J'ai fini par aller le film de James Mangold qui a remporté 8 oscars dont meilleur film, meilleur réalisateur et meilleur acteur pour Timothée Chalamet...
En effet, je n'avais jusqu'ici pas été vraiment conquise par le jeu de Chalamet, j'aime bien Bob Dylan mais sans plus et surtout j'en ai un peu assez des longs biopics (2h20)...
Et pourtant j'ai été conquise dès la première apparition de Timothée Chalamet qui incarne un énigmatique jeune homme de 19 ans débarquant en 1961 du Minnesota avec sa guitare et son talent pour conquérir New York !
Après la pandémie de Covid-19 en 2020, deux grèves à Hollywood ont retardé le tournage du film, ce qui a permis à l'acteur de se consacrer à l’apprentissage intensif de la musique pendant cinq ans, acquérant les compétences requises avec le coach vocal Eric Vetro, tout en explorant le répertoire de Bob Dylan...
Timothée Chalamet a regardé les concerts et les interviews du chanteur, en s’attachant à d’infimes détails comme sa posture et l’influence de celle-ci sur sa voix ; il a également appris à jouer de la guitare, instrument de prédilection de Dylan, et de l'harmonica et le résultat est presque parfait...
Le scénario nous fait suivre l'ascension de ce parfait inconnu mentoré par Pete Seeger (Edward Norton) dans l'univers musical de l'époque (Johnny Cash et Joan Baez), dans la mythique MacDougal Street dans Greenwich Village, reconstituée avec brio sur Jersey Avenue, dans le centre de Jersey City, dans le New Jersey...
Un seul regret en sortant de la salle de cinéma : ne pas avoir accordé assez de place ni avoir assez entendu la merveilleuse voix de Joan Baez, dont le rôle a pourtant été prépondérant dans sa vie...
En effet quand Dylan débarque à New-York, Joan Baez a déjà sorti son premier album. Elle est alors considérée comme la plus grande voix du folk américain. En 1961, Bob Dylan a du mal à se faire repérer pour ses textes jugés trop simplistes et sa voix parfois faible, mais quand Joan Baez entend With God on our Side de Dylan elle y voit du talent, mais elle est alors la seule à le voir.
Leur relation commence cette année-là et va durer jusqu’en 1964. Joan Baez l’invite à chanter sur certains de ses albums. Le chanteur commence en avril 1962 l’écriture de sa chanson phare, celle qui va bousculer sa vie : “Blowin in the wind”.
Quand le titre sort, c’est un immense succès. La chanson fait le tour des campus américains et rassemble autour d’elle toute une génération ayant envie de changements : Bob Dylan et Joan Baez la joueront plus tard à la marche des libertés en mars 1963, à Washington. Dylan va alors voir le succès venir de toutes parts !
Coup de coeur des cinémas Art & Essai, Le film de Gun Hu a remporté le Prix "Un Certain Regard au Festival" de Cannes 2024.
Le cinéaste a eu l’idée de son film après avoir observé l’évolution de la Chine ces vingt dernières années en se focalisant sur la population rurale et sur les laissés-pour-compte...
Nous sommes en 2008, à la veille des JO qui ont eu lieu à Pékin et dans six autres villes chinoises du 8 au 24 août...
Désignée pour la première fois de son Histoire pays hôte des Jeux Olympiques, la Chine veut offrir au monde les jeux de la XXIXe olympiade de l’ère moderne...
Délaissant les paillettes et les médailles (avec 48 médailles d'or, la Chine est arrivée en tête du classement final, devant les États-Unis et la Russie), Guan Hu nous emmène dans l'univers délabré d'anciennes villes prospères grâce au pétrole qui ne sont plus que ruines...
Aux portes du désert de Gobi, dans un paysage quasiment lunaire, la plupart des habitants ont délaissé la ville mais d'autres sont restés malgré l'absence totale de perspectives...
Le film commence sur le retour dans sa ville natale de Lang (incarné par Eddie Peng dans un rôle ascétique et quasiment mutique), qui, sans repères depuis sa libération pour meurtre (dont on ne saura rien), décide de travailler pour la patrouille locale chargée de débarrasser la ville des chiens errants... et se prend de passion pour un maigrissime et très laid lévrier noir suspecté d'avoir la rage...
Nous suivons le parcours de cet homme et de son chien durant 1h50, d'abord avec curiosité, puis avec malaise... puis avec ennui... en attendant la fin... mais mise à part la rencontre avec d'étranges personnages décrits dans des anecdotes empreintes de vacuité, il ne se passe rien ou presque...
Le cinéma chinois nous a déjà montré la face sombre de ce pays dans des films de grande valeur comme "A touch of sin" et "Au-delà des montagnes" de Jia Zhang-Ke, mais celui-ci est désespérément vide !
Le réalisateur Brady Corbet et sa femme Mona Fastwold (scénariste du film), ont toujours été fascinés par l'architecture, l'oncle du premier et le grand-père de la seconde étant architectes. Pour concevoir leur héros, ils sont allés chercher conseil auprès de l’historien de l’architecture Jean-Louis Cohen et ont inventé le personnage de László Tóth formé au Bauhaus, déporté durant la guerre et contraint de repartir à zéro aux Etats-Unis...
Le film débute par l'arrivée de László Tóth (incarné par Adrien Brody), à Ellis Island où sa première vision est la statue de la Liberté...
Livré à lui-même en terre étrangère, László pose ses valises en Pennsylvanie où Harry, le fils de l’éminent et fortuné industriel Harrison Lee Van Buren (Guy Pearce) lui demande de concevoir une bibliothèque pour son père...
Durant 3 heures 1/2, nous suivons le parcours glorieux mais semé d'embûches de cet architecte de talent, à qui l'industriel Van Buren finit par confier un grand projet dans le style brutaliste (issu du mouvement moderne, qui s'est d’abord popularisé en France, au Royaume-Uni et en Europe de l’Est dans les années 50, il se caractérise par des bâtiments épurés, sans ornements, de dimensions souvent imposantes et qui mettent en avant des matériaux bruts, comme le béton ou la brique).
Marqué à jamais par son internement à Buchenwald, László Tóth, artiste visionnaire et monomaniaque, développe des relations complexes avec son mécène et son environnement professionnel mais a également beaucoup de mal à retrouver un équilibre personnel avec sa femme Erzsébet (Felicity Jones), elle-même rescapée de Dachau, qu'il réussit à faire quitter l'Europe pour le rejoindre...
Le film est entièrement construit autour du personnage d'Adrien Brody qui éclipse par son charisme fiévreux tous les autres protagonistes de cette page d'histoire... et vient de recevoir l'Oscar du meilleur acteur !
Difficile de dire si j'ai aimé le film ou non... il m'a intéressée pour ses dimensions esthétique et historique, j'ai beaucoup aimé revoir Adrien Brody dans un rôle à la mesure de celui qu'il tenait dans "Le pianiste", mais je suis restée étrangement à l'extérieur sans doute du fait de son côté manichéen et prévisible ?
C'est durant un voyage en Pologne avec son épouse, Anna Strout, que Jesse Eisenberg a eu une révélation. Leur voyage de deux semaines à travers le pays l'a conduit à la maison de sa tante Doris dans le petit village de Kranystaw, où elle avait vécu avant que toute la famille ne soit déplacée lors de l'Holocauste. L'acteur-réalisateur s'interroge : "Si la guerre n'avait pas eu lieu, c'est ici que je vivrais. À quoi ressemblerait ma vie ?
Dans le film, David (Jesse Eisenberg) et Benji (Kieran Culkin dont c'est le premier rôle depuis la fin de la série "Succession"), deux cousins américains que la vie a éloignés, décident de partir en Pologne sur les traces de leur grand-mère miraculeusement rescapée des camps de la mort, qui vient de décéder...
Sur la demande de Benji qui ne s'est pas encore "trouvé", les deux trentenaires s'inscrivent dans un "voyage organisé" qui les amène à Varsovie puis dans l'ancien camp de concentration de Majdanek, situé à seulement cinq minutes du centre-ville de Lublin...
La relation entre ces deux hommes autrefois si proches et aujourd'hui si différents est passionnante mais l'idée d'inscrire leur quête dans la participation à un groupe (dont les participants ne sont pas particulièrement intéressants), casse le fil de l'analyse et surtout confère un côté marchand à leur travail de mémoire...
Jouant sur les deux registres du cocasse et de l'émotion, le film, malgré le talent des deux acteurs, ne trouve pas son rythme et c'est dommage !
Avec "L’Attachement", Carine Tardieu porte à l’écran "L’intimité", un roman écrit par Alice Ferney, publié en 2020...
Elle nous raconte l'histoire de Sandra (formidable Valeria Bruni Tedeschi dans le plus beau rôle de sa carrière), une quinquagénaire très engagée dans son combat pour le féminisme (elle tient une librairie spécialisée où elle organise des conférences de haut niveau), qui vit volontairement seule !
Lorsqu'un soir, Alex (touchant Pio Marmaï), son voisin affolé lui demande de garder Elliot (adorable César Botti) son petit garçon pour accompagner sa femme d'urgence à l'hôpital puisqu'elle vient de perdre les eaux, elle accepte cette "intrusion" dans sa vie bien rangée à contre-coeur...
Et lorsque le lendemain matin, elle retrouve Alex en pleurs sur son paillasson, seul avec un bébé dans les bras, elle ouvre sa porte au drame qui se joue sur son palier...
Un attachement inattendu va se dessiner au fil du temps entre cette femme qui ne connait pas les enfants si ce n'est à travers la littérature et Alex orphelin de mère, dont David (Raphaël Quenard dans un registre émouvant qu'on ne lui connaissait pas), le père biologique, tente maladroitement de s'occuper...
Le fil narratif qui suit les pas du bébé au fur et à mesure des mois qui passent, nous réserve de très jolies scènes délicates entre tous les personnages qui peu à peu reconstituent une sorte de famille recomposée choisie et non imposée !
A voir pour les acteurs qui sont tous formidables mais également pour le thème très actuel sur les liens affectifs qui viennent bousculer et nourrir notre vie moderne si égocentrée !
Tentée par le résumé et dans la perspective plaisante de retrouver Renée Zellweger, je suis allée voir le film : Bridget Jones a cinquante-deux ans et deux enfants. Après le décès de Mark Darcy, avec qui elle a vécu dix ans de bonheur, elle est à nouveau en quête, après 4 ans de veuvage, de l'homme "idéal".
C'est le quatrième volet consacré aux aventures de la célibataire la plus célèbre de Londres, après "Le Journal de Bridget Jones", "Bridget Jones : L'Âge de raison" et "Bridget Jones Baby", d'après le roman éponyme d'Helen Fielding...
Malgré un casting de rêve avec Colin Firth dans le rôle du mari décédé, Hugh Grant dans le rôle d'un ancien amoureux devenu tonton gâteau des deux enfants et surtout Emma Thompson formidable dans le rôle de la gynécologue un peu psy de Bridget... je ne suis pas du tout rentrée dans le film...
En effet Renée Zellweger qui était craquante de maladresse dans les films précédents maintient son comportement de petite fille gaffeuse qui minaude et sourit pour s'excuser de tous ses faits et gestes alors qu'elle est censée avoir 52 ans...
C'est agaçant, toutes les scènes sont téléphonées et le film qui dure 2 heures parait bien long... mais je n'étais sans doute pas in the mood ?!
Le tournage du film qui a démarré au début de l’été 2022, trois mois avant le mouvement "Femme, vie, liberté" qui a suivi le décès de Mahsa Amini après des violences policières en Iran, a pu continuer mais en secret...
"Mon gâteau préféré" a remporté pléthore de récompenses comme le Grand Prix du jury au Festival du film de Cabourg en 2024, le Prix de la révélation et de la critique au Festival 2 Valenciennes, mais également le Prix du Jury œcuménique et du Jury Fipresci lors de la 74e Berlinale.
En apprenant la sélection du film en compétition officielle à la Berlinale 2024, les autorités du pays ont confisqué les passeports des deux réalisateurs Maryam Moghadam et Behtash Sanaeeha afin de leur interdire de se rendre sur place. Aujourd'hui encore, ils ne peuvent toujours pas voyager.
Le scénario nous raconte la vie quotidienne de Mahin 70 ans, qui vit seule à Téhéran. Elle s'ennuie un peu dans son coquet appartement mais adore son jardin dont elle s'occupe avec beaucoup de soin...
Elle reçoit régulièrement ses amies qui, comme elle, se réjouissent de leur solitude après des mariages pas très heureux et téléphone à ses enfants qui ont quitté le pays...
Elle se rend de temps en temps au restaurant des retraités de l'armée et, poussée par un désir de vivre, elle jette son dévolu sur Faramarz, un homme doux et esseulé qui se révèle être chauffeur de taxi après avoir quitté depuis 20 ans ses fonctions militaires...
Le film qui ronronnait un peu, prend enfin toute sa dimension en nous faisant partager la romance qui s'installe entre ces deux solitaires qui se découvrent beaucoup de points communs : c'est doux, c'est tendre et fondant comme le gâteau que Mahin confectionne pour le faire goûter à Faramarz !
Les deux acteurs Lili Farhadpour et Esmaeel Mehrabi sont touchants et le film nous fait sourire devant ce nouvel avenir qui s'ouvre...
A voir avant que le film ne disparaisse des écrans !
Ariane Ascaride (toujours aussi rayonnante d'humanité), Jean-Pierre Darroussin (toujours aussi touchant), Gérard Meylan (toujours faussement bougon) sont toujours là, dans le décor préféré du réalisateur : le quartier de l'Estaque à Marseille !
Maria, dont le mari est au chômage, est employée de maison et ne compte pas ses heures pour aider des personnes plus âgées qu’elle, qui en retour l'adorent...
Mais Maria a un péché mignon (les huîtres) et surtout un amour fou pour son petit-fils appelé à devenir un grand pianiste et donc, pour arrondir ses fins de mois, elle n'hésite pas à "voler" quelques euros ou des chèques de petits montants à ses patrons qui lui laissent très volontiers la gestion de leur trésorerie quotidienne...
Tout se passe bien sous le soleil de la Méditerranée jusqu'au jour où une plainte déposée pour abus de faiblesse conduit Maria en garde à vue...
"La misère est moins pénible au soleil" disait Charles Aznavour, et pourtant ces "petites gens" sont victimes de l'indifférence de la société d'aujourd'hui face aux travailleurs pauvres et aux quinquas qui ne se remettent pas d'avoir perdu leur emploi et donc leur fierté sociale...
Le film n'est ni dénonciateur ni moralisateur, il nous raconte le quotidien des seniors confrontés aux difficultés financières et à la dureté des plus jeunes générations qui veulent gagner de l'argent et profiter de la vie en oubliant que le plus important est de se serrer les coudes et non de dénoncer...
Le film nous offre des scènes magnifiques entre Maria et ses "patrons", entre Maria et son mari et nous émeut avec le personnage magnifique de Jean-Pierre Darroussin, professeur à la retraite condamné à la chaise roulante, dont l'attention bienveillante aux autres permettra à tous les personnages du film de croire de nouveau à un futur plus solidaire !
A voir pour les amoureux du cinéaste mais pas que !
Steven Soderbergh s'est inspiré d’un événement survenu à lui et sa femme dans leur maison de Los Angeles. Le couple savait que quelqu'un était mort dans cette demeure avant leur emménagement...
Après s'être essayé au film de casse Ocean's Eleven, à la science fiction Solaris, à la comédie Magic Mike, et au biopic Ma vie avec Liberace, le réalisateur s'essaie au fantastique à travers les yeux d'un "fantôme", d'où le titre !
La caméra nous fait visiter une vieille demeure patricienne dans une banlieue cossue - on s'ennuie déjà - avant de zoomer sur l'arrivée d'un agent immobilier qui fait visiter l'endroit à un couple fortuné et à leurs deux ados...
Durant tout le film ou presque, on ne quitte pas la maison, et le spectateur comprend très vite que seule la jeune femme Chloé (Callina Liang)voit la "présence" car elle est plus "sensible" et moins aimée par sa mondaine de mère interprétée par Lucy Liu qui ne regarde que son fils Tyler (Eddy Maday)...
Le scénario est téléphoné de même que la fin du film que je ne vous raconterai pas, les personnages ne sont pas intéressants et les effets spéciaux sans grand intérêt !
Comme chaque année mais cette année avec beaucoup de retard je vais me livrer à cet exercice difficile : passer en revue les films vus en 2024 et sélectionner ceux que j’ai particulièrement appréciés !
Avec plus de 181 millions d’entrées en 2024, les salles françaises confirment la situation exceptionnelle de la France dans le paysage du cinéma mondial
En 2024, la France affiche 181,3 millions d’entrées en salles de cinéma, en progression de près d’un million par rapport à 2023.
La France connaît la meilleure reprise post-covid de tous les pays comparables, Etats-Unis compris, avec un recul de fréquentation par rapport à l‘avant crise qui se réduit encore à 12,8% en 2024 et même à 2,7 % seulement sur les huit derniers mois de l’année.
C’est le cinéma français qui tire cette performance unique au monde, avec une part de marché de nos films qui atteint en 2024 un niveau parmi les plus élevés jamais enregistrés avec 44,4 %, contre 36,7 % pour les films américains.
Parmi tous les films sortis sur les écrans français en 2024 (dont 268 films français), j’en ai personnellement découvert 116 (soit environ 2.2 par semaine).
Je n’ai pas vu les blockbusters américains (Vice-Versa 8.23M entrées, Vaiana 2, Dune, Gladiator II…ni le français L’amour ouf 4.73 M d'entrées), et je n’ai pas classé dans les 10 premiers, les 2 films français : Un p’tit truc en plus et le Comte de Monte Cristo qui ont crevé le plafond d’entrées avec respectivement 10.3 M et 9.13 M d'entrées.
Ma sélection sera donc, comme chaque année, entièrement subjective !
J’ai établi une première sélection de mes films préférés et/ou qui ont beaucoup fait parler d’eux : 28 films dont 13 français et 15 étrangers (dont 1 turc, 2 indiens…)
Sur ces 28 films, j’ai retenu 10 films qui constituent mon palmarès 2024 : 4 français et 6 étrangers (1 iranien, 3 allemands, 1 anglais, 1 américain)
Le n°1 s’est imposé de façon évidente : En fanfare, le film d’Emmanuel Courcol qui a fait 1.8 M d’entrées avec un scénario sans fausses notes (et sans jeu de mots), des personnages attachants, des moments de grâce, des plages musicales bouleversantes, une mixité réussie entre les deux univers de ces formidables comédiens Benjamin Lavernhe et Pierre Lottin, tous les deux passés par le cours Florent : la Comédie Française pour l'un et les comédies des Tuche pour l'autre !
Le n°2, Les graines du figuier sauvage du réalisateur iranienMohammad Rasoulof m'a bouleversée pour son témoignage sur la lutte des iraniennes dans leur combat pour la liberté des femmes dans ce pays où les manifestantes sont brutalement réprimées : extirpées de leurs véhicules, matraquées, défigurées par des balles de chevrotine, emprisonnées... avec trois magnifiques interprètes (570 000 entrées) !
Le n°3, La plus précieuse des marchandises : Michel Hazanavicius a fait le choix du film d'animation pour nous parler du sujet si délicat de la Shoah et y réussit parfaitement en faisant un éloge humble et humaniste des Justes (460 000 entrées) !
Le n°4, Conclave : le réalisateur allemand Edward Berger nous offre un thriller à couper le souffle dans le secret des murs du Vatican avec dans le rôle des papabile d'excellents acteurs dont Ralph Fiennes - sans oublier Isabella Rosselini qui crève l'écran en sœur Agnès, une femme "forte", confidente du défunt pape (922 000 entrées) !
Le n°5, Juré n°2 : à 94 ans, Clint Eastwood signe son 42ème film et réussit encore et toujours à nous surprendre en nous plongeant dans le système judiciaire américain avec une acuité rarement atteinte (1.6 M d'entrées) !
Le n°6, Stella, une vie allemande : le réalisateur allemand Kilian Riedhof s'est inspiré de la vie de Stella Goldschlag, une juive allemande qui, arrêtée par la Gestapo en 1944 et battue à mort accepta de collaborer avec le régime nazi pour sauver sa peau et celle de ses parents - la magnétique Paula Beer qui interprète Stella crève littéralement l'écran !
Le n°7, La salle des profs : le réalisateur allemand Ilker Catak nous questionne très intelligemment sur la société actuelle et son racisme sous-jacent, sur les relations conflictuelles entre parents et professeurs, sur la place de l'adolescent dans un environnement d'adultes, sur les notions de pouvoir, de solidarité et de délation et nous laisse avec une question : qu'aurions nous fait à la place de Carla, professeur de maths qui se retrouve isolée de par ses prises de position courageuses (235 000 entrées) !
Le n°8, Une vie : le réalisateur britannique James Hawes s'est inspiré du livre If It’s Not Impossible, écrit par la fille d'un héros très modeste qui a sauvé 699 enfants juifs durant la guerre au péril de sa vie - cet obscur banquier londonien est interprété magistralement par Anthony Hopkins (1.6 M d'entrées) !
Le n°9, Le tableau volé: Pascal Bonitzer s'est inspiré d'une histoire vraie (la découverte, au début des années 2000, d’un tableau d’Egon Schiele Les Tournesols dans le pavillon d’un jeune ouvrier), pour réussir un formidable thriller qui met face à face le nanti Alex Lutz qui s'impose dans ses costumes taillés sur mesure et sa rutilante voiture et Martin Keller (Arcadi Radeff), le jeune "nuitard" qui découvre la logique financière du monde de l'art et refuse de bénéficier de la vente d'une œuvre spoliée (366 000 entrées) !
Le n°10, L'histoire de Souleymane: le film de Boris Lojkine qui a obtenu le Prix du Jury à Cannes, nous plonge dans l'univers impitoyable de l'esclavage moderne, pudiquement appelé "ubérisation" - Interprété par Abou Sangaré qui a décroché le Prix du meilleur acteur à Cannes dans la catégorie Un certain regard, alors qu'il interprète son premier rôle au cinéma, il nous émeut jusqu'au plus profond de notre humanité quand nous découvrons pourquoi il a quitté son pays : La Guinée et ce à quoi il a dû renoncer pour tenter de s'intégrer dans la promesse utopique d'une vie "meilleure" en Europe (522 000 entrées) !
Et aussi Le fil un excellent film de procès de Daniel Auteuil (690 000 entrées), Les fantômes un bouleversant récit de traque du documentariste Jonathan Millet, Paternelun film poignant de Ronan Tronchot qui interroge sur le statut du prêtre aujourd'hui et sur la paternité avec un émouvant Grégory Gadebois…
Et encore 2 films indiens audacieux aux accents féministes : All we imagine as light et Girls will be girls, un film turc : Yurt, un fascinant portrait d’apprentissage dans la Turquie de la fin du XXe siècle, un film espagnolDos Madres de Victor Iriarte qui dénoncel'enlèvement à grande échelle (de 1936 à 1975), de 300 000 enfants de militants républicains pour les confier à de "bons catholiques" acquis au régime franquiste, un film mémoriel majeursur l’opération Barbarossa : Shttlécrit par un documentariste français Ady Walter, Les carnets de Siegfried, une somptueuse biographie du poète pacifiste anglais Siegfried Sassoon, La nouvelle femme, une ode à la gloire de Maria Montessori, La vie de ma mère, un film délicat porté par deux grands acteurs : Agnès Jaoui et William Lebghil, Sarah Bernhardt, la Divine pour Sandrine Kiberlain, Oh, Canada ! pour le personnage de Richard Gere…
Par contre je n’ai pas succombé aux succès du Règne animal, de La zone d’intérêt, d’Un p’tit truc en plus, du Comte deMonte Cristo ni d’Emilia Perez malgré le talent indéniable de Jacques Audiard…