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Route 66

Route 66

Prenez vos bécanes pour aller au cinéma, voir des pièces de théâtre, admirer des expositions...

cinema

Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Isabelle Huppert, le visage nu, le regard perdu hante le dernier film d'André Téchiné...

S'inscrivant dans l'air du temps, le cinéaste met face à face Lucie, une agente de la police technique en fin de carrière qui reprend ses fonctions après un séjour en HP suite au suicide de son mari policier... et Yann (émouvant Nahuel Perez Biscayart) son voisin de pavillon de banlieue, un activiste anti-flics au lourd casier judiciaire...

Engluée dans sa solitude, Isabelle Huppert retrouve un semblant de vie sociale avec ce couple d'à coté qui vit également en vase clos avec leur fille Rose... qui ne va pas à l'école et à qui elle consacre du temps pour l'aider dans sa scolarité par correspondance...

Très proche de Julia (Hafsia Herzi) et à l'écoute de Yann, Julie se retrouve vite confrontée à un conflit de loyauté entre ses nouveaux amis et son métier...

Tricoté un point à l'endroit, un point à l'envers, le film ne réussit pas bizarrement à trouver son fil rouge et le spectateur reste à l'extérieur... jusqu'à la scène finale qui n'en est pas vraiment une ?

Trois excellents interprètes malheureusement sous-utilisés dans un scénario trop inconsistant pour nous séduire !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Premier long métrage du documentariste Jonathan Millet, le film nous saisit dès les premières images et ne nous lâche plus jusqu'à la fin implacable...

A l'instar des chasseurs de nazis après la seconde guerre mondiale, Hamid (extraordinaire Adam Bessa), échappé miraculeusement de la prison syrienne de Saidnaya, appartient à une cellule secrète chargée de traquer les bourreaux de la garde rapprochée de Bachar Al Assad infiltrés dans les pays européens sous couverture de citoyens parfaitement intégrés...

Après une vaine quête en Allemagne, Hamir débarque à Paris et croit identifier son bourreau dont il n'a qu'une photographie floue...

Obnubilé par son désir de vengeance, le jeune rescapé s'introduit dans le milieu syrien pour confirmer son intuition... mais à qui se fier dans cette nébuleuse où personne n'arrive plus à distinguer les partisans du dictateur de ses adversaires...

Littéralement collé à la peau d'Hamir qui arpente la ville comme un fantôme, le spectateur partage ses doutes, ses émotions, son espoir et se sent solidaire de cet homme meurtri et solitaire qui, malgré son deuil (sa femme et ses enfants ont été tués), garde le lien avec sa mère réfugiée dans un campement de la Bekaa pour mieux la soutenir...

Poignant et magnifique !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Cinq ans après son formidable premier opus : l'Ecole du bout du monde, le cinéaste bhoutanais Pawo Choyning Dorji nous raconte avec humour et tendresse l'avènement de la démocratie dans son pays au début des années 2000...

Le roi, à la grande surprise de son peuple qui découvre la télévision et internet, décide d'organiser des élections "blanches" pour préparer celles qui auront vraiment lieu en 2008, instaurant pour la première fois un régime de monarchie constitutionnelle...

Dans le petit village rural de Ura, le quotidien ancestral des habitants est bouleversé par cet événement qui divise les opinions jusqu'à l'intérieur des familles... et mobilise le lama qui demande à son disciple de lui trouver un fusil ?!

Dans de majestueux décors montagneux, le cinéaste oppose le profond humanisme de son peuple face à la convoitise consumériste du monde occidental, incarné par un américain totalement désarçonné par la culture bouddhiste...

Dans ce petit pays où le BNP (bonheur national brut) est une aspiration sérieuse, le film nous livre un traité de sagesse qui nous émeut, nous questionne, nous apaise et nous fait sourire !

A voir absolument avant que le film ne disparaisse des écrans !

 

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Pierre Niney crève l'écran dans ce rôle où il incarne Edmond Dantès, un homme emprisonné pour un "crime de haute trahison"  qu'il n'a pas commis et qui a réussi à s'évader du château d'If après 14 années de détention dans des conditions inhumaines...

Devenu immensément riche grâce à la découverte du trésor des Templiers dont l'abbé Faria, un compagnon de captivité,  lui en a révélé l'existence et l'emplacement, il "revient" pour se venger des trois hommes qui l'ont trahi...

Alexandre De La Patellière et Matthieu Delaporte, scénaristes à succès du  diptyque Les Trois Mousquetaires : d'Artagnan puis Milady, ont décidé d'adapter un troisième  best-seller d'Alexandre Dumas : Le comte de Monte Cristo...
Le film nous replonge au début du règne de Louis XVIII en 1815, alors que Napoléon s'apprête à quitter l'île d'Elbe pour les Cents Jours ...
Durant près de trois heures, nous partageons la destinée d'Edmond Dantès (Pierre Niney) et de sa fiancée Mercédès (délicieuse Anaïs Demoustier) ainsi que le parcours de ses trois dénonciateurs : Fernand de Morcerf (Bertrand Bouillon), le cousin secrètement amoureux de Mercédès, le capitaine Danglars (Patrick Mille), rival de son second Edmond Dantès et Gérard de Villefort (Laurent Lafitte), procureur à la solde de la famille Morcerf...
Tout le monde a lu ou connaît le roman, les scénaristes l'ont adapté en tentant de "résumer" ce pavé de 1300 pages et le spectateur est entraîné dans cette fresque tragique où se mêlent l'Histoire, l'amour, l'aventure et la comédie humaine et politique... dans des paysages superbes et des demeures splendides...
Difficile de bouder son plaisir même si personnellement j'ai trouvé le film un peu long et le duel de la fin ridicule... mais Pierre Niney a su créer un personnage à la fois encore juvénile mais désespérément  mature dont le regard acéré et fermé trahit toute l'amertume d'une vie gâchée...
 
 
 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Comme dans toutes les familles, il y a des non-dits, des jalousies, des frustrations, des moments de bonheur et des secrets qui pèsent sur l'équilibre des plus fragiles mais également sur ceux qui ont la réputation d'être "forts" !

La réalisatrice Blandine Lenoir a adapté le roman graphique de Camille Jourdy : Juliette, les fantômes reviennent au printemps, pour nous parler d'amour, de maternité et de paternité, de pudeur mais également de dépression et de deuil...

Juliette (formidable Izia Higelin), jeune illustratrice de livres pour enfants, quitte la ville pour retrouver sa famille quelques jours : elle leur avoue à mi-mots sa dépression, habite chez Léonard (toujours aussi merveilleux Jean-Pierre Darroussin), son père pudique, retrouve Nathalie (Noémie Lvovsky), sa mère excentrique, Marylou (Sophie Guillemin), sa soeur qui ne sait plus très bien où elle en est de son couple et de sa famille et Simone (Lilane Rovère), sa grand-mère chérie qui vient de quitter "sa" maison pour entrer en Ehpad...

De scène en scène, nous faisons connaissance avec la famille, tentons de comprendre les liens qu'ils ont ou non tissés entre eux et découvrons le "secret" de famille dont les uns et les autres vont enfin s'autoriser à parler...

Autour d'eux, beaucoup de personnages secondaires touchants, chacun dans leur singularité, composent la mosaïque de ce film pas vraiment construit mais qui nous parle tant il est universel !

A voir avant qu'il ne quitte les écrans !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Par son travail de compositrice, Margherita Vicario a été confrontée à la question de la place des femmes dans la musique d'hier et d'aujourd’hui...

La réalisatrice s'est lancée dans des recherches : "En retraçant l’histoire des compositrices italiennes et européennes, la découverte qui m’a le plus intriguée a été le monde fascinant des quatre Ospedali de Venise et des Figlie di Choro, les filles de chœur."

"Les orphelinats étaient des institutions d’aide aux femmes qui leur dispensaient une formation musicale d'excellence et de ce fait, les seules personnes qui pouvaient se permettre d’étudier la musique au plus haut niveau, à l’apogée de la splendeur de la Venise baroque du XVIIIème siècle, étaient les nobles et les orphelins !"

"Mais, malgré leur excellente formation, les jeunes femmes des orphelinats vénitiens ne pouvaient aspirer qu’à un bon mariage ou à jouer toute leur vie pour la gloire de Dieu".

Poursuivant sa réflexion, Margherita Vicario s'est dit ; "qu'il devait sûrement y avoir des auteures et des compositrices extraordinaires" dont le talent est resté méconnu.

Elle a donc inventé l'histoire de Teresa, une jeune domestique silencieuse et solitaire, dotée d'une oreille absolue alors que tout son entourage la croyait muette, qui a su fédérer les instrumentistes et les chanteuses autour d'elle pour composer un concert digne de la venue du Pape annoncée dans l'humble Institut Sant'Ignazio, où régnait sans partage un maestro dont l'imagination créatrice s'était envolée depuis fort longtemps...

Film d'inspiration historique, film musical, film de femmes, film dénonçant le patriarcat des puissants avec humour... "Gloria" est un feel good movie dont on ressort avec le sourire aux lèvres...

Avec deux interprètes principales formidables : Teresa (Galatea Bellugi) et Lucia (Carlotta Gamba), le 1er violon - et de nombreux seconds rôles bien campés, le film vaut vraiment la peine d'être découvert !

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Après le décevant "Waouh" (2023), les deux frères se sont à nouveau lancés dans une comédie légère avec leurs acteurs fétiches (eux-mêmes, Sandrine Kiberlain et Isabelle Candelier), auquel s'ajoute Daniel Auteuil dans le rôle d'un riche patron prêt à débourser 14 000 euros pour séduire une jeune femme lors d'un weekend insolite et mémorable...

Le dernier opus est un projet que le cinéaste a en tête depuis 2003, au moment où il a commencé à faire de petites croisières fluviales en famille qu'il a, dit-il, adorées...

Justine (Sandrine Kiberlain) à qui Franck (Daniel Auteuil) a fait appel pour son projet,  son mari Albin (Denis Podalydès) et toute leur bande d'amis fauchés décident donc d'organiser une fausse croisière romantique à bord d'une pénichette...

Bruno Podalydès en capitaine tout de blanc vêtu et son faux équipage vont s'engager sur les magnifiques canaux du sud de la France...

Je ne révèlerai pas le twist du départ qui fait basculer le film dans le vaudeville ni les différentes péripéties de la croisière émaillée par la traversée de nombreuses écluses, où toutes les animations prévues se heurtent à l'impréparation et à l'amateurisme des différents protagonistes...

Plein de petits clins d’œil drôles et facétieux nous font sourire mais le film est malheureusement alourdi par des scènes répétitives et/ou convenues qui nuisent à la fluidité de l'histoire...

On passe un bon moment mais j'avais nettement préféré "Les 2 Alfred" en 2021 et surtout "Comme un avion" en 2015 !

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Sylvia (formidable Jessica Chastain), une quadragénaire qui vit seule dans un modeste appartement de New York avec sa fille Anna d'une quinzaine d'années (délicieuse Brooke Timber), tente d'oublier son passé en travaillant dans un centre d'accueil pour personnes fragiles...

Ayant coupé les ponts avec sa mère, elle ne voit que rarement Olivia sa sœur cadette, qui incarne le modèle de la réussite bourgeoise...

Ayant visiblement renoncé à afficher tout signe extérieur de féminité, elle se rend fidèlement aux séances des AA depuis 15 ans, où elle se présente comme un modeste modèle de tempérance...

Très peu socialisée, elle accepte toutefois de se rendre à un anniversaire de promo dans son ancien collège où elle s'isole, fuyant les retrouvailles bruyantes et hypocrites...

Quand un quinquagénaire barbu et timide s'assoit à côté d'elle et tente d'entamer la conversation, elle s'enfuit et rentre chez elle, traversant des quartiers déserts et tentant de fuir l'homme en question qui la suit sans chercher à l'aborder...

Emue à son réveil de le voir recroquevillé dehors dans le froid, elle est très vite soulagée de voir apparaître un homme dont elle a trouvé les coordonnées dans le téléphone de cet étrange personnage, qui lui explique que son frère Saul (tout aussi formidable Peter Sarsgaard), est atteint de démence précoce...

Très habilement construit par le réalisateur mexicain Michel Franco, nous assistons au rapprochement improbable de ces deux êtres, et découvrons au fur et à mesure l'isolement, la fausse bienveillance de leur entourage et surtout la noirceur de l'engrenage qui les a condamnés à l'invisibilité...

Des comédiens excellents avec une mention spéciale pour Anna, la fille de Sylvia, qui joue un rôle moteur dans les rebondissements de l'histoire, un très bon film qui sonne vrai et nous fait réfléchir sur le regard à poser sur les personnes "différentes" !

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Le cinéaste danois Gustav Möller éprouve une véritable fascination pour le monde carcéral et nous le démontre avec brio dans son dernier opus !

Eva (Sidse Babett Knudsen quasiment méconnaissable versus son interprétation dans la série Borgen), gardienne de prison exemplaire, sollicite son transfert dans l'unité réputée comme la plus violente de la prison dans laquelle vient d'être incarcéré un jeune homme au regard inquiétant, dont on réalise très vite qu'il est lié à son passé...

Eva dont on ne connait ni le parcours, ni la vie privée, ne quitte quasiment jamais la prison, acceptant de remplacer ses collègues pour leur permettre de profiter de leurs weekends en famille...

Visage fermé, elle applique les procédures avec une rigueur professionnelle irréprochable et ne tisse de lien véritable avec aucun de ses collègues...

Immergée dans le "coeur du réacteur" de la prison, son attitude se modifie insensiblement, passant du professionnalisme au supplice mental et physique de Mikkel (Sebastian Bull Sarning glaçant), le  nouveau détenu qu'elle ne cesse de surveiller...

Scotché à son fauteuil, le spectateur assiste impuissant au jeu du chat et de la souris qui s'installe peu à peu entre les deux protagonistes, tout en découvrant scène après scène la raison de la fascination de Vera pour ce "monstre"...

Beaucoup plus intéressant que "Borgo", film également carcéral récemment sorti sur les écrans, "Sons" est filmé "à l'os" de la violence qui règne dans ce lieu d'enfermement des prisonniers et des gardiens !

Sortie programmée le 10 juillet !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Curieuse du "phénomène" puisque le film d'Artus (dont c'est la première réalisation) fait un carton au box office (5 millions d'entrées, 1 mois après sa sortie), je suis allée le voir...

Le pitch ne m'avait qu'en partie convaincue : "pour échapper à la police, un fils et son père en cavale sont contraints de se cacher dans une colonie de vacances pour jeunes adultes en situation de handicap, se faisant passer pour un pensionnaire et son éducateur spécialisé".

Dans un "P'tit truc en plus", le réalisateur mélange tout : la comédie, le polar et les" bons sentiments" sur fond de simulation franchement embarrassante : en effet Artus (fils de Clovis Cornillac dans le film), se fait passer pour un adolescent trisomique pour s'intégrer dans la bande de comédiens amateurs handicapés (tous formidables) dont il partage les vacances dans un gîte...

Une happy end mais un film bancal, pas très convaincant : difficile de croire que Bérénice Bejo (éducatrice du centre) tombe amoureuse dudit Artus -  et pas très moral non plus (je ne vous en dirai pas plus)...

Mon conseil : revoyez "Hors Normes" de  Toledano et Nakache sorti en mai 2019,  qui traite avec beaucoup d'humanité le sujet délicat du handicap et plus particulièrement de l'autisme !

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