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Route 66

Route 66

Prenez vos bécanes pour aller au cinéma, voir des pièces de théâtre, admirer des expositions...

cinema

Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Le réalisateur Thierry Klifa est venu présenter son dernier film au Festival International du Film de Saint Jean de Luz, avec Alex Beaupain qui signe la guillerette BO...

Laetitia Dosch était également présente pour nous raconter le plaisir qu'elle a pris à tourner ce film un peu foutraque qui réunit une brochette d'acteurs talentueux...

Fanny Ardant, toujours aussi belle, interprète Rachel, une Ma Dalton qui "travaille" en famille : secondée par ses deux fils Max (Mathieu Kassovitz étonnamment drôle et touchant) et Jérémie (Nicolas Duvauchelle, incroyable dans un rôle un peu casse-gueule) et de son petit fils Nathan (Ben Attal), la petite bande réalise des casses un peu minables dans des appartements dont les propriétaires s'absentent pour une soirée...

Mais rien ne va plus quand Jérémie, sur un coup de tête, décide de voler un tableau de Tamara de Lempicka dont l'arrachage déclenche l'alarme : les Pieds Nickelés s'enfuient à l'exception de Nathan que la police va arrêter puis faire emprisonner durant trois ans...

Quand Nathan sort de prison, tout s'accélère...

La famille, reconstituée tant bien que mal autour de Rachel, décide de retrouver Jérémie qu'ils soupçonnent d'avoir gardé le tableau...

L'action se déplace en Normandie dans le joli village de Saint Vaast où nos héros se retrouvent, espionnés sans qu'ils le sachent, par un policier (toujours aussi excellent Michel Vuillermoz) et par Nellie, une détective privée camouflée (Laetitia Dosch)...

Les péripéties s'enchaînent pour notre grand plus amusement, enrichissant un scénario qui nous réserve quelques jolies surprises, un twist final et des scènes familiales cocasses et attendrissantes...

Dommage que le film soit un peu trop long (1 h 56), sinon il aurait été parfait !

A voir à partir du 27 mars 2024 !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Le film est un remake du film argentin "El amor menos pensado", sorti en France sous le titre "Retour de flamme".

Philippe Lefebvre nous parle de l'usure du couple et du syndrome du nid vide... et réussit à nous offrir un film à la fois très actuel et transgénérationnel...

Diane (Karin Viard) et Alain (Franck Dubosc) s'aiment toujours après 30 ans de mariage mais si lui est toujours amoureux, elle... s'ennuie...

Quand leur dernier enfant s'envole pour Tokyo afin de poursuivre ses études, Diane s'effondre !

Rien ne va plus... Dans son boulot de journaliste, elle est la "vieille" à qui un jeune et fringant manager, promu à sa place, confie des sujets de la vie courante... Ses seuls rendez-vous sont chez le gynécologue qui l'aide à affronter la ménopause...

Convaincu que sa femme le trompe après avoir surpris un SMS compromettant dans sa messagerie, Alain joue le tout pour le tout et décide de quitter Diane en espérant mieux la retrouver...

En petites saynètes rapides et bien troussées, le réalisateur va nous faire partager les expériences amoureuses, amicales et professionnelles de ce couple de quinquagénaires très en forme...

Les deux protagonistes sont excellents et les rôles secondaires (dont la fille ainée du couple...) sont également très bien campés...

Très ancré dans la réalité contemporaine (galères des sites de rencontres, désir d'enfant chez les femmes de 35 ans+ et chez les couples d'homosexuelles...), le film à la fois léger et profond, est vraiment amusant !

 

 

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

En avril 1976, débute le deuxième procès de Pierre Goldman, militant d’extrême gauche, condamné en première instance à la réclusion criminelle à perpétuité pour quatre braquages à main armée, dont un ayant entraîné la mort de deux pharmaciennes.

Il clame son innocence dans cette dernière affaire et devient en quelques semaines l’icône de la gauche intellectuelle. Georges Kiejman, jeune avocat, assure sa défense. Mais très vite, leurs rapports se tendent. Goldman, insaisissable et provocateur, risque la peine capitale et rend l’issue du procès incertaine.

C'est via son livre, Souvenirs obscurs d’un Juif polonais né en France, que Cédric Kahn a découvert Pierre Goldman, une quinzaine d'années avant de lui consacrer un film.

Dans ce film, le réalisateur nous parle de la complexité de la justice en l'absence de preuves, de judéité à travers le parcours des enfants de la Shoah, de la condition noire mais aussi des petits blancs qui se sentent méprisés car ils n'ont pas les mots...

L'accusé, magnifiquement incarné par Arieh Worthalter, donne le ton des échanges : pas de témoin de moralité, pas de pathos, les faits, rien que les faits... des prises de position provocatrices et notamment à l'égard de la police qu'il accuse de racisme...

Mais les faits se dérobent à travers les témoignages contradictoires du braquage de la pharmacie du Boulevard Richard Lenoir : le spectateur, à l'instar du juré, ne sait plus qui croire...

Le scénario très habile maintient le suspens alors que le verdict est connu : "Je suis innocent parce que je suis innocent" martèle Goldman dont l'affaire n'a jamais été élucidée...

Le rôle de Georges Kiejman est superbement interprété par Arthur Harari, qui, comme Cédric Kahn, est comédien et réalisateur. Jusque-là, il avait principalement joué devant la caméra de sa compagne Justine Triet, avec laquelle il a également co-écrit "Sibyl" et "Anatomie d'une chute" (Palme d'Or 2023). En tant que cinéaste, on lui doit" Diamant noir" et "Onoda-10000 nuits dans la jungle".

Tout aussi excellents sont Nicolas Briançon dans le rôle d'avocat des victimes, Aurélien Chaussade dans celui de l'avocat général et Stéphan Guérin-Tillié dans celui du président...

Un film de son époque où la justice était masculine et blanche mais un film aux accents très contemporains dans son opposition entre l'élite et le peuple !

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Publié le par Jean-Louis
Publié dans : #cinéma

Après le "Crime de l'Orient Express" et "Mort sur le Nil", "Mystère à Venise" est le dernier opus des exploits d'Hercule Poirot, réalisé et joué par Kenneth Branagh, adapté du roman d'Agatha Christie.

Ce film marque un renouvellement certain dans le déroulement du récit, l'atmosphère d'angoisse qui s'en dégage et une mise en scène plutôt clinquante.

L'action se situe dans un palazzo de Venise, ville dans laquelle notre héros goûte une retraite bien méritée, ce qui ne l'empêche pas de se rendre à une séance de spiritisme à la demande d'une amie chère qui suspecte une imposture.

Vont s'ensuivre, dans une montée croissante de tension, plusieurs meurtres violents qui veulent créer un climat de peur panique dans un environnement extérieur au diapason avec un orage violent sur la lagune.

Si l'on ajoute à tous ces ingrédients le fonctionnement ralenti des petites cellules grises de Poirot pour cause de thé drogué, on ressent une sorte d'inéluctabilité dans le déroulement de l'intrigue, avec un sentiment d'artificialité à force d'épisodes tous plus dramatiques les uns que les autres, mais de moins en moins crédibles.

En d'autres termes, on n'a plus vraiment peur et la résolution du mystère assénée avec force par un Hercule Poirot régénéré, conclut un film qui se regarde sans déplaisir si l'on accepte de le faire au premier degré.

En conclusion, peut-être notre ex-détective devrait-il décider de prendre une retraite définitive ?

 

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Le réalisateur marocain Faouzi Bensaïdi dénonce dans ce film la violence du capitalisme qui engendre l'abandon de populations entières en marge des métropoles...  

Le film raconte la dérive de deux agents d'une agence de recouvrement de Casablanca  qui arpentent des villages perdus pour soutirer de l'argent à des familles surendettées...

Les deux pieds nickelés, au volant de leur guimbarde rouge, traversent des zones arides et déshéritées où survivent des autochtones qui s'accrochent aux rochers qui soutiennent leurs abris de fortune : ils n'ont pas d'argent pour rembourser leurs dettes et proposent qui une chèvre, qui un tapis...

Au fil des deux heures, le spectateur dérouté par tant de précarité, découvre peu à peu l'histoire de ces deux hommes en costumes bleus et cravates rouges : Hamid (Fehd Benchemsi) et Mehdi (Abdelhadi Taleb) sont des perdants tant sur le plan personnel que professionnel... et c'est ce qui les rend attachants...

Dans la seconde partie du film, la réalité cède la place au conte à travers l'histoire parallèle d'une jeune femme aimée par deux hommes, deuxième trame qui rejoint la première à la toute fin du récit...

Dommage que le film soit si long et si lent... au point de perdre tout intérêt malgré la pertinence du propos, tant le temps se dilue dans l'immensité des paysages et la complexité du scénario...

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Le film de Pham Thien An a été présenté à la Quinzaine des Cinéastes au Festival de Cannes 2023 où il a obtenu la Caméra d'or, qui récompense le meilleur premier film, toutes catégories confondues

Le réalisateur est né et a grandi dans une ville de la campagne vietnamienne où la spiritualité tient une grande place : les habitants se lèvent tôt pour assister à la messe avant de travailler puis se retrouvent au crépuscule pour lire les Écritures et prier. Quand il est parti à Saïgon pour étudier et travailler, le réalisateur s'est perdu "dans une course insensée, fastidieuse et répétitive pour gagner de l’argent et réussir. Pourtant je n’ai rencontré que déception, confusion et insécurité." Pour s'en sortir, il a cherché à se reconnecter à ses émotions et sa spiritualité. C'est ainsi qu'il s'est lancé dans la réalisation.

Ce premier long métrage, largement inspiré de son propre parcours, nous raconte l'histoire de Thien dont la vie est bouleversée par le décès brutal de sa belle-sœur dans un accident de moto...

Le jeune citadin, dont le frère Tam a disparu, se voit dans l'obligation de ramener son neveu de 5 ans  et la dépouille de sa belle-sœur dans leur village natal...

Le film quitte la ville et ses plaisirs superficiels pour plonger dans la verte campagne nappée de brouillard...

La réalité cède la place à la réflexion spirituelle dans de superbes plans longs qui n'en finissent plus de nous faire perdre tous nos repères temporels... 

Au fil de ses rencontres avec un ex-soldat, son ancien amour, une vieille dame... Thien va peu à peu se laisser happer par sa quête religieuse jusqu'à quitter la réalité pour habiter des rêves nostalgiques ou prémonitoires...

Un beau film, lent, long (3h00) mais trop long notamment vers la fin où le temps s'étire jusqu'à se diluer dans un crépuscule sans fin heureusement sublimé par l'apparition d'un arbre aux papillons, puis dans un paysage écrasé de soleil miraculeusement rafraîchi par l'eau d'un torrent...

Les acteurs non professionnels, dont le héros interprété par Le Phong Vu, et les prises de vues réalistes renforcent l'originalité et l'authenticité du scénario !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Dans "Les feuilles mortes", Ari Kaurismaki, qui s'est inspiré de la chanson éponyme signée Prévert et Kosma, nous raconte l'histoire de deux vies minuscules que l'amour pourrait sublimer...

Ana (Alma Pöysti) et Holappa (Jussi Vatanen) échangent un regard dans un karaoké qui va lier leurs deux destins mais le hasard faisant mal les choses, les obstacles s'accumulent entre les deux soupirants : perte d'un numéro de téléphone, ignorance de leurs noms et adresses respectifs, alcoolisme de l'homme...

Les deux héros dont la vie professionnelle est un parcours du combattant, flirtent avec la plus grande pauvreté dans un Helsinki qui se devine au loin des tristes banlieues qui les abritent...

De rencontres mutiques en rendez-vous ratés, ces deux-là vont toutefois réussir à bâtir leur "belle" histoire minimaliste...

Renforcé par une bande son désespérante : échos de la guerre en Ukraine, chansons populaires tragiques... le film témoigne toutefois de la force de l'espoir en un avenir commun possible...

Le film du réalisateur finlandais a été récompensé à Cannes par le Prix du Jury en 2023 et c'est tout à fait justifié !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Guillaume Nicloux a adapté le roman Le Berceau de Fanny Chesnel pour nous raconter une histoire improbable de GPA...

Le réalisateur a confié le rôle principal de Joseph à Fabrice Luchini : veuf inconsolable et père deux jeunes adultes, il se réfugie dans la restauration de vieux meubles...

Quand le téléphone sonne, il ne répond pas croyant que c'est de la publicité...

Décrochant tout de même après plusieurs sonneries insistantes, il apprend avec horreur le décès de son fils, disparu avec son compagnon...

Très vite la seule chose qui l'intéresse c'est l'avenir de l'enfant de son fils qu'une jeune femme belge a accepté de porter moyennant finances...

La caméra suit cet homme obsédé qui, contre l'avis de ses proches (sa fille et les beaux-parents de son fils), va tout faire pour retrouver la mère et la convaincre de ne pas confier son enfant à l'adoption...

Fabrice Luchini, qui a laissé tomber sa diction précieuse, est touchant dans ce rôle de futur "grand-père" qui va sortir de son deuil pour accueillir la vie...

Découpé en petites saynètes inégales, le film un peu bancal et très sentimental nous laisse un grand point d'interrogation : quel est le message que Guillaume Nicloux voulait faire passer ?

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Avec "Le Livre des solutions", Michel Gondry fait du personnage de Marc (Pierre Niney) son alter-ego et s'inspire de sa propre vie pour nous raconter les difficultés d'un réalisateur bipolaire en prise avec ses producteurs !

Marc, qui peine à monter son film, s'enfuit avec les rushs et son équipe chez sa tante Denise (Françoise Lebrun) qui les héberge dans une ferme  cévenole...

Le film a été tourné dans la maison de sa vraie tante Suzette avec laquelle il a toujours eu une relation privilégiée...

A peine arrivé dans ce refuge familial, Marc décide d'arrêter les médicaments et entre dans une phase de créativité intense qui épuise son entourage...

Décidé à ne pas regarder le montage réalisé par Charlotte (Blanche Gardin), il se lance dans la rédaction d'un livre de solutions, filme une fourmi pendant des heures, achète une maison en ruine pour loger son équipe, imagine transformer un vieux camion en salle de montage...

Pierre Niney s'amuse beaucoup de toutes ces loufoqueries, nous aussi mais un peu moins que son personnage foncièrement autocentré voire auto-satisfait malgré les nombreuses fêlures révélées...

Une autobiographie assumée, un étrange objet de cinéma...

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Le dernier opus de Catherine Breillat est le remake du film danois "Queen of hearts" : contactée par le producteur Saïd Ben Saïd qui venait d'en racheter les droits, elle a été mise au défi de faire mieux que l'original... ce qui a l'a motivée et lui a permis de sortir de sa dépression post AVC...

C'est également sur le conseil du producteur qu'elle a fait appel à Léa Drucker pour interpréter le rôle phare de son film : Anne, une avocate au regard froid et aux nerfs d'acier, mariée à Pierre (Olivier Rabourdin) et mère de deux petites filles adoptées...

Quand Théo 17 ans (impressionnant Samuel Kircher), décide de quitter sa mère pour se rapprocher de son père Pierre, la famille "parfaite" vacille : Théo sème son bordel dans la maison, devient le prince charmant des petites filles, snobe son père qu'il accuse de l'avoir abandonné et entreprend une entreprise de séduction envers Anne... qui, après quelques réticences se laisse faire...

Quand Théo avoue à son père qu'il a une liaison avec Anne, la famille "parfaite" explose !

La caméra voyeuse filme le désir et la jouissance au plus près des visages et nous fait partager le trouble qui s'empare d'Anne et kidnappe Théo...

Un film psychologique tendu comme un polar mais dont le fil est malheureusement rompu à trois reprises par des scènes de sexe certes émouvantes mais, de mon point de vue, beaucoup trop longues...

La réalisatrice aurait pu éviter également quelques apartés (anniversaires des filles, échanges entre Anne et sa sœur jouée par Clotilde Courau), qui n'apportent rien à l'intrigue et nous distraient de l'essentiel...

Mais Léa Drucker, personnage au jeu complexe et manipulatrice de génie,  vaut à elle seule le déplacement !

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