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Route 66

Route 66

Prenez vos bécanes pour aller au cinéma, voir des pièces de théâtre, admirer des expositions...

cinema

Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Prix du scénario à Cannes en 2022, le dernier film du réalisateur égyptien Tarik Saleh nous raconte l'histoire d'Adam, un simple fils de pêcheur, qui obtient une bourse pour intégrer la prestigieuse université Al-Azhar du Caire, épicentre du pouvoir de l'Islam sunnite. Le jour de la rentrée, le grand imam à la tête de l'institution meurt soudainement. Adam se retrouve alors, à son insu, au cœur d'une lutte de pouvoir implacable entre les élites religieuse et politique du pays.

Indésirable dans son pays depuis 2015, Tarik Saleh a pu, pour représenter Al-Azhar,  tourner son film dans la Mosquée Süleymanye d’Istanbul, un magnifique édifice bâti au XVIème siècle, dont le maître d’œuvre, Sinan, a formé l’architecte de la Mosquée Bleue.

Le film, critique acerbe des dérives du pouvoir autoritaire du maréchal al-Sissi, décrit avec précision l'action des services secrets bien décidés à influer sur l'élection en interne du successeur du grand imam en poussant un  candidat proche de leurs idées et en "déstabilisant" ses concurrents les plus dangereux...

Le réalisateur retrouve avec plaisir Fares Fares, son interprète fétiche dont nous avons découvert le talent dans Le Caire confidentiel : dans son dernier opus, le comédien qui a complètement changé de look, incarne le colonel Ibrahim, officier expérimenté de la Sûreté d'Etat, un personnage dur et cruel, vaguement désabusé mais dont l'humanité pourrait se réveiller devant l'ignominie de trop...

Ce dernier choisit Adam comme "taupe" en tablant sur sa naïveté, mais l'étudiant révèle toute son intelligence en se transformant en agent double voire triple, allant jusqu'à trahir son seul et réel ami...

De rebondissement en rebondissement, le scénario nous séduit et nous envoûte par son esthétisme et son inventivité !

A voir absolument !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Le réalisateur polonais Jerzy Skolimowski (84 ans), nous tend un miroir pour voir le monde des hommes à travers le regard de Tako, un âne sarde, pacifique, au pelage gris et aux grands yeux doux cernés de blanc...

Propriété d'un cirque ambulant et adorée par sa jeune maîtresse, Tako s'échappe à la faveur d'une manifestation de militants de la cause animale...

Livré à lui-même, il va profiter de sa liberté en trottinant dans de magnifiques paysages sauvages mais surtout, va devoir affronter la bêtise et la brutalité des hommes et femmes qu'il rencontre le long de ses chemins d'errance...

Le propos du film est de dénoncer le spécisme pratiqué depuis la nuit des temps par des hommes qui exploitent, torturent, consomment et abandonnent les animaux qui partagent leur espace vital...

Appelé EO dans le film qui signifie HiHan, Tako et ses cinq doublures vont plusieurs fois frôler la mort mais repartir de bon pied vers de nouvelles aventures à travers la Pologne, l'Autriche et l'Italie...

Les scènes oniriques et/ou dramatiques baignées de lumières rouges qui s'intercalent entre les différents chapitres du film et l'avant-dernier épisode avec Isabelle Huppert en guest star, mère incestueuse d'un prêtre pas très catholique, détournent le spectateur hypnotisé par le regard noir profond d'EO...

 

Un film original, démonstratif et puissant qui aurait gagné à être moins sombre y compris dans ses images, plus ambivalent et paradoxalement plus centré sur EO !

 

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

La réalisatrice Mia Hansen-Love s'est inspirée de la maladie de son père pour nous proposer ce film qui parle de la souffrance des proches d'un malade atteint de la maladie d’Alzheimer...

Sandra (Léa Seydoux), maman solo d'une petite fille, est particulièrement affectée par la santé déclinante de son père Georg (Pascal Greggory)...

C'est dans le contexte de la recherche d'un établissement susceptible d'accueillir dignement son père, grand intellectuel qui peu à peu perd la mémoire et ne peut plus lire, qu'elle rencontre Clément (Melvil Poupaud), un ami de jeunesse...

Durant presque deux heures, le film alterne de façon répétitive les scènes d'hôpital au chevet de Georg et les rencontres amoureuses entre Sandra et Clément... et très rapidement l'on s'ennuie beaucoup...

En effet même si nous sommes ravis de retrouver Pascal Greggory qui excelle dans ce rôle difficile, nous assistons sans surprise et sans plaisir à la renaissance de la relation entre Sandra et Clément : Léa Seydoux à contre-emploi, pas maquillée, fagotée dans un jean trop large, constamment au bord des larmes ne nous convainc guère ; quant à Melvil Poupaud, il a l'air absent, triste, décalé, jamais à la bonne place...

Sans parler de la mère de Sandra incarnée par une Nicole Garcia caricaturale...

Difficile de vous recommander ce film !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Quand Abel apprend que sa mère Sylvie, la soixantaine, est sur le point de se marier avec un homme en prison, il panique. Épaulé par Clémence, sa meilleure amie, il va tout faire pour essayer de la protéger. Mais la rencontre avec Michel, son nouveau beau-père, pourrait bien offrir à Abel de nouvelles perspectives…

Le pitch ne donne pas obligatoirement envie et pourtant le troisième long métrage de Louis Garrel est tout bonnement sensationnel...

Un scénario improbable sur un thème rebattu : le dernier casse avant la retraite, mais les personnages principaux et secondaires sont complexes et touchants et les comédiens sont tous formidables : Roschdy Zem crève l'écran dès les premières minutes du film quand il se lance dans une improvisation théâtrale en prison, Anouk Grinberg, qui revient enfin sur les écrans, est délicieuse dans sa fausse fragilité féminine, Noémie Merlant campe avec talent une jeune femme bien de son temps et faussement libertine ; quant à Louis Garrel il est épatant en fils débordé par le comportement de sa mère et englué dans le deuil de son épouse...

Le film n'est pas sans rappeler l'histoire de Louis Garrel et de sa mère, l'actrice et réalisatrice Brigitte Sy qui a animé des ateliers de théâtre en prison et s'est mariée avec un prisonnier mais dans L'innocent, le réalisateur se place du point de vue du fils...

En conclusion, un film intelligent, plein d'humour qui tantôt file à la vitesse des voitures et des camionnettes comme dans un polar, tantôt s'attarde sur les relations qui se tissent entre les protagonistes...

A voir absolument !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Sébastien Marnier s'est inspiré de son vécu familial pour réaliser son troisième long métrage...

Les critiques qui encensent le film parlent volontiers d'un univers à la Chabrol, ou font référence à "8 femmes" de Ozon ?

Personnellement je ne suis pas du tout entrée dans l'intrigue et ce, dès les premières images où le réalisateur nous plonge dans un vestiaire d'ouvrières au sein d'une usine de salaison de poissons...

On y découvre Laure Calamy qui se rend ensuite dans une prison pour femmes où sa jalouse compagne purge une peine de 5 ans d'emprisonnement...

Le film démarre enfin quand Laure Calamy téléphone à son père enfin retrouvé, qui l'invite à venir le voir dans sa somptueuse villa à Porquerolles...

Changement de décor complet : nous sommes chez les utltra-riches, pris au piège, comme l'odieux patriarche Jacques Weber affaibli par un AVC, dans un gynécée peuplé de créatures toutes plus caricaturales les unes que les autres : Dominique Blanc incarne avec délectation l'épouse aux tenues extravagantes qui dilapide la fortune de son mari en achats inutiles, Doria Tillier incarne avec férocité la fille ainée qui ne pense qu'à hériter de l'empire familial, Agnès (Véronique Ruggia Saura), la bonne revêche est kleptomane et écoute aux portes, quant à Jeanne (Céleste Brunnquell), la petite fille, elle ne quitte pas son appareil photos...

Quand Stéphane (Laure Calamy dans un rôle inhabituel mais qu'elle interprète à la perfection), la transfuge de classe, se retrouve dans ce nœud de vipères, les cartes sont rebattues et les façades de respectabilité s'effondrent...

De rebondissement en rebondissement, nous assistons au dynamitage de cette famille dysfonctionnelle où les plus pourris ne sont pas ceux que l'on croit...

Sur une idée intéressante au départ, le scénario aurait pu être une réussite s'il n'était pas alourdi par des scènes inutiles et desservi par des moments de violence gratuits, et surtout si les personnages avaient quelque fond de vérité...

Mais trop c'est trop, d'autant que le film dure 2 heures qui m'ont semblé interminables...

Dommage !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Comment George Clooney et Julia Roberts ont pu accepter de tourner dans un tel navet ?

J'imaginais naïvement que j'aurais plaisir à les revoir tous les deux, mais même pas !

C'est la productrice Sarah Harvey qui a proposé au réalisateur Ol Parker, avec lequel elle avait déjà travaillé, le scénario inspiré de l’histoire d’une de ses amies divorcée.

Georgia et David, un couple séparé depuis 25 ans, se retrouvent à Bali pour empêcher leur fille Lily (Kaitlyn Dever) de commettre la même erreur que la leur, à savoir se marier sur un coup de foudre avec Gede (Maxime Bouttier), un séduisant cultivateur d'algues...

Heureusement que la nature balinaise est belle (même si le film a été tourné en Australie, en grande partie épargnée par le Covid) 😉, car c'est vraiment le seul intérêt du film !

Le jeune couple est sympathique, la famille balinaise est attachante mais les parents de Lily sont de vraies caricatures d'américains : matérialistes, bourreaux de travail, soucieux de leur petit confort...

Si George Clooney cabotine avec une certaine légèreté qui est sa marque de fabrique, Julia Roberts ne trouve visiblement pas le bon ton ni la bonne distance par rapport à l'histoire...

A éviter même pour les inconditionnels des deux stars !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Adapté du roman d'Alain Jaspard Pleurer des rivières, "Le sixième enfant" nous parle avec justesse du désir puissant de maternité...

Anna (formidable Sara Giraudeau), jeune avocate de 39 ans se désespère de ne pas pouvoir avoir d'enfant...

Son mari Julien (Benjamin Lavernhe), avocat au pénal assure brillamment la défense de Franck (Damien Bonnard), un ferrailleur coupable de coups et blessures et lui propose de le raccompagner chez lui à la sortie du tribunal...

Julien et Anna (qui conduit la voiture,) se retrouvent donc dans un camp de gitans à Aubervilliers où Meriem (Judith Chemla), la femme de Franck leur propose de venir prendre une bière dans leur caravane...

Le courant passe entre les deux femmes pourtant si différentes : l'une bobo parisienne en mal d'enfant, l'autre appartenant à la communauté des gens des gens du voyage et mère de cinq enfants...

Quand Franck quelques jours plus tard demande à Julien de le recevoir dans son cabinet, l'avocat est stupéfait de l'entendre lui proposer de leur "donner" le sixième enfant qu'ils attendent car ils sont trop pauvres pour assurer sa subsistance...

Anna réagit comme son mari, ils sont tous les deux juristes : la proposition de Franck et de Meriem s'apparente à un délit, cela s'appelle du trafic d'êtres humains..., ils ne peuvent accepter...

Sans porter aucun jugement sur ses personnages, le réalisateur Léopold Legrand nous fait partager le cheminement de la pensée des différents protagonistes qui se rencontrent à plusieurs reprises pour parler de "l'impossible" et notamment les deux femmes qui se lient d'une vraie et profonde amitié...

Avec un sentiment d'urgence qui n'est pas sans rappeler l'horloge biologique des femmes qui approchent de la quarantaine, le film nous émeut et nous attache aux questionnements les plus intimes de ces deux couples, jusqu'à nous faire totalement épouser le désir d'enfant d'Anna...

A voir absolument, pour Sara Giraudeau qui ne cesse de nous surprendre par l'éventail de son jeu d'actrice mais également pour les trois autres acteurs qui sont tous sensationnels !

 

 

 

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Rebecca Zlotowski a voulu dans ce film aborder un personnage dont le cinéma parle peu, si ce n'est en le caricaturant : la belle mère !

Virginie Efira incarne Rachel, une jeune femme de 40 ans, de confession juive, professeur de français dans un collège...

Rachel est bien dans son métier, bien dans sa peau, entourée d'amis mais tétanisée par le tournant de la quarantaine : Rachel qui a perdu sa mère jeune, veut désespérément un enfant...

Quand elle rencontre Ali (Roschdy Zem), elle se dit qu'il pourrait être le père de cet enfant... mais Ali a déjà une petite fille, Leïla 5 ans, dont il a la garde partagée avec son ex femme Alice, interprétée par Chiara Mastroianni...

Le scénario habile nous montre la profondeur des relations que noue Rachel avec Ali mais aussi avec Leïla, avec Alice, avec sa soeur qui attend un enfant, avec un élève particulièrement difficile dont elle va se faire le défenseur, avec son père,, ses collègues... et le personnage ne cesse de s'étoffer magnifiquement incarné par Virginie Efira...

Dommage que le personnage d'Ali soit moins fouillé, dommage également que le film perde de son intensité par l'accumulation de scènes inutiles ou un peu faciles : on a compris, merci !

Mais un beau sujet et une vraie question : quel nom et surtout quelle place donner à la relation entre un adulte et un enfant qui n'est pas le sien ?

 

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Isabelle Huppert n'a pas fini de nous étonner : elle incarne dans ce film une femme libre dans sa tête et dans son corps, une éditrice qui mène sa vie avec succès malgré les épreuves qu'elle a traversées... et surtout l'actrice laisse parler ses émotions...

Le film démarre sur un gros plan d'Isabelle Huppert qui, au volant de sa voiture, s'adresse face caméra au spectateur pour nous parler de sa jeunesse en Irlande et de son premier amour Doug (séduisant Eanna Hardwicke)...

Mêlant adroitement les différentes temporalités de la vie de Joan qui est interprétée par Freya Mavor dans ses jeunes années, le réalisateur Laurent Larivière nous donne suffisamment de clés pour que l'on se retrouve dans le fil de la mémoire de l'héroïne... quitte à nous perdre entre sa vie passée et sa vie rêvée...

Nathan, le fils de Joan, est joué par trois acteurs successifs mais Swann Arlaud qui l'interprète adulte est de loin le meilleur...

Malgré quelques longueurs alors qu'il ne dure qu'1 heure 40, et malgré le personnage excessif de l'écrivain Tim Ardenne (Lars Eidinger) révélé par Joan, le film est assez fascinant !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

"Citoyen d’honneur" est le remake d’un film argentin, El ciudadano ilustre de Mariano Cohn et Gaston Duprat sorti en 2017 en France.

Les producteurs du film argentin ont proposé à Mohamed Hamidi d'en faire une relecture situant le récit non plus entre l'Espagne et l'Argentine mais entre la France et l'Algérie...

Ce qu'il a accepté en inscrivant clairement le film dans le registre de la comédie...

Le réalisateur s'est inspiré de ses souvenirs d'enfant en Algérie pour nous conter l'histoire de Samir Amin (Kad Merad), un écrivain français qui vient de recevoir le prix Nobel de littérature...

Divorcé et dépressif, le nouveau nobélisé refuse toutes les invitations mais accepte à la surprise générale de se rendre dans son village natal, qu'il a quitté à l'âge de 20 ans, pour être nommé citoyen d'honneur...

Inutile de préciser que les retrouvailles vont être complexes d'autant que l'écrivain s'est largement inspiré de ses concitoyens pour en faire les personnages de ses différents livres...

La comédie tournée au Maroc durant le confinement, nous offre quelques très jolis moments avec des acteurs confirmés comme Fatsah Bouyahmed qui campe avec facétie Miloud, un ancien voisin qui va servir de guide à Amin durant tout son séjour ou Oulaya Amamra révélée dans le film Divines, qui crève l'écran dans le rôle de Selma, une étudiante et rappeuse engagée... mais également avec les habitants du village qui ont accepté de faire de la figuration pour interpréter les personnages secondaires ...

Dommage que Kad Merad rejoue pour la nième fois le rôle d'un personnage dépressif qui retrouve peu à peu le sourire et l'envie de vivre...

Dommage encore que le scénario souffre de nombreux clichés sur l'Algérie et plus particulièrement à la fin...

Mais on se laisse porter par l'histoire qui finit sur une note très optimiste !

 

 

 

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