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Route 66

Route 66

Prenez vos bécanes pour aller au cinéma, voir des pièces de théâtre, admirer des expositions...

cinema

Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Comme chaque année mais cette année avec beaucoup de retard je vais me livrer à cet exercice difficile : passer en revue les films vus en 2024 et sélectionner ceux que j’ai particulièrement appréciés !

Avec plus de 181 millions d’entrées en 2024, les salles françaises confirment la situation exceptionnelle de la France dans le paysage du cinéma mondial

  • En 2024, la France affiche 181,3 millions d’entrées en salles de cinéma, en progression de près d’un million par rapport à 2023.
  • La France connaît la meilleure reprise post-covid de tous les pays comparables, Etats-Unis compris, avec un recul de fréquentation par rapport à l‘avant crise qui se réduit encore à 12,8% en 2024 et même à 2,7 % seulement sur les huit derniers mois de l’année.
  • C’est le cinéma français qui tire cette performance unique au monde, avec une part de marché de nos films qui atteint en 2024 un niveau parmi les plus élevés jamais enregistrés avec 44,4 %, contre 36,7 % pour les films américains.

Parmi tous les films sortis sur les écrans français en 2024 (dont 268 films français), j’en ai personnellement découvert 116 (soit environ 2.2 par semaine).

Je n’ai pas vu les blockbusters américains (Vice-Versa 8.23M entrées, Vaiana 2, Dune, Gladiator II…ni le français L’amour ouf 4.73 M d'entrées), et je n’ai pas classé dans les 10 premiers, les 2 films français : Un p’tit truc en plus et le Comte de Monte Cristo qui ont crevé le plafond d’entrées avec respectivement 10.3 M et 9.13 M d'entrées.

Ma sélection sera donc, comme chaque année, entièrement subjective !

J’ai établi une première sélection de mes films préférés et/ou qui ont beaucoup fait parler d’eux : 28 films dont 13 français et 15 étrangers (dont 1 turc, 2 indiens…)

Sur ces 28 films, j’ai retenu 10 films qui constituent mon palmarès 2024 : 4 français et 6 étrangers (1 iranien, 3 allemands, 1 anglais, 1 américain)

Le n°1 s’est imposé de façon évidente : En fanfare, le film d’Emmanuel Courcol qui a fait 1.8 M d’entrées avec un scénario sans fausses notes (et sans jeu de mots), des personnages attachants, des moments de grâce, des plages musicales bouleversantes, une mixité réussie entre les deux univers de ces formidables comédiens Benjamin Lavernhe et Pierre Lottin, tous les deux passés par le cours Florent : la Comédie Française pour l'un et les comédies des Tuche pour l'autre !

Le n°2, Les graines du figuier sauvage du réalisateur iranien Mohammad Rasoulof m'a bouleversée pour son témoignage sur la lutte des iraniennes dans leur combat pour la liberté des femmes dans ce pays où les manifestantes sont brutalement réprimées : extirpées de leurs véhicules, matraquées, défigurées par des balles de chevrotine, emprisonnées... avec trois magnifiques interprètes (570 000 entrées) !

Le n°3, La plus précieuse des marchandises : Michel Hazanavicius a fait le choix du film d'animation pour nous parler du sujet si délicat de la Shoah et y réussit parfaitement en faisant un éloge humble et humaniste des Justes (460 000 entrées) !

Le n°4, Conclave : le réalisateur allemand Edward Berger nous offre un thriller à couper le souffle dans le secret des murs du Vatican avec dans le rôle des papabile d'excellents acteurs dont Ralph Fiennes - sans oublier Isabella Rosselini qui crève l'écran en sœur Agnès, une femme "forte", confidente du défunt pape (922 000 entrées) !

Le n°5, Juré n°2 : à 94 ans, Clint Eastwood signe son 42ème film et réussit encore et toujours à nous surprendre en nous plongeant dans le système judiciaire américain avec une acuité rarement atteinte (1.6 M d'entrées) !

Le n°6, Stella, une vie allemande : le réalisateur allemand Kilian Riedhof s'est inspiré de la vie de Stella Goldschlag, une juive allemande qui, arrêtée par la Gestapo en 1944 et battue à mort accepta de collaborer avec le régime nazi pour sauver sa peau et celle de ses parents - la magnétique Paula Beer qui interprète Stella crève littéralement l'écran !

Le n°7, La salle des profs : le réalisateur allemand Ilker Catak nous questionne très intelligemment sur la société actuelle et son racisme sous-jacent, sur les relations conflictuelles entre parents et professeurs, sur la place de l'adolescent dans un environnement d'adultes, sur les notions de pouvoir, de solidarité et de délation et nous laisse avec une question : qu'aurions nous fait à la place de Carla, professeur de maths qui se retrouve isolée de par ses prises de position courageuses (235 000 entrées) !

Le n°8, Une vie : le réalisateur britannique James Hawes s'est inspiré du livre If It’s Not Impossible, écrit par la fille d'un héros très modeste qui a sauvé 699 enfants juifs durant la guerre au péril de sa vie - cet obscur banquier londonien est interprété magistralement par Anthony Hopkins (1.6 M d'entrées) !

Le n°9, Le tableau volé : Pascal Bonitzer s'est inspiré d'une histoire vraie (la découverte, au début des années 2000, d’un tableau d’Egon Schiele Les Tournesols dans le pavillon d’un jeune ouvrier), pour réussir un formidable thriller qui met face à face  le nanti Alex Lutz qui s'impose dans ses costumes taillés sur mesure et sa rutilante voiture et Martin Keller  (Arcadi Radeff), le jeune "nuitard" qui découvre la logique financière du monde de l'art et refuse de bénéficier de la vente d'une œuvre spoliée (366 000 entrées) !

Le n°10, L'histoire de Souleymane : le film de Boris Lojkine qui a obtenu le Prix du Jury à Cannes, nous plonge dans l'univers impitoyable de l'esclavage moderne, pudiquement appelé "ubérisation" - Interprété par Abou Sangaré qui a décroché le Prix du meilleur acteur à Cannes dans la catégorie Un certain regard, alors qu'il interprète son premier rôle au cinéma, il nous émeut jusqu'au plus profond de notre humanité quand nous découvrons pourquoi il a quitté son pays : La Guinée et ce à quoi il a dû renoncer pour tenter de s'intégrer dans la promesse utopique d'une vie "meilleure" en Europe (522 000 entrées) !

Et aussi Le fil un excellent film de procès de Daniel Auteuil (690 000 entrées), Les fantômes un bouleversant récit de traque du documentariste Jonathan Millet, Paternel un film poignant de Ronan Tronchot qui interroge sur le statut du prêtre aujourd'hui et sur la paternité avec un émouvant Grégory Gadebois…

Et encore 2 films indiens audacieux aux accents féministes : All we imagine as light et Girls will be girls, un film turc : Yurt, un fascinant portrait d’apprentissage dans la Turquie de la fin du XXe siècle,  un film espagnol Dos Madres de Victor Iriarte qui dénonce l'enlèvement à grande échelle (de 1936 à 1975), de 300 000 enfants de militants républicains pour les confier à de "bons catholiques" acquis au régime franquiste, un film mémoriel majeur sur l’opération Barbarossa : Shttl écrit par un documentariste français Ady Walter, Les carnets de Siegfried, une somptueuse biographie du poète pacifiste anglais Siegfried Sassoon, La nouvelle femme, une ode à la gloire de Maria Montessori, La vie de ma mère, un film délicat porté par deux grands acteurs : Agnès Jaoui et William Lebghil, Sarah Bernhardt, la Divine pour Sandrine Kiberlain, Oh, Canada ! pour le personnage de Richard Gere…

Par contre je n’ai pas succombé aux succès du Règne animal, de La zone d’intérêt, d’Un p’tit truc en plus, du Comte de Monte Cristo ni d’Emilia Perez malgré le talent indéniable de Jacques Audiard…

 

 

Cinéma : classement 2024
Cinéma : classement 2024
Cinéma : classement 2024
Cinéma : classement 2024
Cinéma : classement 2024
Cinéma : classement 2024
Cinéma : classement 2024
Cinéma : classement 2024
Cinéma : classement 2024

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

C’est grâce à sa mère, qui lui faisait écouter des disques de Maria Callas après l’avoir emmené à l’opéra de Santiago, que le réalisateur chilien Pablo Larrain a pu découvrir cette Soprano quand il était enfant...

Son dernier biopic conclut son "triptyque de femmes qui ont bouleversé le XXe siècle" selon ses dires...

Le film se concentre sur les dernières semaines de la vie de la chanteuse, semaine douloureuse pour cette artiste qui avait "perdu" sa voix et tentait de la retrouver...

Comme il nous l'a expliqué lors de l'avant-première, le cinéaste a  immédiatement songé à Angelina Jolie pour camper le rôle...

L'actrice s’est préparée pendant sept mois, avec plusieurs coachs pour apprendre l’italien, étudier l’histoire de l’opéra et surtout, pour apprendre à chanter en adoptant la bonne posture et en  travaillant sa respiration : dans tous les arias interprétés, la voix d'Angelina Jolie a été mixée avec celle de Maria Callas !

Le spectateur assiste pendant 2 heures à un récit qui mélange la vérité et la fiction : les personnages qu'elle a connus tels que Onassis, Kennedy ou son majordome Ferrucio font partie de l'histoire de sa vie mais certaines anecdotes ont été inventées pour servir le propos du réalisateur...

Grâce au talent et à la beauté d'Angelina Jolie, nous assistons à une magnifique reconstitution mais les images d'archives de Maria Callas sont tellement plus fortes que les images du film que l'on aimerait partager ces moments avec la Diva charismatique plutôt qu'avec son interprète...

En tout cas, le film ne laisse pas indifférent et donne envie de réécouter la voix de cette cantatrice grecque née Sophie Cecilia Kalos à New York,  la fille « à la voix d’or », qui d’après un de ses professeurs avait « un rossignol dans la gorge » !

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Publié le par Jean-Louis
Publié dans : #cinéma

Sous son apparence de thriller érotique, ce film nous présente la double vie d’une femme puissante, hantée par des souvenirs traumatisants dont elle est prisonnière et victime.

Mariée à un homme aimant, mère de famille exemplaire et chef d’entreprise autoritaire, Romy incarne une réussite parfaite, mais elle est minée de l’intérieur par une vulnérabilité inavouable qui la pousse à entamer une relation malsaine avec un stagiaire.

Plutôt que de se complaire à filmer ses ébats "soumis" avec un homme qui ne la respecte pas, la réalisatrice néerlandaise Halina Reijn aurait pu réserver une place plus importante à une analyse fine de sa détresse psychologique et à son cheminement vers l’aveu fait à son mari, qui ouvre la voie à une mise à distance et une libération progressive.

Cette histoire est en fait celle d’un rapport de force de l’héroïne avec ses propres démons, qu’elle parvient à dominer au prix du désordre qu'elle crée dans sa vie privée et dans sa carrière.

Quant aux interprètes, Nicole Kidman livre une performance primée à la Mostra de Venise et son mari à l’écran, Antonio Banderas, signe un retour attendu au cinéma avec un jeu subtil passant de l’incompréhension à l’acceptation.

Je n’étais qu’à moitié convaincu avant de voir ce film et le suis encore moins après, tant ce scénario dont ne se dégage aucune émotion, semble appartenir à un monde imaginaire, dans lequel évoluent des personnages caricaturaux.

En résumé j'ai vu une sorte de fable des temps modernes caractérisés par la recherche de la performance et la difficulté à l’assumer.

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Le réalisateur franco-japonais Koya Kamur a adapté, pour son premier long métrage,  le roman éponyme écrit par Elisa Shua Dusapin en 2015 pour nous raconter l'histoire d'une jeune eurasienne Soo-Ha de 23 ans (touchante Bella Kim), qui travaille comme cuisinière dans une petite pension et aide sa mère vendeuse de poisson au marché de Sokcho (ville balnéaire de la Corée du Sud)...

Quand Yan Kerrand (Roschdy Zem dans un rôle quasi mutique), célèbre dessinateur venu de Normandie demande une chambre, une relation étrange se noue entre la jeune fille et cet homme secret... qui, du fait de sa nationalité, lui fait repenser à son père français qu'elle n'a jamais connu et dont sa mère refuse de parler...

Par petites touches et à travers les dessins de Yan Ferrand, le cinéaste nous parle de dépaysement, de banalités quotidiennes, de solitude, d'espoir, de difficulté à communiquer, de différence culturelle... et le film nous enferme à notre insu dans une atmosphère aussi cotonneuse que la neige qui recouvre la ville...

Le déséquilibre entre les deux comédiens : Bella Kim si juste dans son rôle et Roschdy Zem, acteur certes talentueux mais qui n'habite pas vraiment son personnage, accentue la distance entre les deux héros que tout sépare au-delà de leur ascendance française ...

Dommage !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Dans son dernier opus, Walter Salles s'est inspiré du récit écrit par Marcelo, le fils de Rubens et Eunice Paiva, pour mettre en scène la tragédie qu'a connue sa famille,  famille que le cinéaste a fréquentée à la fin des années 60 à Rio de Janeiro...

Le film démarre sur des images idylliques : une famille unie de cinq enfants autour d'un couple parental complice, une belle maison posée au bord de la plage où règne la joie de vivre, tenue par une jeune domestique totalement intégrée à la famille, l'arrivée d'un chien errant à la bouille craquante...

Une seule ombre au tableau : le survol de la plage par un hélicoptère noir et menaçant : nous sommes en 1971, sous la dictature militaire à la tête du Brésil...

Lorsque deux soldats sonnent à la porte pour emmener Rubens Paiva, ingénieur de métier et ancien député, Eunice s'inquiète mais Rubens part avec le sourire : ce n'est que pour un entretien de routine...

Très habilement monté, le scénario nous fait partager l'angoisse qui s'installe peu à peu - avec l'absence de nouvelles de Rubens, l'emprisonnement puis le retour à la maison d'Eunice et de sa fille aînée, le manque d'argent qui s'installe très rapidement et les contraint à changer leur style de vie puis à quitter la maison... malgré le soutien des amis et le conseil des avocats qui tentent de percer le mystère autour du sort de Rubens...

La figure d'Eunice interprétée avec maestria par Fernanda Torres illumine le film du début à la fin, Eunice qui décidera de quitter Rio pour reprendre des études de droit : devenue avocate et militante du mouvement anti-dictature militaire au Brésil, cette dernière est décédée le 13 décembre 2018.

Durant 2h15, nous suivons le destin de cette famille brisée qui saura se relever et nous prenons conscience par touches successives de l'horreur de ces années de plomb,  période la plus répressive du régime militaire, qui continuera jusqu'en 1974, menant à la rupture, première dans l'histoire du Brésil, entre le régime et la hiérarchie catholique...

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Hiroshi Okuyama a toujours voulu faire un film sur le patinage artistique pour partager les émotions sur ce sport auquel il a été initié étant enfant...

Il nous raconte l'histoire de Takuya (Keitatsu Koshimaya très touchant), un jeune garçon maladroit dans les sports masculins dont le hockey sur glace, incontournable lors des longs hivers neigeux sur l'île d’Hokkaido...

Rêveur, il reste assis au bord de la patinoire et admire Sakura (Kiara Nakashini), une ravissante patineuse dont les arabesques le subjugue, coachée par Arakawa (Sosuke Ikematsu), un ex champion exilé de Tokyo...

Quand ce dernier touché par l'isolement de Takuya lui propose de l'entraîner en duo avec Sakura, le jeune homme s'épanouit sous l’œil attendri du coach et développe des qualités artistiques insoupçonnées...

Une merveilleuse sortie à trois sur un lac naturel enneigé nous fait espérer un avenir radieux pour ces trois-là mais ils sont malheureusement rattrapés par les préjugés sociétaux japonais et notamment par l'homophobie latente mais omniprésente...

Le fil est joli, les acteurs et notamment les deux jeunes (excellents patineurs dans la vie mais non professionnels au cinéma) sont attachants et le spectateur passe durant 1h30 un moment un peu hors du temps mais plein d'espoir en l'humanité !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Les critiques chagrins disent que ce film ne ressemble pas à Almodovar... à part peut-être dans l'usage savant des couleurs franches qui l'ont toujours caractérisé...

Ils disent ne pas retrouver l'outrance de l'Almodovar de la Movida mais nous ne sommes plus au début des années 80 et le talentueux réalisateur espagnol a aujourd'hui 75 ans...

Il s'est inspiré du roman Quel est donc ton tourment ? de Sigrid Nunez pour nous parler du thème très actuel de la fin de vie... à travers la rencontre inopinée de ces deux femmes qui ne se sont pas vues depuis des années et se retrouvent par le biais d'une de leurs amies communes, confrontées au drame que doit affronter Martha (magnifique Tilda Swinton) qui est en phase terminale d'un "méchant cancer"...

Ingrid (Julianne Moore dans une de ses meilleures interprétations) et Martha se sont connues en début de carrière puis leurs métiers : romancière à succès pour l'une et intrépide reporter de guerre pour l'autre, les ont séparées...

Quand Martha demande à Ingrid dont le dernier ouvrage parle de sa peur de la mort de l'accompagner dans son désir de maîtriser sa fin de vie, cette dernière terrorisée, finit par accepter le défi qui se présente à elle...

Pedro Almodovar sait trouver la bonne distance pour filmer la complicité de ces deux femmes "puissantes", si semblables et si différentes, les dessinant comme les deux faces d'un même personnage qui habiterait tour  tour la chambre d'à côté...

Des flashbacks savamment positionnés, des scènes finement drôles viennent soulager le poids de ces questions qui hantent la génération qui voit la fin de sa vie se rapprocher : comment accepter ses échecs personnels, quelle attitude adopter face à la maladie et à la déchéance, à qui demander de partager ses derniers moments...

Jusqu'aux dernières images magnifiques, le film nous saisit et nous émeut devant l'audace de ce réalisateur qui dévoile ses faiblesses sans apitoiement et avec panache !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Le réalisateur anglais John Crawley nous offre un joli roman d'amour, plein de gaieté et d'authenticité...

C'est aussi une histoire triste car Almut (Florence Pugh) et Tobias (Andrew Garfield), qui sont "tombés" amoureux au premier regard, doivent affronter la maladie qui se déclare rapidement chez Almut...

Le scénario ainsi décrit pourrait faire craindre le pire (un Love Story du XXIe siècle), mais le montage du film entremêle si habilement la chronologie des moments partagés qu'on ne peut que sourire et s'émouvoir de la complicité de ce couple dont les regards sont chargés de tendresse l'un envers l'autre...

Les deux acteurs que je ne connaissais pas, sont très attachants et très contemporains : dans leur couple, c'est elle qui donne le "la" mais lui incarne un homme sensible et moderne, à l'écoute des désirs de sa compagne et toujours présent dans chaque bonheur partagé et dans chaque épreuve traversée...

Je vous conseille de passer 1h50 avec ce duo pour partager un vrai moment de cinéma élégant et classique, très éloigné de tous les profils atypiques, cabossés et mal dans leur peau que l'on tente de nous imposer à longueur de films comme les personnages représentatifs de notre époque !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Le film d'Andrea Arnold qui a été présenté en Compétition au Festival de Cannes 2024, déroute par son ambiance : à la fois fantastique et proche de l'univers de Ken Loach, il ne ressemble à aucun autre...

Il nous plonge dans un squat au nord du Kent dans lequel Bailey (12 ans) et Hunter (14 ans) vivent avec leur père Bug (Barry Keoghan), immature et tatoué des pieds à la tête qui leur annonce qu'il va se marier avec une très jeune femme qui a déjà une petite fille...

Le spectateur est happé dès les premières images par le visage d'une expressivité inouïe de Bailey (Nykiya Adams), une actrice non professionnelle qui crève littéralement l'écran...

La réalisatrice nous raconte son enfance dans ces milieux déshérités, où les garçons de 14 ans font des enfants aux filles à peine pubères de leur quartier...

Bailey vit la plupart de son temps dehors où elle tente de s'intégrer à la bande de son frère mais elle garde un œil  sur ses trois plus jeunes frère et sœurs qui vivent avec sa mère, tombée sous la coupe d'un homme violent...

Chronique de la diagonale du vide de ces existences, le film gagne en épaisseur et en étrangeté quand Bailey rencontre Bird (Franz Rogowski), un homme étrange au regard blessé qui va la protéger de loin et qu'elle va apprivoiser pour qu'il puisse se trouver lui-même et l'accompagner dans sa quête de liberté et de justice...

Si nous acceptons de quitter nos repères habituels, le scénario va nous surprendre et nous émouvoir par sa force et son humanité ! Et ce d'autant plus qu'il réserve une place entière aux animaux !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Paul Schrader retrouve Richard Gere (son héros dans American Gigolo en 1980) et lui confie le rôle de Leonard Fife du roman éponyme de Russel Banks...

Il nous raconte la confession d'un grand documentariste au soir de sa vie... qui souhaite dire la vérité et exige la présence de sa femme Emma (toujours aussi belle Uma Thurman qui est également sa compagne dans sa vie)...

Richard Gere, très éloigné de ses fameux rôles "sexy", "doublé" par Jacob Elordi pour l'interpréter dans les flashbacks,  réalise ici une véritable performance d'acteur mêlant son visage actuel à celui d'un vieil homme habité par la souffrance et par l'urgence de parler...

Le scénario doublement crépusculaire est habité par le décès récent du père de Richard Gere et la maladie déclarée de Russel Banks quand Paul Schrader a démarré l'écriture de son scénario...

Véritable mosaïque, le film mêle habilement les quatre différentes époques racontées par le documentariste en utilisant quatre formats d’image différents et cet effet de décalage nous perd tant en nous rapprochant de la confusion de cet homme dont la mémoire, certes toujours très présente, est de temps en temps floutée par l'injection de morphiniques...

Et c'est passionnant car ce procédé nous permet de vivre cette confession comme si c'était la nôtre, celle que chacun souhaite ou redoute de faire avant de refermer la dernière page... sur une vie marquée par la réussite mais également par la lâcheté qui l'a rongé toute sa vie, vérité qu'il voudrait crier à ceux qui l'entourent pour obtenir un pardon qu'il ne se donne pas lui-même...

Écrite comme cela, la critique pourrait vous faire peur mais il faut lâcher prise et écouter, regarder cet homme toujours aussi beau et charismatique mais humble et lucide face à la vanité de la réussite médiatique...

Personnellement, j'ai trouvé le film magnifique et ce d'autant plus que j'avais eu la chance de voir Richard Gere interviewé la veille au soir sur Arte par une Elisabeth Quin sous le charme : avec un naturel époustouflant, l'acteur a parlé de sa vie et de son film, prenant à témoin l'épique technique du plateau, geste que je n'avais jamais vu faire par qui que soit d'autre dans cette émission...

A voir absolument pour Richard Gere, un honnête homme, un Mensch !

PS : le film porte ce titre pour 2 raisons (la première puisque Leonard a fui la conscription pour le Vietnam en fuyant au Canada et la seconde parce que c'est le nom de la caméra utilisée dans le film,  surnommée Interrotron, en hommage à l’appareil inventé par le documentariste oscarisé Errol Morris, un ami de Paul Schrader)

 

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