L'affiche du film de David Oelhoffen était prometteuse...
Reda Kateb le flic et Matthias Schoenaerts le dealer sont formidables (surtout le premier) mais le scénario est inutilement compliqué et surtout guère original
Driss et Manuel ont grandi ensemble dans la même cité... Quand Imrane, l'indic de Driss, se fait tuer, leurs routes se croisent à nouveau...
Beaucoup de méchants, des femmes amoureuses de leurs hommes, des durs au coeur tendre avec leurs enfants, des aînés taiseux qui tiennent le business de la drogue...
Des figures déjà vues, beaucoup de longueurs, de la violence gratuite, une fin prévisible... on peut faire l'impasse même si le personnage de flic interprété par Reda Kateb est particulièrement subtil dans son questionnement identitaire...
Le réalisateur singapourien Eric Khoo célèbre à travers ce film les 50 ans de relations diplomatiques entre le Japon et Singapour, pour faire oublier les souffrances endurées par les singapouriens pendant l'occupation japonaise durant la seconde guerre mondiale..
A la mort de son père, un grand chef japonais de ramen (bouillon de porc ou de poisson avec des nouilles), le jeune cuisinier Masato (formidable Takumi Saitoh) part à Singapour sur les traces de sa mère disparue dont il garde en mémoire la saveur des plats qu'elle lui confectionnait...
Le film est une magnifique ode à la nourriture que l'on découvre, que l'on partage et qui permet la réconciliation entre les peuples et les différentes générations..
Articulé entre le passé de ses parents et le présent de Masato, le scénario habilement cuisiné nous attache aux personnages que rencontre le jeune homme grâce à une jeune blogueuse spécialiste du bak kut teh...
Un très beau film subtil et sensuel qui fait écho aux Délices de Tokyo et à L'odeur de la papaye verte !
Deux formidables acteurs interprètent cette histoire inspirée par Jacques Le Fatalisteet son maître de Diderot...
Emmanuel Mouret s'essaie au film en costumes et confie à Cécile de France et Edouard Baer les rôles de Madame de la Pommeraye et du marquis des Arcis...
Alice Isaaz, qui n'apparaît qu'à la mi-temps du film, incarne Mademoiselle de Joncquières...
Cécile de France et Edouard Baer excellent dans l'art du marivaudage à la française : que notre langue est belle lorsqu'elle se glisse élégamment dans les jeux de la séduction !
Madame de la Pommeraye, jeune veuve retirée sur ses terres fait languir le libertin marquis des Arcis... avant de céder à ses promesses d'amour éternel...
Quand après quelques années de mariage, elle se rend compte que la marquis a fini par se lasser de sa compagnie, elle décide de se venger avec l'aide de Mademoiselle de Joncquières et de sa mère...
Autant la première partie est spirituelle et joliment surannée, autant la seconde paraît bâclée et peu crédible car Madame de la Pommeraye n'est pas Madame de Merteuil... ou en tout cas la cruauté ne sied pas à Cécile de France...
Quant à Alice Isaaz, son registre univoque et quasi mutique nous fait bailler d'ennui...
Jacques Audiard a choisi d'adapter le roman du canadien Patrick deWitt et de faire appel à 4 grands acteurs américains pour mieux habiter son premier western...
Nous sommes en 1851...
Joaquin Phoenix et John C. Reilly interprètent Charlie et Eli, les deux frères Sisters qui sont des tueurs à gage sans états d'âme, au service du Commodore...
Riz Ahmed est Warm, un chercheur d'or traqué par Morris, un détective privé lettré et soigné interprété par Jake Gyllenhaal, qui travaille également pour le Commodore...
Morris doit soutirer à Warm son procédé chimique pour trouver les pépites d'or et attendre les frères Sisters chargés de l'assassiner...
Mais rien ne se passe comme prévu et le quatuor chemine de concert de l'Oregon à la Californie dans une macabre ruée vers l'or...
Jacques Audiard, comme à son habitude, tourne un film d'hommes où les femmes sont réduites aux rôles de transgenre, de putain au coeur sensible ou de Ma Dalton...
Le film est dédié à son frère aîné, disparu lorsque Jacques Audiard avait 25 ans et nous parle de fratrie où l'aîné refuse sa place pour mieux protéger son fou de frère cadet qui a hérité des gènes violents du père...
Tous les critiques ont crié au génie devant Les frères Sisters
Pour ma part, j'hésite encore à me prononcer car si j'ai trouvé que le scénario était effectivement très original, que les portraits d'hommes étaient bien brossés et tutoyaient l'universalité des relations masculines, j'ai été très gênée par l'apologie du parricide et de la violence et les dialogues souvent laborieux m'ont semblé agir comme des pavés rohmériens dans la progression du récit...
Les acteurs sont tous très bons mais je me suis bizarrement ennuyée...
En réalité, je pense avoir été déçue car j'en attendais trop !
Après Hippocrate et Médecin de campagne, Thomas Lilti, médecin passé à la réalisation, a voulu nous montrer l'enfer compétitif du concours d'entrée en médecine... et nous faire implicitement comprendre comment le mode de sélection pouvait induire les difficultés rencontrées par les médecins français installés...
Le réalisateur s'est beaucoup appuyé sur son expérience et a décidé d'illustrer son propos en confiant son rôle à un duo d'amis que tout oppose... et plus particulièrement leur origine sociale...
Antoine (formidable Vincent Lacoste) veut absolument être médecin et triple sa première année...
Benjamin (William Lebghil crève l'écran) ne sait pas s'il veut exercer la médecine mais il est le fils d'un chirurgien connu...
Le film alterne avec brio les scènes "documentaires" très réalistes : amphis bondés, séances de bachotage, révisons à la BU, salle d'examens de Villepinte, véritable hangar où la vie des étudiants se joue en une journée... et les scènes plus intimistes où les deux jeunes gens apprennent à se connaître et à s'épauler...
Le film est fort, énergisant mais surtout dénonce l'absurdité d'un système appelé à disparaître ?
Kevin MacDonald a voulu dans ce documentaire nous montrer la "vraie" Whitney Houston...
Alternant témoignages, interviews et images d'archives, le réalisateur nous fait revivre le parcours de cette diva à la voix à nulle autre pareille, qui a vendu 200 millions d'albums et dont la chanson I will always love you est encore aujourd'hui le single le plus vendu par une chanteuse !
Fille de Cissy Houston choriste renommée, Whitney a fait ses premières armes en chantant des gospels dans une église de Newark...
Propulsée au zénith par le film Bodyguard , Whitney a connu alors l'injonction de rester toujours au top...
Le montage nous plonge dans la vie intime de la star et nous raconte la vampirisation par ses proches, l'addiction aux drogues dures, la bisexualité, l'abus sexuel subi dans l'enfance, ses relations orageuses avec son mari Bobby Brown et le tragique destin de sa fille Bobbi Kristina...
Sa voix magnifique nous bouleverse toujours mais le film est long (2 heures), trop long, chronologiquement mal construit...
Pour ma part, j'ai nettement préféré le documentaire sur Amy Winehouse dont le ton était plus sensible, moins distancié, plus "incarné"
Le réalisateur coréen Lee Chang-dong s'est inspiré de la nouvelle d'Aruki Mirakami Les granges brûlées (elle-même adaptée d'une oeuvre de William Faulkner) pour dénoncer la colère des jeunes coréens du Sud impuissants face à la montée du chômage...
Il nous raconte l'histoire d'un trio amoureux : Jongsu (Yoo Ah-in), coursier de son état rencontre par hasard à Séoul la ravissante Haemi (Jeon Jong-seon), originaire de son village...
Quand Jongsu va chercher Haemi qui revient d'un voyage en Afrique, elle lui présente un jeune et riche oisif Ben (Steven Yeun) qu'elle a rencontré sur place...
Désormais le trio ne se quitte plus et chacun va chercher à percer plus ou moins le mystère de l'autre : Haemi s'endort à tout bout de champ, Jongsu tente de sauver son père de l'emprisonnement, Ben avoue brûler des serres : une tous les deux mois !
Lorsque Haemi disparaît brutalement, le film devient thriller et la caméra filme l'opposition grandissante entre les deux hommes !
Les images distillent lentement le mal être de ces jeunes gens pauvres ou fortunés sans nous donner la clé du mystère qui entoure les personnages...
"Burning" est rentré bredouille de Cannes malgré des critiques dithyrambiques et j'avoue avoir moi-même du mal à dire si j'ai apprécié ou non le film qui déroute par sa lenteur, l'apathie de ses protagonistes, par ses non dits et ce jusqu'à la fin !
Alex Lutz a eu l'idée de créer le personnage de Guy Jamet, chanteur des années 70 qui décide de sortir un album de reprises et de partir en tournée à travers la France...
Gauthier, un jeune journaliste à qui sa mère mourante a révélé que Guy serait son père, approche ce dernier en lui proposant de réaliser un portrait documentaire, ce que le chanteur accepte...
Alex Lutz se grime avec talent pour incarner ce yéyé septuagénaire qui égrène ses souvenirs...
Si l'idée est bonne, le film est malheureusement inutilement bavard - Guy n'a rien à nous dire d'intéressant !
La bande son entièrement composée pour le film est indigente et la retransmission des concerts n'en finit plus de nous lasser...
Cette fausse idole fait toc à côté des vrais artistes de cette génération qui nous ont accompagnés depuis de nombreuses années : vivent Johnny, Jacques Dutronc et Eddy Mitchell !
Les critiques s'accordent pour dire que le jeu d'Alex Lutz est époustouflant de vérité : j'ai trouvé pour ma part qu'il nous offrait la caricature d'un vieux con !
Les critiques parlent de Tarantino, de farce à l'italienne, de renouveau du film de banlieue...
Romain Gavras qui s'est fait un nom en signant des clips percutants, s'essaie ici au film de gangsters...
Il nous raconte l'histoire de François (Karim Leklou) un petit loubard, dealer de banlieue et de la bande de crétins qui l'entourent...
Etouffé par sa mère (Isabelle Adjani déjantée en mère abusive), encombré par son ex beau père qui sort de prison et voit des complots partout (Vincent Cassel complètement abruti), François rêve d'un petit business tranquille...
L'action démarre en région parisienne et se poursuit sur la Costa Blanca à Benidorm, ville boursouflée qui dépasse Las Vegas en vulgarité et en violence débile...
Vous ne le croirez pas mais le pied nickelé François va finir par gagner son indépendance et retrouver son amour de jeunesse !
Spike Lee a décroché le Grand Prix à Cannes avec cette adaptation du livre de mémoires de Ron Stallworth paru en 2006 - et c'est bien mérité !
Le scénario mêle habilement l'aspect documentaire "histoire vraie", l'humour farceur pour dénoncer le racisme anti-noir et anti-juif et la fiction, puisque le second personnage du film Patrice Dumas (Laura Harrier), égérie du Black Power dont Ron tombe amoureux, est inventé !
C'est John David Washington, le fils de Denzel Washington qui interprète avec brio le rôle principal de Ron, ce premier officier de police noir engagé dans la police de Colorado Springs au début des années 70...
Accueilli avec scepticisme par ses chefs et harcelé par les agents les moins gradés du département, Ron décide de frapper un grand coup en tentant d'infiltrer le Ku Klux Klan
Face au succès de ses premières prises de contact téléphoniques, il se voit obligé de déléguer Flip Zimmerman (Adam Driver), son collègue certes blanc mais juif pour une première rencontre physique !
Alternant les scènes dans le commissariat, les réunions du mouvement Black Power et les conciliabules haineux des membres de la cellule locale du KKK, le film recèle de très beaux moments comme l'intervention d'un vieil homme incarné par le toujours magnifique Harry Belafonte 91 ans, relatant le lynchage insoutenable de Jesse Washington qui, en 1916, fut émasculé, carbonisé et pendu à un arbre !
Quand à la fin du film le réalisateur nous montre des images des manifestations d'extrême droite de Charlottesville en 2017, on est bien obligé de regretter que la parole des noirs scandant que Black is beautiful ne semble plus guère partagée aujourd'hui aux USA, du moins par les électeurs de Trump !