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Route 66

Route 66

Prenez vos bécanes pour aller au cinéma, voir des pièces de théâtre, admirer des expositions...

cinema

Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Chez les Mc Pherson, il y a la mère Marion (excellente Laurie Metcalf) qui aime sa fille mais ne sait pas lui montrer ; il y a le père Larry (délicieux Tracy Letts) qui adore sa fille et fait le go between entre la mère et la fille...

On n'est pas riche chez les Mc Pherson car le salaire d'infirmière de Marion ne suffit pas à compenser la perte d'emploi de Larry...

Et surtout il y a la fille Christine (Saoirse Ronan, troublante double de Greta Gerwig), qui insiste pour se faire appeler Lady Bird...

Lady Bird a 17 ans, des mèches rouges et un plâtre rose... en dernière année de lycée en 2012 dans une école catholique, elle ne pense qu'à une chose : quitter Sacramento pour faire des études artistiques sur la côte Est...

La formidable actrice héroïne de Frances Ha, Greta Gerwig signe ici un premier long métrage sensible et fantasque qui lui ressemble !

Les personnages secondaires du film sont tous autant sensationnels de vérité : Julie (Beanie Feldstein), sa meilleure amie, Danny (Lucas Hedges) et Kyle (Timothée Chalamet), ses petits amis, Miguel et Shelly, son frère et sa compagne...

La jeune réalisatrice réussit avec brio un exercice de style typically US : le récit de passage de l'adolescence à l'âge adulte dans l'Amérique moyenne !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

La réalisatrice tunisienne Raja Amari nous parle de la jeunesse de son pays, écartelée entre radicalisme islamique et aspiration au mode de vie occidental...

Elle nous attache aux pas de Samia (formidable Sarra Hannachi), arrivée clandestinement sur une côte française, qui trouve refuge chez Imed (fascinant Salim Kechiouche), un ami de son frère...

Sans papiers, la jeune femme trouve toutefois rapidement un emploi d'aide ménagère auprès de Leïla (magnifique Hiam Abbass), une "bourgeoise" lyonnaise qui vient de perdre son mari et qui accepte de l'héberger...

Tout en retenue, le film nous parle de la relation qui se tisse entre ces deux femmes qui se ressemblent dans leur désir de s'intégrer à la société française, de la volonté d'emprise des hommes tunisiens face à l'émancipation des femmes, de la menace que fait peser un environnement familial djihadiste, du poids des traditions et de la place des mères... 

Quand Imed tente de s'inscrire dans le duo sensuel que les deux femmes ont su créer pour mieux se construire pour Samia ou se reconstruire pour Leïla, le film prend une dimension sociale et résolument féministe, laissant clairement entendre que seules les femmes arrivent à se libérer des interdits religieux et culturels pour vivre pleinement la vie qu'elles se choisissent !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Tourné dans des décors naturels : une lumineuse demeure géorgienne à Londres et une sombre maison de campagne sur la côte Est de l'Angleterre, le dernier film du réalisateur américain Paul Thomas Anderson évoque Cristobal Balenciaga à travers la vie romancée d'un couturier londonien des années 50 : Reynolds Woodcock interprété par un magistral Daniel Day-Lewis !

Artiste au caractère tyrannique, le génial Woodcock habille les têtes couronnées et les stars, vit dans le souvenir constant de sa mère, partage la direction de sa maison de Haute Couture avec sa soeur Cyril (formidable Lesley Manville) et trouve son inspiration chez les femmes qui partagent sa vie...

Reynolds est célibataire et tient à le rester ; tout à la fois séducteur et mufle, il ne vit que pour les robes dont il revêt les mannequins de sa griffe...

Quand il rencontre une jeune serveuse Alma (Vicky Krieps est une révélation), Woodcock tombe immédiatement sous son charme discret...

Très épris, le couturier séduit la belle en l'introduisant dans son univers luxueux mais perd rapidement ses repères face à une jeune femme qui lui tient tête et va bientôt mener la danse dans le jeu de la séduction...  

Quand Alma prépare amoureusement une omelette à l'homme qu'elle aime et veut retenir, le film atteint son acmé dans une scène au suspens étiré qu'Hitchcock n'aurait pas reniée ! 

Filmés à fleur de peau dans une lumière magnifique, les trois acteurs nous parlent d'art et de passion, de pouvoir et d'abandon de soi...

Un très très beau film !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Il y a longtemps que l'Eglise est confrontée aux "fake news" autour de supposés : guérisons, apparitions ou phénomènes surnaturels !

Vincent Lindon est tout bonnement magnifique dans le film de Xavier Giannoli ! 

Grand reporter à Sud Ouest, Jacques est plus habitué aux champs de bataille qu'aux  bureaux feutrés du Vatican...

Quand un évêque français lui propose à Rome d'investiguer sur des apparitions de la Vierge Marie dans le Sud de la France, le journaliste qui se remet douloureusement d'un deuil, est plus que circonspect : pas pratiquant mais pas athée, peu au fait de ce sujet, il accepte pourtant de faire partie de l'équipe cléricale et médicale qui étudie le dossier...

Tout aussi sceptique la première fois qu'il rencontre Anna (lumineuse Galatea Bellugi), il se débarrasse insensiblement et progressivement de son premier mouvement distancié et tisse peu à peu une relation sensible et respectueuse avec la jeune "voyante" qui est surprotégée/exploitée ? par Borodine, le curé de la paroisse (excellent Patrick d'Assumçao) et Anton, un évangéliste américain (tout aussi excellent Anatole Taubman)

Tel un thriller, le film alterne subtilement les scènes de dévotion des pèlerins, l'enquête minutieuse menée par Jacques pour mieux comprendre Anna en rencontrant ceux qui l'ont côtoyée et de brèves séquences sur le quotidien spirituel et temporel de la novice...

Mêlant habilement le questionnement sur la foi, la quête documentaire et les manifestations du don de soi à ceux qui souffrent, le réalisateur nous emmène dans ses questionnements personnels tout en atteignant sur la durée (2h17) une dimension tout à la fois universelle et contemporaine !

En conclusion, et malgré une fin un peu tirée par les cheveux (de l'ange ?), un film original à voir pour son exceptionnelle densité humaine ! 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Laurent Tirard a voulu refaire une comédie à la française en costumes, genre un peu perdu depuis Philippe de Broca...

L'action se situe au XIXe siècle et oppose deux personnages que tout oppose : Elisabeth (formidable Mélanie Laurent) est une jeune fille de bonne famille honnête, droite et très moderne... Le capitaine Neuville (Jean Dujardin très à l'aise dans le rôle) est un hussard mal embouché, lâche et affabulateur !

Les décors et les costumes sont admirablement reconstitués avec un sens du détail qui évoque instantanément Jane Austen...

Le film tient sur les épaules des deux héros mais c'est Mélanie Laurent qui crève l'écran dans un registre inhabituel pour elle : la comédie dans lequel elle excelle !

Tour à tour femme de tête et ingénue mutine, machiavélique et enfantine, elle nous fait rire aux dépens du gros bêta de Dujardin !

Quelques jolies trouvailles, un faux air de western dans certains plans... l'ensemble vaut bien d'y passer un après-midi pluvieux !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Encensé par la critique, le premier long métrage de Xavier Legrand colle le spectateur à son fauteuil...

Pas de musique mais les bruits du quotidien pour rythmer la tension qui monte entre l'enfant et ses parents qui se disputent sa garde

Après 15 premières minutes proches du documentaire dans le bureau du juge aux affaires familiales, le réalisateur nous fait partager le quotidien de Julien (excellent Thomas Gioria), jeune garçon de 10 ans qui est contraint par la justice à voir son père Antoine (formidablement inquiétant Denis Ménochet), un weekend sur deux...

Julien a peur pour sa mère Miriam (extraordinaire Léa Drucker figée dans l'angoisse), Julien a peur pour lui, peur de son père qui le manipule, qui le menace pour découvrir où vit sa famille...

Le film met en scène avec virtuosité et sans pathos le fléau que représente dans la société française la violence conjugale : entre la mère tétanisée et le père colosse humilié par son propre père, la peur envahit tout jusqu'à la fête d'anniversaire de la fille aînée...

Le brutal dénouement du film distille un sentiment d'impuissance face à cet échec dénoncé par Xavier Legrand : comment entendre les enfants, comment protéger les femmes de l'enfer conjugal, comment réparer les blessures psychologiques... 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Le réalisateur tchadien Mahamat-Saleh Haroun s'est inspiré d'un fait divers pour nous raconter une histoire triste aux accents contemporains...

Abbas (formidable Eriq Ebouaney) a fui les guerres civiles en Centrafrique où sa femme a trouvé la mort, avec ses deux enfants et son frère Etienne (tout aussi formidable Bibi Tanga)...

Abbas, professeur de français dans son pays, est installé dans l'appartement d'un ami... Il a un petit boulot dans un marché, ses enfants sont scolarisés, et Carole la marchande de fleurs (poignante Sandrine Bonnaire) est tombée amoureuse de lui... Quant à Etienne, ancien professeur de philosophie, il gagne sa vie comme vigile et s'est construit une bicoque de fortune le long du périphérique...

Le film démarre sur une très jolie scène de tendresse entre le père et sa fille qui n'arrive pas à s'endormir sans la comptine que lui chantait sa mère... Nous suivons les personnages dans leur vie de tous les jours et nous les accompagnons à la Cour Nationale du droit d'asile, véritable cour des miracles où les demandeurs d'asile obtiennent ou non leur statut de réfugié...

Quand Abbas et Etienne sont déboutés (pour une raison que le réalisateur ne nous dévoile pas), ils décident de ne plus se battre et leur vie dévisse au rythme des délais légaux d'expulsion du territoire français...

Intégrés autant que faire se peut, protégés par la tendresse de leurs compagnes respectives, les deux hommes s'effacent pourtant tour à tour et chacun à leur façon...

Comme le dit Abbas, l'Afrique francophone est une fiction puisqu'elle a été "fabriquée" par les ex colons... A l'instar des juifs que l'Occident a refusé d'accueillir alors qu'ils fuyaient la barbarie nazie, la même histoire se répète aujourd'hui pour ces milliers de réfugiés politiques...

On ressort de ce film bouleversé... mais pas plus avancé en réflexion sur ce qu'il conviendrait de faire après des décennies d'errance géopolitique... en suivant avec intérêt les déclarations d'Emmanuel Macron en Afrique...

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Antony Cordier a installé ses caméras dans le parc animalier du Reynou dans le Limousin pour nous raconter cette jolie histoire de zoo, de fratrie et de passage à l'âge adulte...

Gaspard 25 ans (excellent Félix Moati)  convainc Laura (délicieuse Laetitia Dosch), une fille fantasque rencontrée par le plus grand des hasards de passer pour sa compagne auprès de sa famille, à l'occasion du remariage de son père Max (Johan Heldenbergh) avec Peggy (Marina Foïs)...

Gaspard, le fils prometteur a pris le large alors que son frère Virgil et sa jeune soeur Coline ont continué à aider leur père à entretenir le zoo dont la fréquentation décline...

L'habile scénario nous montre en caméra familiale tremblée l'enfance de ces trois-là aux côtés d'un père flamboyant et d'une mère trop tôt disparue... 

Le film traite avec tendresse et sensualité le rapport aux animaux, les relations entre frères et soeurs, la difficulté à grandir et à abandonner une enfance féerique, la nécessité d'inventer sa propre vie en quittant le creuset familial...

Un petit bijou frais et acidulé !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Primé à Venise, le film de Ziad Doueiri est interdit en Palestine et en Jordanie ; à son retour de la Mostra, le réalisateur libanais a été arrêté à Beyrouth ; Pentagon Papers vient d'être retiré de l'affiche à Beyrouth parce que Spielberg est juif...

Dans L'insulte, le réalisateur ne prend pas parti entre Toni, le chrétien libanais et Yasser, le réfugié palestinien mais dénonce le massacre étouffé de Damour en 1976, où plus de 500 civils chrétiens ont été assassinés par des milices palestiniennes...

Le réalisateur s'est inspiré d'une altercation entre lui et son plombier pour imaginer le scénario de son film...

Parti d'un simple différend entre Toni et Yasser au sujet d'une gouttière, le conflit s'installe, se durcit sous les péroraisons des avocats et tourne à l'affaire d'Etat au grand dam des femmes des deux protagonistes...

Face au sanguin Toni (extraordinaire Adel Karam), le réservé Yasser (tout aussi extraordinaire Kamel El Basha) tente de ne pas perdre la face... mais l'orgueil des deux hommes les entraîne dans un procès dont les enjeux les dépassent...

Le film commence comme une farce mais prend rapidement toute sa dimension universelle lorsque la mémoire nationale refoulée remonte à la surface !

A voir pour saluer le courage de Ziad Doueiri !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Dans un magnifique décor aux couleurs acidulées des fifties, Woody Allen regarde ses quatre héros Humpty, Ginny, Mickey et Carolina se débattre pour échapper à leur destin...

Dans le bruit perpétuel de la grande roue qui surplombe la fête foraine de Coney Island, Ginny (Kate Winslet) rêve de refaire sa vie avec le beau maître nageur Mickey (Justin Timberlake), pour oublier que son mari Humpty (Jim Belushi), homme violent et alcoolique, la dégoûte...

Quand Carolina (Juno Temple), la fille d'Humpty réapparaît après des années d'absence pour fuir une bande de tueurs lancée à ses trousses par son voyou de mari, la roue tourne et ré-ouvre les blessures des rêves fracassés : cinéma pour Ginny, écriture pour Mickey, grand amour pour Carolina... 

La jalousie amoureuse s'installe dans le triangle Mickey, Ginny, Carolina... 

Les corps des touristes bronzent sur le plage mais dans la maison aux parois de verre, Ginny, Humpty et Carolina se déchirent  pour trouver ou retrouver leur place...

Une superbe bande son, des éclairages magiques, des acteurs très justes pour un film noir, implacable dans lequel le réalisateur semble avoir perdu son légendaire humour puisque lui-même, comme écho à son film, est rattrapé par les accusations de sa belle fille et de son fils...

Un beau film désespérant pour une tragédie grecque dont les héros ne seraient pas des héros mais des êtres brisés qui s'agitent avant de disparaître...

J'attends avec impatience le prochain film de Woody Allen !

 

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