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Route 66

Route 66

Prenez vos bécanes pour aller au cinéma, voir des pièces de théâtre, admirer des expositions...

cinema

Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Katell Quillévéré a pris comme point de départ de son dernier film, le secret de famille de sa grand-mère paternelle pour s'interroger sur l'alchimie du couple... et c'est passionnant !

Aux premières images d'archive d'après-guerre sur l'arrivée triomphale des GI distribuant bonbons, baisers et chewing-gums, succède un collage presque insupportable à regarder aujourd'hui, sur la violence de la tonte faite aux femmes qui avaient "fauté" avec un allemand...

La réalisatrice s'interroge : comment une jeune fille de 17 ans comme sa grand-mère peut-elle rentrer chez elle avec le crane rasé et une croix gammée dessinée sur son ventre arrondi...

La caméra nous projette en 1947 sur une plage de Bretagne où Madeleine, une jeune mère (interprétée par Anaïs Demoustier) court après son enfant qui joue dangereusement dans les vagues...

François, un grand et frêle jeune homme au regard embué par des lunettes (Vincent Lacoste), intercepte l'enfant et le rend à sa mère qui le rudoie...

Entre Madeleine la serveuse à la coiffe bretonne dans une auberge locale et François, l'étudiant en archéologie, héritier d'une grande famille d'industriels, un lien se tisse qui s'apparente à l'urgence...

Après un mariage rondement mené, ils vont tenter de vivre dans un équilibre désargenté précaire...

Pour répondre au désir de Madeleine qui lui a avoué que son rêve était de travailler dans un dancing, François décide de déménager à Châteauroux (qui accueille à l'époque une base américaine), pour prendre la gérance du Rodéo Club : François tente de concilier la rédaction de sa thèse avec leur travail de nuit, tandis que l'enfant attend d'être enfin aimé par sa mère faute de pouvoir tout savoir sur son père biologique dont il a trouvé la photo dans le sac de sa mère...

Au secret de Madeleine s'ajoute la faille de François que cette dernière entrevoit, subit et finit par plus ou moins accepter...

La réalisatrice part de l'histoire de sa grand-mère, qu'elle n'a découvert qu'à la fin de la vie de cette dernière, pour fictionner son récit et nous poser des questions sociétales très actuelles : les couples qui durent ont-ils conclu un pacte implicite ?, une femme peut-elle ne pas être une bonne mère ?, un homme peut-il aimer un enfant dont il n'est pas le père biologique ?, comment un enfant peut-il se construire dans le secret de ses origines ?...

Les deux acteurs principaux sont parfaits dans leurs rôles un peu datés mais surtout décalés par rapport à leur image contemporaine : la solaire Anaïs Demoustier compose un personnage que sa dureté rend antipathique, tandis que l'éternel adulescent Vincent Lacoste qui a perdu 10 kgs pour le rôle,  endosse avec talent un comportement d'adulte blessé...

Un film à voir à sa sortie le 29 novembre !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

La réalisatrice espagnole Sylvia Munt met en lumière l’action d’un groupe de femmes basé à Basauri, ville proche de Bilbao, qui, de 1976 à 1985, aidèrent plus d’un millier de femmes à avorter en sécurité et dans la dignité.

Le scénario sort de l’ombre une histoire passée inaperçue en dehors du Pays basque : "Le procès contre les 11 de Basauri". En 1976, un an après la mort de Franco, 11 femmes basques de la classe ouvrière furent emprisonnées, accusées de pratiquer des avortements clandestins et jugées au cours d’un procès qui a duré jusqu’en 1982.

Leur combat précurseur participa à la dépénalisation de l’avortement adoptée en Espagne le 5 juillet 1985, soit 10 ans après la promulgation de la loi Veil en France.

Nous sommes à Errenteria, une ville médiévale au cœur du pays basque espagnol à l'été 1977 : Bea 16 ans (délicieuse Alicia Falco), dont la mère Feli (magnifique Itziar Ituno héroïne de la série La casa de papel),  est gouvernante dans une grande maison, a rejoint le mouvement féministe de sa ville...

Elle participe aux actions de ses camarades et n'hésite pas à se mettre en danger... comme son père dont elle admire les engagements politiques...

Embauchée aux côtés de sa mère, elle fait la connaissance de Miren (élégante Elena Tarrats), la petite fille de la propriétaire qui passe ses journées en nuisette à jouer du piano...

Fascinée par cette rencontre, elle va se trouver confrontée à une double détresse : celle de sa tante qui recourt à des solutions de fortune pour interrompre une énième grossesse et surtout celle de Miren qui lui avoue qu'elle même est enceinte et veut avorter...

Un film qui célèbre la solidarité des femmes au-delà de leurs différences !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Martin Scorsese s'est emparé du livre éponyme de l'écrivain David Grann publié en 2017, pour nous inviter dans l'histoire du peuple Osage, des amérindiens qui ont dû quitter leurs terres originelles situées dans les vallées de l’Ohio et du Mississippi pour les États du Kansas et du Missouri jusqu’à finalement devoir s’installer sur une terre  encore plus à l’Ouest, en Oklahoma.

Après la découverte de pétrole sur leur territoire en 1894, les Osages deviennent extraordinairement riches car ils conservent leurs droits sur le sol et louent les gisements à des promoteurs.

Un système corrompu et raciste est mis en place : les fortunes amérindiennes sont gérées par des tuteurs blancs qui récupèrent des millions de dollars de profits. Pire encore, des douzaines d’Osages sont assassinés dans les années 20. Le but ? Que les très lucratifs "headrights" (ces droits payés aux Amérindiens pour l’utilisation de leurs terres) puissent revenir en héritage aux profiteurs entrés dans des familles amérindiennes par des mariages d’intérêt.

A partir de 1925, le FBI lance une enquête à la demande du peuple Osage. C’est l’une des toutes premières affaires criminelles que traite le "Bureau".

Dans ce film fleuve (3 heures 26), le réalisateur nous offre une reconstitution aussi fidèle que manichéenne de cette tragique histoire : dans "Killers of the flower moon" les blancs sont tous des profiteurs et les indiens sont tous des victimes...

Transposant les codes du film de mafiosi dans un univers de western, le réalisateur y réunit deux de ses acteurs fétiches : Robert De Niro (William Hale) et Leonardo DiCaprio (Ernest Burkhart) qui incarnent respectivement un richissime propriétaire de ranch "bienfaiteur" de la tribu et son benêt de neveu...

C'est Lily Gladstone, une authentique indienne qui interprète Mollie, la jeune femme Osage qu'Ernest épouse, téléguidé par son oncle qui est à l'affût de la fortune de cette famille...

Campés dans leurs personnages dans un jeu sans grande nuance, William et Ernest vont ourdir toute une série de crimes pour parvenir à leurs fins, le premier se révélant sans scrupules et le second d'une bêtise insondable puisqu'il va accepter d'empoisonner, sans s'en rendre compte et sous prétexte d'une médication complémentaire à l'insuline, son épouse bien aimée qui souffre de diabète (comme toute sa famille)...

Les scènes d'assassinat succèdent aux scènes folkloriques, nous faisant perdre le fil du récit tant les anecdotes sont nombreuses... le film ne prend toute sa force que dans son dernier tiers, au moment de l'intervention du FBI et à la toute fin...

Dommage !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Dans son premier long métrage, Iris Kaltenbäck s'est inspirée d'un fait divers pour nous parler de maternité...

Hafsia Herzi interprète magnifiquement l'héroïne Lydia, une  sage femme secrète, très douée dans l'exercice de son métier, une maïeuticienne comme elle se décrit elle-même...

Avec empathie et douceur, elle accompagne les futures mamans et "croise" les bébés quand ils viennent au monde...

Quand sa meilleure amie Salomé (Nina Meurisse) tombe enceinte alors qu'elle-même vient de se faire larguer par son petit ami, Lydia perd pied et s'enferme dans une spirale de mensonges...

"Le ravissement" c'est l'histoire d'une moderne solitude qui pousse cette femme, dépassée par son désir d'enfant, à trahir sa meilleure amie et à tromper Milos (Alexis Manenti), l'homme qu'elle vient de rencontrer...

Un film de femme(s) qui parle très joliment du sentiment de paternité des hommes, un thriller psychologique poignant et envoûtant !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Dans son troisième long métrage, Yolande Moreau qui a laissé poussé ses cheveux pour incarner l'héroïne de son film Mireille, nous invite à une réflexion sur la nécessité du mensonge... pour supporter la morosité de la vie...

Amoureuse de peinture et de poésie, Mireille s'accommode de son travail de serveuse à la cafétéria des Beaux-Arts de Charleville, tout en vivant de petits larcins et de trafic de cartouches de cigarettes. N'ayant pas les moyens d'entretenir la grande maison familiale des bords de Meuse dont elle vient d'hériter, Mireille décide de prendre trois locataires : Cyril (Thomas Guy), un étudiant des Beaux Arts en rupture familiale, excellent copiste surnommé Picasso, Bernard (Grégory Gadebois), un jardinier municipal père de trois enfants que sa femme a mis à la porte (pour des raisons que l'on comprendra plus tard) et Elvis (Esteban), un chanteur de country qui squatte la cabane à outils de la propriété (qui n'est pas aussi américain qu'il l'affirme)...

Comme l'explique Mireille au Père Benoit (William Sheller), sa vie est un champ de ruines : elle a tout quitté pour un poète (Sergi Lopez), s'est retrouvée en prison et a vécu de petits boulots durant 40 ans, incapable de construire sa vie...

La poésie et la musique, présentes tout le long du film, nous font cheminer aux côtés de cette famille subversive recomposée où chacun trouve sa place en s'arrangeant avec la vérité... voire même la légalité...

D'une grande douceur et d'une grande liberté, "La fiancée du poète" est une véritable comédie sociale qui pose des questions très actuelles...

Les acteurs principaux et les seconds rôles sont tous excellents et l'on rêverait de faire partie du phalanstère de Yolande Moreau !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Jean-Pierre Améris s'est inspiré du roman Changer le sens des rivières écrit par Murielle Magellan (paru en 2019) pour écrire son dernier opus...

Deux êtres que tout oppose, vont finir par se rapprocher, s'écouter et s'épauler pour mieux se trouver...

Un schéma maintes fois vu au cinéma mais revisité dans un contexte très actuel...

D'un côté, Marie-Line (délicieuse Louane Emera), serveuse de 25 ans, habillée d'une jupe courte et de couleurs flashy jusque dans ses mèches roses... qui parle sans retenue mais a le cœur gros comme cela...

De l'autre, le juge (Michel Blanc bougon comme à son habitude), veuf inconsolable d'une antiquaire disparue tragiquement alors qu'elle portait leur enfant... qui noie sa dépression dans le whisky... que lui sert Marie-Line dans le bar qu'il fréquente et où elle travaille...

Quand Marie-Line perd son travail parce qu'elle ne cesse de parler à tort et à travers et qu'elle renverse les verres des clients, le juge lui propose de devenir son chauffeur...

Ces deux-là vont, au fil des déplacements entre domicile et palais de justice dans la ville du Havre magnifiquement filmée, apprendre à se connaître malgré ou grâce à leurs différences...

Intégrant d'intéressants personnages secondaires : autour de Marie-Line, son père (Philippe Rebbot) victime d'un accident de travail, sa sœur aînée qui tente de l'entraîner dans ses dérives, son petit ami cinéphile (Victor Belmondo) qui se moque d'elle car elle ne connait pas Truffaut... autour du juge, la femme dont il est amoureux (Nathalie Richard) et les prévenus dont il tente de comprendre les motivations... le scénario offre au spectateur de jolies scènes tout à la fois drôles et émouvantes...

Un film à voir pour ses acteurs mais pas que !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Eva Husson a choisi d'adapter le court roman de Graham Swift paru en 2016 sous le titre de Mothering Sunday...

Nous sommes en 1924 dans la campagne anglaise non loin de Londres, où un groupe d'aristocrates se réunissent le dimanche au bord de l'eau pour tenter d'oublier la mort de leurs fils...

La journée est splendide et les domestiques ont quartier libre...

Jane (délicieuse Odessa Young) qui travaille chez les Niven (Colin Firth et Olivia Colman), a une liaison avec Paul Sheringham (séduisant Josh O'Connor qui a incarné le Prince Charles dans The Crown), le fils des propriétaires du manoir voisin...

Leur amour est voué à l'échec car Paul doit épouser l'ex fiancée de son frère tué à la guerre, mais leur complicité sensuelle et intellectuelle ne fait aucun doute...

Rejetée par sa mère à sa naissance et placée en orphelinat, Jane est dotée d'une âme d'artiste : elle aime les livres, elle sera écrivain...

Le scénario mêle habilement les époques pour nous faire découvrir l'histoire de Jane, une jeune femme qui ne craint pas d'aimer "hors de sa condition" comme on disait autrefois...

Un film résolument féministe qui mérite d'être vu malgré quelques longueurs...

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Léa Domenach s'est inspirée du documentaire Bernadette Chirac, mémoire d'une femme libre d'Anne Barrère (sa conseillère en communication) et d'archives pour écrire sa fiction qui couvre la période entre 1995, l’année où Jacques Chirac devient Président de la République, et 2007, date de la fin de son deuxième mandat.

Nous découvrons Bernadette / Catherine Deneuve engoncée dans un tailleur Chanel, qui peine à trouver sa place dans le duo que forment le président fraichement élu (Michel Vuillermoz) et sa fille Claude (Sara Giraudeau)...

Vertement critiquée par cette dernière qui ne supporte pas sa liberté de ton dans son fief de Corrèze, Bernadette se voit gratifiée d'un conseiller en communication en la personne de Denis Podalydès avec lequel elle va nouer une vraie complicité...

Exceptées quelques scènes amusantes, le scénario traine en longueur (alors qu'il ne dure qu'1h30) et souffre d'un comique de répétition...

Les personnages de Chirac et de Villepin sont tellement caricaturaux dans leur machisme affiché que le film m'a mise mal à l'aise, d'autant que les femmes ne sont pas gâtées non plus : Catherine Deneuve fait du Catherine Deneuve, Sara Giraudeau est improbable dans son rôle de super woman et les scènes avec Laurence (la fille ainée du couple interprétée par Maud Wyler) sont indécentes...

Dommage !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Film de clôture du Festival International du Film de Saint Jean de Luz, le premier long métrage de Julien Carpentier réunit deux grands acteurs : Agnès Jaoui et William Lebghil...

Dans cette fiction, le réalisateur a voulu nous parler de sa douloureuse relation avec sa mère bipolaire...

Dans le film Pierre 33 ans est fleuriste... Il n'a pas revu sa mère Judith (Agnès Jaoui impériale) depuis 2 ans,  pour s'en protéger et tenter de construire sa vie d'homme...

Aussi quand sa grand-mère lui apprend que sa mère s'est échappée de l'établissement de santé auquel il l'avait confiée, il est consterné car il n'a plus la force de "gérer" les débordements permanents de cette dernière...

Le road-trip retour vers la clinique va les amener par le biais de détours inattendus, à évoquer des souvenirs, exprimer leurs sentiments, se parler et trouver peut-être une façon de réconcilier leurs vies si durement affectées par la maladie...

Le film tout à la fois drôle et poignant nous offre une belle figure d'homme dans le personnage de Pierre : William Lebghil qui nous avait séduit dans "Première année" puis dans "Un métier sérieux" trouve ici un rôle qui lui permet d'exprimer tout son talent !

A voir sur les écrans à partir du 6 mars 2024

Master class Agnès Jaoui interrogée par Patrick Fabre directeur atistique du Festival
Master class Agnès Jaoui interrogée par Patrick Fabre directeur atistique du Festival

Master class Agnès Jaoui interrogée par Patrick Fabre directeur atistique du Festival

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Sorti il y a trois semaines en Belgique, le deuxième long métrage du couple bruxellois Ann Sirot et Raphaël Balboni nous parle de désir d'enfant...

Sandra (Lucie Debay) et Rémy (Lazare Gousseau) n'arrivent pas à avoir d'enfant car, l'apprennent-ils à leur grand étonnement, ils sont atteints du "Syndrome des amours passées"...

Pour guérir, il n'y a qu'une seule solution : ils doivent recoucher une fois avec tous/toutes leurs ex...

Sur cette idée très loufoque (très belge ?), les réalisateurs réussissent, en inversant les rôles habituellement dévolus à la femme et à l'homme, le pari de nous parler du couple moderne...

En effet après quelques hésitations "légitimes", Sandra se lance à fond dans la recherche de ses nombreux partenaires tandis que Rémy peine à joindre ses rares anciennes conquêtes...

Se conseillant mutuellement mais de moins en moins complices dans l'amour, Sandra et Rémy vont interroger leur désir amoureux et leur projet d'enfant...

Le jeu des acteurs sonne très juste et la fin très amusante justifie l'histoire un peu longuette (même si le film ne dure qu'1h29), mais pleine de rebondissements inventifs !

La sortie en France est prévue le 25 octobre

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