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Route 66

Route 66

Prenez vos bécanes pour aller au cinéma, voir des pièces de théâtre, admirer des expositions...

cinema

Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Dès le départ, c’est ce gros titre dans un journal qui a inspiré les scénaristes : "Une mère de deux enfants, originaire d'Edimbourg, a retrouvé la dépouille d’un roi disparu dans un parking".

Cette femme c'est Philippa Langley dont il a fallu obtenir l'autorisation pour s’emparer de son combat...

Stephen Frears et ses co-scénaristes ont décidé d'insuffler une dose d'humour dans cette histoire vraie comme pour sa précédente réalisation Philomena et le pari est réussi !

Sally Hawkins est délicieuse dans ce rôle de femme anonyme, tenace et sensible qui va réussir, grâce au soutien de son entourage familial (avec une mention spéciale pour John son mari malicieusement interprété par Steeve Coogan), à convaincre les services d'archéologie de l'Université de Leicester d'entreprendre des fouilles dans un parking pour exhumer la patrouille de Richard III, injustement jugé par l'Histoire et Shakespeare en particulier !

Tourné à Edimbourg dans de magnifiques décors médiévaux préservés, le film réhabilite la mémoire de ce roi, tout dernier monarque de la dynastie Plantagenêt et de la Maison d’York, qui a régné sur l'Angleterre de  1483 à sa mort survenue sur le champ de bataille de Bosworth Field en 1485 (avant-dernière bataille de la Guerre des Deux-Roses).

Un feel good movie !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Présenté à la Quinzaine des réalisateurs de Cannes en 2022, le premier long métrage de Manuela Martelli est une grande réussite...

Fascinée par le destin de sa grand-mère dont elle a appris qu'elle s'était suicidée, la réalisatrice chilienne a imaginé l'histoire de Carmen, une femme de la classe moyenne supérieure qui se trouve confrontée à la réalité de la répression organisée par Pinochet, après son accession au pouvoir en 1973, à l'encontre des militants socialistes et des syndicalistes suspectés de marxisme...

Dès le début du film, le spectateur est plongé dans la paranoïa et la violence qui ont empoisonné le quotidien de tous les chiliens au milieu des années 70 : Carmen qui a décidé d'entreprendre des grands travaux de rénovation pour sa villa au bord de la mer, demande à un droguiste de Santiago de réaliser un mélange de peinture qui lui rappelle les couleurs des maisons de Venise...

Lorsque des bruits sourds retentissent dans la rue, le commerçant se hâte d'aller fermer le rideau de sa boutique et lâche son pinceau qui constelle de tâches colorées l'escarpin de Carmen...

Lorsque Carmen reprend sa voiture, elle découvre une chaussure qui a roulé sous son véhicule...

Lorsque Carmen arrive dans sa maison, elle accepte de suivre dès le lendemain de son arrivée le Père Sanchez qui lui demande de soigner un fugitif blessé qu'il a recueilli dans le plus grand secret...

Happée par ce nouvel engagement, Carmen va tenter de concilier sa vie d'épouse de grand médecin et de jeune grand-mère avec les dangers de la clandestinité qui va désormais constituer son quotidien...

L'actrice franco-chilienne Aline Kuppenheim incarne avec un rare talent cette femme à la fois forte et fragile qui se retrouve bien malgré elle impliquée au cœur de l'Histoire du Chili, alors que la vie de ses proches ne semble pas du tout impactée par ces événements tragiques...

Un sujet intéressant, de beaux personnages secondaires dont la nounou mais quelques longueurs (le film dure deux heures)...

A voir assurément !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Une élégante main d'homme caresse lentement un chatoyant coupon de satin de soie bleu pétrole...

Cette main c'est celle d'Halim, un tailleur traditionnel, un maalem, qui exerce le métier de brodeur de caftans artisanaux dans la médina de Salé (la sublime voisine oubliée de Rabat)...

Halim (Saleh Bakri émouvant) vit depuis de longues années avec Mina (toujours aussi formidable Lubna Azabal) : ils tiennent ensemble la boutique, elle au comptoir, lui à l'atelier et leur complicité saute aux yeux...

Halim, qui a pris du retard dans ses commandes et doit broder le caftan bleu pour une cliente exigeante, a décidé de prendre un apprenti en la personne de Youssef (passionnant Ayoub Missoui)

La caméra caressante de la réalisatrice Maryam Touzani (dont c'est le deuxième long métrage après Adam), filme avec tendresse ses trois héros ordinaires : regards échangés et gestes suspendus dans la beauté du clair obscur du magasin ou de l'appartement où vit le couple...

Le spectateur est appelé à entrer sur la pointe des pieds dans le secret de l'intimité du couple : Mina la femme forte qui a sauvé son mari du mépris de son père, est en phase terminale d'un cancer ; Halim de son côté se rend au hammam où il loue une cabine particulière : l'homosexualité au Maroc est punie de 6 mois à 3 ans de prison...

Une ode à la liberté d'aimer, à la sensualité des corps, à la suavité des clémentines que Mina déguste en guise de repas, au travail bien fait, à la musique partagée le temps d'une danse improvisée, aux couleurs des tissus et des fils d'or, à la mer dont l'odeur imprègne la médina... mer que l'on découvre dans une féérique scène finale... une vraie merveille !

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Vu en avant-première dans le cadre des 9e rencontres du film russe (sortie prévue le 29 mars).

Tourné en 2021 à Saint-Pétersbourg, monté en France, le film de Natalia Merkoulova et Alexeï Tchoupov est interdit de diffusion en Russie et on peut aisément le comprendre... 

Les deux réalisateurs nous parlent avec un réalisme cru et une touche de fantastique de la purge effectuée par Staline en 1938 dans ses propres rangs.

Les hommes qui ont mis en œuvre la terrible répression qui s'est traduite par l'arrestation, la torture et l'assassinat de 600 000 civils des villes de Moscou et de Léningrad, sont eux-mêmes arrêtés et exécutés.

Se sachant condamné, le capitaine Volkonogov jusqu'ici bien noté par ses supérieurs et apprécié par ses collègues, s’échappe. Dans sa fuite, il est frappé d’une vision : pour sauver son âme, il devra se confronter aux familles de ses victimes et obtenir leur pardon.

Le spectateur français est plongé dans l'enfer russe d'une chasse à l'homme qui erre de lieu sordide en appartement communautaire glauque, empruntant un tramway brinquebalant pour mieux échapper à ses poursuivants...

Des scènes à couper le souffle au cœur de la ville où les bourreaux sont habillés de rouge et de cuir noir... et dans des no mans' land où tentent de survivre enfants et vieillards dont les proches ont été exécutés...

Un film document, un film métaphore, un film éminemment courageux !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Sylvain Desclous nous offre un vrai moment de cinéma :

- un beau sujet complexe : peut-on réussir en politique ou sur tout autre terrain quand on a les mains sales ?

- d'excellents acteurs avec une mention spéciale pour : Rebecca Marder formidable dans ce rôle de jeune femme tout à la fois forte et fragile, Emmanuelle Bercot excellente dans celui d'une députée militante et Marc Barbé, père fracassé mais profondément concerné par l'avenir de sa si brillante fille...

- une trame policière qui sous-tend l'histoire et lui donne toute sa fièvre...

Madeleine (Rebecca Marder) et Antoine (Benjamin Lavernhe), couple à la ville comme à l'écran, sont jeunes, beaux, talentueux et amoureux...

Préparant de concert le grand oral de l'ENA dans une splendide villa du côté de Porto-Vecchio, ils se destinent tous les deux à un grand avenir : elle la fille de Vénissieux et lui le bourgeois lyonnais fils à papa...

Tout dérape sur une route de Corse où ils font une rencontre inattendue qui se solde par un drame... qui va irrémédiablement les séparer...

Le scénario très bien construit nous attache aux pas de Madeleine qui va tout mettre en œuvre pour aller jusqu'au bout de son ambition sans trahir ses idées mais...

A voir assurément !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

En mars 2018, des membres de l'association P.A.I.N. (Prescription Addiction Intervention Now), fondée par la photographe Nan Goldin, se sont réunis au MET pour dénoncer la famille Sackler, fondatrice du groupe Purdue et mécène de nombreux musées à travers le monde : la famille Sackler est en effet devenue milliardaire grâce à la vente d'opioïdes puissamment addictifs comme le Valium et surtout l'OxyContin qui ont tué plus de cinq cent mille personnes aux USA...

Dès l’instant où elle s’est lancée dans l’aventure de P.A.I.N., Nan Goldin a décidé de faire un film pour documenter leurs réunions et leurs actions. Pendant environ un an et demi, P.A.I.N. a donc tourné des images avant de convier la réalisatrice Laura Poitras (Oscar du meilleur documentaire en 2015 avec Citizenfour) à se joindre au projet.

La réalisatrice a décidé d'entremêler le récit de ce combat contre l'OxyContin, dont la photographe a elle-même été victime, avec son enfance personnelle très liée au suicide de sa sœur, sa jeunesse rebelle, sa découverte de la contre- culture, sa fascination pour la communauté LGBT, l'hécatombe de ses proches lors des années sida et ses drames personnels...

En s'appuyant sur une œuvre majeure de Goldin, "Sisters, Saints, and Sibyls" (2004), une installation sur trois écrans consacrée à sa sœur défunte - et sur une autre de ses expositions phares : "The ballad of sexual dependency"... entre autres...

De mon point de vue trop de sujets, intéressants certes, mais qui alourdissent le propos et diluent le thème central du film à savoir l'engagement de Nan Goldin, lanceuse d'alerte redoutablement efficace !

NB : le titre du film, plutôt abscons, vient d’une réponse de Barbara, la soeur de Nan Goldin à un test de Rorschach.

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

La réalisatrice Elena Lopez Riera nous parle d'eau, d'une légende de son village autour de l'eau, de la connaissance que les femmes ont de l'eau...

Un univers très personnel qui s'inscrit dans les thèmes actuels : l'écologie et la puissance des femmes...

Dans une petite ville du Sud Est de l'Espagne traversée par un fleuve et une voie rapide, les jeunes trompent leur ennui l'été en buvant, fumant, dansant et draguant...

Les agriculteurs attendent et redoutent la pluie qui ne tombe que deux fois par an mais qui transforme le cours d'eau paresseux en torrent dévastateur...

Ana (Luna Pamies, une révélation), qui aide sa mère (Barbara Lennie) et sa grand-mère (Nieve de Medina) à tenir le bar du village, s'éprend de José (Alberto Omo), revenu épauler son père dans sa plantation de citrons..

Quand la pluie tant attendue s'annonce, la légende rattrape Ana...

Mêlant fiction, reportage et fantastique, le film est attachant mais austère et surtout trop long (1h44)

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Après son premier long-métrage The Father, dont le succès a reposé sur la présence magnétique d'Anthony Hopkins, le réalisateur Florian Zeller adapte une nouvelle fois au cinéma une de ses pièces, Le Fils. Créée en 2018, elle était jouée par Yvan Attal, Anne Consigny, Élodie Navarre et Rod Paradot.

Avec cet opus, le réalisateur s'attaque au sujet de la dépression adolescente : Zen McGrath incarne Nicholas, un jeune homme de 17 ans quasi mutique qui reproche à son père d'avoir quitté sa mère pour une femme plus jeune...

Durant 2 heures, la caméra s'attache à son visage de chien battu et l'on a beaucoup de mal à ne pas décrocher tant les scènes sont téléphonées...

Le jeu du père Peter (interprété par Hugh Jackman) est plus intéressant : l'homme à la cinquantaine séduisante, à qui tout sourit, dévoile peu à peu ses failles personnelles jusqu'à la scène finale (sans doute trop mélodramatique).

L'ex femme et la nouvelle sont caricaturales, quant à la prestation d'Anthony Hopkins dans la peau d'un père toxique, elle est superflue...

Florian Zeller est sans doute meilleur dramaturge que scénariste ?

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Le pitch était séduisant dans sa dimension documentaire : nous parler de la Goutte d'or (entre Barbès et la porte de la Chapelle), de ses marabouts et des bandes de mineurs isolés venant de Tanger qui squattent le quartier depuis 2016...

Hélas à l'arrivée, le dernier film de Clément Cogitore ne ressemble à rien : Karim Leklou promène sa dégaine de gros ours ahuri dans des chantiers boueux, des appartements pouilleux ou des entrepôts miteux où il tente de survivre au milieu d'une faune qui s'agite dans tous les sens...

Si l'on comprend vite comment le marabout trompe ses clients, et que l'on s'ennuie vite, la seconde moitié du film survitaminée nous laisse perplexes face à la multiplication de scènes nocturnes violentes, sans queue ni tête pour le spectateur français puisque la plupart des dialogues sont en "deridja" (un dialecte marocain) et qu'ils ne sont pas surtitrés ???

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Une farce où les acteurs forcent leur jeu pour leur et notre plus grand plaisir, une parodie de film muet parlant, un thriller des années 30 où les femmes ont la part belle, un vaudeville anti-patriarcal...

Dans son nouvel opus, François Ozon, choisit de nous divertir en nous racontant l'histoire de deux femmes qui vont s'allier et monter une stratégie de défense mensongère dans un procès pour meurtre...

Madeleine Verdier (frivole Nadia Tereszkiwicz), une jeune et jolie actrice sans le sou et sans grand talent est accusée du meurtre d’un célèbre producteur.

Aidée par sa meilleure amie Pauline (intéressante Rebecca Marder), jeune avocate au chômage, elle est acquittée pour légitime défense...

Dès l'annonce du verdict, les rôles affluent pour Madeleine et les sollicitations pour Pauline... jusqu'à l'irruption inattendue de la vraie coupable en la personne d'Odette Chaumette (Isabelle Huppert), ancienne vedette du cinéma muet...

Autour du duo initial, le film nous offre une brochette d'acteurs : Isabelle Huppert, Fabrice Luchini, André Dussollier, Dani Boon, Michel Fau, Régis Laspalès, Myriam Boyer...  qui en font des "tonnes" et nous entrainent dans leur goût du jeu cinématographique !

A voir pour passer un bon moment sans prétention...

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