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Route 66

Route 66

Prenez vos bécanes pour aller au cinéma, voir des pièces de théâtre, admirer des expositions...

cinema

Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

La recette : mettre dans un shaker une boarding school pour fils de riches dans un paysage enneigé du Massachusetts, Paul Hunham (formidable Paul Giamatti), un professeur disgracieux et mal aimé, Angus (Dominic Sessa prometteur), un ado intelligent mais dépressif et rebelle et Mary (Da'vine Joy Randolph), une cuisinière black aux formes rebondies dont le fils a été tué au Vietnam (nous sommes dans les années 70), secouer le tout et savourer durant 2h10 un film à la fois daté mais intemporel qui nous fait croire à la magie de Noël...

Le réalisateur américain Alexander Payne s'est inspiré de sa propre expérience pour nous offrir ce conte avec ces trois personnages principaux qui se retrouvent, chacun pour une raison différente, contraints de passer les vacances de Noël dans l'internat déserté...

Sans trahir le scénario, le spectateur comprend très vite que de ces trois solitudes va naître une complicité mais rien n'est convenu dans ce film et une vraie émotion va peu à peu s'installer, révélant les failles et les talents de chacun jusqu'à la dernière scène qui ouvre le champ des possibles...

Malgré une première partie un peu trop longue, le film vaut vraiment la peine d'être vu pour ses personnages très attachants !

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

La réalisatrice américaine, d'origine coréenne, Celine Song s'est inspirée de sa vie pour écrire son séduisant premier long métrage...

Composé aux trois âges de la vie de son héroïne Nora (magistrale Greta Lee), à 12 ans (émigration à Toronto), 24 ans (installation à New-York) et 36 ans (retrouvailles avec Hae Song, son amour de jeunesse), le film s'interroge sur le "inyeon" (le fil du destin en coréen)...

Comme l'explique la cinéaste "Dans les cultures occidentales, le destin est une chose que l’on doit impérativement réaliser. Mais dans les cultures orientales, lorsqu’on parle d’"inyeon", il ne s’agit pas forcément d’un élément sur lequel on peut agir. Je sais que le "inyeon" est une notion romantique, mais en fin de compte, il s’agit simplement du sentiment d’être connecté et d’apprécier les personnes qui entrent dans votre vie, que ce soit aujourd’hui, hier ou demain".

Empreint de mélancolie, le scénario s'attache à nous décrire le destin parallèle de Nora et Hae Song, élèves inséparables mais rivaux dans l'excellence, qui vont se perdre de vue au départ de Nora... pour se retrouver grâce aux réseaux sociaux puis dans la vraie vie 24 ans plus tard... elle mariée à Arthur, un écrivain juif new-yorkais et lui hésitant à sauter le pas...

Si les deux premières parties installent intelligemment l'histoire avec toutefois quelques longueurs, la troisième partie est éblouissante tant au niveau des interactions complexes entre les trois personnages que dans la poésie de leurs dialogues croisés, sous le signe de l'urgence car Hae Song (formidable Yoo Teo) effectue un court séjour à New-York...

A voir pour les amoureux du cinéma coréen mais pas que !

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Je vous rappelle le pitch : "en épousant la fille d’Enrico Macias, je ne me doutais pas que trente ans plus tard je lui en voudrais encore d’avoir transformé nos noces en show démesuré. En revoyant le film du mariage, je réalise que c’est vraiment là que j’ai commencé à « fonder une famille » : deux fils, une séparation, trois filles, une autre séparation, un deuil. Sur la tombe de mon psy, je tente une sorte d’inventaire. Que nous ont légué nos pères et nos mères ? Et moi, que vais-je laisser à mes enfants ?"

Le "Tout Cinéma" était réuni dans la magnifique grande salle du Balzac pour applaudir Oury Milshtein, qui présentait en avant-première son premier film en tant que réalisateur, aux côtés d'une Noémie Lvovsky au bord des larmes...

Durant la projection (le documentaire dure 1h20 mais il m'a paru plus long), j'ai vainement attendu que monte l'émotion évoquée par les critiques du Masque et la Plume... 

Le réalisateur réunit sa famille (ses ex et ses enfants), pour leur projeter le film de son premier mariage avec la fille d'Enrico Macias (le reportage dure deux heures pour cinq jours de mariage fastueux) - ainsi que plusieurs films amateurs réalisés lors des moments forts de sa vie (dont les derniers jours d'une de ses filles décédée d'une leucémie ou des images de sa mère atteinte d'Alzheimer)... et en profite pour recueillir leurs réactions...

Pris en otages par la caméra de leur père, les enfants s'étonnent du procédé, posent des questions, voire se rebiffent... devant nos yeux de spectateurs transformés en voyeurs...

Pour quelques moments d'humour juif (je préfère nettement la maestria de Woody Allen), que de verbiage analytique auto-complaisant pour narrer ses vagabondages sentimentaux d'une femme à l'autre et ses difficultés relationnelles avec ses parents !

Enrico Macias crève l'écran mais sa présence ne sauve pas le film !

 

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Donya has a date with a "deer" in Bakersfield !

Le réalisateur irano-britannique Babak Jalali nous invite à partager quelques jours de la vie d'une réfugiée afghane de 20 ans qui travaille pour une fabrique chinoise de Fortune Cookies à San Francisco...

Le pitch peut intriguer, voire rebuter d'autant plus que le film est en noir et blanc ?!

Mais le quatrième long métrage de cet amoureux du cinéma est très séduisant, d'autant qu'il a choisi de nous parler des immigrés afghans et plus particulièrement de cette jeune femme de façon non victimaire...

Donya (formidable Anaita Wali Zada dont c'est le premier rôle au cinéma) vit à Fremont dans la plus importante communauté afghane aux USA...

Quand son patron lui confie l'importante tâche de rédiger les messages abrités par les cookies, Donya, qui est une femme puissante, décide de lancer une bouteille à la mer en confiant son numéro de téléphone à une bandelette...

Quelques personnages secondaires comme le psychanalyste fan de Croc Blanc qu'elle consulte pour des difficultés de sommeil, sa compagne d'atelier encombrée par sa mère ou le mécanicien qu'elle rencontre sur la route de Bakersfield... complètent le tableau de cette peinture universelle des laissés pour compte qui s'inventent leur propre bonheur !

Le film a reçu le Prix du jury du Festival de Deauville en 2023 !

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Le dernier film de Wim Wenders (78 ans) a obtenu le Prix d'Interprétation Masculine pour Kōji Yakusho au Festival de Cannes 2023 et on ne peut qu'applaudir au choix du jury !

L'acteur japonais de 67 ans, déjà repéré dans The third murder (voir ma critique en avril 2018), interprète Hirayama, un senior qui continue à travailler à l'entretien des toilettes publiques de Tokyo... qui, comme l'explique le réalisateur, sont "des merveilles d'architecture qui ressemblent davantage à des temples de l'assainissement qu'à des toilettes classiques"

Le scénario épouse le rituel de cet homme au doux sourire qui soigne ses plantes avec amour, photographie son ami l'arbre sous différentes lumières, accomplit son travail avec le plus grand sérieux et sillonne la ville au volant de sa camionnette super équipée en écoutant des cassettes audio (la bande son des années 70/80 est superbe)...

Il dîne toujours au même endroit et l'agenda de son weekend est tout aussi millimétré...

Grand lecteur, il n'échange que de rares paroles avec ses collègues mais accueille les rencontres inopinées avec gourmandise...

Impossible de s'ennuyer durant les deux heures du film tant le visage de cet extraordinaire acteur est expressif : l’œil frétille, le sourire n'est jamais loin et illumine son regard empli d'humanité...

Un grand moment de cinéma, fait de petits riens comme autant d'instants de bonheurs tout simples !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

La critique est unanime pour encenser le premier long métrage du rappeur belgo-congolais Baloji Tshiani...

Intriguée, je me suis précipitée pour rencontrer "une Afrique comme on n'en a jamais vu au cinéma", dixit Télérama...

Prix de la Nouvelle Voix dans la section Un Certain Regard au Festival de Cannes 2023, le film nous raconte le retour en République Démocratique du Congo de Koffi (Marc Zinga) après 15 ans d'absence, pour présenter sa future femme blanche Alice (Lucie Debay) à ses parents, puisqu'elle attend des jumeaux...

La mère de Koffi leur réserve un accueil glacial, quant à son père qui travaille dans une mine, il ne daigne pas se montrer...

Plongés tout de suite dans une ambiance de sorcellerie et d'hystérie, le scénario nous perd entre scènes oniriques, défilés de personnages carnavalesques, combats de gangs, cauchemars et réminiscences du conte Hansel et Gretel : le spectateur européen hésite entre la stupeur et l'incompréhension devant cette Afrique certes puissante mais hostile et menaçante...

J'avoue pour ma part ne pas être entrée dans le film et être ressortie de la salle vaguement nauséeuse...

Vous me direz !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

L'actrice espagnole Itsaso Arana, repérée dans Eva en août et Venez voir (voir ma critique en janvier 2023), est passée derrière la caméra pour nous parler d'un groupe de cinq jeunes femmes qui se réunissent dans une propriété à la campagne, durant sept jours d'été, pour répéter une pièce...

Dès les premières images, le spectateur s'attache à la personnalité de ces trentenaires qui profitent de cette parenthèse enchantée pour travailler leur rôle dans de soyeuses robes d'époque, se détendre dans une ambiance légère et primesautière et se confier dans des têtes à têtes bienveillants...

Le théâtre et la vie se confondent dans un scénario où Itsaso Arana aborde, sans aucun pathos ni volonté démonstrative, de graves et profonds sujets comme l'amour, le désir, la frustration, le rapport à la mort et la maternité...

Les cinq interprètes dont Itsaso Arana campent, chacune à sa façon, des femmes d'aujourd'hui : intelligentes, authentiques, fragiles et volontaires à la fois...

Les personnages secondaires : leur hôtesse, une petite fille et un joli garçon rencontré dans une fête de village complètent le tableau champêtre et nous font sourire...

On ressort de ce film avec le cœur un peu plus léger en se disant que oui, la vie peut nous réserver d'aussi jolis moments si on sait les saisir !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

La réalisatrice Héléna Klotz réussit avec La Vénus d'argent, un superbe film d'apprentissage au féminin...

Jeanne Francoeur, magistralement interprétée par Claire Pommet (plus connue sous son nom de chanteuse Pomme, dont c'est le premier rôle au cinéma), vit dans une caserne en banlieue parisienne avec son père gendarme, son frère et sa petite sœur...

La jeune femme  a démarré ses études à Saint-Cyr puis a abandonné la carrière militaire pour faire SupdeCo Paris : nous la découvrons à la nuit tombée en blouson de cuir sur sa moto...

Décidée à conquérir sa liberté, Jeanne a décidé à 24 ans de se faire une place dans le monde des traders... et pour ce faire, n'hésite pas à fracasser une vitrine pour s'emparer d'un sobre costume gris d'homme pour son entretien d'embauche...

Jeanne n'a pas d'argent mais veut réussir : volontairement androgyne, se déclarant non binaire, surdouée en maths, figure blessée mais dotée d'un aplomb sans failles, elle s'impose dans ce monde normé, les renvoyant à leur conformisme !

Mais cette femme du XXIe siècle ne renie pas pour autant ses responsabilités familiales qu'elle assume courageusement depuis le départ de sa mère...

Pleinement consciente d'être propriétaire de son corps, elle renoue avec son petit ami Augustin (Niels Schneider excellent dans un rôle de faux dur profondément tendre), en posant les conditions de la relation  qu'elle souhaite avoir avec lui et c'est passionnant...

Un film moderne, une bande son originale, une comédienne au jeu magnétique, des acteurs secondaires parfaits dont la toujours aussi formidable Anna Mouglalis dans un rôle sulfureux...

A voir absolument même si malheureusement le film est très peu diffusé (5 salles à Paris) !

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

La documentariste Delphine Deloget réalise son premier long métrage sur un sujet douloureux : le placement des enfants en famille d'accueil...

Sylvie, mère célibataire d'un adolescent Jean-Jacques (formidable Félix Lefebvre déjà repéré dans Eté 85) et d'un petit garçon Sofiane, se voit retirer la garde de ce dernier suite à un accident domestique advenu en son absence qui aurait pu être fatal...

Choquée par cet arrachement qu'elle trouve injuste, Sylvie va se battre contre l'administration incarnée par Mademoiselle Henry (India Hair)... refusant de se soumettre aux injonctions de la Justice et se livrant à des actes de rébellion de plus en plus insensés...

Durant près de deux heures, nous assistons cloués à notre fauteuil, à la descente aux enfers de cette femme solaire, amoureuse de la fête dans les bars de nuit...

Le spectateur ne sait plus qui condamner : cette mère qui sombre dans la folie et y entraîne ses enfants ou cette administration qui ne veut rien entendre et ne fait pas la différence entre des parents bourreaux et des parents dépassés...

Le film est long, trop long, noir trop noir, bruyant trop bruyant... mais on ne peut qu'admirer le jeu de cette actrice qui décidément sait tout interpréter : Virginie Efira !

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Publié le par Jean Louis
Publié dans : #cinéma

Henri Grouès a eu très tôt la révélation de sa vocation au service des autres.

D'abord novice au couvent des Capucins de Crest, ordre contemplatif qu'il quitte pour raisons de santé, il est ensuite ordonné prêtre en 1938 et participe, outre sa mission pastorale en tant qu'aumônier, à la Résistance.

il trouve ensuite son chemin dans la défense des sans-logements et des exclus sous le nom d'abbé Pierre.

Devenu député de Meurthe-et-Moselle à la Libération, son traitement lui permet d'abord de financer son action, avant de décider à la fin de son mandat, la création des chiffonniers d'Emmaüs grâce à l'élan des premiers compagnons qui l'entourent, incarnés en particulier par l'épatant Michel Vuillermoz.

Le développement sera ensuite continu sous l’impulsion constante de l'abbé, qui est partout pour sensibiliser et alerter les décideurs, politiques et financiers, qu'il interpelle sans filtre afin de ne laisser personne en marge de la reconstruction du pays.

L'appel de l'hiver 1954 et le grand élan de solidarité populaire qui en résulte, ainsi que la réaction politique en faveur de la construction de logements, marque une étape essentielle dans la prise de conscience générale et fait de l'abbé Pierre une "icône" médiatique

Ce film, long de 2h18, est interprété par Benjamin Lavernhe, dont l'appropriation du rôle de l'abbé Pierre est magistrale, et par Emmanuelle Bercot, en Lucie Coutaz, sa compagne de route pendant 40 ans.

Tout à fait intéressant dans le récit de toute la phase de reconstitution historique, le scénario est beaucoup moins convaincant dans sa seconde partie où l'on voit l'abbé Pierre vieillir et décliner, ce qui aurait pu être traité de manière plus digne et sobre.

A voir pour se souvenir de cette épopée d'une vie qui entre en résonance avec le contexte actuel en termes de difficultés de logement du nombre grandissant de sans-abris.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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