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Route 66

Route 66

Prenez vos bécanes pour aller au cinéma, voir des pièces de théâtre, admirer des expositions...

cinema

Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Christian Petzold met en images le roman éponyme d'Anna Seghers qui avait déjà fait l'objet d'une adaptation par René Allio en 1990

Le livre s'inspire de la vie de la femme de lettres allemande, juive et communiste, qui fut arrêtée puis relâchée par la Gestapo, qui a fuit à Paris, puis à Marseille et s'est réfugiée au Mexique

Transposé dans le Marseille d'aujourd'hui, le scénario nous raconte l'histoire de la cité phocéenne en 1940 lorsque déserteurs, juifs et artistes opposants au nazisme se sont retrouvés acculés sur les rivages de la Méditerranée, en attente d'un hypothétique embarquement vers la liberté...

Le réalisateur nous livre sa réflexion sur le problème des migrants à travers l'histoire de Georg (impressionnant Franz Rogowski) qui, après avoir pris l'identité de l'écrivain Weidel qui s'est suicidé pour échapper à ses persécuteurs, inscrit ses pas dans ceux d'Anna Seghers et croise sur sa route des personnages sans patrie...

Son errance entre le port, son hôtel de fortune dans le quartier du Panier et les consulats du Mexique et des Etats Unis, le confronte tour à tour à Driss le fils de Weidel et à sa mère, à Marie (merveilleuse Paula Beer) qui attend son homme pour partir, à Richard (intéressant Godehard Giese) un pédiatre qui est tombé fou amoureux de Marie, un barman au grand coeur, une femme qui a hérité de 2 chiens, un chef d'orchestre...

Un film très original qui continue à résonner lorsque le générique de fin s'inscrit sur l'écran !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Wayne Roberts signe ici un merveilleux portrait de femme à fleur de peau

Caméra à l'épaule, le réalisateur film avec tendresse Katie (merveilleuse Olivia Cooke), son héroïne au visage angélique !

Tout à la fois fragile et naïve, souriante et responsable, fraîche et empathique, Katie est serveuse dans un Diner au fin fond de l'Arizona

Katie, tout le monde l'aime : sa mère immature qu'elle fait vivre, sa patronne Maybelle (formidable Mary Steenburgen) avec laquelle elle a créé une jolie complicité, ses clients auxquels elle offre son sourire et son corps, parmi lesquels le routier Bear (magnifique James Belushi)

Car Katie rêve de quitter le désert qui l'a vue naître pour s'installer à San Francisco

La vie de Katie va comme elle va jusqu'à ce qu'elle tombe éperdument amoureuse de Bruno (impressionnant Christopher Abbott), un ancien prisonnier qui travaille dans un garage voisin...

Après quelques moments de pur bonheur, le quotidien de la jeune femme vire au cauchemar... la vie qu'elle s'était construite s'effondre comme un jeu de cartes...

Vaillante, Katie continue à garder la tête haute et trouve l'énergie de repartir vers son avenir...

Un film vibrant, illuminé par la grâce fragile de la comédienne !

A voir absolument d'autant que le film entame sa seconde semaine et n'est plus programmé que dans 5 salles à Paris/RP  

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Eloïse Lang, à qui l'on doit Connasse, princesse des coeurs a réalisé un remake d'un film suédois...

Elle nous conte l'histoire d'un trio mère /filles qui se retrouve dans un club de vacances à l'île de la Réunion...

La mère Françoise (Miou Miou égale à elle-même) vient de se faire larguer par son mari... Ses deux filles Rose (Camille Cottin excellente dans un rôle de nana rock'roll) et Alice (Camille Chamoux sage et rangée) ont décidé de "sauver leur mère" en lui changeant les idées...

La première partie du film est un peu démonstrative : le scénario oppose les 2 soeurs et insiste sur le dépression de la mère...

Quand Thierry (excellent Johan Heldenbergh) s'invite dans le trio, le film prend une toute autre dimension... La comédie continue mais les 3 femmes "bougent" et pas toujours comme on l'aurait attendu !

Pour se mettre en vacances !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

La scénariste, réalisatrice et productrice chinoise Chloé Zhao signe avec The rider, son second long métrage tourné, comme son film précédent Les chansons que mes frères m'ont apprises, dans la réserve indienne de Pine Ridge dans le Dakota du Sud...

C'est en 2013 que Chloé Zhao a rencontré un groupe de cowboys Lakota. Ils sont nés et ont grandi dans la réserve et sont à la fois des sioux Lakota et d'authentiques cowboys.

Le film nous raconte l'histoire véridique de Brady Jandreau, dresseur de chevaux sauvages et jeune professionnel de rodéo... qui le 1er avril 2016 a chuté de son cheval qui s'est cabré et s'est fait piétiner la tête...

A son réveil après 3 jours de coma, les médecins recommandent à Brady de ne plus monter du tout...

La caméra nous attache aux pas de Brady qui tente de se reconstruire au sein de sa famille et de ses amis... car comme l'a raconté Brady à Chloé : "Si un animal dans les parages avait été blessé comme je l'ai été, il se serait fait piquer. On m'a gardé en vie au motif que je suis un humain, mais cela ne suffit pas. Je suis inutile si je ne peux pas accomplir ce à quoi je suis destiné"

Dans ce magnifique décor aux couchers de soleil panoramiques, Brady, orphelin de mère, a été élevé par son cowboy de père Tim qui a lui a tout appris... 

Brady, Tim et Lilly la soeur vive et enjouée de Brady (atteinte du syndrome d'Asperger) interprètent leur propre rôle et, même si l'on n'aime pas particulièrement les chevaux ni les grandes plaines sauvages, The rider nous immerge littéralement dans le quotidien de ces "héros ordinaires" qui pratiquent, à l'instar de L'homme qui murmurait à l'oreille des chevaux, un fascinant ballet de séduction réciproque pour dompter et apprivoiser l'animal...

Un très beau film sur la place du masculin aux Etats Unis !

 

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

En avant première, sortie le mercredi 11 avril

Hirokazu Kore-eda a décidé de filmer un drame judiciaire façon polar sans oublier son thème fétiche : la paternité !

Le scénario s'attache à la destinée particulière de 3 hommes : Shigemori, le brillant avocat (toujours aussi formidable Masaharu Fukuyama),  Misumi, le présumé assassin (Koji Yakusho magnifique) et la victime, ex patron de Misumi qui l'a licencié (que l'on ne voit qu'au début et de dos)

Ces 3 hommes que le hasard réunit ont chacun une fille qu'ils ont "maltraitée" dans l'enfance : le premier et le second du fait de leur absence (l'un parce qu'il s'est investi dans le travail, l'autre parce qu'il a passé de nombreuses années en prison), le troisième pour des raisons beaucoup plus dramatiques (que le film nous dévoile peu à peu)...

Nous suivons les premières rencontres entre l'avocat et son client, séparés par une vitre dans le parloir...

L'avocat cherche un angle de défense pour son client qui a reconnu le meurtre et risque la peine de mort car il a déjà été emprisonné il y a 30 ans pour le meurtre de deux usuriers...

L'avocat cherche à comprendre la motivation de Misumi : s'agit-il de vengeance personnelle, de vol avec homicide, de meurtre commandité... les pistes se succèdent et se brouillent au fur à mesure des échanges de plus en plus profonds entre les deux personnages... 

Quand le procès démarre, la famille de la victime est au centre de cette quête de vérité...

Et quand Misumi fait soudain volte face et clame son innocence, le grand avocat "quitte sa robe" pour n'être plus qu'un père compatissant à la douleur des filles...

Un film magnifique qui nous emmène au coeur du processus judiciaire japonais tout en nous faisant partager les problématiques que connait aujourd'hui la société du pays du soleil levant : absence des pères sur-investis dans le travail, incapacité innée des japonais à communiquer clairement (l'autre doit deviner ce que l'on pense par le biais du langage non verbal), chômage et précarité, argent sale...

A voir absolument !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Armando Iannucci a adapté le roman graphique éponyme de Fabien Nury et Thierry Robin pour mettre en images la lutte de pouvoir qui a opposé les principaux dignitaires russes après la mort de Staline...

Le film apparaît  comme une grosse farce auprès des occidentaux contemporains que nous sommes mais il est largement inspiré de faits réels qui se sont déroulés autour du 2 mars 1953 lorsque Staline est victime d'une attaque cérébrale...

Le faussement débonnaire ministre de l'Agriculture Nikita Khrouchtchev s'empare du pouvoir en s'appuyant sur le falot Malenkov pour éliminer le "boucher" Lavrenti Beria...

Le réalisateur s'en donne à coeur joie pour nous conter cette époque où chaque russe connaissait quelqu'un qui avait été envoyé au goulag ou avait été exécuté... 

La critique est drôle et féroce mais la répétition de la charge finit par user l'effet comique !

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Ritesh Batra, le réalisateur de Lunchbox, a adapté le livre de Julian Barnes La fille qui danse pour nous raconter l'histoire de Tony Webster (Jim Broadbent), un sexagénaire londonien replongé bien malgré lui dans ses souvenirs de jeunesse...

Le film démarre sur un flashback : Tony Webster collégien rencontre Adrian qui deviendra son meilleur ami et son rival et Veronica qui sera son premier amour...

Retour au présent quand Tony reçoit une lettre qui l'informe que la mère de Veronica lui a légué le journal intime d'Adrian... que Veronica refuse de lui remettre...

Le réalisateur alterne scènes contemporaines et souvenirs d'hier pour nous démontrer un peu laborieusement que la mémoire joue à cache cache avec la réalité...

Le personnage de Tony n'étant pas particulièrement sympathique ni très intéressant, j'avoue m'être un peu ennuyée en essayant de me plonger dans le récit des amours passées de ce jeune homme falot ! 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Star de one man show, le réalisateur autrichien Josef Hader interprète ici Georg, un critique musical brutalement remercié par le journal dont il pensait être une plume incontournable... 

Totalement déstabilisé, Georg cache son licenciement à sa femme Johanna et se consacre totalement à son projet de vengeance contre son ancien patron...

A travers ce portrait caricatural, Josef Hader nous décrit une classe moyenne enfermée dans son statut social, incapable de trouver un ressort autre qu'absurde pour dépasser une mise à l'écart injustifiée si ce n'est pour raison économique...

Un film "réjouissant" qui offre une réflexion décalée du drame "ordinaire" des quinquas !

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Luca Guadagnino a adapté le roman éponyme d'André Aciman pour nous raconter l'idylle entre deux jeunes gens au coeur de l'été italien dans la région des lacs...

Elio 17 ans (interprété par la nouvelle coqueluche franco-américaine Timothée Chalamet), passe un été paresseux dans la belle villa XVIIe de ses parents : il lit, compose de la musique et flirte avec Marzia...

Oliver (Armie Hammer), un jeune et séduisant doctorant américain vient s'installer à la villa pour travailler aux côtés de son père (professeur spécialiste de la culture gréco-romaine)

D'abord irrité par l'assurance d'Oliver, Elio tombe peu à peu sous le charme de cet homme déjà mûr et pourtant encore libre...

Discrètement encouragé par ses parents, intellectuels aux idées larges, le jeune homme s'initie au mystère de l'attirance sexuelle et à la souffrance d'une passion inégalement partagée...

Un très joli film dans un décor magique, deux acteurs inspirés pour une romance à la Rhomer (en un peu moins bavarde et beaucoup plus moderne !)

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Sophie Fillières a eu une idée de scénario originale : faire se rencontrer Margaux 25 ans (interprétée par Agathe Bonitzer) et Margaux 45 ans (Sandrine Kiberlain)

Les deux jeunes femmes, qui ne se ressemblent pas tant que cela, sont en réalité une même et seule personne à deux âges de sa vie...

Le troisième personnage, Marc (Melvil Poupaud), l'amour de jeunesse de Margaux, croise la juvénile Margaux...

Les trois acteurs jouent avec beaucoup de sensibilité mais l'histoire est trop décousue et les scènes trop mineures pour véritablement susciter l'intérêt du spectateur...

Dans un genre comparable, le film Camille redouble de Noémie Lvovsky était beaucoup plus profond et plus féroce dans sa tentative de réponse à cette question impossible : si nous avions la possibilité de revivre notre vie, ferions-nous de meilleurs choix ?

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