Guy Ritchie a fait appel à un casting de luxe pour nous raconter cette histoire de baron de la drogue anglais qui souhaite se retirer des affaires fortune faite...
Matthew McConaughey incarne avec son talent habituel le dit baron Michael Pearson et Hugh Grant campe avec délectation Fletcher, un journaliste véreux qui cherche à tirer son épingle dans ce jeu de massacre de successeurs potentiels...
Michelle Dockery est époustouflante en Madame Pearson au tempérament bien trempé et Colin Farrell est excellent dans un rôle à contre emploi d'entraîneur de boxe vertueux à la tête d'une équipe de jeunes en survêtements...
Les dialogues fusent, l'humour so british souligne les multiples rebondissements d'un scénario à tiroirs, bref on ne s'ennuie pas une minute à suivre les aventures de ces dangereux gangsters londoniens en tweed !
Olivier Assayas a entrepris d'adapter The last soldiers of the cold war, le livre touffu de Fernando Morais, journaliste et homme politique brésilien...
Durant 2 heures, le réalisateur hésite entre thriller géopolitique et documentaire pour nous raconter un épisode passionnant mais méconnu de la guerre froide entre Cuba et les Etats Unis...
Nous sommes dans les années 90 ; des cubains exilés en Floride tentent de noyauter des groupes anti-castristes qui fomentent des attentats depuis le sol américain...
Le récit est centré sur un instructeur de vol René Gonzalez (formidable Edgar Ramirez) qui quitte Cuba à bord de son petit avion, sans prévenir personne, pas même sa famille...
A son arrivée à Miami, René propose ses services à la diaspora cubaine et nous suivons ses tribulations sans toujours bien comprendre de quel côté il se situe...
Les trop nombreux personnages du film ne sont pas assez fouillés pour nous les rendre attachants et Penelope Cruz à contre emploi dans un rôle d'ouvrière cubaine, épouse de René Gonzalez, ne nous convainc pas totalement même si la figure qu'elle interprète est la plus incarnée...
Dommage que le scénario ne prenne pas parti car il aurait pu gagner en clarté et en puissance !
Un éditeur psychorigide (Lambert Wilson survolté) enferme les 9 traducteurs de son best seller dans une superbe "maison prison" pour éviter les fuites sur internet...
Mais à peine traduites, les 10 premières pages se retrouvent sur le net avec une demande de rançon...
Régis Roinsard s'essaie aux 10 petits nègres mais avec beaucoup moins de talent qu'Agatha Christie !
Chaque traducteur est une caricature calquée sur les stéréotypes liés à son pays, les femmes sont évidemment de mauvaises mères, Sara Giraudeau l'assistante de l'éditeur, joue les nunuches avec talent mais elle nous a trop habitués à être plutôt surdouée, et les relations entre les différents protagonistes virent vite au jeu de massacre !
C'est pourtant un fait réel qui sert de point de départ à l'histoire du film : en effet pour assurer la sortie mondiale d'Inferno de Dan Brown, son éditeur avait confiné 12 traducteurs dans un lieu sûr pour œuvrer simultanément sur le manuscrit...
De fausses pistes en retournements de situation, le scénario assez machiavélique va se révéler bancal voire improbable dans sa réalisation !
Le réalisateur Arnaud Viard adapte librement la nouvelle "best seller" d'Anna Gavalda...
Il nous raconte l'histoire d'une famille confrontée à ses névroses ordinaires !
Aurore (Aurore Clément) fête ses 70 ans entourée de ses quatre enfants...
A la mort du père, c'est l'aîné Jean Pierre (formidable et émouvant Jean Paul Rouve) qui a pris tout naturellement la tête de la famille...
Juliette 40 ans (délicieuse Alice Taglioni) est centrée sur la naissance à venir de son premier enfant, Margaux (Camille Rowe), l'artiste de la famille tente de percer comme photographe grâce à l'aide financière de son frère, et Mathieu 30 ans le petit dernier (intrigant Benjamin Lavernhe) se cherche sur le plan sentimental...
Chacun vit sa vie et compte sur Jean Pierre dont la réussite professionnelle "classique" (il est directeur commercial) est facilement l'objet de moqueries...
Quand Jean Pierre accepte de revoir Hélèna son ex, atteinte d'un cancer, (mystérieuse Elsa Zylberstein), il est happé par son passé et a de plus en plus de mal à se raccrocher à son présent si éloigné de ses rêves de jeune homme...
A voir pour Jean Paul Rouve dont le jeu se bonifie au fil des années !
Cette comédie originale avait échappé à ma sélection... merci Nicolas de me l'avoir signalée !
Le duo Max Boublil-Anthony Marciano nous font partager dans un montage de vraies fausses vidéos amateurs, la vie d'une bande de copains nés en 1979...
Nous les suivons depuis l'enfance et les accompagnons dans leurs tribulations adolescentes...
Pour ma part, je ne suis vraiment entrée dans le film que quand les héros atteignent l'âge des choix de vie et des engagements sentimentaux, sont confrontés à la maladie de leurs proches et aux premières ruptures amoureuses...
Max, interprété par Max Boublil, se voit offrir pour ses 13 ans un caméscope... Désormais et pour les 25 ans à venir, il filmera tous les instants de sa vie...
Arrivé à l'âge adulte, il décide d'en faire un film pour se souvenir mais surtout pour décider de son avenir...
Le film est un peu long (1h48) mais le charme de ses interprètes dont celui de Alice Isaaz qui interprète Emma, l'amie de toujours de Max, fait passer un très agréable moment !
Jay Roach adopte le style trépidant des media pour nous raconter l'affaire de harcèlement sexuel qui secoua la chaîne conservatrice et populaire Fox News (avant l'affaire Weinstein)...
L'été 2016 voit le limogeage brutal de Roger Ailes (John Lithgow), le tout puissant patron de la chaîne accusé d'harcèlement par Gretchen Carlson (Nicole Kidman), une ancienne présentatrice vedette récemment limogée...
Au-delà des affaires de harcèlement sexuel, c'est tout un système patriarcal que dénonce le film...
Les trois générations de femmes incarnées par Nicole Kidman, Charlize Theron et Margot Robbie (dont le personnage est inventé pour la démonstration), ont toutes subi un entretien d'embauche équivoque et menaçant pour être embauchées là où elles sont, ont du adopter le dress code imposé pour réussir (silhouette longiligne, jupe courte étroite pour dévoiler les jambes, maquillage parfait et chevelure blonde) et subissent tous les jours les remarques déplacées sur leur physique et leur habillement...
Le personnage pivot de l'histoire est Megyn Kelly incarnée par Charlize Theron, journaliste star de Fox News : d'abord réticente, Megyn qui est reconnaissante à Roger Ailes de la place qu'elle occupe aujourd'hui, ouvre les yeux sur le sort réservé aux jeunes recrues telle la jeune Kayla piégée à son tour dans son souhait de travailler à tout prix chez Fox...
Le sujet est plus que "tendance", les positions et les questionnements des protagonistes sont très bien vus... mais le rythme effréné de la mise en scène "à l'américaine" et les performances des actrices vedettes couvertes de prothèses invisibles pour mieux ressembler à leurs personnages, éloigne le propos de l'essentiel qui est de dénoncer un système et de rendre justice aux victimes des prédateurs sexuels cachés sous leurs costumes de super managers !
De retour en Inde après The lunch Box, le réalisateur Ritesh Batra nous conte une jolie histoire d'amour impossible entre Rafi (formidable Nawazuddin Siddiqui), un photographe des rues de Mumbai et Miloni (ravissante Sanya Malhotra), une étudiante de bonne famille qu'il rencontre par hasard...
Parce qu'il a pris une photo d'elle, il a l'idée de la faire passer pour sa petite amie auprès de sa grand mère Dadi (formidable Farrukh Jaffar) qui se désespère de ne pas le voir marié...
Lorsque cette dernière débarque de son village, Rafi prend son courage à deux mains et retrouve Miloni - dont la photo s'affiche dans un immense placard publicitaire qui vante les cours de son professeur de comptabilité, pour lui proposer de jouer le rôle de sa fiancée auprès de Dadi...
D'abord réticente, la jeune fille finit par accepter et nous assistons à une savoureuse première rencontre entre la dite fiancée et l'intraitable grand-mère... qui sera suivie d'autres rencontres...
Ce qui fascine dans ce film c'est que les personnages sont amenés à changer au contact de l'autre...
Miloni voit désormais différemment sa vie, ses parents et même la femme à leur service qui vient également d'un village...
Rafi va se laisser envoûter par cette jeune fille délicate qui ne supporte pas les glaces à l'eau et s'enfuit devant les rats...
Tous deux savent que l'amour est impossible mais les sentiments s'expriment non par les mots mais par les gestes, les regards, les sourires et le temps s'écoule délicieusement, servi par la bande originale du compositeur Peter Raeburn !
Le film est tout simplement magnifique et l'on en ressort le sourire aux lèvres devant tant de délicatesse !
Inspiré par les récits de son grand-père, Sam Mendes nous entraîne dans les tranchées de la grande guerre aux côtés des caporaux Schofield et Blake, deux tommies chargés par leur général d'une mission à la fois vitale et absurde : remettre, au péril de leurs vies, un message confidentiel au colonel Mackenzie basé à une quinzaine de kilomètres derrière la ligne de front pour annuler une attaque prévue et tenter d'empêcher le massacre de 1600 soldats, dont le frère de Blake...
Tourné en longs plans séquences mis bout à bout, le film nous plonge dans l'enfer des tranchées à hauteur d'hommes comme dans une réalité augmentée ou un jeu vidéo...
Le spectateur est à la fois fasciné par les épreuves traversées par les deux héros ordinaires, qui vont se révéler hors du commun - et en même temps distancié tant les épisodes sont "énormes" : menace d’ensevelissement dans une tranchée piégée abandonnée par les allemands, attaque en piqué d'un avion ennemi dans une ferme abandonnée où seule une vache a survécu, traversée d'une ville fantôme où Schofield est soigné par une jeune femme rescapée, chute vertigineuse dans les courants d'une rivière dont les rives sont tapissées de cadavres...
Blessé dès ses premiers pas, Schofield traverse miraculeusement toutes les embûches rencontrées sur son chemin, échappe aux balles des snipers qui ricochent sur les colonnes de la ville fantôme...
Paradoxalement le film est captivant mais rarement émouvant à l'exception d'une scène où Schofield atteint finalement son but et s'arrête pour écouter chanter un soldat qui encourage ses compagnons au combat qui les attend...
Sans doute parce que le film est tourné dans un décor de tranchées reconstituées en Grande Bretagne (et cela se voit tant elles sont parfaites !) alors que les faits sont censés se dérouler en France (les deux héros ne rencontrent d'ailleurs que des anglais) ou parce que leur exploit semble humainement impossible ?
Un film à voir assurément pour son originalité et surtout pour l'éloge à ces soldats inconnus qui ont donné leur vie pour sauver leurs frères d'armes et les pays alliés !
Le film de Gu Xiaogang, jeune réalisateur chinois présente tous les atouts d'une première oeuvre réussie : retour à Fuyang (petite ville en pleine mutation proche de Hangzou), sur le lieu de son enfance où ses parents tenaient un restaurant, chronique tournée avec des personnes de sa famille et des amis, beauté immémoriale du fleuve et des paysages opposés à la nouvelle frénésie contemporaine...
Et pourtant je suis restée curieusement en dehors de l'intrigue que j'ai trouvée trop longue (2h30) et alourdie par des anecdotes qui n'apportent rien au film, dans lequel nous suivons l'histoire d'une femme qui fête ses 70 ans, de ses 4 fils et de leurs familles dans un quotidien conditionné par l'argent...
L'affiche est belle, la promenade sur le fleuve l'est tout autant, le fil des saisons est très beau (le film a été tourné sur 2 ans,) mais les vues sur la ville ressemblent à n'importe quel paysage portuaire, les personnages ne sont pas spécialement sympathiques à part la grand mère (qui meurt très vite) et sa petite fille, les préoccupations des uns et des autres sont souvent sordides...
Je ne suis pas certaine d'aller voir les 2nd et 3ème épisodes car ce film est le premier d'une trilogie...
Difficile comme chaque année d'effectuer un classement car 2019 fut une année aux multiples talents, reconnus ou nouveaux !
Beaucoup de très bons films étrangers (américains, asiatiques, espagnols mais aussi russe, allemand, brésilien, israélien...) et surtout d'excellents films français (des fictions, des premiers films, des documentaires et des films d'animation) !
2019 s'est caractérisée par une grande variété thématique : si le social, le sociétal et l'actualité ne sont pas oubliés, les salles obscures nous ont permis de nous replonger dans le passé de la France avec notamment J'accuse ou de celle du continent américain dans les années 50 avec Brooklyn Affairs et La vie invisible d'Euridice Gusmao...
J'ai choisi 26 films parmi ceux que j'ai vus, sachant que je suis malheureusement passée à côté de Sorry we missed you deKen Loachet de Once upon a time in Hollywood deQuentin Tarantino (entre autres)
Mon classement des 10 premiers sera donc comme chaque année terriblement subjectif mais néanmoins j'espère, proche de la sensibilité des cinéphiles qui me font le grand plaisir de me lire !
1. Un jour de pluie à New York : j'ai choisi le dernier film de Woody Allen qui, de mon point de vue, est au sommet de son art avec cette jolie histoire tout à la fois jazzy et profonde !
2. Gloria Mundi : Robert Guédiguian nous parle avec la sensibilité qui lui est propre de l'individualisme forcené d'aujourd'hui en donnant à sa "bande" d'acteurs une nouvelle occasion de nous faire réfléchir sur la valeur de la solidarité !
3. So long my son : Whang Xiaoshuai nous fait voyager dans l'inconscient collectif de la Chine en nous racontant les ravages provoqués par la politique de l'enfant unique dans les années 80
4. Le vie invisible d'Euridice Gusmao : dans ce film le réalisateur brésilien Karim Aïnouz dénonce le machisme "ordinaire" de son pays en rendant hommage au courage solidaire des femmes des années 50 !
5. Portrait de la jeune fille en feu : Céline Sciamma nous parle du pouvoir onirique de l'éternel féminin en nous replongeant dans la France de la fin du XVIIIe siècle
6. J'accuse : Roman Polanski ose avec son talent coutumier s'emparer de l'histoire Dreyfus et nous séduit par le point de vue original qu'il nous livre de cette "affaire" rarement portée à l'écran...
7. Les misérables : un premier film coup de poing réalisé par Ladj Ly, un enfant de Montfermeil !
8. Martin Eden : une magnifique fresque de Jack London transposée en Sicile par le réalisateur Pietro Marcello avec un formidable Luca Marinelli dans le rôle principal !
9. Grâce à Dieu : François Ozon réussit à nous parler avec une objectivité teintée d'émotion des prêtres pédophiles !
10. Les hirondelles de Kaboul : Yasmina Khadra mise en images par Zabou Breitman et Elia Gobbé-Mivellec pour dénoncer la charia des talibans à Kaboul en 1998 = un magnifique film d'animation !
Et aussi du côté français : Hors normes (un éloge de la différence), Ceux qui travaillent (Olivier Gourmet magnifique dans ce film qui nous parle de la brutalité du monde professionnel d'aujourd'hui), Alice et le Maire (une jolie réflexion politique avec un toujours aussi formidable Fabrice Luchini en maire de Lyon ), Belle époque (le meilleur film à ce jour de Nicolas Bedos), 68, mon père et les clous (un formidable documentaire sur la disparition du petit commerce)...
Et aussi du côté international : Adults in the room (le récit du combat homérique entre la Grèce et l'Eurogroupe en 2015), It must be heaven (une évocation malicieuse du destin des palestiniens), Une grande fille (un film bouleversant sur la vie des femmes russes après Stalingrad), L'oeuvre sans auteur (une réflexion historique et romancée sur l'"art"), Parasite (la palme d'or 2019), Douleur et Gloire (le dernier film très personnel de Pedro Almodovar), Brooklyn Affairs (un beau film noir sur écran new-yorkais), Vice (un biopic glaçant de Dick Cheney), El Reino (un thriller politique espagnol sous haute tension), 90's (un film original sur l'univers des skaters dans les nineties), Green Book (un subtil road movie dans le sud ségrégationniste des années 60)