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Route 66

Route 66

Prenez vos bécanes pour aller au cinéma, voir des pièces de théâtre, admirer des expositions...

cinema

Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Présenté en compétition au Festival de Cannes 2025, le dernier opus d'Ari Aster présente un tournant dans sa filmographie...

Après Beau is afraid (2023) qui lorgnait plus du côté de la comédie noire, le cinéaste revisite le western en l'ancrant dans la réalité américaine, à travers l'affrontement de deux hommes dans une petite ville du Nouveau Mexique...

Bien qu’il dise présenter deux visions opposées de l’Amérique contemporaine (les progressistes contre les conservateurs), et ne pas souhaiter faire un film à charge, le réalisateur dresse un portrait paranoïaque d'une Amérique en pleine pandémie, dans une atmosphère empoisonnée par l'influence des réseaux sociaux qui alimentent la peur et la suspicion - à laquelle s'ajoute l'émergence incontrôlable de l'IA !
Face à un Joachin Phoenix, méconnaissable mais omniprésent,  qui interprète un shérif ultraviolent n'hésitant pas à tuer tous ceux qui entravent sa route vers le pouvoir, Pedro Pascal a du mal à exister dans le rôle du maire falot qui voudrait quand même se représenter !
En résulte un film chaotique, une satire confuse du système, des scènes exagérément violentes et une envie de fermer les yeux et les oreilles devant le pitoyable spectacle de l'Amérique d'aujourd'hui qui nous est présenté ! 
Au secours, fuyons ! 
 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Le film s’inspire du vécu du scénariste, réalisateur et acteur Johann Dionnet, et plus précisément de toutes les pièces jouées lors de plusieurs Festivals d’Avignon épiques où il a eu l’impression de vivre mille vies pendant un mois

Il nous raconte l'histoire de Stéphane (Baptiste Lecaplain), comédien en perte de vitesse, qui débarque avec sa troupe au Festival d’Avignon pour jouer une pièce de boulevard. Il y recroise Fanny (Elisa Erka), une comédienne de renom, et tombe sous son charme. Profitant d’un quiproquo pour se rapprocher d’elle, Stéphane s’enfonce dans un mensonge qu’il va devoir faire durer le temps du festival…mais qui va très vite le dépasser !

Un scénario un peu léger qui s'inscrit toutefois dans une réalité palpable grâce au parti pris du réalisateur de tourner certaines séquences du film pendant le Festival d’Avignon lui-même, avec une caméra discrète qui lui a permis de capter l’ambiance réelle des rues animées, des spectacles de rue et du rythme effréné du Off. 

Un bon moment sous le soleil d'Avignon pour célébrer le spectacle vivant ! 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

En 2002, Elodie Kulik, une jeune banquière de 24 ans, est retrouvée morte dans la Somme, après avoir été violée et brûlée vive. Une séquence glaçante de son appel aux secours sur le 17 est enregistrée. L’enquête durera plus de dix ans !

Le réalisateur Peter Dourountzis s'est inspiré de cette affaire emblématique pour écrire le scénario de son 3ème long métrage...

Il nous raconte l'enquête de Samuel (formidable Sami Bouajila), journaliste du magazine Détective, et Ava : Mallory Wanecque très juste dans le rôle de sa fille et stagiaire...

Ayant découvert des similitudes troublantes avec le meurtre d’une autre jeune femme agressée par un tueur qui s'est pendu en prison, Samuel se lance en franc tireur dans une plongée effarante au coeur des groupes masculinistes...

Un tempo rapide nous fait entrer dans le suspens haletant du film qui fait la part belle à l'évolution passionnante de la relation entre le père et la fille qui semblent se découvrir mutuellement...

Jean-Pierre Darroussin et Valérie Donzelli viennent compléter le beau casting d'un film qui illustre la prise de conscience par nos sociétés actuelles de la peur des femmes dans l'espace public... 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Le premier long métrage de Louise Courvoisier, sorti en décembre 2024, a été plébiscité par le public avec près d'1 million d'entrées ! 

L'ayant raté lors de sa sortie en salles, j'ai voulu comprendre les raisons de son succès en le regardant en replay !

Je dois avouer que le pitch ne me séduisait guère (même si j'avais adoré Petit paysan en 2017) : Totone (Clément Faveau), 18 ans, passe le plus clair de son temps à boire des bières et écumer les bals du Jura avec sa bande de potes. Mais la réalité le rattrape : après le décès de son père, il doit s’occuper de sa petite sœur de 7 ans et trouver un moyen de gagner sa vie. Il se met alors en tête de fabriquer le meilleur comté de la région, celui avec lequel il remporterait la médaille d’or du concours agricole et 30 000 euros.

La réalisatrice a travaillé en famille et a fait appel à des acteurs non professionnels pour le casting de son film : elle les a dénichés grâce à des connaissances ou à un casting sauvage dans le Jura, dans les courses de motocross, les stock-cars ou les comices agricoles. Le héros Totone, travaille dans un élevage de volailles,  l'héroïne Marie-Lise (Maïwène Barthélémy). était en BTS agricole au moment du casting.  Enfin, la comédienne qui interprète la fromagère habite le village de la réalisatrice, et est en réalité gardienne de prison dans la vie !

C'est un premier film authentique et brouillon qui nous parle d'un monde frustre mais attachant que les citadins ne connaissent pas... et pourtant nous sommes ravis de déguster un bon comté !

A voir pour se décentrer et s'intéresser au monde agricole français qui résiste encore à la mondialisation ! 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Snobé par Télérama, le film mérite quand même d'être vu pour sa seconde partie, étonnamment touchante et profonde qui nous fait réfléchir à un grand sujet : comment faire cohabiter la France d'en haut et la France d'en bas ! 

Tout le début du film est contenu dans le pitch : suite à une erreur de réservation, deux familles que tout oppose, ainsi qu’un éditeur un peu snob et l’influenceuse qu’il souhaite publier, sont contraints de partager une sublime maison de vacances. Le choc des cultures est immédiat, entre habitudes incompatibles et personnalités bien affirmées...

Après un début un peu laborieux, le film est sauvé par son casting : trois acteurs de la Comédie Française : Pauline Clément (l'épouse du dentiste), Laurent Stocker (l'éditeur snob) et la jeune Claïna Clavaron (l'influenceuse gentiment inculte, dont c’est le deuxième rôle au cinéma),  auxquels s'ajoutent les dynamiques Clovis Cornillac et Aure Atika mais pas que !

On en ressort le sourire aux lèvres en formulant un rêve : que des espaces de "cohabitations forcées" soient constitués pour réconcilier les français, qui quels que soient leur milieu, leur origine ou leurs orientations de toutes natures se retrouvent sur des valeurs de partage et d'entraide ! 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Enzo est le dernier film de Laurent Cantet (Palme d’or pour Entre les murs, 2008), décédé en 2024, film qu'il a co-écrit avec son ami et collaborateur de longue date, Robin Campillo (120 battements par minute). 

Il nous raconte l'histoire d'Enzo (Eloy Pohu dont c'est le premier rôle au cinéma), fils cadet d'une famille bourgeoise de La Ciotat, qui se cherche...

Il est doué en dessin mais il a arrêté ses études pour apprendre le métier de maçon...

Sur les chantiers, il côtoie des ouvriers issus d'un autre milieu et se fascine pour deux ukrainiens qui ont fui leur pays pour ne pas faire la guerre...

La cadre posé, le film avance mollement, chaque scène étant téléphonée...

Sous le ciel bleu, les maçons se vantent de leurs conquêtes féminines et ne rêvent que d'une chose : aller en boîte, s'amuser et piquer une tête dans les piscines...

Enzo lui, traîne son spleen  de gosse de riches et s'invente une histoire d'amour avec Vlad (Maksym Slivinskyi, acteur français dont c'est également une première interprétation), qui le repousse...

C'est long (1h42), invraisemblable par moment (tombé du toit de la maison qu'ils construisent, Enzo ne se casse qu'un poignet ?), convenu le plus souvent (attitude du père virile, attitude de la mère bienveillante...)

Seul le personnage de Vlad est intéressant dans sa complexité mais sa seule performance ne peut pas sauver le film qui, de mon point de vue, ne vaut pas la peine d'être vu, même si on peut le ranger dans les oeuvres "d'initiation" qui présentent toujours un aspect sociétal enrichissant ! 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Le premier long métrage du réalisateur norvégien Lilja Ingolfsdottir était prometteur : nous raconter la lente dissolution d'un couple qui s'est aimé d'un amour fou...

Maria (impressionnante Helga Guren) se remet difficilement de son divorce avec un premier mari dont elle a eu deux enfants...

Lorsqu'elle rencontre Sigmund (désinvolte Oddgeir Thune) lors d'une soirée, c'est le coup de foudre (en tout cas de son côté) et elle va tout faire pour séduire cet homme, musicien de métier, qui semble plaire à tout le monde...

Leur histoire d'amour se traduit par deux nouveaux enfants qui viennent augmenter la charge mentale de Maria qui n'arrive pas à retrouver du travail et doit faire face aux longues absences de Sigmund...

Autant la première partie du film est passionnante, autant la seconde nous parait bâclée entre les colères de Maria, le mutisme de Sigmund, la révolte de la fille ainée, les visites chez le psy, un échange lunaire avec une mère toxique et une fin baguette magique...

Dommage ! 

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Télérama fait un peu la fine bouche et compare le film du réalisateur coréen Hur Jin-ho à Parasites de Bong Joon-ho, mais A normal family est une oeuvre universelle qui s'inscrit dans notre réalité occidentale qui "ne sait plus comment gérer ses ados sous influence des réseaux sociaux" - alors que Parasites était une parodie ! 

C'est l'histoire de deux frères : l'aîné est un avocat matérialiste et le cadet un chirurgien idéaliste... 

Le premier, veuf et père d'un ado, s'est remarié à une jeune femme beaucoup plus jeune que lui avec laquelle il a eu un bébé...

Le second est marié et a une ado qui aide son jeune cousin dans ses devoirs mais est rarement à la maison...

Les deux couples se retrouvent régulièrement pour dîner dans un restaurant chic de Séoul mais le courant ne passe pas entre les deux épouses... et les frères se regardent en chiens de faïence...

Le film démarre sur une scène extrêmement violente qui oppose deux automobilistes puis se poursuit avec l'émergence d'une affaire criminelle (le tabassage à mort d'un SDF), drame qui amène les deux frères à suspecter l'implication de leurs enfants respectifs... 

La caméra suit avec talent l'évolution des différents protagonistes : parents et enfants et nous fait entrer dans le dilemme moral des deux frères et des deux belles soeurs et dans la tête des ados...

Nous assistons en direct à l'opposition qui divise les parents et les frères, à l'influence grandissante de la jeune épouse de l'aîné dans la prise de conscience des uns et des autres...

Le thriller ne dure qu'une heure et demi mais il est tellement dense et poignant que le spectateur ressort chamboulé par le miroir que nous tend le réalisateur ! 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Enfin une fiction amusante, dans l'air du temps avec de vrais personnages attachants et sans misérabilisme !

Avec deux formidables comédiens : Denis Podalydès qui incarne Pierre Chozène, un auteur qui n'arrive pas à se concentrer sur son projet de livre tant il ne cesse de recevoir des appels de son père, de sa fille, de son ex femme, de son éditeur et de journalistes... et Salif Cissé qui interprète Baptiste, un imitateur très doué qui n'arrive pas à percer et doit gagner sa vie en tentant de vendre des assurances à des propriétaires d'animaux de compagnie !

Quand Pierre Chozène propose à Baptiste de lui confier son smartphone pour répondre à sa place aux nombreux appels qui le perturbent, ce dernier se demande s'il est vraiment sérieux puis finit par accepter le challenge en le mettant en garde contre les maladresses qu'il va obligatoirement commettre...

C'est passionnant de voir comment Baptiste réussit peu à peu à peu à imiter la voix de Denis Podalydès et ses intonations si particulières et surtout comment il arrive à se glisser dans la peau du personnage, trompant allègrement ses interlocuteurs...

Mais c'est encore plus fascinant d'écouter Baptiste dans les improvisations qu'il ne tarde pas à se permettre, rebattant les cartes dans les relations que l'écrivain entretient avec son entourage et notamment avec sa fille Elsa (délicieuse Clara Bretheau) qui ne croit pas en son talent de peintre et Clara (tout aussi délicieuse Aure Atika), son dernier amour perdu...

Un film de Fabienne Godet, à voir dès mercredi pour sourire et succomber au charme de Salif Cissé qui crève littéralement l'écran jusqu'à une scène finale à couper le souffle !

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Premier long métrage du réalisateur espagnol Pedro Martin-Calero, le film nous plonge dans l'univers angoissant et mortifère qui semble engluer les héroïnes du film...

Intrigués dès les premières images par la danse éperdue d'une jeune femme dans une boîte de nuit où elle finit par s'évanouir puis conquis par l'adorable minois d'Andrea (interprétée par la ravissante Ester Exposito)... nous sommes très vite amenés à nous inquiéter pour elle tant elle semble seule face à une ombre masculine qui envahit l'écran de son smartphone : éloignée de son petit ami qui est en Australie et se sentant trahie par ses parents adoptifs qui lui avouent que sa mère biologique a été retrouvée morte après avoir avoir purgé une longue peine de prison pour l'assassinat d'une jeune étudiante, elle perd peu à peu pied...

Et le spectateur aussi, entre le présent et le passé, entre la vie menée par ces femmes et les images qui les filment ou qu'elles filment, entre les espaces intérieurs qui se révèlent être des prisons où elles sont livrées à des forces obscures...

Dénonciation du patriarcat et des féminicides, le film est sans doute trop sophistiqué pour complètement nous convaincre mais réussit à nous faire partager les angoisses de ces jeunes femmes qui osent affronter les mystères qui peu à peu les rattrappent...

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