
Prenez vos bécanes pour aller au cinéma, voir des pièces de théâtre, admirer des expositions...

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Écrit par Mohammad Rasoulof, l’auteur des Graines du figuier sauvage, exilé en Europe depuis le printemps 2024, le film réalisé par Ali Samadi Ahadi est en partie inspiré par la militante iranienne des droits de l’Homme Narges Mohammadi, Prix Nobel de la paix en 2023. Incarcérée, elle avait refusé de quitter sa cellule pour être hospitalisée car on voulait la contraindre à porter le voile afin d’être soignée.
Myriam (magnifique Vishka Asayesh qui a été bannie à l'issue du tournage de l'industrie cinématographique en Iran car elle a interprété son rôle sans voile), activiste et militante pour les droits de l’Homme, est emprisonnée depuis six ans en Iran loin de son mari et de ses enfants réfugiés en Allemagne. Lorsqu’elle obtient enfin une permission pour raisons médicales, elle a 7 jours pour décider de fuir le pays et retrouver sa famille ou rester en Iran pour continuer sa lutte.
La caméra ne quitte pas le visage de cette femme courage qui entreprend un voyage qu'elle découvre au fur et à mesure des étapes décidées par le réseau de résistance qui l'a prise en charge et lui fait traverser des zones montagneuses et glaciales pour rejoindre sa famille qui l'attend à la frontière turque...
Torturée du début à fin du film par son combat intérieur : doit-elle abandonner son engagement pour redevenir une épouse et une mère, la figure de Myriam s'inscrit dans le mouvement iranien Femme, Vie, Liberté et devient universelle dans le dilemme auxquels de plus en plus de peuples sont confrontés : se taire ou prendre la parole contre la montée des populismes, des extrêmes et des régimes autoritaires !

La réalisatrice japonaise Chie Hayakawa se raconte à travers l'été 1987 de son héroïne Fuki (délicieuse Yui Suzuki), une petite fille de 11 ans, solitaire et perdue entre un père mourant et une mère rarement présente puisque qu'accaparée par son travail...
A travers ce second long métrage, la cinéaste, mère de deux enfants, avoue avoir essayé de se guérir de sa culpabilité de n'avoir pas su accompagner son père malade...
Elle a choisi l’année 1987 parce qu’elle avait l’âge de la petite fille du film cette année-là. Mais aussi et surtout parce que le Japon était à son apogée économique et que la population avait un très fort pouvoir d’achat, avant le déclin de ce modèle économique.
L'idée est jolie et je regrette de n'avoir pas réussi à entrer dans le film tant il m'a paru décousu, irrationnel et incompréhensible (en tout cas pour un européen) !
Le titre du film, étrange pour un film japonais, vient de l'enchantement de Chie Hayakawa pour le tableau de Renoir "La petite Irène" dont son père lui avait offert une reproduction... tableau qui fascine également Fuki qui va l'accrocher dans la chambre d'hôpital de son père...

Simon Curtis reprend du service pour réaliser ce dernier volet, après avoir déjà signé le second (que j'avais trouvé excellent), qui se clôturait par la mort de la comtesse douairière, Violet (incarnée par Maggie Smith, décédée elle aussi deux ans plus tard).
Ultime adaptation ciné de la série culte qui en six saisons de 2010 à 2015 nous a rendus accros à la famille Crawley et à leur personnel de maison, le film boucle dans les années 30 une saga qui avait démarré en avril 1912, le jour du naufrage du Titanic...
A la mélancolie de cet adieu, s'ajoutent le passage de flambeau de Robert et Cora à leur fille Lady Mary, le divorce de Lady Mary et les départs en retraite du majordome Carson et de la cuisinière Madame Patmore...
Au plaisir de retrouver nos personnages favoris, se mêle donc la tristesse des au revoir et également le sentiment de perte de l'insouciance d'une époque bouleversée dès les premières scènes par les conséquences du krach de 1929... tournant de l'Histoire qui n'est pas sans annoncer la fin des années 30 et la perspective de la seconde guerre mondiale...
Difficile de clore cette longue page d'histoire sans collectionner les "vignettes" en invitant tour à tour les différents personnages que nous avons vu changer et s'épanouir au fil des épisodes - procédé qui prive le scénario de son habituel souffle captivant...
Mais il faut quand même aller voir le film et notamment pour se réjouir de la transformation de deux personnages : Edith Crawley devenue un appui pour sa si brillante soeur aînée, et Daisy Parker, la jeune aide cuisinière godiche qui s'est transformée en une charmante jeune femme respectée pour son talent professionnel en cuisine !

Il s’agit du premier long-métrage de fiction de Guillermo Galoe - qui avait déjà réalisé en 2023 un court métrage sur La Canada Real, l'un des plus grands bidonvilles d'Europe aux portes de Madrid (il s'étend sur plus de 14 kms de long)...
Pour raconter ce monde en voie de disparition qui réunit gitans, roms, immigrés marocains et latinos, le réalisateur a du convaincre les habitants de participer au film dont ils sont les héros (le projet suivi du tournage a duré 6 ans)...
Les premières images nous montrent une scène de chasse impliquant un pick up rempli d'enfants accompagnant un lévrier blanc qui court après un lapin... une première scène de "western" où le spectateur ressent viscéralement la liberté du groupe qui se déplace dans un paysage quasi désertique...
Le film nous montre la fierté et la solidarité de ces communautés qui résistent malgré des conditions de vie de plus en plus inhumaines du fait du réchauffement climatique à la volonté du gouvernement espagnol de démanteler ce ghetto (l'électricité a été coupée en 2020, des maisons en dur sont régulièrement démolies...), pour récupérer des terrains qui ont pris de la valeur aux portes de la capitale espagnole...
Nous découvrons cet endroit improbable à travers le regard de deux adolescents : Antonio Fernandez, un jeune gitan qui aide son grand-père ferrailleur et Bilal Sedraoui d'origine marocaine, dont les visages crèvent l'écran...
Le film reparti du Festival de Cannes auréolé du Prix SACD de la Semaine de la Critique, nous fait toucher du doigt l'opposition entre deux mondes qui ne peuvent pas cohabiter sur le territoire européen : celui ancestral du voyage où la poésie côtoie la drogue et celui du capitalisme florissant qui n'en finit plus de grignoter les terres libres de béton...
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Fils de est le premier long-métrage réalisé par Carlos Abascal Peiro. Avant de devenir cinéaste, ce dernier était journaliste pour plusieurs médias espagnols à Madrid puis à Paris.
Sur le papier le film avait tout pour plaire : un sujet ô combien d'actualité (une semaine après la présidentielle, la France cherche toujours son Premier Ministre !), un casting de choc avec François Cluzet, Karin Viard et Alex Lutz...
A l'arrivée un boulgi boulga de scènes aussi absurdes qu'incompréhensibles qui illustrent un seul message : les femmes et les hommes politiques sont tous pourris (et vulgaires !)
Un seul conseil : voir ou revoir la série Baron noir (2016-2020), les films L'exercice de l'Etat (2011), Quai d'Orsay (2013), Alice et le maire (2019), Les Promesses (2022) avec Isabelle Huppert..
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Comme pour son premier film Beyond the infinite Two Minutes (2020), le réalisateur japonais Junta Yamaguchi nous propose une boucle temporelle de deux minutes dans laquelle les héros de son histoire se retrouvent enfermés...
Capté dès les premières images dans un décor magnifique au cœur des montagnes japonaises enneigées, le spectateur est invité à l’auberge Fujiya près de Kyoto, où les employés et les clients se rendent vite compte que les mêmes 2 minutes sont en train de se répéter à l'infini...
Incrédules, agacés, énervés, désorientés, amusés... mais jamais indifférents, ils vont peu à peu prendre conscience que revivre les 2 mêmes minutes à l'infini offre un grand nombre de possibilités : emprunter un autre escalier, prononcer d'autres paroles, modifier un geste... en un mot remonter le temps pour corriger le passé...
Le film, au premier abord absurde, recèle une analyse très fine des émotions et des sentiments des différents protagonistes dont la délicieuse Mikoto (Riko Fujitani) qui se retrouve sur la même berge de la rivière avec l'obligation de remonter dans l'auberge pour nettoyer la chambre d'un client...
A voir pour le décor de carte postale mais pas que !

Dans Miroirs n°3 qui fait référence à la pièce pour piano éponyme du compositeur français Maurice Ravel, le réalisateur nous raconte l'histoire de Laura (Paula Beer) qui semble flotter entre le désir de mort et son envie de vivre pour la musique...
Quasiment mutique, elle est recueillie par Betty (Barbara Auer à fleur de peau), une femme d'une cinquantaine d'années qui vit seule dans une maison de la campagne berlinoise et l'a extraite miraculeusement intacte d'une voiture accidentée après un tonneau qui a couté la vie à son petit ami...
Une étrange complicité se noue entre les deux femmes, chacune ayant visiblement besoin de l'autre : d'ellipses en ellipses, le spectateur comprend le drame qui a détruit Betty mais peine à analyser le mal être de Laura...
Deux actrices merveilleuses, de très belles scènes mais on ressort du film un peu frustré(e) en se demandant quel est le véritable sujet du scénario...
En conclusion, un court moment de cinéma plaisant, touchant mais un peu vain ?
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Tourné au pays basque (à Saint Jean de Luz et à Biarritz), le long métrage d'Olivier Schneider, réalisateur et chef cascadeur (notamment dans des James Bond), nous offre plusieurs lectures d'un scénario a priori classique : le film de vengeance...
Lorsque Sofia (Naidra Ayadi) meurt dans un accident de voiture provoqué par un chauffard, sa fille Leïla (Sonia Faidi dont le charisme crève l'écran), n'a qu'une idée en tête : retrouver le jeune homme brièvement aperçu alors qu'elle s'extrayait elle-même difficilement de la voiture, pour lui faire payer son crime...
Car Leïla 17 ans, championne d'art martial, est une battante qui a hérité des gènes de sa mère : une orpheline recueillie dans un foyer d'enfants cassés auxquels la vie n'a jamais fait de cadeau...
A son réveil à l'hôpital, elle découvre deux hommes de l'âge de sa mère, que la directrice du foyer (toujours aussi formidable Anouk Grinberg) lui désigne comme faisant partie de la famille...
Gabriel dit Gab (Alban Lenoir également scénariste du film) et Idriss (Dali Benssalah), brouillés depuis leur départ de l’orphelinat, mènent des vies opposées : l’un est flic à l’IGPN, l’autre fixeur pour des voyous...
Habités l'un et l'autre par la violence, ils se regardent en chiens de faïence mais sont obligés de se rapprocher pour tenter de protéger Leïla, dès qu'ils se rendent compte qu'elle s'est emparée de l'arme de service de Gab...
Au-delà de la multiplication des cascades auxquelles participent les trois héros (dont une traversée spectaculaire des Halles de Saint Jean de Luz au volant d'un énorme 4x4), c'est les liens qui se tissent ou se retissent entre les deux hommes et la fille de la femme qu'ils aimaient qui est passionnant...
A voir même si vous n'aimez pas les films d'action, pour le jeu pluriel de ses acteurs et pour les décors sublimes de la côte basque où le cinéaste a passé ses vacances d'enfant !