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Route 66

Route 66

Prenez vos bécanes pour aller au cinéma, voir des pièces de théâtre, admirer des expositions...

cinema

Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Le pitch est séduisant : Charlie Heller (Rami Malek), un cryptographe de la CIA aussi brillant qu’introverti, voit son existence basculer lorsque sa femme décède durant une attaque terroriste perpétrée à Londres. Déplorant l’inaction de sa hiérarchie, il prend alors l’affaire en mains et se met à la recherche des assassins, embarquant pour un dangereux voyage partout à travers le monde pour assouvir sa vengeance.

La caméra ne quitte pas une seconde durant deux heures, ce jeune surdoué au QI de 170 qui s'improvise agent de terrain alors qu'il n'a jusqu'alors exercé ses fonctions que dans les sous-sols hautement sécurisés de la CIA...

Grâce à lui, on voyage de Londres, à Paris, à Istanbul, en Roumanie, à la recherche des tueurs qui ont assassiné sa femme en s'en servant comme bouclier humain...

Le thriller brillant, original et plus psychologique que physique séduit malgré quelques invraisemblances et quelques personnages caricaturaux ! Même s'il faut saluer le jeu particulièrement subtil de son instructeur Henderson (interprété par Laurence Fishburne)

Par contre le thème de la vengeance personnelle, au cœur du scénario, peut interroger : jusqu'où peut-on aller quand on n'est pas un "tueur" ?

Sachant que le film est une fiction et peut être vu et interprété selon sa propre sensibilité de spectateur !

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Premier long métrage du cinéaste somalien et autrichien Mo Harawe, le film nous plonge dans un petit village du désert somalien, torride et venteux, dont le rivage de sable blanc est léché par les vagues de l'Océan indien...

Dans un pays en proie à la guerre civile et à la corruption, une famille de trois personnes tente de faire face pour garder leur dignité humaine...

Mamargade, père célibataire, cumule les petits boulots pour offrir à son fils Cigaal une vie meilleure, en l'inscrivant dans un pensionnat en ville puisque l'école du village vient de fermer et que le petit garçon fait preuve d'une intelligence précoce... Désolé de quitter son père et sa tante Araweelo revenue vivre avec eux après son divorce, le petit garçon tente de s'adapter à un environnement aseptisé dont il ne possède pas les codes...

Impossible de quitter des yeux ces trois visages qui nous habitent par leurs silences et la beauté de leurs gestes...

L'affiche tente de donner un aperçu de l'extraordinaire palette de couleurs de ce film où les murs et les portes de leurs misérables habitations, les objets qu'ils utilisent et les étoffes qu'ils portent rivalisent de chatoiement pour mieux faire ressortir la matité de leurs peaux...

Chaque scène est un tableau qui pourrait rivaliser avec ceux de Vermeer, comme pour tenter de nous faire oublier les difficultés de leur vie quotidienne...

Les dernières images, porteuses d'espoir, laissent entrevoir un possible espoir nourri par l'amour qui les réunit !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
 
Raha Amirfazli et Alireza Ghasemi, deux cinéastes iraniens signent un premier long métrage pour nous alerter sur le sort réservé aux réfugiés afghans en Iran (sujet non traité au cinéma jusqu'à ce jour), qui doivent courber l'échine pour obtenir la citoyenneté iranienne (ils seraient aujourd'hui 7 millions en situation régulière ou non)
 
Iran années 2000 : dans l’ombre de l’invasion américaine, une famille élargie de réfugiés afghans tente de reconstruire sa vie dans "le pays des frères". Une odyssée sur trois décennies où Mohammad, un jeune étudiant prometteur, Leila, une femme isolée et Qasem qui porte le poids du sacrifice pour sa famille, luttent pour survivre à ce nouveau quotidien incertain.
Sur un registre très délicat, suggérant sans les montrer les moments d'humiliation les plus forts, les deux cinéastes ont tenté de décrire le destin de ces hommes et de ces femmes qui ne ne cesse de se dégrader au fil des décennies et ont pris conscience au cours du tournage qu'ils allaient devoir eux-mêmes quitter l'Iran car leur film ne serait jamais accepté par le bureau de la censure...
Difficile de ne pas se sentir concerné par les trois personnages principaux et leur entourage et de ne pas se poser la question plus globalement sur le sort des réfugiés dans le monde...
On sort de la salle émus par le courage de ces "héros quotidiens" mais désemparés par notre impuissance !
 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Si Mike Leigh a réalisé deux films historiques ces dernières années : "Mr Turner" (2014) et "Peterloo" (2018), le réalisateur anglais revient à 82 ans avec son dernier opus, au drame contemporain, sur les dissensions d’une famille issue de la communauté africaine-américaine, au lendemain de la pandémie de Covid-19.

Mais le scénario est cent coudées en dessous de "Secrets et Mensonges" (1996)...

Le résumé était attractif : l'histoire de deux sœurs quinquagénaires dont Pansy (Marianne Jean Baptiste) l'aînée, déteste la terre entière y compris son mari et son fils et la seconde Chantal (Michele Austin) qui incarne la joie de vivre, élevant seule ses deux filles avec un optimisme communicatif...

On comprend peu à peu que l'attitude de Pansy qui se rend physiquement malade à force d'entrer en conflit avec sa famille et son entourage remonte à un passé mal digéré... ok !

Seule Chantal la supporte et continue à l'écouter et lui porter secours...

Le souci du film c'est que durant 1h38, à part les altercations et les effondrements de Pansy, la situation n'évolue pas : elle est toujours en colère et quels que soient les efforts déployés autour d'elle, elle s'enferme dans sa posture de victime... So what ?

Heureusement que le chaleureux personnage de Chantal sauve un peu le film car ni le mari taiseux ni le fils asocial et obèse ne retiennent notre attention bienveillante...

En conclusion : bof !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Le dernier film de Samuel Theis diffère des autres films du genre puisqu'il s'agit d'un procès en appel d'un condamné qui reconnaît son crime (il est pyromane), mais demande à être rejugé car il estime sa peine trop lourde...

Le "héros" du film n'est donc pas le condamné mais Fabio (Julien Ernwein), un des membres du jury, quadra un peu paumé qui ne trouve pas sa place dans la société et hésite à s'engager sur le plan personnel...

Très réticent à l'idée de participer à ce procès, il est pourtant retenu et découvre avec étonnement le fonctionnement d'un jury et plus largement d'une cour d'assises...

Taiseux, il ne participe pratiquement pas aux débats mais finit par se poser les mêmes questions que ses homologues... réflexion qui l'amène peu à peu à sortir de sa gangue pour évoluer sur le plan personnel...

Le film séduit par l'originalité de son angle de vue, par la belle présence de Marina Foïs qui incarne le président de ce tribunal mais pêche par l'approche simpliste et l'évolution téléphonée de son personnage central...

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Le réalisateur israélien Eran Riklis adapte à l'écran le roman autobiographique d'Azar Nafisi, une professeure de littérature née à Téhéran où elle a vécu et enseigné avant de s'exiler à Washington en 1997...

Les premières images du film nous montrent Azar et son mari, passant la frontière iranienne pour rentrer dans leur pays suite à l'instauration d'une république islamique, résultat de la Révolution iranienne de 1979, un soulèvement populaire contre le régime du Shah Mohammad Reza Pahlavi, soutenu puis abandonné par l'Occident...

Azar Nafisi incarnée par la toujours aussi merveilleuse Golshifteh Farahani), reprend donc le chemin de la faculté pour partager son amour des classiques de la littérature occidentale et encourage ses étudiants à la lecture des ouvrages interdits par le régime car jugés subversifs tels que "Lolita" de Nabokov, "Orgueil et préjugés" de Jane Austen ou "Gatsby le magnifique" de F. Scott Fitzgerald...

Très appréciée par sa classe, Azar Nafisi déchante rapidement quand elle est rattrapée par l'implantation de lois strictes basées sur la charia, que le régime théocratique impose aux iraniens et notamment aux femmes en les obligeant notamment à porter le voile...

Dépitée, elle se résout à quitter la faculté et décide de réunir secrètement sept de ses étudiantes pour continuer son enseignement dans le refuge de son appartement...

Très incarné par ces femmes au regard déterminé, le film pêche par un scénario construit de façon erratique puisqu'il mélange les époques dans un désordre qui ne nous permet pas de nous associer au sort de ces femmes ostracisées et violentées... Qui plus est, la personnalité du personnage principal et des personnages secondaires y compris celle du mari d'Azar ne sont pas approfondies ou souffrent d'ellipses qui rendent leur comportement incompréhensible au regard des événements qu'ils subissent... Quant aux enfants d'Azar, ils sont invisibilisés dans le film qui ne nous montre aucune scène de famille, recentrant toute l'attention du spectateur sur le questionnement personnel de la professeure...

Enfin on ne peut que s'étonner de passages impensables comme les rencontres régulières dans l'espace public entre Azar et son mentor, alors que la loi islamique interdit formellement aux femmes de s'asseoir à côté d'un homme qui n'est pas son mari...

Dommage... mais le film mérite bien évidemment d'être vu pour dénoncer le sort réservé aux iraniens et surtout aux iraniennes !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Le film est l'adaptation du roman du même nom, publié en 2021, et écrit par Roland Perez. Avocat, il est aussi animateur de radio et de télévision. Il a notamment été pendant plus de quinze ans médiateur d'Europe 1, et a tenu une chronique hebdomadaire sur le droit dans l'émission de Sophie Davant, C'est au programme.

Avec ce roman inspiré de sa vie, Roland Perez voulait rendre hommage à sa mère, et à toutes les mères qui se battent pour leur enfant. Jusqu'au décès de cette dernière, il n'avait jamais parlé publiquement de son handicap.

En choisissant Leïla Bekhti pour jouer le rôle de la mère, le réalisateur Ken Scott a trouvé en cette actrice frémissante, la clé de voûte de son film qui, étant donné son sujet : le handicap, aurait pu être tire-larmes mais du fait de la présence solaire de cette mère "louve" ne peut que nous séduire et nous captiver...

L'histoire c'est celle de Roland, sixième enfant d'une famille juive marocaine, qui nait en 1963 avec un pied bot. Contre l’avis de tous les spécialistes et de son entourage, Esther promet à son fils qu’il marchera comme les autres, et donc sans être appareillé, et qu’il aura une vie fabuleuse. Dès lors, elle n’aura de cesse de tout mettre en œuvre pour tenir cette promesse. 

À travers cinq décennies d’épreuves et de "miracles" de la vie, le scénario nous invite au sein de cette famille soudée autour de l'enfant qui trouve, grâce à sa mère et à Sylvie Vartan, à laquelle il voue une véritable passion, la force de vaincre son handicap et de déjouer les menaces proférées par le corps médical et la pression de l'aide sociale à l'enfance incarnée par la toujours aussi formidable Jeanne Balibar, qui exige que l'enfant soit scolarisé...

Sylvie Vartan a accepté de jouer son propre rôle dans le film, ce qui le rend encore plus fort et plus émouvant et l'on ne peut que saluer la performance complexe de Leïla Bekhti, crédible à tous les âges de la vie jusqu'aux portes de son décès, ainsi que celle de Jonathan Cohen qui interprète Roland à l'âge adulte !

A voir absolument !

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Le film est une adaptation libre du roman du même nom de Christophe Boltanski (prix Femina 2015), dans lequel l'auteur raconte l’histoire de sa famille sur plus d’un siècle. 

Le réalisateur Lionel Baier a choisi de s'attarder sur les événements de Mai 68, alors que dans le livre, cette période ne fait l’objet que d’un demi-paragraphe. 

Il explique ce choix par ces mots  : "Pour moi, les événements de ce mois particulier ont exacerbé les passions françaises. 23 ans après la guerre, suite aux grèves et pénuries, l’inconscient collectif a refait surface et s’est incarné aussi bien à gauche, qu’à droite. [...] Cela permettait de déplier une grande partie des thématiques qui m’avaient touché dans le roman. Comme le rapport aux origines, le besoin de fiction dans la construction de son identité, l’antisémitisme, le non-dit."

Le scénario du film s'écrit autour de Christophe, un petit garçon de 9 ans, qui vit les événements de mai 68, dans l’appartement familial de ses grands parents à Paris rue de Grenelle, entouré de ses oncles (William Lebghil et Aurélien Gabrielli) et de son arrière-grand-mère dite L'Arrière-pays car originaire d'Ukraine et victime des pogroms russes, interprétée par une Liliane Rovère plus vraie que nature...

Chez Père Grand (Michel Blanc) qui a son cabinet de médecin et Mère Grand (Dominique Reymond) qui travaille sur ses livres, la famille vit soudée dans un cocon qu'ils ne quittent que pour quelques trajets en Citroën Ami6 rouge, une autre bulle protectrice, conduite par Mère Grand, qui refuse que son corps martyrisé par la polio ne l'empêche de vivre une vie comme les autres...

Le bruit de la ville et de la Révolution s'arrête aux portes de l'appartement que le petit garçon imagine habité par un chat qui vivrait sous le parquet mais qu'on ne voit pas...

Mêlant très habilement la tendresse et la fantaisie, le réalisateur nous fait pénétrer dans l'intimité de cette tribu juive "névrosée par son passé", qui continue à se protéger jusqu'à retenir ses grands enfants, les deux oncles qui restent attachés à l'appartement, comme pour ne pas être rattrapés par les "dangers" de l'extérieur...

Par un jeu subtil, le spectateur est amené à se poser les mêmes questions que Christophe et découvre petit à petit le secret du titre du livre et du film...

Les acteurs sont tous formidables et Michel Blanc révèle, si cela était encore nécessaire, qu'il est (était) un grand comédien au jeu subtil et complexe !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
 
Steven Soderbergh nous invite à plonger dans un film d'espionnage haletant, mais difficile à suivre tant il est complexe, qui raconte l'histoire d’un couple d’agents secrets, George Woodhouse (Michael Fassbender impénétrable) et sa femme Kathryn (Cate Blanchett éblouisssante). 
 
Lorsque ses supérieurs demandent à George de trouver la taupe soupçonnée de trahison qui se cache dans leur groupe, groupe auquel appartient également sa femme, George doit faire face à un dilemme déchirant : protéger son mariage qualifié de parfait par tous ceux qui travaillent avec eux, ou défendre son pays.
 
Le personnage de George Woodhouse s’inspire en partie de James Jesus Angleton, une légende de la CIA. Comme Angleton, George est un passionné de pêche, un passe-temps qui reflète sa patience et sa capacité d’observation : le lac où le personnage de Michael Fassbender se ressource est un véritable lieu idyllique du Buckinghamshire, choisi pour son atmosphère paisible contrastant avec la tension du film.
 
Très british dans son ambiance, ses décors et son esthétisme, le film ne nous laisse pas une seconde de répit pour essayer de suivre l'enquête menée tambour battant par des as de l'espionnage et du mensonge !
 
On ressort de la projection sans avoir tout compris et la fin nous laisse perdu et perplexe sur la méthode employée pour débusquer la taupe !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Je n'avais pas vu ce film sorti en août 2024 mais je l'ai regardé en replay puisque Karim Leklou a reçu le César bien mérité du meilleur acteur !

"Le roman de Jim" est l’adaptation du livre éponyme de Pierric Bailly sorti en mars 2021. C’est l’auteur lui-même  qui a fait parvenir son roman aux frères Larrieu parce qu’il appréciait beaucoup leurs films et pensait qu’ils pourraient le transposer à l’écran.

C'est l'histoire d'Aymeric, un homme gentil, incarné par un acteur qui a prôné avec une franchise désarmante la gentillesse quand il a reçu son prix !

Aymeric retrouve Florence (Laetitia Dosch), une ancienne collègue de travail, au hasard d’une soirée à Saint-Claude dans le Haut-Jura. Elle est enceinte de six mois et célibataire. Quand Jim nait, Aymeric est là. Ils passent de belles années ensemble, jusqu'au jour où Christophe, le père naturel de Jim, débarque...

Le thème, très actuel puisqu'il s'agit du débat sur le statut de père entre le géniteur et l'homme qui élève l'enfant est traité avec beaucoup de sensibilité...

Tous les acteurs sont excellents, chacun dans leur registre et le spectateur est ravi de revoir Sara Giraudeau qui décidément peut tout jouer (elle incarne ici la femme avec laquelle Aymeric refait sa vie)...

Un joli film sans prétention mais un feel good movie !

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