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Route 66

Route 66

Prenez vos bécanes pour aller au cinéma, voir des pièces de théâtre, admirer des expositions...

cinema

Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Encensé par la critique, le premier long métrage de Xavier Legrand colle le spectateur à son fauteuil...

Pas de musique mais les bruits du quotidien pour rythmer la tension qui monte entre l'enfant et ses parents qui se disputent sa garde

Après 15 premières minutes proches du documentaire dans le bureau du juge aux affaires familiales, le réalisateur nous fait partager le quotidien de Julien (excellent Thomas Gioria), jeune garçon de 10 ans qui est contraint par la justice à voir son père Antoine (formidablement inquiétant Denis Ménochet), un weekend sur deux...

Julien a peur pour sa mère Miriam (extraordinaire Léa Drucker figée dans l'angoisse), Julien a peur pour lui, peur de son père qui le manipule, qui le menace pour découvrir où vit sa famille...

Le film met en scène avec virtuosité et sans pathos le fléau que représente dans la société française la violence conjugale : entre la mère tétanisée et le père colosse humilié par son propre père, la peur envahit tout jusqu'à la fête d'anniversaire de la fille aînée...

Le brutal dénouement du film distille un sentiment d'impuissance face à cet échec dénoncé par Xavier Legrand : comment entendre les enfants, comment protéger les femmes de l'enfer conjugal, comment réparer les blessures psychologiques... 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Le réalisateur tchadien Mahamat-Saleh Haroun s'est inspiré d'un fait divers pour nous raconter une histoire triste aux accents contemporains...

Abbas (formidable Eriq Ebouaney) a fui les guerres civiles en Centrafrique où sa femme a trouvé la mort, avec ses deux enfants et son frère Etienne (tout aussi formidable Bibi Tanga)...

Abbas, professeur de français dans son pays, est installé dans l'appartement d'un ami... Il a un petit boulot dans un marché, ses enfants sont scolarisés, et Carole la marchande de fleurs (poignante Sandrine Bonnaire) est tombée amoureuse de lui... Quant à Etienne, ancien professeur de philosophie, il gagne sa vie comme vigile et s'est construit une bicoque de fortune le long du périphérique...

Le film démarre sur une très jolie scène de tendresse entre le père et sa fille qui n'arrive pas à s'endormir sans la comptine que lui chantait sa mère... Nous suivons les personnages dans leur vie de tous les jours et nous les accompagnons à la Cour Nationale du droit d'asile, véritable cour des miracles où les demandeurs d'asile obtiennent ou non leur statut de réfugié...

Quand Abbas et Etienne sont déboutés (pour une raison que le réalisateur ne nous dévoile pas), ils décident de ne plus se battre et leur vie dévisse au rythme des délais légaux d'expulsion du territoire français...

Intégrés autant que faire se peut, protégés par la tendresse de leurs compagnes respectives, les deux hommes s'effacent pourtant tour à tour et chacun à leur façon...

Comme le dit Abbas, l'Afrique francophone est une fiction puisqu'elle a été "fabriquée" par les ex colons... A l'instar des juifs que l'Occident a refusé d'accueillir alors qu'ils fuyaient la barbarie nazie, la même histoire se répète aujourd'hui pour ces milliers de réfugiés politiques...

On ressort de ce film bouleversé... mais pas plus avancé en réflexion sur ce qu'il conviendrait de faire après des décennies d'errance géopolitique... en suivant avec intérêt les déclarations d'Emmanuel Macron en Afrique...

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Antony Cordier a installé ses caméras dans le parc animalier du Reynou dans le Limousin pour nous raconter cette jolie histoire de zoo, de fratrie et de passage à l'âge adulte...

Gaspard 25 ans (excellent Félix Moati)  convainc Laura (délicieuse Laetitia Dosch), une fille fantasque rencontrée par le plus grand des hasards de passer pour sa compagne auprès de sa famille, à l'occasion du remariage de son père Max (Johan Heldenbergh) avec Peggy (Marina Foïs)...

Gaspard, le fils prometteur a pris le large alors que son frère Virgil et sa jeune soeur Coline ont continué à aider leur père à entretenir le zoo dont la fréquentation décline...

L'habile scénario nous montre en caméra familiale tremblée l'enfance de ces trois-là aux côtés d'un père flamboyant et d'une mère trop tôt disparue... 

Le film traite avec tendresse et sensualité le rapport aux animaux, les relations entre frères et soeurs, la difficulté à grandir et à abandonner une enfance féerique, la nécessité d'inventer sa propre vie en quittant le creuset familial...

Un petit bijou frais et acidulé !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Primé à Venise, le film de Ziad Doueiri est interdit en Palestine et en Jordanie ; à son retour de la Mostra, le réalisateur libanais a été arrêté à Beyrouth ; Pentagon Papers vient d'être retiré de l'affiche à Beyrouth parce que Spielberg est juif...

Dans L'insulte, le réalisateur ne prend pas parti entre Toni, le chrétien libanais et Yasser, le réfugié palestinien mais dénonce le massacre étouffé de Damour en 1976, où plus de 500 civils chrétiens ont été assassinés par des milices palestiniennes...

Le réalisateur s'est inspiré d'une altercation entre lui et son plombier pour imaginer le scénario de son film...

Parti d'un simple différend entre Toni et Yasser au sujet d'une gouttière, le conflit s'installe, se durcit sous les péroraisons des avocats et tourne à l'affaire d'Etat au grand dam des femmes des deux protagonistes...

Face au sanguin Toni (extraordinaire Adel Karam), le réservé Yasser (tout aussi extraordinaire Kamel El Basha) tente de ne pas perdre la face... mais l'orgueil des deux hommes les entraîne dans un procès dont les enjeux les dépassent...

Le film commence comme une farce mais prend rapidement toute sa dimension universelle lorsque la mémoire nationale refoulée remonte à la surface !

A voir pour saluer le courage de Ziad Doueiri !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Dans un magnifique décor aux couleurs acidulées des fifties, Woody Allen regarde ses quatre héros Humpty, Ginny, Mickey et Carolina se débattre pour échapper à leur destin...

Dans le bruit perpétuel de la grande roue qui surplombe la fête foraine de Coney Island, Ginny (Kate Winslet) rêve de refaire sa vie avec le beau maître nageur Mickey (Justin Timberlake), pour oublier que son mari Humpty (Jim Belushi), homme violent et alcoolique, la dégoûte...

Quand Carolina (Juno Temple), la fille d'Humpty réapparaît après des années d'absence pour fuir une bande de tueurs lancée à ses trousses par son voyou de mari, la roue tourne et ré-ouvre les blessures des rêves fracassés : cinéma pour Ginny, écriture pour Mickey, grand amour pour Carolina... 

La jalousie amoureuse s'installe dans le triangle Mickey, Ginny, Carolina... 

Les corps des touristes bronzent sur le plage mais dans la maison aux parois de verre, Ginny, Humpty et Carolina se déchirent  pour trouver ou retrouver leur place...

Une superbe bande son, des éclairages magiques, des acteurs très justes pour un film noir, implacable dans lequel le réalisateur semble avoir perdu son légendaire humour puisque lui-même, comme écho à son film, est rattrapé par les accusations de sa belle fille et de son fils...

Un beau film désespérant pour une tragédie grecque dont les héros ne seraient pas des héros mais des êtres brisés qui s'agitent avant de disparaître...

J'attends avec impatience le prochain film de Woody Allen !

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Emmanuel Finkiel a décidé d'adapter le roman éponyme de Marguerite Duras qui l'avait bouleversé à 19 ans, d'autant qu'il faisait écho à son histoire personnelle puisque son père a vécu "dans l'attente" de ses parents et de son frère officiellement morts à Auschwitz...

Il a confié le rôle de l'écrivain à Mélanie Thierry et a fait appel à Benjamin Biolay pour interpréter Dionys son amant et grand ami de Robert Antelme - et à Benoît Magimel pour incarner un collaborateur gestapiste dont elle se rapproche dans l'espoir de sauver son mari de la déportation...

Dès les premières images, Mélanie lit en off le texte de Duras en ménageant les silences pour mieux nous faire entrer dans la phraséologie si particulière à l'auteur...

Mélanie/Marguerite vit dans l'obscurité de son grand appartement parisien et attend son homme... Elle sort quand la ville dort et s'enferme quand la ville pavoise...

La parfaite reconstitution de la fin de la guerre, l'excellent jeu des acteurs et plus particulièrement celui de Benoît Magimel qui crève l'écran, la beauté du texte de Duras ne suffisent pas à faire décoller le film et c'est dommage car l'affiche était séduisante... mais le film est trop long (2h05), l'interprétation de Mélanie est un peu fade, les personnages masculins ne sont pas assez fouillés et l'on s'ennuie tout en le regrettant...

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Critique d'Hélène

Tous les ingrédients sont réunis pour faire un grand film : le réalisateur Steven Spielberg, deux immenses acteurs Meryl Streep et Tom Hanks, un sujet en or et méconnu du grand public ; en effet deux ans avant le Watergate, le Washington Post révélait des secrets d'Etat sur le Vietnam accusant directement Nixon et ses prédécesseurs d'avoir sciemment menti au peuple américain en envoyant les boys se faire massacrer pour une cause perdue d'avance...

Je suis toujours ravie que le cinéma s'empare et nous fasse partager les plus belles pages de la démocratie américaine mais je serais moins enthousiaste que Régis sur Pentagon Papers...

Tom Hanks est en effet tout à fait fabuleux dans son rôle de de rédacteur en chef, en adoptant un look carnassier qu'il explore avec une certaine jouissance...

Les années 70 et l'ambiance d'un grand quotidien sont admirablement dépeints...

L'histoire est belle, le scénario est habile et efficace et le suspens est au rendez-vous...

Par contre j'ai été gênée tout au long du film par le personnage de Kay Graham, fille de/du fondateur du Washington Post, et femme de/du dirigeant qu'elle vient de remplacer suite à son décès, interprétée par une Meryl Streep un peu empruntée dans ce rôle de grande bourgeoise plus habituée aux réceptions mondaines qu'aux conseils d'administration.

L'action se situe certes en 1971 mais j'ai du mal à imaginer que cette femme qui côtoie le tout Washington soit si effacée face à la brochette de mâles dominants qu'elle est censée diriger... pour se révéler à la fin dans toute sa dimension de patron de presse !

Les dernières images du film m'ont définitivement convaincue de la force symbolique du film en ces temps de fake news mais je maintiens mon point de vue sur la sous utilisation de l'immense talent de Meryl Streep !

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Publié le par Régis
Publié dans : #cinéma

Critique de Régis

Comment ce film ne pourrait-il pas prétendre être dans le Top 3 en 2018 ?

Tel un entremets de Paul Bocuse, rien ne manque à cette œuvre magistrale : les deux meilleurs acteurs au monde, un Spielberg qui déroule sa partition les yeux fermés, un scénario subtil et tonique à la fois.

Déchirée dans ses prises de décision à la tête du Washington Post, Meryl Streep lutte contre elle-même pour ne pas perdre pied sur un plafond de verre qu'elle a percé malgré elle suite au décès de son mari à qui son père avait transmis la direction du Washington Post.

Secondée par un Tom Hanks carnassier, elle devra faire le tri entre son passé et l'avenir qu'elle veut construire, entre ses intérêts et ceux d'une nation qui s'enlise dans le conflit armé au Vietnam.

Une belle immersion dans les arcanes de la presse, ce contre-pouvoir qui parfois dérange, parfois agace, et parfois sauve des vies.

Une manière de nous rappeler que son indépendance n'est jamais totalement acquise, ici comme ailleurs, et que nous devons plus que jamais continuer à arborer les couleurs d'un "Je suis Charlie".

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Le réalisateur italien Paolo Virzi a décidé d'adapter le roman éponyme de Michael Zadoorian à la condition que Helen Mirren et Donald Sutherland acceptent d'endosser les rôles principaux d'Ella et  de John Spencer... ce qu'ils ont fait !

Le scénario du film n'est pas sans rappeler celui d'Amour de Michael Haneke mais la comparaison s'arrête là...

Dans L'échappée belle, nous sommes dans un roadmovie sur la route de Key West pour aller visiter la maison d'Hemingway, auteur fétiche de John Spencer...

L'humour et la tendresse sont au rendez-vous même si le corps de l'une et la tête de l'autre flanchent...

Le film fait de moments forts et de petits riens est transcendé par deux immenses acteurs que nous sommes bien tristes de voir vieillir...

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Martin McDonagh, le réalisateur de Bons baisers de Bruges, nous revient en pleine forme avec ce film digne des frères Coen...

Il nous emmène dans une petite ville du Missouri qu'aucune voiture ne traverse plus depuis que l'autoroute passe au loin...

Il nous raconte l'histoire de Mildred Hayes (formidable Frances McDormand), une femme en colère, aussi butée, brutale et obstinée que tous les gens du coin, flics compris...

Ecoeurée par l'inaction de la police locale qui n'a toujours pas mis la main sur le violeur qui a assassiné sa fille, elle décide de se venger en apostrophant William Willoughby (excellent Woody Harrelson), le chef de la police locale, sur trois panneaux publicitaires oubliés à l'entrée de la ville...

Piqué au vif, William Willoughby reprend l'enquête en s'appuyant sur une galerie de bras cassés dont le plus beau spécimen est Jason Dixon (incroyable Sam Rockwell), un flic homophobe et raciste qui vit toujours chez maman...

Le cinéaste britannique s'attache à ses personnages principaux tout comme à ses personnages secondaires et nous en brosse un portrait sans fard mais non sans tendresse...

Le trait est noir, sans doute trop, et seule la fin du film, toute en demi-teinte, permet de reprendre un peu espoir dans la nature humaine !

 

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