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Route 66

Route 66

Prenez vos bécanes pour aller au cinéma, voir des pièces de théâtre, admirer des expositions...

cinema

Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Marc Dugain a choisi d'adapter le livre éponyme de Chantal Thomas qui retrace un épisode troublant de l'histoire de la monarchie française...

Nous sommes en 1721... Pour consolider la paix avec l'Espagne,  le régent Philippe d'Orléans (Olivier Gourmet parfait), décide de marier sa fille Mademoiselle de Montpensier (12 ans) à l'héritier de la cour d'Espagne et le futur Louis XV (11 ans) à l'infante Anna Maria Victoria alors âgée de 4 ans...

Au-delà de la parfaite reconstitution historique, le réalisateur s'attache aux réactions de ces enfants, otages de la diplomatie européenne de l'époque...

Si la jeune infante accepte son futur rôle de reine avec le plus grand sérieux, il n'en est pas de même pour la fille du duc d'Orléans qui refuse les conventions et son prince d'époux, certes un peu benêt mais tout énamouré à son égard...

Le futur Louis XV, magnifiquement interprété par un jeune acteur de 13 ans Igor van Dessel, est tiraillé entre la douleur de la perte de son statut d'enfant auprès de la gouvernante (formidable Catherine Mouchet) qui s'occupe désormais de l'infante, son isolement face à ses conseillers que le régent révoque à sa guise et ses soit-disant amis qui insistent sur la différence d'âge avec la future reine que l'on ne voit pas grandir...

Une réflexion fascinante sur la place des enfants dans le monde des adultes qui renvoie au statut actuel de "l'enfant roi" dans nos démocraties !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Kennett Branagh revisite le roman le plus célèbre d'Agatha Christie mais sa nouvelle version n'égale pas le film de Suydney Lumet en 1974...

Plutôt convaincant dans le rôle d'Hercule Poirot, il a réuni autour de lui un casting de choc : Johnny Depp (la victime), Penelope Cruz (une dévote espagnole), Judi Dench (une vieille princesse russe), Michelle Pfeiffer (une veuve américaine)...

Après une entrée en matière trop longue face au mur des Lamentations où Poirot résout une première affaire, le réalisateur nous emmène dans L'Orient Express, train de toute beauté au décor parfaitement reconstitué qui traverse de magnifiques paysages enneigés...

L'histoire que tous les amoureux d'Agatha Christie connaissent par coeur, nous est racontée dans une succession de saynètes pleines de rebondissements qui laissent un sentiment de déjà vu...

Difficile de restituer la magie de cette époque sans verser dans la superficialité ! 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

François Troukens, ancien braqueur qui a passé 10 ans de sa vie derrière les barreaux, nous fait entrer dans le milieu du grand banditisme belge...

Faisant de l'Affaire des Tueurs du Brabant qui a terrorisé la Belgique dans les années 80 (non élucidée à ce jour),  la toile de fond de son film, il nous raconte l'histoire de Franck Valken (formidable Olivier Gourmet) qui veut réaliser un dernier "grand coup" pour pouvoir se "retirer" et vivre auprès de sa femme et de sa fille...

Un scénario exigeant, des personnages hauts en couleurs au caractère bien trempé habités par le sens de l'honneur, la présence de deux femmes d'exception : la commissaire Lucie Tesla (Lubna Azabal fiévreuse à souhait) et la juge Véronique Pirotte (Natacha Régnier), l'habile mise en scène de l'instrumentalisation du grand banditisme par un pouvoir politique corrompu constituent les ingrédients d'une intrigue au rythme haletant !

A voir avant que le film ne disparaisse des écrans !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Le film de Mohammad Rasoulof a été sélectionné à Cannes en 2017 pour le prix Un certain regard  mais il est interdit de projection en Iran !

Le courageux cinéaste dénonce à nouveau dans Un homme intègre après Au revoir (2011) et Les manuscrits ne brûlent pas (2013) la corruption généralisée du régime iranien...

De retour en Iran après un séjour aux Etats Unis, le réalisateur s'est fait confisquer son passeport en septembre 2016 et reste sous la menace d'une incarcération immédiate...

A travers l'histoire de Reza et de son épouse Hadis, le conte cruel dissèque sèchement le processus infernal qui interdit à tout iranien de se comporter en individu intègre...

La descente aux enfers de Reza nous glace tout autant que la morale de ce film qui est à la fois "jouissive" puisque le héros arrive à s'en "sortir" mais surtout désespérante ! 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Xavier Beauvois a choisi d'adapter le roman éponyme de Ernest Pérochon pour nous raconter l'héroïque implication des femmes restées à l'arrière des tranchées de la grande guerre...

Il a installé sa caméra dans la Haute Vienne dans le village de Montrol Sénard où rien ne semble avoir changé depuis 1915...

Trois femmes "courage" : Hortense la mère (Nathalie Baye vieillie pour le rôle), sa fille Solange (Laura Smet) et Francine une jeune ouvrière agricole (Iris Bry, une révélation) recrutée à l'assistance publique pour les aider, consacrent toute leur énergie à faire marcher l'exploitation alors que les hommes de la famille ont tous été mobilisés...

Le film couvre les quatre années de guerre et nous fait participer à tous les travaux de la ferme au rythme des saisons...

En plus de deux heures, Xavier Beauvois ne réussit pas vraiment à nous intéresser au destin de ses personnages à la Millet...

Le sujet est passionnant sur le papier, la reconstitution de l'époque est parfaite mais la réalisation trop linéaire manque totalement de relief...

Nathalie Baye et Laura Smet jouent bien mais elles jouent...

Seule Iris Bry nous convainc dans sa modernité en incarnant une très jeune femme qui assume ses choix avec une douce fermeté !

Dommage, Xavier Beauvois nous avait habitués à mieux ! 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Raymond Depardon a choisi de nous parler de la mise en application d'une loi de septembre 2013 qui prévoit qu'un patient hospitalisé sans consentement dans une unité psychiatrique soit présenté devant un juge des libertés et de la détention moins de 12 jours après son enfermement...

Le cinéaste filme 10 patients du Centre hospitalier Le Vinatier de Lyon face à leur juge et en présence de leur avocat...

Le psychiatre est physiquement absent pour que le patient puisse parler librement de son traitement mais la parole du médecin est toute puissante..

Face au défilé de misères humaines, le juge tente d'écouter l'individu qui lui fait face mais il se reconnait impuissant dans la décision finale : je ne suis pas médecin, répètent les 4 juges (2 hommes, 2 femmes) qui ont accepté d'être filmés...

On les comprend mais on comprend surtout que leur rôle est totalement théorique et ce même face au burn out généré par un harcèlement professionnel chez Orange...

Les patients aussi fous soient-ils sont tous touchants mais force est de reconnaître que notre société, tous pouvoirs confondus, est implacable ! Et donc pas magnifique !

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Robert Guédiguian nous emmène à nouveau à Marseille avec sa troupe d'acteurs fidèles !

Quel plaisir de revoir Ariane Ascaride (Angèle), Jean Pierre Darroussin (Joseph) et Gérard Meylan (Armand) qui interprètent une fratrie revenue au chevet d'un père gravement malade...

Dans la calanque de Méjean surplombée par un immense viaduc, les cabanons sont vides... C'est l'hiver et seul le restaurant repris par Armand est ouvert...

La mer est immense et Marseille s'offre au loin aux regards de ces trois quinquagénaires abîmés par la vie...

Ils avaient des idéaux, ils étaient jeunes et beaux et leur retour ranime les souvenirs et les regrets...

Confrontés à la découverte de trois enfants migrants qu'ils vont secrètement héberger, la soeur et les deux frères vont réussir à faire le deuil de leur passé pour s'inventer à nouveau un avenir qui leur ressemble...

Des personnages magnifiques habitent cette histoire tel Robinson Stévenin qui incarne Benjamin, pêcheur et poète amoureux fou d'Angèle ou encore un couple de personnes âgées amies du père... 

Un beau film militant, émouvant et dans l'air du temps ! 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Gaël Morel a voulu dans ce film rendre hommage au monde ouvrier dont il est issu ainsi que Sandrine Bonnaire, principal personnage de Prendre le large...

L'histoire nous raconte le parcours d'Edith qui, à la surprise de tous, accepte un reclassement à Tanger où l'usine textile de Villefranche sur Saône où elle travaille, est délocalisée...

Edith nous est présentée comme une victime : du monde industriel qui l'exploite et lui a "pris" son mari décédé d'un cancer professionnel, du mouvement syndical qui n'a pas réussi à préserver son emploi et celui de ses camarades, mais également de l'indifférence de son fils qui est "monté" sur Paris pour vivre sa vie avec son compagnon...

Décidée à continuer à travailler coûte que coûte, Edith se heurte, dès son arrivée au Maroc, au racisme antifrançais et à la dure vie des ouvriers marocains...

Désireuse de faire table rase de son passé, elle tente de se construire une nouvelle vie auprès de Mina qui dirige la pension de famille où elle a atterri - et de son fils Ali qui lui rappelle  les jeunes années de son propre fils...

Tourné dans des lieux réels, le film est bien documenté sur la réalité de la vie ouvrière des deux côtés de la Méditerranée mais pêche par un scénario improbable qui nous empêche d'apprécier le talent de Sandrine Bonnaire, plus vraie que nature dans ce rôle...

Contrairement à l'affiche, Edith/Sandrine ne sait pas sourire à la vie et le spectateur ressort attristé par cette femme qui se fuit dans le malheur sans jamais se poser les bonnes questions...

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Stéphane et David Foenkinos avaient envie de réaliser un autre portrait de femme après La Délicatesse...

Ils ont choisi Karin Viard pour interpréter le rôle de Nathalie, prof en Khâgne, la cinquantaine divorcée et mère de Mathilde, une délicieuse jeune fille dont elle organise la fête anniversaire surprise pour ses 18 ans...

Tout semble bien aller entre Nathalie et sa fille...  Mais Nathalie regarde avec envie et bientôt avec jalousie la vie de sa fille à qui tout réussit...

Mathilde, interprétée par une vraie danseuse Dara Tombroff, est ravissante, Mathilde danse divinement bien, Mathilde est amoureuse d'un jeune homme qui la couve des yeux...

Une jalousie maladive s'empare de Nathalie qui ne supporte plus non plus le bonheur de sa meilleure amie Sophie (Anne Dorval à contre emploi), l'épanouissement de son ex mari avec une nouvelle compagne qu'elle juge idiote, le succès de Mélanie (Anaïs Demoustier) une de ses jeunes collègues...

Nathalie devient aigrie, injuste, méchante, pète les plombs professionnellement et va jusqu'à manquer de tuer sa fille en l'empoisonnant...  

Dommage que le personnage magnifiquement interprété par Karin Viard soit si peu nuancé... Le portrait est tellement caricatural qu'on finit par ne plus y croire...

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Peter Landesman nous raconte l'histoire de l'informateur des deux journalistes du Washington Post qui ont fait éclater le Watergate en 1972 - et dont le nom n'a été révélé qu'en 2008...

En effet qui connait Mark Felt dit Gorge profonde, numéro deux du FBI aux côtés de Hoover, qui écœuré par l'attitude de la Maison Blanche qui intime au FBI de boucler l'enquête en 48 heures, prend sur lui de contacter la presse...

Mark Felt qui a travaillé 30 ans au FBI est l'exemple même de l'agent intègre, loyal et courageux qui se met en danger pour faire respecter la vocation d'indépendance du FBI ...

Le réalisateur a décidé de rendre hommage à ce premier lanceur d'alerte et a confié le rôle à un Liam Neeson sobre et sévère...

Le film est bien fait mais n'atteint pas la portée historique des Hommes du président d'Alan Pakula en 1976... 

Sans doute parce que les personnages secondaires ne sont pas assez creusés et notamment les plus proches collaborateurs de Mark Felt ni ses correspondants au Washington Post et au Times... Sans doute aussi parce que Peter Landesman a voulu traiter en parallèle le drame intime de Mark Felt dont la disparition de sa fille s'inscrit dans les mouvements pacifiques qui s'opposaient alors à la guerre du Vietnam...

A vouloir trop ancrer le film dans les années 70, la dénonciation du système perd de sa force et surtout de son actualité !

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