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Route 66

Route 66

Prenez vos bécanes pour aller au cinéma, voir des pièces de théâtre, admirer des expositions...

cinema

Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Steven Soderbergh a changé sa caméra d'épaule depuis la trilogie Ocean's Eleven avec Georges Clooney...

Ici les héros ne sont pas des truands et ils ne portent pas le noeud pap...

Les frères Logan, Jimmy et Clyde (respectivement interprétés par Channing Tatum et Adam Driver) ne sont pas gâtés par la vie... Les Logan ne sont pas lucky...

Jimmy, qui vient de se faire virer de son boulot, convainc son frère Clyde, qui a perdu une main en se battant au Moyen Orient, de tenter de s'emparer des recettes d'une course automobile par les tubes pneumatiques souterrains qui véhiculent les billets verts...

Pour réussir leur casse, ils ont besoin de Joe Bang (Daniel Craig excellent dans ce rôle de composition), le meilleur perceur de coffres forts de l'Etat mais celui-ci est en prison...

Le scénario est un mélange de débrouille et de virtuosité qui fait toute l'originalité du film...

Le réalisateur filme avec tendresse ses personnages et s'attarde sur Sadie, la fille de Jimmy qui ressemble un peu à l'héroïne de Little Miss Sunshine...

Il donne le beau rôle aux femmes en jouant habilement de leur complexité :  Katie Holmes (l'ex femme de Jimmy) et Hilary Swank (agent du FBI chargée de l'enquête, ex rôle principal de Million Dollar Baby)...

En fin de compte et sans trahir la fin du film, les Logan sont lucky !

Un moment plaisant pour les vacances de Toussaint !  

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Michael Haneke réunit de nouveau Isabelle Huppert et Jean Louis Trintignant pour nous enfermer dans ses obsessions morbides...

Obsession de la bourgeoisie, ici de Calais ville frontière, qui entend défendre son entre soi...

Obsession de la mort, suicide ou meurtre que pratiquent si bien le grand père et Eve sa petite fille  (intéressante Fantine Harduin)...

Obsession du sexe à travers les échanges grotesques entre Pierre Laurent (Mathieu Kassovitz, le fils de Jean Louis Trintignant dans le film) et sa maîtresse...

Obsession des nouveaux outils de communication qu'utilise Eve pour filmer sa mère avant son suicide, son cochon d'inde qu'elle vient d'empoisonner ou son grand père qui lui a demandé de l'aider à mourir...

Quelque soit le talent des grands comédiens qui incarnent les personnages de Happy End, le film est plat, long et désespérant !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Après The Queen en 2006, Stephen Frears nous emmène à nouveau à la cour d'Angleterre mais cette fois-ci sous le règne d'une Victoria vieillissante !

Inspiré de frais réels, le film nous raconte l'improbable amitié entre la souveraine et un serviteur indien venu tout exprès de Calcutta pour le jubilé de la Reine ! 

Judi Dench crève une fois de plus l'écran dans le rôle d'une femme acariâtre, malade,et déprimée qui retrouve peu à peu goût à la vie en faisant d'Abdul Karim (formidable Ali Fazal), son confident et son professeur de culture indienne musulmane !

Le jeu des deux héros du film et leur complicité croissante sont très plaisants !

Dommage que Stephen Frears se soit livré à une charge aussi lourde contre les dignitaires de la cour qu'il ridiculise en permanence...

Dommage également qu'il ait introduit les marqueurs du racisme anti-musulman actuel en cette fin de XIXe siècle...

Enfin dommage que le film soit un peu long (1h47) !

A voir toutefois pour la malice dans le regard de Judi Dench et la douceur typiquement indienne de son munshi !

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Eric Toledano et Olivier Nakache renouvellent le genre du film de mariage...

Dans le Sens de la fête, ce sont les mariés Pierre et Héléna et la mère de Pierre qui sont ridicules, alors que la caméra explore avec humour les coulisses de l'événement...

Max (excellent et très juste Jean Pierre Bacri), est le patron d'une petite entreprise qui organise des mariages avec une équipe black/blanc/beur, constituée de bras plus ou moins cassés...

Car Max, sous ses dehors bourrus, a un grand coeur tout comme son adjointe Adèle (formidable Eve Haidara)...

Ils font bosser des copains pas très doués pour le job de serveurs tel Julien (Vincent Macaigne très bon pour une fois), ancien prof de lycée en "reconversion" ou Samy (Alban Ivanov) qui ne sait pas ce qu'est un turbot ni une flûte, ou encore Guy (Jean Paul Rouve au jeu parfois appuyé), photographe que plus personne ne fait travailler et pour cause !!!

Des cuisiniers payés au noir et des plongeurs tamouls sans papier complètent la fine équipe  qui doit faire face à une série de gags : électricité défaillante dans le château du XVIIe siècle, musiciens intoxiqués par le plat principal qui doit être servi aux invités...

Le charme du film tient à ses personnages et au regard bienveillant que portent sur eux les réalisateurs qui semblent s'amuser tout autant que les spectateurs...

Quand à la faveur d'une panne d'électricité, l'équipe doit improviser pour que la fête continue, le film atteint un moment de grâce pure qui mérite à lui seul que l'on se déplace !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Après le succès de Snow Therapy, le réalisateur suédois Ruben Ostlund a remporté la Palme d'or l'été dernier avec "The square", qui sort cette semaine sur les écrans français...

Je n'ai pas du tout aimé ce film mais ce qui est intéressant c'est de se poser la question de la raison du vote du jury cannois en faveur de ce film face à 120 battements par minute par exemple...

Christian (intéressant Claes Bang), le héros de "The square" , père divorcé et conservateur d'un musée d'art contemporain réputé, est l'archétype du bobo : très aisé, il prête néanmoins attention aux mendiants dans la foule et aux appels de détresse d'une inconnue... il roule en voiture électrique et organise une exposition The square qui incite les visiteurs à l'altruisme et leur rappelle leurs devoirs à l'égard de leurs prochains...

Mais les circonstances - le vol dont il est la victime et la campagne de promotion scandaleuse de la future exposition, qu'il a omis d'étudier sérieusement avant de donner son accord, vont rapidement révéler la lâcheté ordinaire du personnage...

A vouloir décortiquer pour mieux dénoncer les travers de la société occidentale actuelle : les ghettos de riches, la peur du "pauvre", l'irresponsabilité des media, la vacuité du sexe facile, l'admiration ridicule pour les "performances" de certains artistes contemporains... Ruben Ostlund n'arrive pas à réellement nous interpeller en étirant son film sur 2h30 et en le chargeant exagérément...

Vous me direz ce que vous en pensez !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Tonie Marshall a eu l'idée il y a 6/7 ans de réaliser une série sur les réseaux de femmes d'influence...

Seule Arte ayant manifesté un intérêt pour son projet, la réalisatrice a du toutefois renoncer car la chaîne franco-allemande diffusait alors Borgen !

La série s'est donc métamorphosée en film...

On ne peut que se réjouir que le sujet du plafond de verre soit enfin traité au cinéma mais on peut également regretter le format de la série qui aurait mieux permis d'installer les archétypes ! 

En effet la réalisatrice nous offre une brochette de personnages tout à fait intéressants et remarquablement interprétés mais le format accentue l'aspect caricatural des figures de style...

Le film nous raconte l'histoire d'Emmanuelle Blachey, ingénieure talentueuse qui a gravi tous les échelons d'un géant français de l'ingénierie jusqu'au comité exécutif... Emmanuelle Devos est immédiatement et incroyablement crédible en femme cadre sup ! Tout comme Tonie Marshall, elle a rencontré des femmes de pouvoir et a même commencé à apprendre le chinois qu'elle parle à la perfection dans le film lorsqu'elle mène avec succès une négociation avec des cadres chinois qu'elle séduit par son approche à la fois pragmatique et sensible des dossiers !

Approchée par un réseau de femmes d'influence et notamment par sa brillante dirigeante Vera Jacob (formidable Suzanne Clément) et par la responsable d'une agence de communication interprétée par une Anne Azoulay plus vraie que nature, Emmanuelle va se voir proposer le poste de PDG d'un groupe du CAC 40 dont le patron est très malade...

D'abord réticente, Emmanuelle va accepter le défi et se heurter alors aux conflits inévitables que génère sa candidature : conflits sur le plan professionnel notamment avec son concurrent Jean Beaumel (Richard Berry un peu univoque), coaché par un homme d'influence Marc Ronsin (excellent Benjamin Biolay) et débats plus intimes avec son père (Sami Frey touchant) et son conjoint dont la carrière bascule...

Le film est foisonnant, haletant et aussi passionnant que Margin Call dans sa description de l'univers des grandes entreprises !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Le réalisateur d'"Entre les murs" poursuit son ambition de parler des jeunes, de les écouter sans les juger...

Il nous emmène à La Ciotat où Olivia, une écrivaine de polars reconnue, a décidé d'animer un atelier d'écriture pour des jeunes en réinsertion...

L'opposition sociologique entre la "parisienne" et le groupe des blacks/blancs/beurs locaux est immédiatement posée et longuement développée !

Ils sont sympathiques, elle est prévisible, autoritaire, assez binaire !

Interprétée par une Marina Foïs pas franchement à l'aise ni subtile dans le rôle, le personnage montre vite ses faiblesses et se révèle beaucoup moins adulte que ses élèves... 

Elle s'oppose très rapidement à un "petit blanc" : Antoine (excellent Matthieu Lucci) qui flirte avec les idées d'extrême droite et n'est pas sans avouer une certaine admiration pour les auteurs de l'attentat du Bataclan...

Olivia fascinée par Antoine, va tenter de le faire adhérer à la trame du sujet choisi par le groupe pour le livre qu'ils doivent écrire : en vain !

Olivia va tenter de le faire parler pour comprendre ses "motivations" : en vain !

Olivia va tenter de l'utiliser pour son propre livre en panne : Antoine repère la ficelle et prend le pouvoir dans la relation !

S'ensuivent des scènes assez glauques, sans aucun rapport avec le sujet du film, qui démontrent la vacuité et la lâcheté d'Olivia !

A vouloir mener de front plusieurs batailles, Laurent Cantet réalise un film bancal qui dérape dans la complaisance ! 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Le réalisateur d'Elena, Andréï Zviaguintsev nous emmène à Moscou dans l'intimité d'un couple qui se sépare après une douzaine d'années de mariage...

Relativement aisés, Boris (Alexeï Rozine) et Zhenya (Marianna Spivak) se déchirent et envisagent sans états d'âme de confier leur jeune fils Aliocha à une institution...

Ce dernier qui a surpris la conversation de ses parents, sanglote silencieusement derrière la porte puis disparaît sans que son père ni sa mère ne réagissent  immédiatement...

Les deux protagonistes ont en effet reconstruit une nouvelle histoire d'amour  : lui avec une jeune femme déjà enceinte à laquelle il a promis un amour éternel, elle avec un homme plus âgé et très aisé... 

 

Le policier auquel ils finissent par confier la recherche de leur fils baisse vite les bras et c'est une association de volontaires bénévoles, largement inspirée de l'organisation privée russe Liza Alerte, qui prend le relais...

A partir de ce moment-là, le récit alterne les scènes de recherche d'Aliocha menées par ce groupe concerné et professionnel et les scènes qui illustrent le vide abyssal des parents pour lesquels seuls comptent les signes extérieurs de richesse (le dernier smartphone, le bel appartement...)

Boris et Zhenya ne savent pas aimer leur fils mais à leur décharge, leurs propres parents ne les ont pas aimés non plus...

Les dernières images de ce film noir sont glaçantes et nous font nous interroger sur notre propre rapport au matérialisme car la Russie semble n'être qu'un miroir augmenté de nos dérives occidentales...

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Le premier film de Taylor Sheridan a remporté le prix de la mise en scène de la section Un certain regard à Cannes et c'est bien mérité...

Manifestant sa profonde empathie pour les Amérindiens, le réalisateur s'est immergé dans les réserves indiennes de Wind River au fin fond du Wyoming pour nous raconter l'histoire d'un pisteur Cory Lambert (excellent Jeremy Renner), appelé à la rescousse pour enquêter sur le viol et le meurtre d'une jeune amérindienne...

Aux côtés d'une agent du FBI magnifiquement interprétée par Elizabeth Olsen, le chasseur solitaire va démêler peu à peu les fils d'une tragédie ordinaire pour ce peuple oublié à la frontière nord des Etats Unis, qui lutte pour offrir à ses enfants un destin qui ne s'inscrive pas dans l'alcool ni la drogue...

Des paysages à couper le souffle, des personnages qui crèvent l'écran : le père de la victime mais également les prospecteurs isolés dans leur baraquement en pleine nature, la violence de la nature, les chevauchées sauvages en motoneige, le tendre respect qui s'installe entre les deux héros... Tout est superbement filmé dans Wind River !

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Claire Denis a puisé son inspiration première dans Fragments d'un discours amoureux de Roland Barthes... puis a développé le scénario de sa première comédie avec Christine Angot...

A l'arrivée, un texte bavard, des dialogues "vrais", des prises de position féministes et un peu vachardes de l'héroïne du film : Isabelle, divorcée, la cinquantaine, cherche l'amour...

La présence lumineuse de Juliette Binoche et le défilé d'acteurs connus : Xavier Beauvois, Nicolas Duvauchelle, Valeria Bruni Tedeschi, Josiane Balasko, Bruno Podalydes... permettent de suivre avec un plaisir un peu distancié cette histoire sans réelle intrigue...

Juliette / Isabelle séduit les hommes puis les jette, perpétuellement insatisfaite, à la recherche d'un bonheur immédiat qui pourrait s'installer dans la durée...

La dernière scène avec un Gérard Depardieu fabuleux dans le rôle d'un voyant consulté par Isabelle vaut à elle seule le déplacement !

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