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Route 66

Route 66

Prenez vos bécanes pour aller au cinéma, voir des pièces de théâtre, admirer des expositions...

cinema

Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Le réalisateur Thomas Lilti, médecin généraliste de formation,  quitte l'univers de l'hôpital et de la médecine où il excellé avec Hippocrate, Médecin de campagne et Première année, pour nous plonger dans un collège de Meudon où nous retrouvons ses interprètes favoris : Vincent Lacoste, François Cluzet, William Lebghil (respectivement professeurs de mathématiques, de français et d'anglais).

Benjamin (Vincent Lacoste) dont c'est le premier remplacement se retrouve tout de suite confronté à un chahut pour une fenêtre qui ne  ferme pas...

Très vite François Cluzet, Adèle Exarchopoulos et Lise Bourgoin (excellents tous les trois), viennent à son secours et le ton est donné...

Face à des classes surchargées et à des adolescents "à problèmes", le corps professoral s'entraide et se donne des tuyaux pour mieux exercer son métier de transmission...

Thomas Lilti, dont quasiment toute la famille est dans l'Enseignement, a réalisé un film que l'on pourrait qualifier "d'utilité publique",  tant il sonne juste et s'emploie à dénoncer les idées toutes faites... 

En effet "Un métier sérieux" n'est pas un xième film sur les collèges avec son lot de blagues potaches : c'est un film "sérieux" qui nous confronte au quotidien de ces jeunes ou moins jeunes professeurs qui doivent jongler avec les contraintes d'une administration qui leur en demande beaucoup et n'est pas toujours bienveillante, l'agressivité de certains élèves soutenus inconditionnellement par des parents "dépassés", les galères de leur vie privée...  et leur questionnement personnel sur leurs compétences...

Des scènes dures comme l'inspection du professeur de SVT, le conseil de discipline qui oppose Vincent Lacoste à un "sauvageon", la relation conflictuelle entre Lise Bourgoin et son "ado en crise" de fils... alternent avec des moments d'amitié partagée dans des trajets en voiture ou autour d'un repas, de complicités qui se tissent (notamment entre Vincent Lacoste et Adèle Exarchopoulos)... et la parenthèse d'une journée en Normandie où François Cluzet initie les élèves au surf...

Un film à voir dès sa sortie sur les écrans nationaux le 13 septembre (c'est à Saint Jean de Luz que l'équipe a présenté pour la première fois le film au public !)

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

La réalisatrice tunisienne Kaouther Ben Hania, fascinée par l'histoire d'Olfa qui a fait grand bruit en 2016, a décidé d'en faire un objet cinématographique unique...

Mi-documentaire, mi-fiction, le récit nous permet d'entrer dans l'intimité de cette mère et de ses 4 filles : Olfa, femme de ménage, a élevé seule ses enfants après avoir quitté l'homme violent que sa famille lui a imposé...

Le départ des deux ainées pour Daech via la Libye a traumatisé Olfa et ses deux petites dernières Eya et Tayssir...

Kaouther Ben Hania a choisi de doubler Olfa dans les scènes les plus difficiles par Hend Sabri, une comédienne très connue en Tunisie et de confier les rôles des deux sœurs ainées aujourd'hui emprisonnées, à des actrices professionnelles ; seules Eva et Tayssir jouent leurs propres personnages...

La caméra au plus près des visages et des émotions filme le film en train de se faire avec des scènes d'une spontanéité magnifique durant lesquelles Olfa, Eya et Tayssir  se racontent et se confient pour mieux nourrir le scénario...

La violence alterne avec la tendresse, l'anecdotique avec l'universel, le drame avec l'humour : l'exercice permet-il de mieux comprendre la fascination de l'islam radical pour ces jeunes en quête de repères ?

Chacun y trouvera un début de réponse à ses questions !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Un joli moment de cinéma, à la fois contemporain et intemporel avec deux formidables acteurs dont le sourire nous fait craquer !

Karin Viard (Nathalie) et Alex Lutz (Aymeric) se rencontrent, plus précisément se bousculent dans une rame de métro bondée... Les remarques et les injures volent bas, au grand amusement de quelques voyageurs...

Les deux protagonistes se retrouvent dans une cabine de Photomaton pour une scène savoureuse, ponctuée par les directives de la machine... et poursuivent leurs échanges en déambulant dans un Paris nocturne, tantôt très peuplé, tantôt désert...

Impossible de se quitter sans avoir parlé du couple et de son usure, des premières fois et du temps qui passe...  : écrit à quatre mains avec Karin Viard, le texte d'Alex Lutz pétille d'intelligence et de sensibilité...

Le spectateur, appelé à partager cette nuit, sourit de leur bonheur à se découvrir, à tenter de se comprendre, à partager leurs expériences, à expérimenter de nouvelles façons de se divertir au sens pascalien du terme...

Très habilement amené, le twist de la dernière partie du film donne une dimension existentielle à cette jolie histoire d'alchimie !

 

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Le film du  réalisateur tchèque Petr Vaclav a obtenu 11 nominations aux Lions Tchèques 2023 (l'équivalent des Oscars et des César) et a remporté 6 prix : Meilleur Film, Meilleur Réalisateur, Meilleur Son, Meilleur Décor, Meilleurs Costumes et Meilleur Maquillage...

Tombé dans l'oubli depuis sa mort en 1781 à 43 ans, Josef Myslivecek était destiné à marcher sur les traces de son père, un riche minotier praguois.

À 27 ans, Il fuit l'Empire austro-hongrois, ravagé par la Guerre de Sept Ans, pour Venise où il étudie la composition avec Giovanni Battista Pescetti.  Sa renommée grandit au point qu'il est surnommé Il divino Boemo, notamment grâce au succès de son premier opéra Semiramide en 1766.

Sa liaison avec une femme importante de la cour accélère sa carrière et lui attire une commande de Ferdinand IV, roi de Naples. Cet opéra, Il Bellerofonte, remporte un tel succès en 1767 que sa carrière s’envole. Pendant les années 1770, il est l’auteur le plus prolifique de l’opéra italien et fréquente toutes les cours européennes et de nombreux théâtres publics de la Péninsule.

Mêlant habilement les épisodes de la vie du compositeur et la musique de ses opéras chantées par les plus grandes voix de son temps, le scénario rend hommage à cet artiste qui a écrit trente opéras et que Mozart admirait !

Tourné dans de magnifiques décors intérieurs, nous faisant voyager dans de sublimes paysages (Venise, Prague...), le film nous enveloppe de ses arias magnifiquement interprétés par des cantatrices de talent dont la Gabrielli...

Quant à l'acteur tchèque Voitech Dyk, il est fabuleux dans le rôle de ce compositeur, travailleur acharné et bourreau des cœurs, qui sut séduire les femmes puissantes et les mécènes amateurs d'opéra...

"Il Boemo" est plus classique dans sa forme qu'"Amadeus" de Milos Forman mais tout autant séduisant pour les férus d'opéra et surtout pour tous les cinéphiles !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Wes Anderson a choisi de nous offrir une plongée dans tous les mythes américains : le Grand Ouest sillonné par les longs trains de marchandises, l'art dramatique époque Actors Studio et ses actrices reconverties dans les séries télévisuelles et les productions hollywoodiennes, les essais nucléaires dans les grandes étendues désertiques, les soucoupes volantes et leurs aliens, la science et les jeunes surdoués, l'armée et son goût du secret, les stations d'essence et les diners comme dans Bagdad Café, les centres d'attraction foraine, les motels et leurs bungalows proprets...

Alternant les scènes en noir et blanc qui retracent la genèse de la pièce qui aurait dû être montée dans ce décor et les scènes en couleurs saturées du site d'Android City, le réalisateur américain nous raconte l'histoire improbable d'un weekend durant lequel un groupe de militaires et d'astronomes accueillent cinq enfants surdoués, distingués pour leurs créations scientifiques, afin qu’ils présentent leurs inventions...

Si on y ajoute la panne de voiture du père photographe d'un jeune surdoué et son hésitation à avouer à ses enfants que leur mère est morte et qu'il transporte ses cendres dans un tupperware, une star de cinéma dépressive qui répète son texte en s'assurant auprès de son voisin qu'elle est photogénique... nous arrivons à un scénario aussi emberlificoté que boursouflé...

Un casting de luxe : Tom Hanks, Jason Schwartzman, Scarlett Johansson, Tilda Swinton, Adrien Brody..., beaucoup de questions existentielles sur le deuil, la mort, les croyances... mais aucun personnage attachant, aucun moment de réelle émotion : le spectateur regarde le film sans entrer dedans et tente de suivre les vignettes successives d'une bande dessinée vintage qui n'offre aucune voie de réflexion sur les problématiques actuelles de notre monde contemporain...

Wes Anderson s'est certainement fait plaisir mais personnellement je me suis beaucoup ennuyée !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Nanni Moretti comme à son habitude, nous parle de cinéma, de politique, du couple et de lui... surtout de lui ?

Dans son dernier opus, il est de tous les plans : sur le plateau de tournage de son film, en famille avec sa femme et sa fille... il se mêle de tout, a toujours son mot à dire sur tout et fatigue son entourage...

Il ne supporte pas que sa femme produise le film d'un très jeune réalisateur, que sa fille soit amoureuse d'un diplomate beaucoup plus âgé qu'elle...

Et pourtant on est ravis de revoir le réalisateur italien qui n'a cessé de nous surprendre au fil des 35 films qu'il a réalisés en 50 ans de carrière !

Il nous parle de nostalgie : celle de la gauche italienne à travers l'hésitation du parti communiste italien face à l'intervention des chars soviétiques à Budapest en 1956, celle du couple qu'il a formé avec Margherita Buy (son épouse depuis 40 ans) qui songe à le quitter, celle du cinéma de création qui aujourd'hui doit se battre avec les plateformes... nous émeut et nous fait rire en introduisant du cirque, des chansons et des danses pour mieux nous surprendre... jusqu'à la scène finale, véritable manifeste en faveur de l'énergie du peuple en marche vers son avenir radieux ! 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Le réalisateur japonais Koji Fukada dit avoir voulu filmer la distance entre les êtres et sur ce plan, son film est une grande réussite !

Les personnages du film sont comme absents à eux-mêmes et aux autres...

Un jeune couple Taeko (Fumino Kimura) et Jiro (Kento Nagayama) fêtent, avec les parents de Jiro, la réussite de leur fils Keita (6 ans) à un concours de jeu de go...

Taeko installe les guirlandes et les ballons et accueille ses beaux-parents qui n'ont pas l'air ravis d'être là : en réalité ils n'ont jamais accepté que leur fils se marie avec une femme qui avait eu un enfant (Keita) d'un autre homme...

Comme le veut la tradition, les parents ont laissé leur appartement au jeune couple mais attendent en retour un petit-fils qui soit le leur...

La mort accidentelle de Keita agit comme une balle dans un jeu de quilles, pulvérisant les liens du couple, radicalisant la posture des parents et faisant apparaitre d'autres protagonistes à l'instar de Park le père biologique de Keita et l'ex petite amie de Jiro...

Le vide du décor autour des tours dans lesquelles vivent les deux couples renforce l'impression de faille existentielle : le spectateur occidental essaie de comprendre la nature des sentiments qui lient ces différentes  personnes dont le visage, le plus souvent impassible, ne laisse rien paraître... mais n'y arrive pas toujours...

Certaines réactions peuvent sembler étranges voire ridicules... mais il faut se laisser porter par la petite musique du film et le désespoir tranquille qu'il distille...

Le film nous dit que vivre sa solitude aux côtés de l'autre est une forme d'acceptation de la condition humaine !

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Les réalisateurs anglais ont un don pour mettre en scène la vie d'obscurs anonymes !

Qu'il s'agisse d'une histoire vraie comme "The lost king" ou de l'adaptation d'un roman comme dans le film de Hettie MacDonald...

"La lettre qui allait changer le destin d’Harold Fry arriva le mardi", le premier roman de Rachel Joyce a rencontré un succès fulgurant en Angleterre et partout dans le monde.

Avec un pitch improbable : Harold Fry (formidable Jim Broadbent), un retraité qui s'ennuie chez lui aux côtés de sa femme Maureen (Penelope Wilton), décide de parcourir à pieds les 800 kms qui le séparent de Queenie, une ancienne employée de sa brasserie, dont il vient de recevoir une lettre lui annonçant qu'elle est en phase terminale...

Harold Fry qui n'est à peu près jamais sorti de chez lui et n'est pas un grand marcheur, quitte son domicile les mains dans les poches et sans prévenir sa femme : sorti pour poster une lettre de réponse, il se persuade que s'il prévient Queenie de son voyage, il va la maintenir en vie !

Les pieds en sang, le vieil homme s'obstine et renforce sa volonté d'y arriver coûte que coûte, au hasard de ses rencontres...

Seule chez elle, Maureen passe par tous les sentiments : la colère, la jalousie, la tristesse, le dégoût d'elle même... et ne sait plus comment accueillir les rares coups de fil de Harold...

Un très joli moment de cinéma, plein de surprises, beaucoup plus profond que le pitch ne pourrait le laisser sous-entendre : culpabilité, sentiment d'être passé à coté de sa vie... Harold est un homme comme les autres mais son histoire nous fait sourire et nous touche !

A voir si le film passe encore dans votre salle favorite !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Selon Télérama, une excellente comédie à la française qui s'inscrirait dans la veine de "Maris et femmes" de Woody Allen ?

Le réalisateur français Ilan Klipper et Camille Chamoux, qui interprète Marie dans le film, ont co-écrit la trame en se racontant leurs déboires de couples respectifs...

Marie et Simon (Damien Bonnard) s'aiment mais ne se supportent plus...

Comment gérer de front leurs deux boulots (lui est prof d'histoire à la fac, elle anime une émission de radio sur la sexologie féminine) et leurs deux enfants ?  quand on n'est d'accord sur pas grand chose !

Elle est extravertie, excessive, bordélique, engagée... quant à lui, affublé d'une mère juive abusive (Ariane Ascaride à contre emploi), il ne  souhaite qu'une chose : trouver le calme en rentrant chez lui...

Après quelques échanges fleuris dont on ne nous épargne rien, nos deux héros surmenés, décident d'établir une charte pour apaiser leur relation...

Las ! la recette fait long feu !

Pour que le film ne ressemble pas à une longue scène de ménage, Ilan Klipper a rajouté des scènes festives, familiales et professionnelles qui s'insèrent au petit bonheur la chance dans l'histoire ; certaines sont très réussies comme le pétage de plombs de Marie face à son patron, d'autres sont incongrues comme une séance de drague avec une allemande rencontrée dans une soirée, suivie d'un plan à trois ???

J'ai été ravie de retrouver Jeanne Balibar que j'adore dans un rôle secondaire savoureux... mais sa présence en pointillé ne suffit pas à sauver un scénario qui a l'indécence de comparer les crises de couple au conflit israélo-palestinien !

En résumé, la veine comique m'a parue lourde, répétitive et sans aucune finesse d'analyse !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Le réalisateur italien Andrea di Stephano nous plonge dans une nuit à haute tension dans le nœud autoroutier de Milan...

Des diamants, des flics ripoux, la mafia chinoise, un policier honnête qui prend sa retraite après 35 ans de bons et loyaux services... tous les ingrédients sont réunis pour la réussite de ce film d'action...

Pierfrancesco Favino (vu récemment dans "Nostalgia") incarne avec talent  le policier Franco Amore remarié à Viviana (énergique Linda Caridi), une jeune femme vénale appartenant à une trouble famille...

Après un fabuleux survol nocturne de Milan, la caméra nous fait entrer dans l'appartement du couple où Viviana a organisé une fête surprise pour la retraite de son mari puis opère un flash-back 10 jours avant la dernière nuit d'activité de Franco...

La nuit sera longue et fiévreuse, éclairée par les gyrophares des voitures de police et de gendarmerie appelées sur les lieux du quintuple crime et soulignée par une musique qui épouse l'état psychique du héros...

Dommage que le film soit un peu long (2 heures), que certains personnages soient caricaturaux et que quelques scènes ne soient pas complètement crédibles (et notamment dans la dernière partie)...

Mais le personnage de Franco Amore est passionnant de complexité !

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