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Route 66

Route 66

Prenez vos bécanes pour aller au cinéma, voir des pièces de théâtre, admirer des expositions...

cinema

Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Depuis 2014, en France, la Justice Restaurative propose à des personnes victimes et auteurs d’infraction de dialoguer dans des dispositifs sécurisés, encadrés par des professionnels et des bénévoles.

Après "Pupille", Jeanne Herry s'est saisie de ce sujet pour son troisième long métrage et réussit un sans faute !

"L’objectif de la justice restaurative, c’est la libération des émotions par la parole ». C’est cette libération que j’ai voulu mettre en scène", précise la réalisatrice (fille de Miou-Miou et de Julien Clerc)...

Le spectateur est happé dès les premières images en étant associé à la formation des futurs bénévoles : Judith (Elodie Bouchez), Fanny (Suliane Brahim) et Michel (Jean-Pierre Darroussin), sous la supervision exigeante de Paul (Denis Podalydès excellent comme toujours)...

Le scénario extrêmement habile mêle une "thérapie de groupe" où des victimes d'agressions (Gilles Lellouche chez lui, Miou-Miou dans la rue ou Leïla Bekhti sur son lieu de travail) rencontrent en prison trois détenus auteurs d'agression, en présence de bénévoles - et une médiation orchestrée magistralement par Judith entre Chloé (formidable Adèle Exarchopoulos), une jeune femme violée dans son enfance par son frère et le dit frère à sa sortie de prison...

Scotché à son siège, le spectateur immergé dans ces histoires tristement "ordinaires" où l'émotion (sans pathos) perle à chaque scène, se retrouve universellement concerné au même titre que les victimes et/ou les agresseurs...

A voir absolument !

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

La réalisatrice espagnole Andrea Bagney est fascinée par la relation entre un réalisateur et son actrice principale...

Elle a fait appel à Lourdes Hernandez, une chanteuse qu'elle a découverte sur YouTube pour interpréter l'héroïne de son histoire...

Le film démarre par une rencontre dans un bar de Madrid entre un homme et une femme qui partagent quelques bières et se découvrent beaucoup de points communs...

Tournée en noir et blanc, la scène est plaisante et inaugure une suite savoureuse...

Car l'homme que Ramona vient de rencontrer est réalisateur et c'est devant lui qu'elle doit faire un essai... qu'elle refuse dans un premier temps car il lui a avoué être amoureux d'elle...

La suite n'est malheureusement pas à la hauteur et nous lasse vite par trop de maniérisme, de pseudo-intellectualisme et de jeu vite décrypté entre le noir et blanc et la couleur...

Lourdes Hernandez n'en reste pas moins fascinante tant son visage est expressif mais les deux autres principaux personnages : Bruno le réalisateur et Nico le petit ami qui a fait des études d'architecture mais est cuisinier ?... ne sont pas assez fouillés pour que le film prenne une réelle dimension dramatique...

Une curiosité ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Avec son dernier film présenté en ouverture du festival de Cannes, Maïwenn (qui incarne Jeanne du Barry), a su trouver le ton juste pour nous émouvoir...

Fascinée par le personnage de Jeanne campée par Asia Argento dans "Marie-Antoinette" de Sofia Coppola, la réalisatrice  a attendu 15 ans pour se lancer dans ce projet, pour lequel elle se sentait illégitime...

Durant 2 heures, Maïwenn réussit à nous passionner pour Jeanne Vaubernier, une fille du peuple avide de s’élever socialement et qui devint, par l'entremise du duc de Richelieu, la favorite de Louis XV jusqu'à ses derniers jours...

Porté par un casting de rêve : Johnny Depp (très convaincant dans le rôle du roi), Benjamin Lavernhe (fascinant en 1er valet de chambre et favori du roi), Pierre Richard (très à son aise dans le costume du duc de Richelieu), le film, tout à la fois classique car tourné en 35mm et très moderne par le jeu décalé des acteurs, est un modèle d'élégance et d'impertinence...

Pour casser l'image du futur Louis XVI, dont les historiens semblent enfin redécouvrir le tempérament complexe, Maïwenn a choisi son fils Diego Le Fur, un très grand jeune homme filiforme de 19 ans (a priori pas tenté par le métier d'acteur) : il incarne avec brio un dauphin très réfractaire aux mascarades de Versailles ! 

Le directeur de la photographie Laurent Dailland filme magnifiquement le château où une grande partie des scènes ont été tournées (le reste en studio) :  la lumière sublime les façades, les jardins, les bassins et la galerie des glaces...

Chaque scène est un tableau où le chatoiement des vêtements habite de magnifiques intérieurs : la réalisatrice confie s'être inspirée de l'esthétisme du film "Barry Lyndon"...

A voir assurément !

 

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Et si...

Noémie (Agnès Jaoui), scénariste de renom vient donner une masterclass à des étudiants de l'ENSAV (École nationale supérieure de l'audiovisuel, située à Toulouse)...

Invitée par Vincent (Jonathan Zaccaï), avec lequel elle a eu une histoire d'amour il y a 30 ans, Noémie démarre la journée devant un amphithéâtre quasiment vide... Un peu has been pour ces jeunes gens pleins de vie et d'imagination...

Pour un premier scénario, prendre un personnage qui vous ressemble, universel et unique...

La journée se déroule dans un double mouvement ponctué de moments insolites ; les étudiants de plus en plus nombreux se passionnent et sortent de leurs querelles intestines - le couple Noémie / Vincent se retrouve et se cherche, interrogeant leur passé et questionnant leur présent...

Un fou rire, un saignement de nez, un trop plein d'émotion... les anecdotes cinématographiques ponctuent la journée et font écho aux histoires de coeur et de deuil des différents personnages...

Frédéric Sojcher qui a choisi la musique de Cosma pour illustrer l'essai : Atelier d'écriture - Cinquante conseils pour réussir son scénario sans rater sa vie (écrit par Alain Layrac), réussit son pari d'arriver à faire d'une masterclass un objet cinématographique...

Un très très joli film tourné dans un magnifique bâtiment clos datant du XIVème siècle, cousu pour Agnès Jaoui (tout à la fois fragile et charismatique), avec le fil du souvenir de Jean-Pierre Bacri !

 

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Estelle (formidable Yolande Moreau), la principale du collège,  a comme adjoint un homme qui s'est fait à la force du poignet et règne de main de fer sur l'établissement...

Chad Chenouga s'est inspiré d'une histoire vraie pour nous raconter la "faille" de Sabri Lahlali (Roschdy Zem excellent comme à son habitude)...

Issu des quartiers difficiles de la ville, le principal adjoint se veut irréprochable pour décrocher son Graal : être nommé principal à la place du principal, en succédant à Estelle...

Mais Sabri a deux faiblesses : Saïd, son frère qui souffre d'une fragilité mentale et dont il doit s'occuper et Naël (Jibril Bhira très prometteur), son fils auquel il prédit les plus grands succès scolaires...

Mais ce dernier, rattrapé par l'adolescence, ne travaille pas assez son brevet au goût de son père qui, pour lui, va commettre l'irréparable...

D'une forme assez convenue : opposition entre ce principal trop intègre et l'équipe pédagogique, conflit entre Sabri et son ex-femme Noémie (Marina Hands) professeur dans le même collège, le film se démarque par le duo très touchant que forment Roschdy Zem et Yolande Moreau, une intellectuelle empathique et doucement fleur bleue...

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Brighton Beach, à la pointe sud de Brooklyn, est principalement habité par des immigrants de l’ex-URSS. C’est un endroit où l’on peut survivre sans parler anglais car les affichages dans la rue sont principalement écrits en russe mais c'est un refuge familier que les immigrés ne quittent pas...

Le réalisateur géorgien Levan Koguashvili nous invite à partager la vie de ces perdants qui tentent de se débrouiller et enchaînent les petits boulots pour survivre... 

Il nous raconte une belle histoire d'amour filial entre Kakhi (interprété magnifiquement par Levan Tedaishvili, authentique champion de lutte, médaillé olympique en 1972 et 1976) et son fils Soso parti faire des études de médecine à New-York...

Quand Kakhi débarque à Brighton 4th, la très modeste pension de famille où habite son fils, il découvre qu'il est couvert de dettes et que son créancier, un caïd de la mafia locale, n'est pas du genre à se laisser intimider...

Entouré par une bande de "pieds nickelés", le père taiseux et digne va tout mettre en œuvre pour sauver son fils...

Un dépaysement complet, à quelques encablures de Manhattan !

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Le réalisateur turc Emin Alper nous raconte le combat d'un jeune procureur intègre contre les potentats locaux d'une bourgade rurale et surchauffée d'Anatolie...

Le contexte est campé dès les premières images : la disparition des nappes phréatiques qui provoque des dolines (voir affiche du film), la persistance des traditions locales qui veut que des hommes lourdement armés chassent le sanglier y compris dans les rues de la ville et l'ambiance de crise entretenue par un maire populiste qui prépare sa prochaine réélection... 

Volontariste et naïf,  Emre (brillamment interprété par Selahattin Pasalile), le procureur fraîchement arrivé de la capitale va tenter de comprendre les rouages du système en place gangréné par la corruption et de s'y faire respecter...
 
Présente dès le départ, la tension d'abord sourde, ne cesse de monter jusqu'au paroxysme final qui fait froid dans le dos !
 
Un film à nul autre pareil qui nous dépayse mais surtout nous inquiète...

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Ours d'Or à la dernière Berlinale, le dernier opus de Nicolas Philibert nous parle de nos doubles psychiatriques...

L'Adamant, une magnifique péniche en bois amarrée sur les berges de la Seine à hauteur de la grande horloge de la gare de Lyon, est un centre de jour ouvert aux parisiens atteints de troubles psychiques...

Premier volet d'un triptyque sur la santé mentale, le film nous invite à bord de cette utopie flottante où Muriel, Marc, Olivier et les autres... viennent se confier au micro du réalisateur...

Le spectateur s'attache aux femmes et aux hommes qui viennent rechercher une écoute et de la compagnie : tous doués d'un talent artistique, ils participent à des ateliers d'expression corporelle, de dessin, de chant, de photo ou de confiture après avoir été chercher les fruits invendus des épiceries voisines...

La vie les a cabossés mais régulés par la prise de médicaments, ils peuvent de nouveau espérer renouer avec leurs enfants, leurs amis et leurs rêves...

Une variété de visages et de voix qui se croisent et qui, comme les acteurs d'un film, nouent au fur et à mesure des prises, un paysage humain à la fois proche et lointain qui, peu à peu, nous fascine et nous laisse orphelins quand le générique de fin s'inscrit sur l'écran !

On attend avec impatience le volet 2 qui nous mènera à l'hôpital Esquiral de Charenton-le-Pont et le volet 3 qui suivra des visites aux domiciles des patients...

A voir assurément !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Le film de Colm Bairéad est l’adaptation en langue irlandaise du récit Foster, écrit par Claire Keegan et publié en 2010. Il est paru en France sous le titre Les Trois Lumières.

Ayant grandi à Dublin dans une famille bilingue parlant anglais et irlandais, le réalisateur a choisi de tourner "The Quiet Girl" en gaélique irlandais et cette décision concourt en grande partie à la réussite de son premier long métrage de fiction...

Cette "quiet gril", c'est l'histoire de Cait, un petite fille mal aimée par ses parents paysans qui la confient lors d'un été des années 80 à de lointains cousins...

Cait la silencieuse, ne trouve sa place nulle part, ni au milieu de sa nombreuse fratrie, ni à l'école où ses coreligionnaires se moquent de sa lecture hésitante et de son côté farouche...

Quand elle se retrouve dans une maison coquette où tout est propre, où elle peut enfin manger à sa faim et où surtout elle est accueillie avec tendresse par Eibhlin et par Shean qui se laisse apprivoiser,  Cait s'ouvre aux bonheurs simples de la vie et participe aux travaux de la ferme.

Colm Bairéad a pensé en réalisant ce film, aux orphelins et aux enfants réputés difficiles qui ont été livrés durant de nombreuses années en Irlande aux sévices de sœurs catholiques maltraitantes - et la violence sourde de cette dénonciation transparait en filigrane du scénario pour le rendre encore plus poignant...

Le charme du tempo lent et silencieux du film agit comme un baume sur les êtres meurtris par le destin !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Le 20 janvier 1942, quinze hauts responsables du IIIe Reich conviés par Reinhard Heydrich, se sont réunis durant deux heures dans une villa berlinoise cossue, pour mettre au point un plan d'élimination du peuple juif...

Basé sur le procès-verbal hautement confidentiel de la conférence établi par Adolf Eichmann, dont il ne reste qu'un seul exemplaire retrouvé après la fin de la guerre, le film du réalisateur allemand Matti Geschonneck nous fait vivre en "direct" la conférence de Wannsee qui a scellé le sort de millions de juifs exterminés dans les camps de la mort...

Autour de la table en U, les représentants de la Waffen SS et du Parti hitlérien, les fonctionnaires des différents ministères et les émissaires des provinces conquises débattent et se livrent à des jeux de pouvoir pour parvenir à adopter la "solution finale"...

Dans cette unité de lieu et de temps, nous écoutons avec effroi ces hommes décider sans le moindre état d'âme du meilleur système à mettre en œuvre pour "industrialiser" le massacre des juifs qui a débuté dès 1939...

Remarquablement interprété par l'acteur autrichien Philipp Hochmair, Reinhard Heydrich le SS-Obergruppenführer allemand tour à tour autoritaire, séducteur et suprêmement habile convainc ses interlocuteurs de la justesse de la mission que lui a confiée Göring :  étendre l’Endlösung à tous les Juifs d'Europe, dont il estime le nombre à 11 millions de personnes !

Le spectateur d'aujourd'hui assiste glacé à ces échanges dont le cynisme n'a pas de limite : la stratégie établie au cours de cette conférence claque comme la "banalité du mal" dénoncée par Hannah Arendt à l'encontre d'Eichmann lors de son procès en 1961...

Documentaire à charge et non fiction, le film devrait figurer au programme d'Histoire des futurs citoyens européens !

 

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