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Route 66

Route 66

Prenez vos bécanes pour aller au cinéma, voir des pièces de théâtre, admirer des expositions...

cinema

Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Clémence (Isabelle Hubert), maire de Seine Saint Denis va-t-elle honorer la promesse qu'elle s'est faite à elle même et à ses administrés : décrocher un accord verbal à "Monsieur Grand Paris" pour dégager 63 millions d'euros en vue de réhabiliter la cité insalubre des Bernardins, tombée aux mains d'un marchand de sommeil - à condition que les copropriétaires excédés paient enfin leurs charges  dont le montant cumulé atteint 100 000 euros...

Reste à convaincre les habitants du sérieux de cette énième promesse...

Le réalisateur Thomas Kruithof, fort de son précédent succès La mécanique de l'ombre, s'empare à nouveau du sujet des tractations politiques et s'est rapproché de Jean-Baptiste Delafon, co-créateur de Baron noir, pour interroger le courage politique au niveau local... et c'est une réussite...

Isabelle Huppert est impressionnante dans ce rôle qui la change de ses interprétations habituelles : franche ou rouée, fidèle à ses amitiés ou centrée sur son désir de puissance, décidée à ne pas se représenter mais tentée par un poste de ministre qu'on lui fait miroiter, elle oscille sous nos yeux au gré des retournements du film qui se déroule comme un véritable thriller....

Reda Kateb est excellent dans ce rôle de directeur cabinet issu à la force de son intelligence à ce poste envié, alors que lui-même est originaire de cette cité...

Les seconds rôles : les hommes politiques et leurs porte serviettes, les caïds locaux et leurs obligés... sont criants de vérité... sans caricature ni regard ironique...

Un très bon film servi par deux excellents interprètes qui se complètent et se cherchent du regard tout au long du film !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Le réalisateur allemand Christian Schwochow s'est inspiré du livre de Robert Harris, Munich paru en 2017, pour nous replonger dans les coulisses de l'accord de Munich...

Le film britannique, présenté en avant première au festival du film de Londres 2022, est diffusé uniquement sur Netflix...

L'histoire se tisse autour de trois jeunes gens qui se sont connus à Oxford :  Hugh Legat (George MacKay) qui travaille auprès du premier ministre Neville Chamberlain (formidable Jeremy Irons), Paul van Hartmann (Jannis Niewhöner), ambassadeur allemand au consulat britannique à Berlin et Joan dont ils sont tous deux amoureux...

En 1938, alors qu'Adolf Hitler se prépare à annexer les Sudètes, région de Tchécoslovaquie peuplée principalement de germanophones, le premier ministre Neville Chamberlain veut encore croire à une solution pacifique et s'apprête à signer les accords de Munich pour tenter d'éviter un second conflit mondial...

Les deux amis, un moment séparés par l'ascension d'Hitler au pouvoir, vont se retrouver face à face à Munich, au cœur même de la négociation !

Un thriller haletant pour une belle reconstitution historique, servie par d'excellents acteurs : seul Hitler, mais c'est certainement volontaire, est caricatural et l'acteur qui l'interprète difficilement crédible...

Un grand moment de cinéma !

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Sandrine Kiberlain passe derrière la caméra et nous offre un premier long métrage qui, dans sa simplicité et son authenticité, n'est pas sans évoquer le tempérament de l'actrice...

Irène (délicieuse Rebecca Marder, pensionnaire de la Comédie Française), a 19 ans en 1942 ; elle vit à Paris dans une famille juive et découvre la vie, l'amour et la passion pour le théâtre...

Focalisé sur la personnalité solaire d'Irène, le scénario nous fait partager son quotidien dans sa famille : auprès de son père André (André Marcon), son frère Igor (Anthony Bajon) et sa grand mère Marceline (Françoise Widhoff, productrice et monteuse dont c'est le premier rôle au cinéma) - et surtout lors de ses répétitions au Conservatoire dont elle prépare le concours avec assiduité...

Gaie, charmante, primesautière, taquine... en un mot vivante, Irène est une jeune fille qui va bien... dans un univers qui peu à peu s'obscurcit : Marceline refuse d'obéir aux demandes du régime de Vichy mais finit par capituler devant l'intransigeance d'André qui est certain qu'il ne peut rien leur arriver puisqu'ils sont français...

Mêlant souvenirs autobiographiques (les quatre grands parents de Sandrine Kiberlain sont juifs polonais et ses parents ont préparé le Conservatoire) - et lectures (Le Journal d’Hélène Berr, journal tenu par une étudiante juive parisienne, d'avril 1942 à février 1944), Sandrine Kiberlain réinterprète dans ce film la période de l'Occupation...

Dommage que les scènes se succèdent sans grande logique ni pour certaines sans grand intérêt et que le fil de l'intrigue soit si ténu...

J'aurais tant voulu aimer ce premier film d'une actrice que j'adore !

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Emmanuel Carrère nous séduit avec sa libre adaptation du livre de Florence Aubenas Quai de Ouistreham paru en 2010...

La journaliste avait infiltré un groupe de femmes de ménages travaillant sur les ferries pour témoigner sur ces "invisibles"...

Juliette Binoche est époustouflante dans ce rôle de romancière "infiltrée", anonyme parmi les anonymes qui réussit à se faire adopter par ses collègues... et pourtant figure solaire et séduisante malgré son absence totale de maquillage et la fatigue qui cerne son visage et son corps...

Pas de clichés dans ce film qui porte une réflexion authentique sur le sort de ces femmes vouées à rester femmes de ménage toute leur vie ; Marianne (Juliette Binoche) partage leur quotidien mais aussi leurs rêves grands et petits...

Aux côtés de Juliette Binoche, deux personnages du livre ont joué leur propre rôle : Nadège, la contremaître du ferry, et Justine, qui fête son pot de départ... Les autres femmes sont interprétées par des actrices non professionnelles qui comme Christèle (Hélène Lambert) et Marilou (Léa Carne), sont formidables de vérité...

De très jolis moments d'amitiés féminines, une vraie réflexion sur le métier de journaliste romancier, un délicieux personnage masculin en la personne de Cédric (Didier Pupin), un témoignage poignant... en un mot un très beau film !

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Publié le par hélène
Publié dans : #cinéma

L'actrice Maggie Gyllenhaal révèle son talent de réalisatrice dans ce premier film très maîtrisé...

Inspiré de Poupée volée d'Elena Ferrante, le scénario nous plonge dans un questionnement très féminin : comment vivre une double maternité précoce quand on est une jeune femme talentueuse et douée pour le bonheur ?

Leda (Olivia Colman) a décidé de venir se reposer en Grèce pour oublier qu'à 48 ans, elle se retrouve seule...

Très vite l'atmosphère idyllique de la petite station balnéaire devient étrange... comme cette famille nombreuse vaguement inquiétante qui squatte la plage et les chaises longues...

Fascinée par Nina (Dakota Johnson), une jeune mère accaparée par sa petite fille, Leda va revivre sous les traits de Jessie Buckley (Leda jeune), les bonheurs et les affres de la relation ambivalente qu'elle a elle-même vécue avec ses deux filles...

 Filmé comme un thriller, le film magnifiquement incarné par ces trois profils de mères, inquiète, fait réfléchir et séduit par son originalité et son audace narrative...

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Licorice Pizza est le nom d’un magasin de disques situé dans la San Fernando Valley, à Los Angeles.

Le cinéaste américain Paul Thomas Anderson (Magnolia, Phantom thread) a décidé de poser sa caméra dans sa ville natale à Encino (près de Los Angeles), pour nous replonger dans l'Amérique des années 70...

Inspiré par une anecdote qu'il a personnellement vécue, il nous raconte l'idylle improbable entre Alana Kane (Alana Haim), une jeune femme de 25 ans qui se cherche et Gary Valentine (Cooper Hoffman), un collégien de 15 ans doté d'un toupet hors du commun...

De rencontre en anecdote, le scénario se construit comme un film amateur, souligné par une excellente bande son très seventies...

Trop long (2h13), le film qui flirte avec American Graffiti, n'en est pas moins très original bien que décousu...

Les deux acteurs principaux dont c'est le premier rôle (Alana Haim est une musicienne professionnelle, Cooper Hoffman est le fils de Philip Seymour Hoffman), sont touchants de naturel... mais le contexte de leur histoire est trop décalé pour que l'on puisse totalement y adhérer...

Dommage !

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Régis Roinsard adapte le roman éponyme d'Olivier Bourdeau, en se plaçant du côté du père et non de l'enfant, comme dans le livre...

Georges (Romain Duris) est un séducteur qui sévit sur la Riviera dans les années cinquante...

Quand il rencontre Camille (Virginie Efira) qui danse avec sa grande étole de soie blanche, il en tombe immédiatement et irrémédiablement éperdument amoureux...

Camille et Georges font de leur vie une fête à laquelle s'invitent leur fils Gary et l'ancien protecteur de Camille, un sénateur rondouillard et généreux en la personne de Grégory Gadebois...

Tout semble sourire au jeune couple qui s'étourdit dans la danse... mais les premières fêlures apparaissent chez Camille qui s'ennuie en attendant que Georges revienne du garage où il travaille...

Virginie Efira est éblouissante : amante insatiable, mère complice, femme enfant au regard perdu face à la banalité du quotidien, esprit malade qui, peu à peu, sombre dans la folie malgré le soutien inconditionnel de ses proches...

Malgré un excellent casting, des décors somptueux, le film nous échappe : trop long, trop excentrique, témoin d'une époque révolue qui ne nous parle plus ?

A voir pour Virginie Efira !

 

 

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Au cours de cette seconde année à classer sous le signe du Covid, le prolifique cru 2021 a répondu aux attentes des cinéphiles dès le réouverture des salles le 19 mai !

Je ne suis pas allée voir tous les films récompensés à Cannes  mais parmi les 7 primés, j'en ai vu 3 dont 2 (Compartiment n°6 et Drive my car) font partie de mes préférés !

Dans mon classement 2021, j'ai retenu 3 films français et 7 films étrangers (1 iranien, 2 japonais, 1 espagnol, 1 finlandais, 1 italien et 1 américain)

En effet j'ai été plutôt déçue par la production française qui semble avoir misé cette année sur les sujets sociétaux (consentement dans Choses humaines, fin de vie et soins palliatifs dans De son vivant, avortement dans Événement, Alzheimer dans The father, suicide assisté dans Tout s'est bien passé, garde partagée dans My Zoé...), plutôt que nous embarquer dans des fictions à dimension universelle...

Quelques bluettes, des comédies témoins de notre époque, mais très peu de vraies créations au service d'une pensée originale...

Sur la base des 63 films visionnés, je vous propose donc le classement suivant, reflet de ma propre subjectivité

1. La loi de Téhéran : film magistral, l'oeuvre du libanais Saeed Roustayi nous immerge dans la réalité glaçante des ravages de la consommation de crack dans son pays

2. Boîte noire : Yann Gozlan nous séduit avec un thriller économique fascinant dans le monde de l'aviation civile, brillamment interprété par un Pierre Niney inquiétant et inspiré

3. Compartiment n°6 : le réalisateur finlandais Juho Kuosmanen nous convie à partager un voyage initiatique dans le transsibérien, aux côtés de Laura une jeune femme qui, confrontée à l'altérité, finit par s'accepter telle qu'elle est

4. Drive my car : le japonais Ryusuke Hamaguchi nous invite dans un délicat road movie aux confins du théâtre et du conte

5. Les amants sacrifiés : le thriller historique du japonais Kiyoshi Kurosawa nous séduit par la maîtrise et l'originalité diabolique de son scénario, formidablement interprété

6. Médecin de nuit : Vincent Macaigne est époustouflant de vérité dans le film de Elie Wajeman : un médecin urgentiste confronté à son destin dans un voyage au bout de la nuit des quartiers défavorisés de Paris

7. Madres parelas : Pedro Almodovar et sa muse Penelope Cruz nous parlent avec talent d'un thème universel et pourtant si complexe : la maternité

8. Nomadland : la réalisatrice Chloé Zhao dénonce et célèbre par le truchement de cette inclassable et merveilleuse actrice qu'est Frances McNormand, les laissés pour compte du développement économique américain

9. Tre Piani : Nanni Moretti nous livre un film sombre sur l'état actuel du monde entre dépression post partum et difficulté à vivre ensemble... mais c'est du Nanni Moretti

10. Aline : je retiens ce film qui est une vraie performance de réalisation et d'interprétation tant il incarne le génie de Valérie Lemercier qui réussit à nous rendre émouvante et attachante la chanteuse populaire qu'est Céline Dion

Et aussi : Les 2 Alfred, réflexion très originale des frères Podalydès sur le monde du travail d'aujourd'hui - Les amants de Nicole Garcia, une vraie fiction - First cow, un western "féminin" - Chers camarades, un film russe poignant - L'oubli que nous serons, une émouvante chronique familiale dans la Colombie des années 80 marquée par la violence...

Et encore : Petite maman, A l'abordage, Serre moi fort, Un triomphe...

Cinéma : classement 2021
Cinéma : classement 2021
Cinéma : classement 2021
Cinéma : classement 2021
Cinéma : classement 2021
Cinéma : classement 2021
Cinéma : classement 2021
Cinéma : classement 2021
Cinéma : classement 2021

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Paul Shrader, le réalisateur de Taxi Driver nous parle de culpabilité et d'une impossible rédemption...

Son héros William Tell (impressionnant Oscar Isaac dans un rôle presque mutique), a fait de la prison pour un crime qu'il ne se pardonne pas...

Écumant seul les casinos, William Tell joue au poker, compte les cartes et se réfugie dans des chambres de motel dont il emmaillote de blanc tout le mobilier... reconstruisant ainsi l'univers carcéral qui lui a étonnamment très bien convenu...

Le solitaire au cheveu soigneusement gominé va tout de même accepter les services d'un agent en la personne de La Linda (Tiffany Haddish), une séduisante et sculpturale femme noire et prendre sous son aile Cirk (Tye Sheridan), un jeune homme impulsif dont le père militaire en Irak s'est suicidé à son retour des geôles d'Abou Ghraib...

En effet la torture perpétrée par les hauts gradés américains habite et hante tout le scénario : présente en flash backs dans les cauchemars de William Tell, elle finira par se matérialiser à nouveau dans une chasse à l'homme entamée par Cirk pour retrouver l'ignoble commandant Gordo (Willem Defoe), instructeur de son père...

Un film à la fois lent et haletant qui nous plonge tour à tour dans l'univers factice des casinos où rien ne distingue le jour de la nuit et dans les sinistres geôles où s'exerce la fureur americana...

Un scénario original pour une démonstration implacable mais qui aurait mérité de suggérer les scènes de violence plutôt que de nous les montrer !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Arnaud Desplechin s'est entouré d'une brochette d'acteurs stars pour réaliser, en langue française, l'adaptation du roman de Philip Roth Deception...

Denis Podalydès interprète avec brio l'écrivain américain, réfugié à Londres à la fin des années 80 et amoureux fasciné par sa belle et jeune amante anglaise (lumineuse Léa Seydoux)... 

Anouk Grinberg dans le rôle de l'épouse, Emmanuelle Devos dans le rôle d'une ex bien aimée et Rebecca Marder dans le rôle d'une de ses brillantes étudiantes complètent élégamment le casting...

Le réalisateur nous plonge avec talent dans l'univers de Roth où reviennent de façon obsessionnelle la question de la judéité, le pouvoir des mots, le mystère du désir et la pulsion de mort...

Découpé en 11 chapitres, le film nous fait partager cette jolie histoire d'amour entre un écrivain et sa muse, où les mots font naître le désir et nourrissent l’œuvre de fiction qui s'écrit sous nos yeux...

Un film brillant, complexe et très cérébral, sans doute un peu trop long (1h45), pour complètement nous séduire...

 

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