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Route 66

Route 66

Prenez vos bécanes pour aller au cinéma, voir des pièces de théâtre, admirer des expositions...

cinema

Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

C'est l'année Sandra Hüller : après avoir brillamment incarné l'héroïne de "Anatomie d'une chute", l'actrice allemande interprète ici le "moi" du film, c'est-à-dire la comtesse Irma Sztáray que l'impératrice Sissi (ravissante Susanne Wolff), choisit comme dame d'honneur pour l'accompagner dans son séjour à Corfou...

Rejetée par sa mère Maria, qui désespère que sa grande godiche de fille ne soit pas encore mariée à près de 40 ans, Irma s'épanouit auprès de la fantasque impératrice qui la libère de ses robes engoncées et l'initie au sport et au jeûne...

Après l'autrichienne Marie Kreutzer et son film "Corsage" sorti fin 2022, c'est au tour de l'allemande Frauke Finsterwalder de revisiter le mythe de l'impératrice d'Autriche loin de l'image traditionnelle qui a marqué les débuts de Romy Schneider...

Car dans "Sissi et moi" comme dans "Corsage", Sissi est dépeinte comme une femme moderne, intelligente, qui s'entoure d'une cour de femmes et fuit les hommes qui "s'accrochent"...

Entre les deux femmes nait une certaine amitié qui se transforme rapidement en un amour exclusif et jaloux pour Irma...

Inspiré par la réalité historique, le film n'en est pas moins une fiction dans ses partis pris, mais une fiction réjouissante et résolument féministe... bien qu'un peu longuette (2h12)

Dommage que les hommes soient tous ridiculisés...

Personnellement j'avais préféré "Corsage" et l'interprétation  de Vicky Krieps, même si je n'avais pas été complètement convaincue (voir ma critique en décembre 2022)...

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Les mathématiques ont la cote !

Après "Voie royale" de Frédéric Mermoud  qui nous racontait la réussite d'une jeune femme en classe prépa scientifique (voir ma critique du 31 août dernier), la réalisatrice Anna Nouvion nous invite à partager la passion de Marguerite pour les mathématiques...

Elève en dernière année de doctorat à l'ENS (Ecole Normale Supérieure), Marguerite (formidable Ella Rumpf), qui prépare sa thèse avec Laurent Werner, un maître terriblement exigeant (excellent Jean Pierre Daroussin dans un rôle à contremploi pour lui), a pour ambition de démontrer la conjecture de Goldbach, sur laquelle tous les mathématiciens se sont cassés les dents...

Doublement désavouée par Laurent Werner qui a décidé de superviser en parallèle et sur le même sujet qu'elle, Lucas (séduisant Julien Frison)  un thésard diplômé d'Oxford - et qui la lâche brutalement lors d'une démonstration, Marguerite décide de tout abandonner...

Colocataire d'une jeune danseuse rencontrée par hasard, elle s'installe dans un appartement du quartier chinois du XIIIe arrondissement où elle découvre rapidement que son don pour les chiffres va lui permettre de gagner sa vie dans des parties de mah-jong clandestines...

Obsédée toutefois par ses recherches, elle va replonger dans ses équations, seule puis avec l'aide de Lucas, qu'elle réussit à associer à son travail...

Le film, si l'on oublie son côté romance qui n'est toutefois pas sans charme, présente un double intérêt : dans le portrait de cette jeune femme, fille d'une professeur de mathématiques, corticale obsessionnelle jusqu'à tutoyer la folie, qui va peu à peu s'ouvrir aux autres - et dans la description du milieu quasiment exclusivement masculin de la recherche en mathématiques, pour lequel Marguerite, en tant que femme, représente une menace...

 A voir pour ses acteurs et pour encourager l'excellence française en mathématiques !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Dans ce dernier opus présenté au festival de Cannes 2023 mais non récompensé, Marco Bellocchio, 83 ans, traumatisé par l'éducation rigide de parents aux opinions conservatrices voire réactionnaires, poursuit son œuvre de dénonciation des "forfaits" de L'Eglise catholique...

Il nous raconte l'histoire vraie du petit Edgardo Mortara qui, en 1857, fut, sur mandat du Saint-Office de l’Inquisition, arraché à l'âge de 6 ans, à sa famille juive par les brigades du pape-roi Pie IX...

Ondoyé en secret à l'âge d'un an par Anna Morisi, une jeune servante catholique au service de la famille qui, l'estimant en danger de mort, s'inquiétait du salut de son âme, l'enfant est devenu à l'insu des siens "chrétien pour l'éternité"...

C’est ainsi qu’Edgardo est élevé dans la “Maison des catéchumènes et des néophytes” (“Domus Catecumenorum”), un séminaire créé pour la conversion, entre autres, des Juifs et des Musulmans où il reçoit une éducation catholique rigoureuse. Brisés par cet enlèvement, les époux Mortara n’hésiteront pas à employer toutes leurs ressources, y compris financières, pour obtenir justice. Les diverses communautés juives, en Italie et à l’étranger, se mobiliseront pour les soutenir dans ce qui deviendra rapidement un véritable scandale international.

Ne quittant pas le visage de cet enfant au regard angélique, la caméra nous fait partager son quotidien studieux au milieu de ses camarades, choyé par ce pape puissant (dont le pontificat de 31 ans est le plus long de l'histoire de la papauté), habité par des cauchemars de circoncision forcée...

Car, après quelques mois difficiles où il réclame de retourner dans sa famille, Edgardo, victime dirait-on aujourd'hui du syndrome de Stockholm, non seulement accepte sa conversion forcée mais s'engage sur le chemin de la prêtrise, ne désespérant jamais de faire renoncer sa mère et ses frères et sœurs à la religion juive...

Souligné par des envolées musicales et tourné dans de magnifiques décors magnifiés par la pourpre romaine, le film nous replonge dans le contexte historique de cette époque où le pape à la tête des Etats Pontificaux (jusqu'en 1870), pouvait décider du sort d'un enfant mineur (il y en eut plusieurs) et le kidnapper pour l'élever dans la religion catholique contre l'avis de ses parents...

Personnellement je trouve que le film aurait été encore plus puissant s'il s'était inscrit dans notre monde contemporain car, si le souvenir de ces "crimes" mérite d'être rappelé, ces enlèvements n'en paraissent pas moins anecdotiques voire archaïques au regard du scandale enfin dénoncé de la pédocriminalité de certains membres de l'Eglise catholique...

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Les deux réalisateurs Karine Blanc et Michel Tavares, tous deux issus de milieux ruraux, ont voulu dans ce film dénoncer les problèmes de  désertification des campagnes...

Partant de l'initiative du maire de L'Hospitalet près d'Andorre qui a revivifié son village en ouvrant un foyer pour femmes en difficulté, ils ont transposé l'histoire à Cordon en Haute Savoie et confié le rôle principal à Clovis Cornillac...

Désespéré par la menace de fermeture de l'école du village, Paul Barral qui a passé une annonce pour louer des logements municipaux créés dans l'ancienne gendarmerie, se voit contraint, faute d'autres candidatures, d'accepter la demande de Joe-Lynn (formidable Eye Haïdara), une chanteuse de country black qui vit du RSA, seule avec ses deux enfants...

La population, tout d'abord opposée à cette venue, finit par tomber sous le charme de l'énergie déployée par Joe-Lynn pour s'intégrer et faire revivre le village en ouvrant une école de danse...

Toujours sur la réserve, Monsieur le Maire finit par comprendre que l'arrivée de cette femme chassée du foyer pour femmes battues du fait de l'âge trop avancé de ses enfants, était une chance pour son village...

Encouragé et soutenu par sa fidèle secrétaire Véronique (Laurence Côte), il décide de transformer le bâtiment municipal en CHRS (Centre d'hébergement et de réinsertion sociale), mais se heurte à l'opposition de son adjoint et surtout au dédale administratif...

C'est passionnant de voir cet homme très engagé, sollicité de toutes parts mais désabusé depuis la mort de son fils et le départ de sa femme, se reconnecter à la vie et déplacer des montagnes (sans jeu de mots !), pour donner un toit à ces femmes malmenées par la vie et à leurs enfants !

Malgré le sérieux du sujet, le film est drôle, émouvant, vrai : à voir sur les écrans dès le 1er novembre !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Après avoir tourné deux films (Moi, Daniel Blake en 2016 et Sorry We Missed You en 2019), dans le nord-est de l’Angleterre qui parlaient de gens pris au piège d’une société fragmentée et qui se terminaient tragiquement, le réalisateur de 87 ans a voulu témoigner de la générosité des gens rencontrés lors de ses précédents tournages...

Ken Loach s'explique : "Il nous semblait que nous devions tourner un troisième film qui s’en ferait l’écho, sans pour autant minimiser les difficultés auxquelles les habitants font face et les épreuves traversées par la région au cours des dernières décennies"

Le film se déroule dans le comté de Durham :  "Une région qui a été abandonnée où l’activité industrielle – construction navale, sidérurgie, industrie minière – a disparu et rien ou presque ne l’a remplacée. La plupart des villages miniers, autrefois prospères et fiers de leurs traditions de solidarité, ont été laissés à l’abandon par les politiques."

"Des communes de régions plus riches y ont transféré des habitants vulnérables et défavorisés – considérés comme « personnes à problèmes » et tributaires d’allocations de logement – vers des villages où le logement était bon marché."

Quand le gouvernement anglais a fini par accepter d’accueillir dans cet environnement paupérisé des réfugiés fuyant la guerre en Syrie, les tensions se sont accrues entre les déshérités et les déracinés...

Le film nous raconte l'arrivée d'un car de migrants, principalement des femmes et des enfants, dans un village où ne subsiste qu'un pub à l'enseigne bancale The old oak, tenu par TJ Ballantyne (formidable Dave Turner), un ancien mineur dépressif abandonné par sa femme et son fils, dont le père est mort dans un accident minier...

Et pourtant une petite flamme d'humanité subsiste chez cet homme qui adore la petite chienne qui l'a sauvé du désespoir et va se ranger aux côtés de Yara (touchante Ebla Mari), une jeune photographe syrienne qu'un ivrogne a agressé parce qu'elle le prenait en photo...

Entre ces deux-là, nait une complicité rare qui va faire bouger les lignes entre les différentes communautés et faire renaître la solidarité entre les "laissés-pour-compte", quelque soit leur origine...

Certainement "un peu trop joli pour être vrai", le film n'en distille pas moins une raison d'espérer qu'une fraternité puisse à nouveau se dessiner entre les "damnés" de notre monde contemporain, à l'instar de celle qui existait dans le secteur minier... 

A voir pour rester en éveil sur une réalité politique qui touche tous les pays occidentaux !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Katell Quillévéré a pris comme point de départ de son dernier film, le secret de famille de sa grand-mère paternelle pour s'interroger sur l'alchimie du couple... et c'est passionnant !

Aux premières images d'archive d'après-guerre sur l'arrivée triomphale des GI distribuant bonbons, baisers et chewing-gums, succède un collage presque insupportable à regarder aujourd'hui, sur la violence de la tonte faite aux femmes qui avaient "fauté" avec un allemand...

La réalisatrice s'interroge : comment une jeune fille de 17 ans comme sa grand-mère peut-elle rentrer chez elle avec le crane rasé et une croix gammée dessinée sur son ventre arrondi...

La caméra nous projette en 1947 sur une plage de Bretagne où Madeleine, une jeune mère (interprétée par Anaïs Demoustier) court après son enfant qui joue dangereusement dans les vagues...

François, un grand et frêle jeune homme au regard embué par des lunettes (Vincent Lacoste), intercepte l'enfant et le rend à sa mère qui le rudoie...

Entre Madeleine la serveuse à la coiffe bretonne dans une auberge locale et François, l'étudiant en archéologie, héritier d'une grande famille d'industriels, un lien se tisse qui s'apparente à l'urgence...

Après un mariage rondement mené, ils vont tenter de vivre dans un équilibre désargenté précaire...

Pour répondre au désir de Madeleine qui lui a avoué que son rêve était de travailler dans un dancing, François décide de déménager à Châteauroux (qui accueille à l'époque une base américaine), pour prendre la gérance du Rodéo Club : François tente de concilier la rédaction de sa thèse avec leur travail de nuit, tandis que l'enfant attend d'être enfin aimé par sa mère faute de pouvoir tout savoir sur son père biologique dont il a trouvé la photo dans le sac de sa mère...

Au secret de Madeleine s'ajoute la faille de François que cette dernière entrevoit, subit et finit par plus ou moins accepter...

La réalisatrice part de l'histoire de sa grand-mère, qu'elle n'a découvert qu'à la fin de la vie de cette dernière, pour fictionner son récit et nous poser des questions sociétales très actuelles : les couples qui durent ont-ils conclu un pacte implicite ?, une femme peut-elle ne pas être une bonne mère ?, un homme peut-il aimer un enfant dont il n'est pas le père biologique ?, comment un enfant peut-il se construire dans le secret de ses origines ?...

Les deux acteurs principaux sont parfaits dans leurs rôles un peu datés mais surtout décalés par rapport à leur image contemporaine : la solaire Anaïs Demoustier compose un personnage que sa dureté rend antipathique, tandis que l'éternel adulescent Vincent Lacoste qui a perdu 10 kgs pour le rôle,  endosse avec talent un comportement d'adulte blessé...

Un film à voir à sa sortie le 29 novembre !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

La réalisatrice espagnole Sylvia Munt met en lumière l’action d’un groupe de femmes basé à Basauri, ville proche de Bilbao, qui, de 1976 à 1985, aidèrent plus d’un millier de femmes à avorter en sécurité et dans la dignité.

Le scénario sort de l’ombre une histoire passée inaperçue en dehors du Pays basque : "Le procès contre les 11 de Basauri". En 1976, un an après la mort de Franco, 11 femmes basques de la classe ouvrière furent emprisonnées, accusées de pratiquer des avortements clandestins et jugées au cours d’un procès qui a duré jusqu’en 1982.

Leur combat précurseur participa à la dépénalisation de l’avortement adoptée en Espagne le 5 juillet 1985, soit 10 ans après la promulgation de la loi Veil en France.

Nous sommes à Errenteria, une ville médiévale au cœur du pays basque espagnol à l'été 1977 : Bea 16 ans (délicieuse Alicia Falco), dont la mère Feli (magnifique Itziar Ituno héroïne de la série La casa de papel),  est gouvernante dans une grande maison, a rejoint le mouvement féministe de sa ville...

Elle participe aux actions de ses camarades et n'hésite pas à se mettre en danger... comme son père dont elle admire les engagements politiques...

Embauchée aux côtés de sa mère, elle fait la connaissance de Miren (élégante Elena Tarrats), la petite fille de la propriétaire qui passe ses journées en nuisette à jouer du piano...

Fascinée par cette rencontre, elle va se trouver confrontée à une double détresse : celle de sa tante qui recourt à des solutions de fortune pour interrompre une énième grossesse et surtout celle de Miren qui lui avoue qu'elle même est enceinte et veut avorter...

Un film qui célèbre la solidarité des femmes au-delà de leurs différences !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Martin Scorsese s'est emparé du livre éponyme de l'écrivain David Grann publié en 2017, pour nous inviter dans l'histoire du peuple Osage, des amérindiens qui ont dû quitter leurs terres originelles situées dans les vallées de l’Ohio et du Mississippi pour les États du Kansas et du Missouri jusqu’à finalement devoir s’installer sur une terre  encore plus à l’Ouest, en Oklahoma.

Après la découverte de pétrole sur leur territoire en 1894, les Osages deviennent extraordinairement riches car ils conservent leurs droits sur le sol et louent les gisements à des promoteurs.

Un système corrompu et raciste est mis en place : les fortunes amérindiennes sont gérées par des tuteurs blancs qui récupèrent des millions de dollars de profits. Pire encore, des douzaines d’Osages sont assassinés dans les années 20. Le but ? Que les très lucratifs "headrights" (ces droits payés aux Amérindiens pour l’utilisation de leurs terres) puissent revenir en héritage aux profiteurs entrés dans des familles amérindiennes par des mariages d’intérêt.

A partir de 1925, le FBI lance une enquête à la demande du peuple Osage. C’est l’une des toutes premières affaires criminelles que traite le "Bureau".

Dans ce film fleuve (3 heures 26), le réalisateur nous offre une reconstitution aussi fidèle que manichéenne de cette tragique histoire : dans "Killers of the flower moon" les blancs sont tous des profiteurs et les indiens sont tous des victimes...

Transposant les codes du film de mafiosi dans un univers de western, le réalisateur y réunit deux de ses acteurs fétiches : Robert De Niro (William Hale) et Leonardo DiCaprio (Ernest Burkhart) qui incarnent respectivement un richissime propriétaire de ranch "bienfaiteur" de la tribu et son benêt de neveu...

C'est Lily Gladstone, une authentique indienne qui interprète Mollie, la jeune femme Osage qu'Ernest épouse, téléguidé par son oncle qui est à l'affût de la fortune de cette famille...

Campés dans leurs personnages dans un jeu sans grande nuance, William et Ernest vont ourdir toute une série de crimes pour parvenir à leurs fins, le premier se révélant sans scrupules et le second d'une bêtise insondable puisqu'il va accepter d'empoisonner, sans s'en rendre compte et sous prétexte d'une médication complémentaire à l'insuline, son épouse bien aimée qui souffre de diabète (comme toute sa famille)...

Les scènes d'assassinat succèdent aux scènes folkloriques, nous faisant perdre le fil du récit tant les anecdotes sont nombreuses... le film ne prend toute sa force que dans son dernier tiers, au moment de l'intervention du FBI et à la toute fin...

Dommage !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Dans son premier long métrage, Iris Kaltenbäck s'est inspirée d'un fait divers pour nous parler de maternité...

Hafsia Herzi interprète magnifiquement l'héroïne Lydia, une  sage femme secrète, très douée dans l'exercice de son métier, une maïeuticienne comme elle se décrit elle-même...

Avec empathie et douceur, elle accompagne les futures mamans et "croise" les bébés quand ils viennent au monde...

Quand sa meilleure amie Salomé (Nina Meurisse) tombe enceinte alors qu'elle-même vient de se faire larguer par son petit ami, Lydia perd pied et s'enferme dans une spirale de mensonges...

"Le ravissement" c'est l'histoire d'une moderne solitude qui pousse cette femme, dépassée par son désir d'enfant, à trahir sa meilleure amie et à tromper Milos (Alexis Manenti), l'homme qu'elle vient de rencontrer...

Un film de femme(s) qui parle très joliment du sentiment de paternité des hommes, un thriller psychologique poignant et envoûtant !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Dans son troisième long métrage, Yolande Moreau qui a laissé poussé ses cheveux pour incarner l'héroïne de son film Mireille, nous invite à une réflexion sur la nécessité du mensonge... pour supporter la morosité de la vie...

Amoureuse de peinture et de poésie, Mireille s'accommode de son travail de serveuse à la cafétéria des Beaux-Arts de Charleville, tout en vivant de petits larcins et de trafic de cartouches de cigarettes. N'ayant pas les moyens d'entretenir la grande maison familiale des bords de Meuse dont elle vient d'hériter, Mireille décide de prendre trois locataires : Cyril (Thomas Guy), un étudiant des Beaux Arts en rupture familiale, excellent copiste surnommé Picasso, Bernard (Grégory Gadebois), un jardinier municipal père de trois enfants que sa femme a mis à la porte (pour des raisons que l'on comprendra plus tard) et Elvis (Esteban), un chanteur de country qui squatte la cabane à outils de la propriété (qui n'est pas aussi américain qu'il l'affirme)...

Comme l'explique Mireille au Père Benoit (William Sheller), sa vie est un champ de ruines : elle a tout quitté pour un poète (Sergi Lopez), s'est retrouvée en prison et a vécu de petits boulots durant 40 ans, incapable de construire sa vie...

La poésie et la musique, présentes tout le long du film, nous font cheminer aux côtés de cette famille subversive recomposée où chacun trouve sa place en s'arrangeant avec la vérité... voire même la légalité...

D'une grande douceur et d'une grande liberté, "La fiancée du poète" est une véritable comédie sociale qui pose des questions très actuelles...

Les acteurs principaux et les seconds rôles sont tous excellents et l'on rêverait de faire partie du phalanstère de Yolande Moreau !

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