont en grande partie inspirées par les philosophies vitalistes de Friedrich Nietzsche et d'Henri Bergson.
Pour la Frise de la vie, Munch organise ainsi son discours autour de l'amour, puis élargit à d'autres mouvements de l'âme tels l'angoisse, le doute existentiel et la confrontation à la mort. Pour lui l'humanité et la nature sont les éléments de ce cycle, et représentent une éternelle renaissance.
Le processus créatif singulier de Munch le conduit à réaliser de nombreuses déclinaisons d'un même motif, mais aussi plusieurs versions du même sujet.
L'autoportrait qu'il pratique tout au long de sa carrière souligne ses traumatismes d'enfance (Munch avait 5 ans lors du décès de sa mère et 15 ans lors du décès de sa sœur ainée) - et ses doutes intérieurs qui l'amèneront à de graves épisodes dépressifs, comme une de ses sœurs qui demeurera internée durant presque toute sa vie.
A voir jusqu'au 22 janvier !
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En profiter pour voir ou revoir Rosa Bonheur (1822-1899) : 200 ans après sa naissance, le musée d'Orsay présente 200 œuvres de la peintre animalière (peintures, arts graphiques, sculptures, photographies), issues des plus prestigieuses collections publiques et privées d'Europe et des États-Unis, et pour certaines, récemment découvertes.
Frise de la vie : Angoisse, Désespoir, Jalousie, Le cri, Mélancolie, La lutte contre la mort (2), Puberté, Femme en pleurs
Autoportraits
Arbres au bord de la plage, Couples s'embrassant dans le parc, Enfants dans un paysage d'hiver, Jeunes filles arrosant des fleurs, Jeunes gens au bord de la plage, L'été au parc, Dames sur le pont, Nuit étoilée, Soirée sur l'avenue Karl Johan
Déclinaisons d'un même sujet : Le baiser, Jeunes filles sur le pont, Séparation
Rosa Bonheur : portraits de la peintre et portraits d'animaux
Rassemblées pour la première fois dans le cadre d’une exposition, près de 200 œuvres issues des collections du Mobilier national font revivre l’essence du « Chic » à la française.
De 1930 à la fin des années 1950, la majeure partie des décorateurs qui feront l’histoire de ces trois décennies du XXe siècle est appelée à collaborer avec le Mobilier national : André Arbus, Marc du Plantier ou Raphaël Raffel...
La figure du décorateur joue alors un rôle capital : véritable ensemblier, il conçoit la décoration comme un tout harmonieux et orchestre les métiers d’arts au service d’un projet global. L’art du raffinement s’appuie alors tant sur la préciosité des matériaux (parchemin, bronze doré, cristal, laque, etc.) que sur la recherche de la ligne, jusqu’à l’épure du design.
D’une qualité et d’une diversité remarquables, la collection du Mobilier national comprend aussi bien des meubles d’apparat, héritiers d’une longue tradition de luxe, que des pièces fonctionnalistes qui marquent la transition vers le design contemporain.
Le Mobilier national a confié la scénographie de l'exposition à Vincent Darré qui, pour convaincre les conservateurs et les équipes en place de soutenir son projet, l'a intégralement représentée à l'aquarelle en peignant tous les meubles dans ses décors.
Vincent Darré a conçu un parcours où le visiteur ne se contente pas de voir des pièces emblématiques des années 1930 à 1960, mais où il est invité à cheminer dans trois décennies de création à travers l'exposition universelle de 1937, la reconstitution de grands ensembles mobiliers tels que l’aménagement de l’hôtel Kinsky, l’appartement des souverains au château de Rambouillet et surtout les pièces d'apparat représentatives des mutations esthétiques impulsées par le président Auriol et son épouse, grands amateurs d'art...
Les années 1950, aux sources de la vague pop sont illustrées par le salon de Marc du Plantier et la chambre de Janette Laverrière !
Cette exposition est également l’occasion de mettre en valeur les savoir-faire d’une cinquantaine d’artisans et maîtres d’art qui ont contribué à la restauration des pièces exposées, révélant ainsi ces ensembles sous un jour nouveau. En effet, entre 2021 et 2022, le Mobilier national a engagé un programme de restauration d’une ampleur inédite d’une centaine de pièces de la collection de meubles et de luminaires des années 1930 à 1950. Ce programme a ainsi permis de soutenir une filière fragilisée pendant la crise et d’encourager l’activité de femmes et d’hommes qui font vivre un patrimoine immatériel inestimable.
A voir jusqu'au 29 janvier 2023
Esquisses projets de scénographie de Vincent Darré
Années 1930 : André Arbus...
Années 1940 : bureau de dame, antichambre de l'Elysée, Chateau de Rambouillet, salle de bains présidentielle, fumoir de l'Elysée, grand salon doré de l'Elysée, pavillon de chasse de Marly
Années 1950 : Marc du Plantier, Janette Laverrière, Jacques Quinet
Dans son 6ème long métrage, Roschdy Zem a voulu nous faire partager un événement qui a bouleversé sa propre famille : son jeune frère qui a été victime d'une commotion cérébrale, s'est mis à parler sans filtre social à son entourage, ce qui n'a pas été sans conséquence...
Dans la famille de cinéma qu'il s'est reconstitué, le réalisateur joue Ryad, le frère ainé qui a réussi sa vie comme journaliste sportif à la télévision mais ne prête guère attention aux autres...
Sami Bouajila interprète Moussa, le jeune frère de Ryad, directeur financier qui ne compte pas ses heures et qui s'occupe tendrement de ses 3 enfants depuis que sa femme l'a quitté...
Quand Moussa est victime d'un grave choc à la tête, il se retrouve défiguré par une énorme bosse frontale, état qui le fait dormir les 3/4 de son temps et invectiver ses proches dès qu'il émerge...
Moussa qui était le "gentil" dans cette famille nombreuse et très fusionnelle, devient le révélateur des dysfonctionnements de chacun...
Ce qui aurait pu être drôle, mais cela ne m'a pas du tout fait rire tant les personnages sont convenus : celui qui a réussi s'est fermé aux autres, Samia (Meriem Serbah), la "sœur" de la fratrie, est la seule à se dévouer, le jeune adulte, fils de Moussa, passe son temps libre devant des jeux vidéos débiles...
Sami Bouajila joue très bien mais son rôle de malade est quand même très ingrat...
Roschdy Zem fait du Roschdy Zem, quant à Maïwenn qui interprète la compagne de Ryad, elle est "trop parfaite" pour être vraie...
En conclusion, j'aurais bien voulu "aimer" ce film mais j'avoue être restée extérieure aux heurs et malheurs de cette tribu...
Le musée des Arts décoratifs met à l’honneur l’œuvre audacieuse et inspirante d’Elsa Schiaparelli, créatrice italienne, dont l’inspiration s’est nourrie d’une relation privilégiée avec les artistes du milieu de l’avant-garde parisienne des années 1920 et 1930.
L'exposition réunit 520 œuvres dont 272 costumes et accessoires de mode, mis en regard de 248 peintures, sculptures, bijoux, flacons de parfum, céramiques, affiches et photographies signées des plus grands noms de l’époque.
Novatrice, moderne, guidée par son goût du spectacle, Elsa Schiaparelli conçoit la mode comme un art et Paris comme une fête !
Liberté de créer, de dialoguer, d'être soi-même que l'on découvre dans les 6387 dessins de collection que la créatrice légua à la fin de sa vie à l'Union Française des Arts du Costume (UFAC), dessins que l'on peut découvrir dans la 1ère salle de l'exposition...
A son arrivée à Paris en 1922, Elsa Schiaparelli rencontre le grand couturier Paul Poiret qui l'encourage à se lancer dans la mode.
Très vite, la couturière tisse des liens privilégiés avec des artistes tels que Jean Cocteau, Salvador Dali, Van Dongen... et des photographes tels que Cecil Beaton et Man Ray...
Dès 1935, Elsa Schiaparelli installe ses salons de couture au 21 place Vendôme, ouvre une boutique au rez-de-chaussée dénommée "Schiap" et inscrit chacune de ses collections couture dans une thématique forte : "le papillon", "la musique", "le cirque", "les signes du zodiaque"...
Dès 1936, la couturière sollicite Albert Lesage, fondateur d'un atelier de broderie pour embellir ses créations...
Cette grande rétrospective met également en lumière l’héritage du style Schiaparelli avec des silhouettes interprétées par de célèbres couturiers lui rendant hommage : Yves Saint Laurent, Azzedine Alaïa, John Galliano, Christian Lacroix...
A découvrir : les créations contemporaines de Daniel Roseberry (directeur artistique de la maison Schiaparelli depuis 2019), qui mêlent les codes historiques du surréalisme et la technicité expérimentale de la couture !
Une magnifique exposition (très fréquentée) à voir jusqu'au 22 janvier 2023 !
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A voir également dans la grande nef du musée, l'exposition "Années 80. Mode, design et graphisme en France" : 700 œuvres – objets, mobilier, silhouettes de mode, affiches, photographies, clips, pochettes de disques et fanzines – retracent cette époque frénétique synonyme d’éclectisme, où le postmodernisme ouvre tous les possibles artistiques.
Le clou de l'exposition est un audiovisuel des plus emblématiques films publicitaires de l'époque (Pliz avec Marie Pierre Casey, Jex Four avec Alice Sapritch, RATP T'as le ticket chic, Citroën Les chevrons sauvages...)