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Route 66

Route 66

Prenez vos bécanes pour aller au cinéma, voir des pièces de théâtre, admirer des expositions...

cinema

Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Tonie Marshall a eu l'idée il y a 6/7 ans de réaliser une série sur les réseaux de femmes d'influence...

Seule Arte ayant manifesté un intérêt pour son projet, la réalisatrice a du toutefois renoncer car la chaîne franco-allemande diffusait alors Borgen !

La série s'est donc métamorphosée en film...

On ne peut que se réjouir que le sujet du plafond de verre soit enfin traité au cinéma mais on peut également regretter le format de la série qui aurait mieux permis d'installer les archétypes ! 

En effet la réalisatrice nous offre une brochette de personnages tout à fait intéressants et remarquablement interprétés mais le format accentue l'aspect caricatural des figures de style...

Le film nous raconte l'histoire d'Emmanuelle Blachey, ingénieure talentueuse qui a gravi tous les échelons d'un géant français de l'ingénierie jusqu'au comité exécutif... Emmanuelle Devos est immédiatement et incroyablement crédible en femme cadre sup ! Tout comme Tonie Marshall, elle a rencontré des femmes de pouvoir et a même commencé à apprendre le chinois qu'elle parle à la perfection dans le film lorsqu'elle mène avec succès une négociation avec des cadres chinois qu'elle séduit par son approche à la fois pragmatique et sensible des dossiers !

Approchée par un réseau de femmes d'influence et notamment par sa brillante dirigeante Vera Jacob (formidable Suzanne Clément) et par la responsable d'une agence de communication interprétée par une Anne Azoulay plus vraie que nature, Emmanuelle va se voir proposer le poste de PDG d'un groupe du CAC 40 dont le patron est très malade...

D'abord réticente, Emmanuelle va accepter le défi et se heurter alors aux conflits inévitables que génère sa candidature : conflits sur le plan professionnel notamment avec son concurrent Jean Beaumel (Richard Berry un peu univoque), coaché par un homme d'influence Marc Ronsin (excellent Benjamin Biolay) et débats plus intimes avec son père (Sami Frey touchant) et son conjoint dont la carrière bascule...

Le film est foisonnant, haletant et aussi passionnant que Margin Call dans sa description de l'univers des grandes entreprises !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Le réalisateur d'"Entre les murs" poursuit son ambition de parler des jeunes, de les écouter sans les juger...

Il nous emmène à La Ciotat où Olivia, une écrivaine de polars reconnue, a décidé d'animer un atelier d'écriture pour des jeunes en réinsertion...

L'opposition sociologique entre la "parisienne" et le groupe des blacks/blancs/beurs locaux est immédiatement posée et longuement développée !

Ils sont sympathiques, elle est prévisible, autoritaire, assez binaire !

Interprétée par une Marina Foïs pas franchement à l'aise ni subtile dans le rôle, le personnage montre vite ses faiblesses et se révèle beaucoup moins adulte que ses élèves... 

Elle s'oppose très rapidement à un "petit blanc" : Antoine (excellent Matthieu Lucci) qui flirte avec les idées d'extrême droite et n'est pas sans avouer une certaine admiration pour les auteurs de l'attentat du Bataclan...

Olivia fascinée par Antoine, va tenter de le faire adhérer à la trame du sujet choisi par le groupe pour le livre qu'ils doivent écrire : en vain !

Olivia va tenter de le faire parler pour comprendre ses "motivations" : en vain !

Olivia va tenter de l'utiliser pour son propre livre en panne : Antoine repère la ficelle et prend le pouvoir dans la relation !

S'ensuivent des scènes assez glauques, sans aucun rapport avec le sujet du film, qui démontrent la vacuité et la lâcheté d'Olivia !

A vouloir mener de front plusieurs batailles, Laurent Cantet réalise un film bancal qui dérape dans la complaisance ! 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Le réalisateur d'Elena, Andréï Zviaguintsev nous emmène à Moscou dans l'intimité d'un couple qui se sépare après une douzaine d'années de mariage...

Relativement aisés, Boris (Alexeï Rozine) et Zhenya (Marianna Spivak) se déchirent et envisagent sans états d'âme de confier leur jeune fils Aliocha à une institution...

Ce dernier qui a surpris la conversation de ses parents, sanglote silencieusement derrière la porte puis disparaît sans que son père ni sa mère ne réagissent  immédiatement...

Les deux protagonistes ont en effet reconstruit une nouvelle histoire d'amour  : lui avec une jeune femme déjà enceinte à laquelle il a promis un amour éternel, elle avec un homme plus âgé et très aisé... 

 

Le policier auquel ils finissent par confier la recherche de leur fils baisse vite les bras et c'est une association de volontaires bénévoles, largement inspirée de l'organisation privée russe Liza Alerte, qui prend le relais...

A partir de ce moment-là, le récit alterne les scènes de recherche d'Aliocha menées par ce groupe concerné et professionnel et les scènes qui illustrent le vide abyssal des parents pour lesquels seuls comptent les signes extérieurs de richesse (le dernier smartphone, le bel appartement...)

Boris et Zhenya ne savent pas aimer leur fils mais à leur décharge, leurs propres parents ne les ont pas aimés non plus...

Les dernières images de ce film noir sont glaçantes et nous font nous interroger sur notre propre rapport au matérialisme car la Russie semble n'être qu'un miroir augmenté de nos dérives occidentales...

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Le premier film de Taylor Sheridan a remporté le prix de la mise en scène de la section Un certain regard à Cannes et c'est bien mérité...

Manifestant sa profonde empathie pour les Amérindiens, le réalisateur s'est immergé dans les réserves indiennes de Wind River au fin fond du Wyoming pour nous raconter l'histoire d'un pisteur Cory Lambert (excellent Jeremy Renner), appelé à la rescousse pour enquêter sur le viol et le meurtre d'une jeune amérindienne...

Aux côtés d'une agent du FBI magnifiquement interprétée par Elizabeth Olsen, le chasseur solitaire va démêler peu à peu les fils d'une tragédie ordinaire pour ce peuple oublié à la frontière nord des Etats Unis, qui lutte pour offrir à ses enfants un destin qui ne s'inscrive pas dans l'alcool ni la drogue...

Des paysages à couper le souffle, des personnages qui crèvent l'écran : le père de la victime mais également les prospecteurs isolés dans leur baraquement en pleine nature, la violence de la nature, les chevauchées sauvages en motoneige, le tendre respect qui s'installe entre les deux héros... Tout est superbement filmé dans Wind River !

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Claire Denis a puisé son inspiration première dans Fragments d'un discours amoureux de Roland Barthes... puis a développé le scénario de sa première comédie avec Christine Angot...

A l'arrivée, un texte bavard, des dialogues "vrais", des prises de position féministes et un peu vachardes de l'héroïne du film : Isabelle, divorcée, la cinquantaine, cherche l'amour...

La présence lumineuse de Juliette Binoche et le défilé d'acteurs connus : Xavier Beauvois, Nicolas Duvauchelle, Valeria Bruni Tedeschi, Josiane Balasko, Bruno Podalydes... permettent de suivre avec un plaisir un peu distancié cette histoire sans réelle intrigue...

Juliette / Isabelle séduit les hommes puis les jette, perpétuellement insatisfaite, à la recherche d'un bonheur immédiat qui pourrait s'installer dans la durée...

La dernière scène avec un Gérard Depardieu fabuleux dans le rôle d'un voyant consulté par Isabelle vaut à elle seule le déplacement !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Bruno Chiche nous raconte l'histoire compliquée de deux couples d'amis dont le mari de l'un est l'amant de la femme de l'autre...

Vous suivez ?

Décidés à rompre car la situation est devenue compliquée et "elle" désire un enfant, après une ultime nuit d'amour, le personnage de  Louise Bourgoin se retrouve dans le corps de son amant Stéphane de Groodt et vice versa...

S'ensuivent évidemment tout un lot de quiproquos plus ou moins drôles...

A voir si vous n'avez rien d'autre à faire un jour de pluie !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Michel Hazanavicius a choisi d'adapter le livre Un an après dont l'auteur est Anne Wiazemsky, l'ex femme de Jean Luc Godard...

L'action se situe en 1967, année au cours de laquelle Godard tourne La Chinoise avec dans le rôle titre Anne Wiazemsky de 20 ans sa cadette, qu'il va bientôt épouser...

Le couple s'aime sincèrement... mais l'échec du film La Chinoise va profondément perturber le cinéaste en vue de la Nouvelle Vague...

Hazanavicius a choisi le décalage et la parodie pour tenter de démonter le personnage d'un Godard qui se ridiculise en s'impliquant dans les débats de 1968 et se fait détester de tous, proches et inconnus en reniant la première partie de son oeuvre... 

Les deux acteurs Louis Garrel et Stacy Martin sont excellents mais l'amertume que diffuse le film nous détache des personnages et de leur quête existentielle...

Le film "Le Redoutable" n'est ni un biopic, ni un film sur le cinéma, ni un film sur Mai 68... Le réalisateur s'est sûrement fait plaisir mais son film est pompeusement ennuyeux !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Marc Webb met en scène un oncle et une grand mère qui se battent pour obtenir la garde de Mary, enfant de 7 ans surdouée en mathématiques...

Lui c'est Franck (Chris Evans), ancien prof de faculté reconverti dans la réparation de bateaux...

Elle c'est Evelyn (Lindsay Duncan), mère de Franck et grand mère de Mary...

Le film traite sur un ton léger de la difficile éducation des enfants surdoués : doit-on les élever avec les autres ou les faire profiter d'un enseignement  à la hauteur de leurs aptitudes hors du commun...

Franck, à qui la mère de Mary a confié l'enfant après son tragique décès, est partisan de la première méthode...

Mais c'est sans compter sur l'opiniâtreté d'Evelyn qui n'a toujours pas accepté le suicide de sa fille, mère de Mary et génie mathématique non reconnue... 

Quelques jolies scènes entre l'oncle et la nièce, entre la petite fille et sa nounou Roberta (excellente Octavia Spencer) et entre Franck et l'institutrice de Mary agrémentent ce film un peu convenu...

La jeune actrice McKenna Grace, qui a en réalité 11 ans, est tout à fait convaincante dans le rôle de Mary !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

André Téchiné, visiblement fasciné par l'histoire véridique de Paul et Louise Grappe, tente de nous intéresser au destin de ce déserteur de la grande guerre devenu travesti pour échapper aux recherches de l'armée...

C'est Louise, étonnante Céline Sallette en amoureuse transie, qui a eu cette étrange idée !

Paul qui étouffe dans sa cachette, refuse dans un premier temps puis se prend au jeu, allant jusqu'à se prostituer pour assurer les revenus du ménage...

Pierre Deladonchamps excelle dans ce rôle "d'homme faible" qui se révèle à lui-même dans sa peau de femme, mais le personnage de Suzanne est exaspérant et l'on a du mal à comprendre comment Louise le supporte voire l'encourage...

Quelques années plus tard, après avoir été amnistié, Paul / Suzanne joue son propre rôle dans un spectacle de cabaret monté par Michel Fau et tente, dans le même temps, de redevenir Paul !

Quoiqu'en disent les critiques louangeuses, je n'ai pas aimé ce film que j'ai trouvé démonstratif, et très "cliché" sur les travestis et les années folles ! Le film Danish girl sur un sujet assez proche était beaucoup plus réussi !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Olivier Ayache Vidal signe ici son premier long métrage...

Il s'est immergé pendant 2 ans dans le collège Barbara de Stains pour nous raconter l'histoire de François Foucault, professeur de lettres à Henri IV muté pendant 1 an dans le dit collège !

Le film a été tourné dans les locaux mêmes de l'établissement avec un casting parfait choisi parmi les élèves...

Denis Podalydès semble avoir pris beaucoup de plaisir à jouer dans ce rôle qui lui va à merveille : excellent en expert latiniste écrasé par la figure du père, il réussit, après quelques premiers jours mouvementés dans sa nouvelle classe de 4ème, à inventer une nouvelle pédagogie bienveillante pour réveiller l'envie d'apprendre à son public turbulent... 

La justesse des situations et le minois de Abdoulaye Diallo permettent au scénario de trouver son rythme même si le propos reste un peu convenu !

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