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Route 66

Route 66

Prenez vos bécanes pour aller au cinéma, voir des pièces de théâtre, admirer des expositions...

cinema

Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Anne Le Ny s'est inspirée de l’affaire Suzanne Viguier (2000) pour réaliser son film - et a proposé à José Garcia le rôle principal de l'homme accusé de la disparition de sa femme.

Lorsque Alexandre découvre, par le plus grand des hasards, que Juliette (Ophelia Kolb), sa seconde épouse, le trompe, une violente dispute éclate. Juliette s’enfuit dans la nuit et poursuivie par Alexandre, fait une chute mortelle. La gendarmerie entame une enquête et Patrick (formidable André Dussollier), le père de Juliette, débarque, prêt à tout pour découvrir ce qui est arrivé à sa fille.

Alexandre qui craint d’être accusé, persuade Lison (Capucine Valmary touchante), sa fille de 18 ans d’un premier lit, de le couvrir. Pris au piège de ses mensonges, il est bientôt soupçonné par son beau-père qui n'hésite pas à exercer une pression psychologique sur Lison pour le circonvenir. Piégée entre les deux hommes, la jeune fille est prise dans un conflit de loyautés.

Un décor montagneux angoissant et désolé par les inondations, une première partie laborieuse voire embarrassante puisque la cause du décès peut être interprétée comme un féminicide, une seconde partie plus construite grâce au séduisant jeu d'André Dussollier... font de ce film un honnête téléfilm !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Quel bonheur de retrouver Laure Calamy dans ce beau rôle de femme courage !

La réalisatrice Blandine Lenoir s'empare de l'histoire d'un combat de femmes... et d'hommes (quelques jeunes médecins courageux), qui ont contribué à favoriser le débat sur l'avortement et surtout le vote de la loi Veil en 1975...

Nous sommes en 1973, Annie (Laure Calamy) se retrouve enceinte alors qu'elle a déjà 2 grands enfants : avec l'accord de son mari, elle fait appel au MLAC (Mouvement pour la Liberté de l’Avortement et de la Contraception) de sa ville de Nevers pour avorter avec la toute nouvelle technique de l'aspiration...

Annie est une femme "ordinaire", ouvrière dans une usine de matelas : elle est dévouée à son mari et à ses enfants et n'a pas confiance en elle...

Réconfortée par la chaleur et la tendresse qui émanent de ce groupe de femmes courageuses, elle se découvre plus forte qu'elle ne le pensait et réalise qu'elle peut se rendre socialement utile !

Laure Calamy met tout son talent au service de cette cause et elle nous séduit une fois de plus par sa présence et son naturel !

Elle est entourée par un cercle d'actrices formidables : Zita Henrot est magnifique dans un rôle d'infirmière au grand cœur qui n'a pas la langue dans sa poche, India Hair est sensationnelle dans un rôle de femme médecin aux gestes précis et doux, quant à Rosemary Standley (chanteuse du groupe Moriarty), qui incarne une bénévole, elle nous bouleverse lorsqu'elle chante des mélodies cristallines aux femmes candidates à l'avortement pour les aider à traverser cette épreuve !

Un film essentiel alors que l'inscription de l'avortement dans la constitution est actuellement en discussion à l'Assemblée Nationale...

Un film à voir absolument !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Christophe Honoré qui a 52 ans, nous fait revivre l'année de ses 17 ans lorsque sa vie a été bouleversée par le décès subit de son père...

S'ensuit une longue dissertation sur le deuil vécu par son alter ego (Paul Kircher), son frère ainé (Vincent Lacoste) et sa mère (Juliette Binoche)...

Le pathos est au rendez-vous mais pas l'émotion tant le propos du cinéaste se fait insistant, complaisant et même dérangeant : est-ce vraiment nécessaire de nous montrer tant de scènes de sexe y compris tarifé avec un adulte, alors que les media et la société s'attaquent enfin au fléau de la pédophilie ?

Les critiques encensent le film et le jeune interprète qui a 20 ans dans la vraie vie, mais qui peine à nous convaincre de son chagrin en alternant les moues de tristesse et les sourires éblouissants...

Quant à Vincent Lacoste, il ne trouve à aucun moment la bonne distance de grand frère : trop proche dans ses rapports potaches ou trop distant dans sa morgue de jeune actif...

J'ai décidément beaucoup de mal avec ce réalisateur qui, pour moi, ne se renouvelle guère, creusant de film en film (14 en 20 ans)  son sillon d'homosexuel mal dans sa peau...

A éviter !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Dans son 6ème long métrage, Roschdy Zem a voulu nous faire partager un événement qui a bouleversé sa propre famille : son jeune frère qui a été victime d'une commotion cérébrale, s'est mis à parler sans filtre social à son entourage, ce qui n'a pas été sans conséquence...

Dans la famille de cinéma qu'il s'est reconstitué, le réalisateur joue Ryad, le frère ainé qui a réussi sa vie comme journaliste sportif à la télévision mais ne prête guère attention aux autres...

Sami Bouajila interprète Moussa, le jeune frère de Ryad, directeur financier qui ne compte pas ses heures et qui s'occupe tendrement de ses 3 enfants depuis que sa femme l'a quitté...

Quand Moussa est victime d'un grave choc à la tête, il se retrouve défiguré par une énorme bosse frontale, état qui le fait dormir les 3/4 de son temps et invectiver ses proches dès qu'il émerge...

Moussa qui était le "gentil" dans cette famille nombreuse et très fusionnelle, devient le révélateur des dysfonctionnements de chacun... 

Ce qui aurait pu être drôle, mais cela ne m'a pas du tout fait rire tant les personnages sont convenus : celui qui a réussi s'est fermé aux autres, Samia (Meriem Serbah), la "sœur" de la fratrie, est la seule à se dévouer, le jeune adulte, fils de Moussa, passe son temps libre devant des jeux vidéos débiles...

Sami Bouajila joue très bien mais son rôle de malade est quand même très ingrat...

Roschdy Zem fait du Roschdy Zem, quant à Maïwenn qui interprète la compagne de Ryad, elle est "trop parfaite" pour être vraie...

En conclusion, j'aurais bien voulu "aimer" ce film mais j'avoue être restée extérieure aux heurs et malheurs de cette tribu...

Dommage !

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Difficile de critiquer Jafar Panahi, ce grand réalisateur iranien arrêté en 2010 pour "propagande contre le régime" et détenu durant deux mois, condamné à vingt ans d'interdiction de réaliser ou d'écrire des films et de voyager, emprisonné depuis juillet 2022 pour purger la peine de 6 ans à laquelle il avait été condamné en 2010...

Pour Aucun ours, il a effectué un long travail de repérage pendant trois mois et a trouvé le décor de son film dans un village près de Tabriz, à proximité des frontières de l’Azerbaïdjan et de l’Arménie. Mais la présence de l'équipe a été dénoncée auprès des autorités, la forçant à fuir pour poursuivre le tournage dans d’autres villages alentour...

J'ai trouvé le scénario confus : dans un village iranien proche de la frontière, un metteur en scène est témoin d’une histoire d’amour tandis qu’il en filme une autre...

La mise en scène mollassonne ne m'a pas non plus convaincue : beaucoup de palabres dans le village autour du non respect d'obscures traditions patriarcales...

En bref, j'aurais aimé saluer le courage du cinéaste mais je me suis ennuyée !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Un soi-disant thriller gastronomique... en réalité du grand n'importe quoi !

Le réalisateur Mark Mylod, responsable de treize épisodes de la série Succession, nous propose un repas indigeste, grotesque et gratuitement violent...

L'idée lui en venue en déjeunant dans un grand restaurant situé dans une petite île, après le départ du bateau la reliant au continent...

Il est parti de cette angoisse ??? pour nous raconter l'histoire improbable d'un chef talentueux interprété par un délirant Ralph Fiennes, qui décide de "régaler" ses 12 richissimes et snobissimes convives d'une farandole de plats, dans une mise en scène qu'aurait pu signer une mauvaise Agatha Christie...

Car il n'y a aucun suspense... on comprend vite que personne ne sortira vivant de ce jeu de massacre, sans trop d'ailleurs comprendre pourquoi et s'en fichant complètement...

Anya Taylor-Joy, révélée dans la série Le jeu de la dame, est amusante dans le rôle d'une invitée pas invitée mais les autres personnages sont caricaturaux et méritent bien leur sort tant ils sont bêtes et méchants...

Faites un détour et préférez une autre cantine !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

L'acteur et réalisateur, qui s'est toujours interrogé sur l'identité au sens large dans son travail, se questionne sans se cacher derrière des artifices sur sa place, en tant qu’homme de 50 ans, dans la société et dans sa famille.

Avec Reste un peu, il a voulu signer une sorte de journal intime, à l'instar de Nanni Moretti qu'il apprécie beaucoup... et c'est très réussi !

Pour illustrer le côté intimiste de son film, le réalisateur s'est entouré d'acteurs non professionnels : ses parents Régine et David et sa sœur Judith mais également le Père Barthélémy curé de Sainte Cécile à Boulogne, Sœur Catherine, l'écrivaine et femme rabbin Delphine Horvilleur et Pierre-Henri Salfaty, professeur de talmud, réalisateur et scénariste.

Après 3 ans passés aux Etats-Unis, Gad Elmaleh rentre en France pour retrouver sa famille et ses amis mais pas que...

Fasciné par la Vierge Marie depuis son enfance à Casablanca où ses parents juifs séfarades lui avaient interdit de rentrer dans l'église du Sacré Coeur, il souhaite se convertir au catholicisme et se prépare au baptême avec trois autres catéchumènes...

La caméra suit l'acteur Gad Elmaleh dans ses échanges avec ses proches et ses référents religieux : le futur baptisé doute et l'exprime en toute honnêteté, partagé entre son désir d'aller jusqu'au bout du chemin et son regret de peiner ses parents...

Le film est un petit miracle (sans jeu de mots) d'équilibre, traversé par de délicieuses notes d'humour et habité par des acteurs au parler vrai...

Les parents de Gad Elmaleh sont formidables de tendresse et d'inquiétude, quant à Gad lui-même il révèle toute la profondeur de son jeu en nous faisant partager sa crise spirituelle de la cinquantaine...

La salle de cinéma était archi-comble et les kippas attestaient de l’œcuménisme du thème abordé !

A voir absolument !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Le réalisateur Julien Rambaldi a voulu rendre hommage aux nounous qui sont souvent les seuls véritables points de repère des enfants dont les parents sont soit séparés soit et/ou surbookés...

La caméra zoome sur le périphérique parisien et nous fait découvrir la population bigarrée qui tente de survivre aux portes de la capitale...

Angèle (formidable Eye Haïdara), jeune femme ivoirienne qui vend des sacs à la sauvette, se retrouve bien en peine de rembourser son "employeur" et de payer son "propriétaire" après avoir été arrêtée par la police...

Grâce à l'entremise d'une de ses amies Wassia (délicieuse Bwanga Pilipili), elle accepte un job de nounou dans les quartiers chics du 18e arrondissement et va bientôt se mettre en tête de défendre toutes ses consœurs qui se retrouvent au square d'Anvers...

Le film doit beaucoup au charme et à la tchatche d'Eye Haïdara qui confirme son talent découvert dans Le sens de la fête avec le regretté Jean-Pierre Bacri en 2017, mais pas que...

Les nounous sont toutes magnifiquement campées de même que les mères et plus particulièrement Léa Drucker qui excelle dans son rôle de superwoman proche du burn-out, la relation qu'Angèle noue avec le petit Arthur 10 ans dont elle a la garde - est pétillante de malice partagée, quant au scénario il ne cesse de nous amuser par son inventivité...

A voir absolument !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
Valeria Bruni Tedeschi replonge dans ses souvenirs : élève à la prestigieuse école de théâtre fondée par Patrice Chéreau et Pierre Romans, elle avait 22 ans et comme ses camarades Agnès Jaoui, Vincent Perez, Marianne Denicourt... une furieuse envie de vivre.
Jouer pour vivre, vivre pour jouer, vivre vite et à tout prix, quitte à se perdre dans l’histoire d’amour toxique qui l’a passionnément attachée à Thierry Ravel, un acteur à fleur de peau, décédé à 28 ans d’une overdose. 
Dans son dernier film qu’elle a co-scénarisé avec Noémie Lvosky et Agnès de Sacy, la réalisatrice franco-italienne aujourd’hui âgée de 58 ans se rappelle avec une certaine nostalgie de l'insouciance de la seconde moitié des années 80 et de cette fascinante aventure théâtrale qu'elle a vécu aux Amandiers de Nanterre. 
Dès les premières images du film, nous sommes plongés dans une scène d’amour qui oppose deux jeunes acteurs talentueux : la première sélection des élèves comédiens sera féroce, seuls 40 seront retenus, parmi lesquels 15 seront élus pour monter Platonov de Tchekov. 
Face à l’exigence des deux maîtres et à l’émulation de leur méthode, les jeunes étudiants se jettent à corps perdu dans un jeu qui s’apparente à la fameuse école d’art dramatique Actors Studio, dirigée par Lee Strasberg 
Valeria Bruni Tedeschi a choisi l'incandescente Nadia Tereszkiewicz pour jouer son double et a confié à Sofiane Bennacer, dont c’est le premier grand rôle, la figure d’Étienne, l’amant au jeu intense, bientôt rongé par la drogue qu’il pense savoir maintenir à distance…
Louis Garrel compose avec talent un Chéreau manipulateur, sûr de son talent et de son charisme aux côtés de Micha Lescot excellent dans la peau d'un Pierre Romans légèrement dépressif et cocaïnomane. 
La réalisatrice s’est inspirée de Panique à Needle Park pour montrer le lien entre amour et drogue, si caractéristique de ces années-là dont la vitalité et la joyeuse légèreté allaient bientôt se fracasser sur les ravages du sida. 
Une brillante direction d’acteurs, un scénario inventif, une tension dramatique maintenue tout le long du film, que demander de plus à un bon film ?
On peut regretter un peu trop de pathos dans certaines scènes et certainement quelques partis pris… mais on ressort de la projection dynamisés par l’énergie vitale de cette jeunesse à laquelle tout semblait sourire !
A mon avis, un des meilleurs films de Valeria Bruni Tedeschi !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Le réalisateur catalan Albert Serra s'est inspiré des souvenirs de l'épouse polynésienne de Marlon Brando pour écrire son premier film contemporain dont l'action se déroule à Tahiti...

De Roller (Benoit Magimel magistral), Haut Commissaire de la République est le représentant de l'Etat français dans cette île paradisiaque corrompue par les effets nocifs des occidentaux...

Toujours tiré à quatre épingles dans un somptueux costume blanc, le haut fonctionnaire est très proche de la population locale dont il prend le pouls dans les réunions officielles et dont il partage les nuits fiévreuses et alcoolisées...

Quand un amiral débarque dans l'île avec une dizaine de marins en uniforme, les rumeurs vont bon train : on aurait aperçu un sous-marin dont la présence fantomatique annoncerait la reprise des essais nucléaires ; or depuis la signature en 1996 du Traité d'interdiction complète des essais nucléaires, la France s'est engagée à ne plus jamais en réaliser...

La caméra s'attache aux pas de Benoit Magimel dont elle suit la réflexion paranoïaque dans ses échanges avec les différents protagonistes de ses errances diurnes et nocturnes...

Difficile de transcrire l'atmosphère planante et poisseuse de ce film qui, durant 2h45, nous montre la beauté de la nature luxuriante de l'ile et nous égare dans de fausses pistes à la recherche d'une explication plausible à cet écheveau de complicités improbables...

De Roller n'arrive pas plus à gérer la situation que le spectateur à percevoir les tenants et aboutissants de ce tourment imaginaire qui saisit l'île de Tahiti...

A voir pour Benoit Magimel à qui le réalisateur a laissé toute liberté pour improviser... et si vous avez le temps...

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