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Route 66

Route 66

Prenez vos bécanes pour aller au cinéma, voir des pièces de théâtre, admirer des expositions...

cinema

Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Nous sommes en 1990, dans les années Sida...

Le réalisateur nous raconte l'histoire d'amour entre Jacques  (Pierre Deladonchamps), un écrivain parisien père d'un petit Louis et Arthur (Vincent Lacoste), un jeune étudiant rennais qui décide de monter à Paris pour rejoindre Jacques...

Autant le film de Robin Campillo célébrait la passion et s'inscrivait dans un courant politique de dénonciation de la passivité des pouvoirs publics face à la contagion de la maladie, autant celui de Christophe Honoré conjuguerait plutôt le débridement impudique des rapports homosexuels masculins avec le marivaudage rohmérien...

Le film inutilement long, hésite entre deux tons : le roman d'apprentissage primesautier si l'on se place du côté d'Arthur,  la désillusion dramatique si l'on se place du côté de Jacques... 

Les deux acteurs et leurs amants respectifs jouent bien mais n'arrivent pas vraiment à nous intéresser à leurs aller-retour amoureux...

Denis Podalydès qui incarne Thierry un ami de Jacques, est formidable de finesse dans son interprétation de la fidélité complice... et le dénouement est grâce à lui magnifique !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Lars Kraume, le réalisateur de Fritz Bauer, un héros allemand, revient à nouveau sur les années qui ont suivi la chute du IIIe Reich, en adaptant le livre autobiographique de Dietrich Garstka

Nous sommes en 1956 à Stalinstadt (Berlin Est), le mur n'a pas encore été construit mais il est déjà difficile pour les allemands de l'Est de traverser la frontière...

19 élèves d'une classe de Terminale qui ont entendu parler sur une radio pirate de la répression par les soviétiques du soulèvement hongrois, décident d'observer en classe d'histoire une minute de silence...

Idéalistes mais pas réellement politisés au départ, les quatre héros de l'histoire Theo, Kurt, Lena et Erik vont bientôt être totalement dépassés par leur initiative car le système de délation et de manipulation est-allemand se met en marche menaçant les jeunes gens et leurs familles...

Nous sommes au lendemain de la guerre, les cicatrices du nazisme sont encore béantes et les enfants veulent croire à l'héroïsme passé de leurs pères !

Un film poignant, des acteurs au naturel époustouflant, une histoire véridique qui résonne par son inquiétante actualité, une émotion qui nous saisit à l'évocation de cette jeunesse engagée pour la liberté d'expression !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Le réalisateur iranien a réuni le gratin des cinémas espagnol  et argentin jusque dans les seconds rôles : Penelope Cruz (Laura), Javier Bardem (Paco, l'ami de jeunesse de Laura), Ricardo Darin (Alejandro, mari de Laura), Eduard Fernandez (Fernando, mari de la soeur aînée de Laura) - pour son second film européen (après Le passé réalisé en France)...

Asghar Farhadi nous raconte l'histoire de Laura qui revient en Espagne dans les environs viticoles de Madrid pour le mariage de sa sœur Rocio - Laura est venue sans son mari (resté à Buenos Aires), mais avec ses deux enfants : Irene (16 ans) et son fils de 8 ans

Après les premières images qui évoquent clairement Hitchcock (un clocher envahi par la poussière qui ressemble à celui de Vertigo puis des mains gantées qui manipulent des articles relatifs à l'enlèvement d'une enfant), le film nous plonge dans l'atmosphère d'un mariage à la Almodovar : les visages rayonnent, les corps exultent... mais un étrange drone tournoie au dessus de la fête comme un vautour...

Quand Laura prend conscience que sa fille a été enlevée, le scénario bascule dans le pathos : sanglots de la mère qui hurle sa douleur, chagrin muet du père qui met son espoir dans son Dieu, sidération de Paco dont on ne comprend pas tout de suite la raison, consternation de la famille...

Trop étirées ou elliptiques, les scènes pour trouver l'argent de la rançon d'Irene se succèdent, révélant de sombres histoires de famille mal digérées...

Si Javier Bardem est excellent dans la sobriété, Penelope Cruz est desservie par un rôle caricatural, quant à Ricardo Darin je l'ai nettement préféré dans El Presidente...

A vouloir brosser trop de personnages, traiter trop de sujets sans les approfondir, le film perd en crédibilité et c'est bien dommage car l'idée de départ était très séduisante !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Daniel Auteuil adapte au cinéma la pièce de Florian Zeller : L'envers du décor qu'il avait mis en scène et interprété en 2016 aux côtés de  Valérie Bonneton, François-Eric Gendron et Pauline Lefèvre...

Le réalisateur a réuni un casting de stars : Sandrine Kiberlain, Gérard Depardieu et Adriana Ugarte (comédienne espagnole découverte dans Julieta de Pedro Almodovar) pour nous raconter les fantasmes de Daniel, le héros de l'histoire qu'il interprète à nouveau...

Marié à Isabelle (toujours aussi délicieuse Sandrine), il tombe sous le charme d'Emma, la nouvelle compagne de Patrick lors d'un dîner organisé entre les 2 couples...

Quelques jolies trouvailles, de belles images de Venise mais un scénario paresseux et terriblement classique dans la représentation des rapports hommes / femmes 

A voir lorsqu'il repassera à la TV, n'est-ce pas Adeline !?

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Pour son 4ème long métrage, le réalisateur anglais Andrew Haigh a choisi d'adapter à l'écran le roman de l'écrivain américain Willy Vlautin : Lean on Pete

Lean on Pete est un cheval de course en fin de carrière dont s'éprend Charley (Charlie Plummer fabuleux de naturel), un adolescent de 15 ans qui a été abandonné par sa mère et vit à Portland avec un père immature 

Charley trouve un petit boulot chez Del (intéressant Steve Buscemi), un vieil entraîneur de chevaux bourru et fait la connaissance de Bonnie (excellente Chloë Sevigny), une femme jockey au tempérament maternel mais bien trempé

La gentillesse de Charley le fait apprécier de tous mais lorsque l'adolescent comprend que Lean on Pete est voué à une mort certaine, il décide de prendre la route avec le pur sang pour retrouver sa tante Margy qui vit dans le Wyoming...

L'intérêt du film réside dans ses multiples dimensions : récit initiatique d'un adolescent sensible et subtil, somptueux road movie à travers les plaines sauvages et désertiques de l'Oregon et de l'Idaho, manifeste sociétal dans l'évocation de l'abandon des laissés pour compte de la société américaine et enfin message optimiste sur la pérennité de la solidarité intergénérationnelle !

A voir en complément de The rider pour mieux appréhender l'Amérique qui, dit-on, aurait voté pour Trump !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Christian Petzold met en images le roman éponyme d'Anna Seghers qui avait déjà fait l'objet d'une adaptation par René Allio en 1990

Le livre s'inspire de la vie de la femme de lettres allemande, juive et communiste, qui fut arrêtée puis relâchée par la Gestapo, qui a fuit à Paris, puis à Marseille et s'est réfugiée au Mexique

Transposé dans le Marseille d'aujourd'hui, le scénario nous raconte l'histoire de la cité phocéenne en 1940 lorsque déserteurs, juifs et artistes opposants au nazisme se sont retrouvés acculés sur les rivages de la Méditerranée, en attente d'un hypothétique embarquement vers la liberté...

Le réalisateur nous livre sa réflexion sur le problème des migrants à travers l'histoire de Georg (impressionnant Franz Rogowski) qui, après avoir pris l'identité de l'écrivain Weidel qui s'est suicidé pour échapper à ses persécuteurs, inscrit ses pas dans ceux d'Anna Seghers et croise sur sa route des personnages sans patrie...

Son errance entre le port, son hôtel de fortune dans le quartier du Panier et les consulats du Mexique et des Etats Unis, le confronte tour à tour à Driss le fils de Weidel et à sa mère, à Marie (merveilleuse Paula Beer) qui attend son homme pour partir, à Richard (intéressant Godehard Giese) un pédiatre qui est tombé fou amoureux de Marie, un barman au grand coeur, une femme qui a hérité de 2 chiens, un chef d'orchestre...

Un film très original qui continue à résonner lorsque le générique de fin s'inscrit sur l'écran !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Wayne Roberts signe ici un merveilleux portrait de femme à fleur de peau

Caméra à l'épaule, le réalisateur film avec tendresse Katie (merveilleuse Olivia Cooke), son héroïne au visage angélique !

Tout à la fois fragile et naïve, souriante et responsable, fraîche et empathique, Katie est serveuse dans un Diner au fin fond de l'Arizona

Katie, tout le monde l'aime : sa mère immature qu'elle fait vivre, sa patronne Maybelle (formidable Mary Steenburgen) avec laquelle elle a créé une jolie complicité, ses clients auxquels elle offre son sourire et son corps, parmi lesquels le routier Bear (magnifique James Belushi)

Car Katie rêve de quitter le désert qui l'a vue naître pour s'installer à San Francisco

La vie de Katie va comme elle va jusqu'à ce qu'elle tombe éperdument amoureuse de Bruno (impressionnant Christopher Abbott), un ancien prisonnier qui travaille dans un garage voisin...

Après quelques moments de pur bonheur, le quotidien de la jeune femme vire au cauchemar... la vie qu'elle s'était construite s'effondre comme un jeu de cartes...

Vaillante, Katie continue à garder la tête haute et trouve l'énergie de repartir vers son avenir...

Un film vibrant, illuminé par la grâce fragile de la comédienne !

A voir absolument d'autant que le film entame sa seconde semaine et n'est plus programmé que dans 5 salles à Paris/RP  

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Eloïse Lang, à qui l'on doit Connasse, princesse des coeurs a réalisé un remake d'un film suédois...

Elle nous conte l'histoire d'un trio mère /filles qui se retrouve dans un club de vacances à l'île de la Réunion...

La mère Françoise (Miou Miou égale à elle-même) vient de se faire larguer par son mari... Ses deux filles Rose (Camille Cottin excellente dans un rôle de nana rock'roll) et Alice (Camille Chamoux sage et rangée) ont décidé de "sauver leur mère" en lui changeant les idées...

La première partie du film est un peu démonstrative : le scénario oppose les 2 soeurs et insiste sur le dépression de la mère...

Quand Thierry (excellent Johan Heldenbergh) s'invite dans le trio, le film prend une toute autre dimension... La comédie continue mais les 3 femmes "bougent" et pas toujours comme on l'aurait attendu !

Pour se mettre en vacances !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

La scénariste, réalisatrice et productrice chinoise Chloé Zhao signe avec The rider, son second long métrage tourné, comme son film précédent Les chansons que mes frères m'ont apprises, dans la réserve indienne de Pine Ridge dans le Dakota du Sud...

C'est en 2013 que Chloé Zhao a rencontré un groupe de cowboys Lakota. Ils sont nés et ont grandi dans la réserve et sont à la fois des sioux Lakota et d'authentiques cowboys.

Le film nous raconte l'histoire véridique de Brady Jandreau, dresseur de chevaux sauvages et jeune professionnel de rodéo... qui le 1er avril 2016 a chuté de son cheval qui s'est cabré et s'est fait piétiner la tête...

A son réveil après 3 jours de coma, les médecins recommandent à Brady de ne plus monter du tout...

La caméra nous attache aux pas de Brady qui tente de se reconstruire au sein de sa famille et de ses amis... car comme l'a raconté Brady à Chloé : "Si un animal dans les parages avait été blessé comme je l'ai été, il se serait fait piquer. On m'a gardé en vie au motif que je suis un humain, mais cela ne suffit pas. Je suis inutile si je ne peux pas accomplir ce à quoi je suis destiné"

Dans ce magnifique décor aux couchers de soleil panoramiques, Brady, orphelin de mère, a été élevé par son cowboy de père Tim qui a lui a tout appris... 

Brady, Tim et Lilly la soeur vive et enjouée de Brady (atteinte du syndrome d'Asperger) interprètent leur propre rôle et, même si l'on n'aime pas particulièrement les chevaux ni les grandes plaines sauvages, The rider nous immerge littéralement dans le quotidien de ces "héros ordinaires" qui pratiquent, à l'instar de L'homme qui murmurait à l'oreille des chevaux, un fascinant ballet de séduction réciproque pour dompter et apprivoiser l'animal...

Un très beau film sur la place du masculin aux Etats Unis !

 

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

En avant première, sortie le mercredi 11 avril

Hirokazu Kore-eda a décidé de filmer un drame judiciaire façon polar sans oublier son thème fétiche : la paternité !

Le scénario s'attache à la destinée particulière de 3 hommes : Shigemori, le brillant avocat (toujours aussi formidable Masaharu Fukuyama),  Misumi, le présumé assassin (Koji Yakusho magnifique) et la victime, ex patron de Misumi qui l'a licencié (que l'on ne voit qu'au début et de dos)

Ces 3 hommes que le hasard réunit ont chacun une fille qu'ils ont "maltraitée" dans l'enfance : le premier et le second du fait de leur absence (l'un parce qu'il s'est investi dans le travail, l'autre parce qu'il a passé de nombreuses années en prison), le troisième pour des raisons beaucoup plus dramatiques (que le film nous dévoile peu à peu)...

Nous suivons les premières rencontres entre l'avocat et son client, séparés par une vitre dans le parloir...

L'avocat cherche un angle de défense pour son client qui a reconnu le meurtre et risque la peine de mort car il a déjà été emprisonné il y a 30 ans pour le meurtre de deux usuriers...

L'avocat cherche à comprendre la motivation de Misumi : s'agit-il de vengeance personnelle, de vol avec homicide, de meurtre commandité... les pistes se succèdent et se brouillent au fur à mesure des échanges de plus en plus profonds entre les deux personnages... 

Quand le procès démarre, la famille de la victime est au centre de cette quête de vérité...

Et quand Misumi fait soudain volte face et clame son innocence, le grand avocat "quitte sa robe" pour n'être plus qu'un père compatissant à la douleur des filles...

Un film magnifique qui nous emmène au coeur du processus judiciaire japonais tout en nous faisant partager les problématiques que connait aujourd'hui la société du pays du soleil levant : absence des pères sur-investis dans le travail, incapacité innée des japonais à communiquer clairement (l'autre doit deviner ce que l'on pense par le biais du langage non verbal), chômage et précarité, argent sale...

A voir absolument !

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