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Route 66

Route 66

Prenez vos bécanes pour aller au cinéma, voir des pièces de théâtre, admirer des expositions...

cinema

Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Emmanuel Finkiel a décidé d'adapter le roman éponyme de Marguerite Duras qui l'avait bouleversé à 19 ans, d'autant qu'il faisait écho à son histoire personnelle puisque son père a vécu "dans l'attente" de ses parents et de son frère officiellement morts à Auschwitz...

Il a confié le rôle de l'écrivain à Mélanie Thierry et a fait appel à Benjamin Biolay pour interpréter Dionys son amant et grand ami de Robert Antelme - et à Benoît Magimel pour incarner un collaborateur gestapiste dont elle se rapproche dans l'espoir de sauver son mari de la déportation...

Dès les premières images, Mélanie lit en off le texte de Duras en ménageant les silences pour mieux nous faire entrer dans la phraséologie si particulière à l'auteur...

Mélanie/Marguerite vit dans l'obscurité de son grand appartement parisien et attend son homme... Elle sort quand la ville dort et s'enferme quand la ville pavoise...

La parfaite reconstitution de la fin de la guerre, l'excellent jeu des acteurs et plus particulièrement celui de Benoît Magimel qui crève l'écran, la beauté du texte de Duras ne suffisent pas à faire décoller le film et c'est dommage car l'affiche était séduisante... mais le film est trop long (2h05), l'interprétation de Mélanie est un peu fade, les personnages masculins ne sont pas assez fouillés et l'on s'ennuie tout en le regrettant...

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Critique d'Hélène

Tous les ingrédients sont réunis pour faire un grand film : le réalisateur Steven Spielberg, deux immenses acteurs Meryl Streep et Tom Hanks, un sujet en or et méconnu du grand public ; en effet deux ans avant le Watergate, le Washington Post révélait des secrets d'Etat sur le Vietnam accusant directement Nixon et ses prédécesseurs d'avoir sciemment menti au peuple américain en envoyant les boys se faire massacrer pour une cause perdue d'avance...

Je suis toujours ravie que le cinéma s'empare et nous fasse partager les plus belles pages de la démocratie américaine mais je serais moins enthousiaste que Régis sur Pentagon Papers...

Tom Hanks est en effet tout à fait fabuleux dans son rôle de de rédacteur en chef, en adoptant un look carnassier qu'il explore avec une certaine jouissance...

Les années 70 et l'ambiance d'un grand quotidien sont admirablement dépeints...

L'histoire est belle, le scénario est habile et efficace et le suspens est au rendez-vous...

Par contre j'ai été gênée tout au long du film par le personnage de Kay Graham, fille de/du fondateur du Washington Post, et femme de/du dirigeant qu'elle vient de remplacer suite à son décès, interprétée par une Meryl Streep un peu empruntée dans ce rôle de grande bourgeoise plus habituée aux réceptions mondaines qu'aux conseils d'administration.

L'action se situe certes en 1971 mais j'ai du mal à imaginer que cette femme qui côtoie le tout Washington soit si effacée face à la brochette de mâles dominants qu'elle est censée diriger... pour se révéler à la fin dans toute sa dimension de patron de presse !

Les dernières images du film m'ont définitivement convaincue de la force symbolique du film en ces temps de fake news mais je maintiens mon point de vue sur la sous utilisation de l'immense talent de Meryl Streep !

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Publié le par Régis
Publié dans : #cinéma

Critique de Régis

Comment ce film ne pourrait-il pas prétendre être dans le Top 3 en 2018 ?

Tel un entremets de Paul Bocuse, rien ne manque à cette œuvre magistrale : les deux meilleurs acteurs au monde, un Spielberg qui déroule sa partition les yeux fermés, un scénario subtil et tonique à la fois.

Déchirée dans ses prises de décision à la tête du Washington Post, Meryl Streep lutte contre elle-même pour ne pas perdre pied sur un plafond de verre qu'elle a percé malgré elle suite au décès de son mari à qui son père avait transmis la direction du Washington Post.

Secondée par un Tom Hanks carnassier, elle devra faire le tri entre son passé et l'avenir qu'elle veut construire, entre ses intérêts et ceux d'une nation qui s'enlise dans le conflit armé au Vietnam.

Une belle immersion dans les arcanes de la presse, ce contre-pouvoir qui parfois dérange, parfois agace, et parfois sauve des vies.

Une manière de nous rappeler que son indépendance n'est jamais totalement acquise, ici comme ailleurs, et que nous devons plus que jamais continuer à arborer les couleurs d'un "Je suis Charlie".

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Le réalisateur italien Paolo Virzi a décidé d'adapter le roman éponyme de Michael Zadoorian à la condition que Helen Mirren et Donald Sutherland acceptent d'endosser les rôles principaux d'Ella et  de John Spencer... ce qu'ils ont fait !

Le scénario du film n'est pas sans rappeler celui d'Amour de Michael Haneke mais la comparaison s'arrête là...

Dans L'échappée belle, nous sommes dans un roadmovie sur la route de Key West pour aller visiter la maison d'Hemingway, auteur fétiche de John Spencer...

L'humour et la tendresse sont au rendez-vous même si le corps de l'une et la tête de l'autre flanchent...

Le film fait de moments forts et de petits riens est transcendé par deux immenses acteurs que nous sommes bien tristes de voir vieillir...

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Martin McDonagh, le réalisateur de Bons baisers de Bruges, nous revient en pleine forme avec ce film digne des frères Coen...

Il nous emmène dans une petite ville du Missouri qu'aucune voiture ne traverse plus depuis que l'autoroute passe au loin...

Il nous raconte l'histoire de Mildred Hayes (formidable Frances McDormand), une femme en colère, aussi butée, brutale et obstinée que tous les gens du coin, flics compris...

Ecoeurée par l'inaction de la police locale qui n'a toujours pas mis la main sur le violeur qui a assassiné sa fille, elle décide de se venger en apostrophant William Willoughby (excellent Woody Harrelson), le chef de la police locale, sur trois panneaux publicitaires oubliés à l'entrée de la ville...

Piqué au vif, William Willoughby reprend l'enquête en s'appuyant sur une galerie de bras cassés dont le plus beau spécimen est Jason Dixon (incroyable Sam Rockwell), un flic homophobe et raciste qui vit toujours chez maman...

Le cinéaste britannique s'attache à ses personnages principaux tout comme à ses personnages secondaires et nous en brosse un portrait sans fard mais non sans tendresse...

Le trait est noir, sans doute trop, et seule la fin du film, toute en demi-teinte, permet de reprendre un peu espoir dans la nature humaine !

 

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Publié le par Régis
Publié dans : #cinéma
Un film trop grand pour se passer d'une critique. Je prends donc la plume.
Certes le spectateur gavé de films d'actions décousues s'y ennuiera à mourir.
Et certes 50% du film tourne en rond, mais c'est à but pédagogique. Les autres 50% nous font une ébauche impressionniste d'une des plus grandes figures du XXème siècle.
Sur fond de Brexit, ce film appelle au sursaut et à l'orgueil national. Kristin Scott Thomas y est discrète, usée, dépitée, et donc encore plus belle. Gary Oldman, ce monstre, endosse un costume immense, celui d'un homme inimitable. Saluons donc son humilité et son effort pour nous faire aussi entrer dans ce costume.
Au travers de la différence affichée de Winston, il nous apprend à nous accepter tels que nous sommes : usé par les années qui passent, abandonné par les siens, il avance vent debout avec ses convictions sous le bras qu'il portera à la tribune de manière décalée.
Il fut l'homme d'un instant, il n'eut ni d'avant ni d'après; il fut l'ante-Christ, le seul homme dont Hitler avait peur, le point d'inflexion entre l'ancien et le nouveau monde qui vint nous sauver, le cerveau droit génial dont les visions imprévisibles ont brisé la logique industrielle allemande.
Dans ce film, il faut chercher à s'y ennuyer afin de pouvoir percer ces petits détails qui font tout, ces balbutiements inaudibles qui nous disent tout.
A voir !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Difficile comme chaque année d'établir un classement des films sortis en 2017 !

Le cinéma de l'année qui vient de se terminer  nous a offert peu de véritables fictions... les réalisateurs nous ont plongé dans l'actualité brûlante de leur pays que ce soit en Russie, en Iran, en Egypte ou en Espagne !

J'ai choisi 5 films français et positionné 4 d'entre eux en tête de liste, dans des registres très différents : l'histoire d'Act Up, l'adaptation du roman de Pierre Lemaître,  la dénonciation du plafond de verre, le fait migratoire à la frontière franco-italienne...

D'accord avec les rédacteurs de Télérama, je place 120 battements par minute en tête de liste, hors compétition, tant le film coup de poing de Robin Campillo est inclassable !

Nahuel Perez Biscayart est pour moi la "révélation de l'année", aussi n'est sans doute pas un hasard si je classe en second Au-revoir là-haut, la somptueuse adaptation par Albert Dupontel du prix Goncourt 2013, avec ce même acteur !

1. 120 battements par minute 

2. Au-revoir là-haut

3. Le Caire confidentiel : le polar de l'année avec un acteur fabuleux Fares Fares

4. Numéro Une : Tonie Marshall dénonce le plafond de verre avec une formidable Emmanuelle Devos 

5. La villa : Robert Gédiguian et sa bande d'acteurs au carrefour entre la nostalgie et l'actualité

6. Que Dios nos perdone : un extraordinaire duo de flics dans la tourmente des manifestations des indignés en Espagne

7. Un homme intègre : une dénonciation implacable de la corruption en Iran

8. Faute d'amour : un récit glaçant des ravages du capitalisme en Russie

9. Une famille heureuse : la digne révolte d'une femme de 50 ans en Géorgie

10. De toutes mes forces : Chad Chanouga revient sur sur son histoire personnelle et offre un magnifique rôle à Yolande Moreau

Et aussi : Wind River, Les figures de l'ombre, Loving, Le sens de la fête, Corniche Kennedy, Ma vie de courgette...

Et aussi 3 excellents documentaires : Lumière, Carré 35 et Le concours 

Cinéma : classement 2017
Cinéma : classement 2017
Cinéma : classement 2017
Cinéma : classement 2017
Cinéma : classement 2017
Cinéma : classement 2017
Cinéma : classement 2017
Cinéma : classement 2017
Cinéma : classement 2017

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Aaron Sorkin a adapté le livre de Molly Bloom, la princesse du poker interprétée dans le film par la sculpturale Jessica Chastain, formidablement à l'aise dans le rôle !

Il nous raconte l'histoire de cette jeune femme qui a organisé les parties de poker les plus convoitées et les plus fermées du continent américain avec toute la jet set du début des années 2000... 

Mais quand la mafia russe s'invite et parce qu'elle finit par accepter de toucher des commissions, elle est rattrapée par le FBI...

Courageuse, elle refuse malgré le conseil de son avocat (formidable Idris Elba) de révéler l'identité de ses illustres clients et réussit à éviter de justesse la prison...

Le scénario très nerveux nous plonge dans le récit de l'ascension et de la chute de Molly Bloom mais surtout nous fait entrer dans la psyché de cette surdouée, poussée par son psy de père (Kevin Costner) dans sa jeunesse de championne de ski...

Plongée dans un monde d'hommes, Molly Bloom séduit par son intelligence hors du commun et nous donne envie de savoir ce qu'elle est devenue puisque le film se termine lorsqu'elle a 35 ans !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Le réalisateur argentin Santiago Mitre a bien du talent !

Dans ce film, il nous immerge dans les coulisses d'un sommet international, aux côtés des chefs d'état latino-américains, dans un magnifique hôtel d'une station isolée à 3600 mètres d'altitude dans la Cordillère des Andes au Chili...

Des paysages magnifiques, des personnages plus vrais que nature, la menace d'une affaire de corruption impliquant la fille du nouveau président argentin Hernan Blanco (Ricardo Darin charismatique), des tentatives de tractations au sommet des Etats, l'ombre influente des Etats Unis, tous les ingrédients sont réunis pour nous tenir en haleine...

Mais c'est à travers la relation ambiguë entre Hernan "le président  au profil rassurant d'homme ordinaire" et Marina (Dolores Fonzi), sa fille au passé "fragile" que le scénario prend sa véritable ampleur et nous fait vivre un grand moment de cinéma !    

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Fasciné par le portrait de l'impératrice Ulanara réalisé par le jésuite Jean Denis Attiret au milieu du XVIIIe siècle - découvert au musée de Dole dont le missionnaire est originaire, Charles de Meaux s'est appuyé sur une réalité historique pour imaginer avec talent une fascination réciproque entre le peintre et son modèle...

Ulanara, seconde épouse de l'empereur Qianlong a obtenu de faire réaliser son portrait à la mode occidentale par Jean Denis Attiret, peintre officiel de la cour...

Dans les décors magnifiquement reconstitués de la chambre de l'impératrice, le peintre interprété par un Melvil Poupaud tout à fait crédible dans le rôle même s'il a du ânonner le mandarin, s'intéresse peu à peu à son modèle qui lui pose des questions sur sa foi et son art jusqu'à ne plus pouvoir la quitter des yeux...

Il faut dire que l'impératrice est interprétée par la ravissante Fan Bingbing !

Une réflexion intéressante sur la différence des cultures et la place de la femme dans la Chine impériale !

 

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