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Route 66

Route 66

Prenez vos bécanes pour aller au cinéma, voir des pièces de théâtre, admirer des expositions...

cinema

Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

"The Duke" est le premier long-métrage à revenir sur cette histoire hors du commun : le vol en 1961 du portrait du duc de Wellington peint par Goya et exposé à la National Gallery de Londres, par Kempton Bunton, un chauffeur de taxi sexagénaire. C’est la seule œuvre qui n’ait jamais été dérobée de la galerie depuis sa fondation en 1824.

Roger Michell s'est emparé joyeusement de cette histoire improbable et a fait appel pour les rôles du héros et de son épouse à deux grands comédiens : Jim Broadbent  et Helen Mirren...

Tous les deux campent avec talent l'archétype du couple anglais : lui pince sans rire et pourfendeur des excès d'autoritarisme étatique, elle épouse discrète et parfaite qui fait vivre la maisonnée et tente de conserver son flegme malgré la décès de sa fille, les pitreries de son mari, la petite délinquance de son fils aîné et les rêves de son fils cadet...

Nous sommes à Newcastle, dans un environnement sociétal où chaque penny compte : Kempton qui s'est lancé dans une croisade pour faire exonérer de redevance télévisuelle les personnes âgées, décide d'emprunter le tableau et de ne le restituer que si le gouvernement accepte de rendre l’accès à la télévision gratuit pour la population qu'il représente...

Film d'époque autant que film de procès, "The Duke" se révèle malgré le talent des comédiens assez inégal, avec du coté positif les trésors humoristiques que constituent les discours de Kempton à la barre (qui sont d'authentiques retranscriptions), mais du côté négatif des scènes un peu interminables pour décrire la vie familiale de la famille Bunton...

A voir pour le plaisir d'écouter de l'humour anglais !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Le titre original : "Lunana : a yak in the classroom" nous dépayse immédiatement en nous faisant entrer dans cette école primaire du bout du monde meublée de quelques bancs et tables poussiéreux...

Quand Ugyen (Sherab Dorji), jeune instituteur de la ville capitale de Thimphu, arrive à Lunana après un long voyage en car et huit jours de marche à pied dans un majestueux décor de montagnes escarpées, il n'a qu'une envie c'est de repartir...

Formidablement accueilli comme "maître" par tout le village et réveillé dès le premier matin par la délicieuse Pem Zam, 9 ans et déléguée de classe, le jeune homme habitué au confort de la ville et à être chouchouté par sa grand mère, n'en revient pas de devoir recharger son IPod à l'énergie solaire...

Car dans le village de Lunana (56 habitants, 4800m d'altitude), il n'y a ni eau courante ni électricité et encore moins de wifi, et on se chauffe aux bouses de yack !

Le réalisateur Pawo Choyning Dorji nous fait partager le parcours personnel d'Ugyen qui abandonne peu à peu ses réflexes de citadin pour adopter les gestes de la vie quotidienne et s'ouvrir à la spiritualité de ces habitants aux traditions ancestrales qui parlent de BNB (bonheur national brut) et non de PNB !

Je ne vous raconterai pas la fin qui est très jolie...

Un film dont le rythme, l'atmosphère et la musique nous initient à la sagesse de ce peuple authentique jusque dans son écoute de l'autre !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Claude Zidi Jr. a trouvé la bonne distance pour nous parler de diversité sans tomber dans les clichés habituels...

Dans la même veine que dans Au bout des doigts (voir ma critique en 2019), le film nous raconte l'histoire d'Antoine (Mohamed Belkhir alias MB14), un talentueux rappeur de banlieue qui fait des études de comptabilité et gagne sa vie en livrant des sushis...

Quand le hasard le mène à l'Opéra de Paris, quand Madame Loyseau (formidable Michèle Laroque dans un rôle de professeur de chant intuitive et exigeante) entend la tessiture de sa voix dans une joute verbale avec un élève de l'institution et lui propose des prendre des cours de chant, le destin d'Antoine bascule...

Écartelé entre son milieu d'origine, son frère, ses copains, son amie d'enfance et l'appel de la vocation qu'il sent naître en lui, le jeune homme va progresser dans l'affirmation de son talent de ténor...

Tourné dans les magnifiques décors de L'Opéra de Paris, le film trouve très vite son rythme et sa densité dans la description des relations entre les différents élèves et surtout dans le personnage Madame Loyseau où  Michèle Laroque se révèle bouleversante de simplicité...

Par contre le jeune réalisateur insiste trop, de mon point de vue, sur la violence des scènes de "banlieue", et plus particulièrement sur la brutalité des combats de boxe illégaux qu'Antoine organise pour son frère, pour mieux dissocier les deux univers ?

A voir pour les acteurs mais pas que...

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Charlotte Gainsbourg est exceptionnelle et délicieuse dans ce rôle de maman poule / grande sœur de ses deux enfants désormais adolescents qui lui échappent...

Pour son quatrième long métrage, le réalisateur Mickaël Hers nous fait partager ses années 80 dans le Paris de Beaugrenelle...

Le film démarre sur les images de liesse du 10 mai 1981 qui font sourire Elisabeth (Charlotte Gainsbourg), malgré le désarroi qui l'habite...

Son mari qu'on ne verra jamais, l'a quittée et la jeune femme se retrouve seule à gérer le quotidien de la famille et ce, sans ressources puisqu'elle n'a pas travaillé pour élever ses enfants...

Aidée par son père, elle va tenter de faire face à la recherche d'emploi, à la dérive scolaire de son fils et à la prise d'indépendance de sa fille...

Douce, réservée, ultrasensible, gentiment décalée... Elisabeth va avoir le culot des timides pour entrer en contact avec l'idole de ses nuits, la fameuse animatrice radio Vanda Dorval (Emmanuelle Béart de plus en plus méconnaissable) qui anime les nuits des auditeurs en mal de confidence...

Recrutée comme standardiste, elle va peu à peu imposer son style et se laisser séduire par Talulah (adorable Noée Abita), une jeune fille paumée descendue de sa province pour tenter de trouver sa place dans la jungle parisienne, qui est venue témoigner dans l'émission...

L'arrivée de cette dernière dans la famille d'Elisabeth va transformer la vie des habitants de cet appartement suspendu dans la lumière des tours de Beaugrenelle...

Tout est doux et fluide dans ce film plein d'espoir où les personnages secondaires ont toute leur place !

A voir absolument et pas seulement pour Charlotte Gainsbourg qui, comme le dit si bien Télérama, est en état de grâce avec sa double performance dans la seconde saison de En thérapie et dans ce film qui lui va si bien !

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Premier long métrage de Mathieu Gérault, le film nous raconte le retour d'Afghanistan de Christian Lafayette (Niels Schneider habité par le rôle), un jeune soldat qui peine à retrouver sa place dans la société...

Plongé dès les premières images dans la violence des corps qui se déchainent sous les décibels et les stroboscopes, nous retrouvons Christian en garde à vue pour s'être battu, pour on ne saura pas exactement quelle raison...

Christian veut se réintégrer : il accepte un travail de manutentionnaire, habite un studio dans lequel il campe mais il ne veut pas lâcher son passé : Mounir (Sofian Khammes intense), le fils de sa nourrice et son ami d'enfance qui est revenu de la guerre handicapé, son commandant (Denis Lavant) qu'il appelle le Père et vénère d'autant qu'il vient le sauver de multiples mauvais pas...

Christian comprend peu à peu que la mission dont ils sont revenus n'était sans doute pas celle qu'il croyait et que Mounir est mêlé à une sombre histoire de drogue au même titre qu'Henri (Thomas Daloz), son autre camarade interné depuis sa démobilisation...

Alternant scènes de série noire et chroniques sociales, le scénario ne choisit pas vraiment son camp, surfe sur la violence pour dénoncer l'absence de suivi des jeunes gens déboussolés par la guerre tout en s'autorisant une histoire d'amour improbable entre Christian et Lucie (délicieuse India Hair),l'assistante sociale qui s'occupe d'Henri...

Les acteurs sont tous excellents mais le film est sans doute trop démonstratif et surtout trop noir pour vraiment nous convaincre !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

John Madden adapte le livre de Ben Macintyre Opération Mincemeat - L'histoire d'espionnage qui changea le cours de la Seconde Guerre Mondiale et nous raconte l'élaboration d'un incroyable et formidable leurre monté par les services secrets anglais avec le plein accord de Churchill...

Entrevoyant l'idée d'un débarquement en Sicile, les Alliés décident en 1943 de faire croire aux Allemands que l'opération se déroulera en Grèce et non en Sicile ; le cadavre maquillé d'un pseudo officier britannique sera retrouvé dans la baie de Cadix, avec une sacoche contenant des documents secrets qui étayent la désinformation... Et la ruse sera gobée par les Allemands et permettra de sauver des milliers de vies !

Sur cette trame passionnante et avec des acteurs de talent tels Colin Firth, le réalisateur nous propose un film daté, mal fichu, dans lequel tout : scénario, personnages, décors, scènes... sonne terriblement faux ! Et c'est long : 2h07 !

Dommage...

 

 

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Quel plaisir de retrouver au cinéma les héros favoris de la séri sur grand écran...

Réalisé par Simon Curtis, ce deuxième opus dérivé de la triomphale série anglaise de Julian Fellowes, nous fait partager l'été 1928 de la famille Crawley...

Les uns restent à Downton pour  le tournage d'un film où Lady Mary, Mr Mosley et les domestiques vont se retrouver enrôlés pour d'amusantes et différentes raisons...

Quant à Lord et Lady Grantham, ils vont séjourner avec Tom Branson, sa nouvelle épouse et Mr Carson dans une magnifique villa sur la Riviera à Nice, qu'un mystérieux marquis de Montmirail vient de léguer à Violet, la comtesse douairière !

Outre le plaisir de revoir la so british Maggie Smith, les aficionados de la série vont se régaler des différentes anecdotes croisées qui vont illustrer cet été de tous les possibles !

Dommage que le personnage de la duchesse de Montmirail, incarné par Nathalie Baye, soit si caricatural...

A voir absolument pour vivre un vrai moment de cinéma !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Je me suis demandée durant tout le film où voulait en venir la réalisatrice croate Antoneta Alamat Kusijanovic dans cet original premier long métrage ... à part sans doute dénoncer le patriarcat qui règne dans son pays....

Que veut-elle nous dire à travers le récit de ces quelques jours où le quotidien de Julija (intense Gracia Filipovic) et de ses parents, se trouve bouleversé par la venue de Javier (séduisant Cliff Curtis, acteur néozélandais qui parle anglais), un riche ami du passé de son père Ante (inquiétant Leon Lucey) et de sa mère Nela (ravissante Danica Curcic)...

Pour tromper son ennui dans cette petite île croate où rien ne se passe à part la survenue bruyante de riches touristes, la jeune fille de 17 ans a apprivoisé la mer adriatique en se consacrant à la nage, la plongée sous-marine et la pêche à la murène avec son père...

Très à l'aise dans l'eau, Julija l'est moins dans la vie entre son père à la violence difficilement contenue, et sa mère à qui elle reproche de s'être résignée à une vie sans perspective...

La venue de Javier offre une fenêtre d'espoir aux deux femmes et surtout à Julija qui se plait à rêver à un avenir où elle pourrait faire des études, vivre en Suisse...

Le film très ancré dans une nature minérale et aquatique et nourri de références symboliques (la murène), se laisse regarder mais n'a pas réussi à me" plonger" dans l'univers de la réalisatrice (dont la grand-mère habitait l'île en question) : trop caricatural ?, trop répétitif ?, trop rude ?...

A vous de voir !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Dans la même veine qu' "Un Triomphe" sorti en 2021 (avec Kad Merad), le réalisateur Etienne Comar nous parle de musique, de chant, de tessiture de voix...

Mais contrairement au film d'Emmanuel Courcol, il n'est pas question ici d'une possible "rédemption" ou d'un "épanouissement"  : le propos est plus modeste...

Luc (Alex Lutz), un chanteur lyrique renommé mais "en panne" (nous apprendrons plus tard pourquoi), accepte d’animer un atelier de chant dans un centre de détention pour femmes...

Entre bonne conscience et quête personnelle, il va tenter d'offrir à ces femmes cabossées par la vie un semblant de liberté, une parenthèse enchantée dans leur quotidien...

Dans cette prison modèle où la lumière entre à flots, le chanteur très vite confronté aux crises et aux jalousies du petit groupe, va  révéler sa dimension de coach... alors même que dans sa vie privée il a du mal à faire face à ses ombres personnelles et à ses obligations professionnelles.

Sur un répertoire allant de l'opéra à Jeanne Moreau, avec un casting mêlant comédiennes et non professionnelles, le film nous fait toucher du doigt et par petites touches successives, la fragilité des destins et l'empêchement de la culpabilité...

Aux côtés d'Axel Lutz, et dans un rôle de meurtrière endurcie, Agnès Jaoui impressionne par la justesse et l'intensité de son jeu...

L'ombre des filles" n'est pas un film facile mais il réussit à installer une attachante dynamique de groupe !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Après Senses, Asako I et II, Drive my car, Ryusuke Hamaguchi poursuit son exploration de la psyché féminine japonaise...

Avec ce film dont le titre original traduit serait Hasard et Imagination, le réalisateur japonais oscarisé nous offre les trois premiers contes, à la façon d'Eric Rohmer, d'une série de sept...

Trois contes, cinq femmes qui se racontent, partagent leurs sentiments amoureux, parlent de leurs fantasmes, jouent sur les quiproquos et se répondent à travers leurs histoires de vie...

Dans "Magie ?" le premier des trois contes, Tsugumi (Hyunri), une jeune femme souriante parle à son amie d'une conversation excitante qu'elle a eu avec un homme : "c'est comme si on s'était explorés avec des mots" - c'est pas un peu cochon ?" lui demande Meiko (Kotone Furukawa) en plaisantant...

Dans le second "La porte ouverte", Nao (Katsuki Mori), une jeune femme libérée sexuellement, lit à haute voix à son auteur Segawa, professeur de français, dans son bureau dont la porte reste ouverte, un passage érotique de son dernier livre qui a reçu un prix...

Dans le troisième "Encore une fois" qui est particulièrement bouleversant, deux quadragénaires se retrouvent sur l'escalier mécanique d'une gare : persuadée de reconnaître son amoureuse du lycée, Natsuko (Fusako Urabe), suit Aya (Aoba Kawai) chez elle, brûlant du désir de lui avouer ce qu'elle n'a pas osé lui dire il y a 20 ans...

Deux heures pour écouter les confidences qui excitent, caressent, blessent ou soulagent, les mots mis en scène par les personnages féminins qui peuplent l'imaginaire d'Hamaguchi  !

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