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Route 66

Route 66

Prenez vos bécanes pour aller au cinéma, voir des pièces de théâtre, admirer des expositions...

cinema

Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

C’est grâce à sa mère, qui lui faisait écouter des disques de Maria Callas après l’avoir emmené à l’opéra de Santiago, que le réalisateur chilien Pablo Larrain a pu découvrir cette Soprano quand il était enfant...

Son dernier biopic conclut son "triptyque de femmes qui ont bouleversé le XXe siècle" selon ses dires...

Le film se concentre sur les dernières semaines de la vie de la chanteuse, semaine douloureuse pour cette artiste qui avait "perdu" sa voix et tentait de la retrouver...

Comme il nous l'a expliqué lors de l'avant-première, le cinéaste a  immédiatement songé à Angelina Jolie pour camper le rôle...

L'actrice s’est préparée pendant sept mois, avec plusieurs coachs pour apprendre l’italien, étudier l’histoire de l’opéra et surtout, pour apprendre à chanter en adoptant la bonne posture et en  travaillant sa respiration : dans tous les arias interprétés, la voix d'Angelina Jolie a été mixée avec celle de Maria Callas !

Le spectateur assiste pendant 2 heures à un récit qui mélange la vérité et la fiction : les personnages qu'elle a connus tels que Onassis, Kennedy ou son majordome Ferrucio font partie de l'histoire de sa vie mais certaines anecdotes ont été inventées pour servir le propos du réalisateur...

Grâce au talent et à la beauté d'Angelina Jolie, nous assistons à une magnifique reconstitution mais les images d'archives de Maria Callas sont tellement plus fortes que les images du film que l'on aimerait partager ces moments avec la Diva charismatique plutôt qu'avec son interprète...

En tout cas, le film ne laisse pas indifférent et donne envie de réécouter la voix de cette cantatrice grecque née Sophie Cecilia Kalos à New York,  la fille « à la voix d’or », qui d’après un de ses professeurs avait « un rossignol dans la gorge » !

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Publié le par Jean-Louis
Publié dans : #cinéma

Sous son apparence de thriller érotique, ce film nous présente la double vie d’une femme puissante, hantée par des souvenirs traumatisants dont elle est prisonnière et victime.

Mariée à un homme aimant, mère de famille exemplaire et chef d’entreprise autoritaire, Romy incarne une réussite parfaite, mais elle est minée de l’intérieur par une vulnérabilité inavouable qui la pousse à entamer une relation malsaine avec un stagiaire.

Plutôt que de se complaire à filmer ses ébats "soumis" avec un homme qui ne la respecte pas, la réalisatrice néerlandaise Halina Reijn aurait pu réserver une place plus importante à une analyse fine de sa détresse psychologique et à son cheminement vers l’aveu fait à son mari, qui ouvre la voie à une mise à distance et une libération progressive.

Cette histoire est en fait celle d’un rapport de force de l’héroïne avec ses propres démons, qu’elle parvient à dominer au prix du désordre qu'elle crée dans sa vie privée et dans sa carrière.

Quant aux interprètes, Nicole Kidman livre une performance primée à la Mostra de Venise et son mari à l’écran, Antonio Banderas, signe un retour attendu au cinéma avec un jeu subtil passant de l’incompréhension à l’acceptation.

Je n’étais qu’à moitié convaincu avant de voir ce film et le suis encore moins après, tant ce scénario dont ne se dégage aucune émotion, semble appartenir à un monde imaginaire, dans lequel évoluent des personnages caricaturaux.

En résumé j'ai vu une sorte de fable des temps modernes caractérisés par la recherche de la performance et la difficulté à l’assumer.

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Le réalisateur franco-japonais Koya Kamur a adapté, pour son premier long métrage,  le roman éponyme écrit par Elisa Shua Dusapin en 2015 pour nous raconter l'histoire d'une jeune eurasienne Soo-Ha de 23 ans (touchante Bella Kim), qui travaille comme cuisinière dans une petite pension et aide sa mère vendeuse de poisson au marché de Sokcho (ville balnéaire de la Corée du Sud)...

Quand Yan Kerrand (Roschdy Zem dans un rôle quasi mutique), célèbre dessinateur venu de Normandie demande une chambre, une relation étrange se noue entre la jeune fille et cet homme secret... qui, du fait de sa nationalité, lui fait repenser à son père français qu'elle n'a jamais connu et dont sa mère refuse de parler...

Par petites touches et à travers les dessins de Yan Ferrand, le cinéaste nous parle de dépaysement, de banalités quotidiennes, de solitude, d'espoir, de difficulté à communiquer, de différence culturelle... et le film nous enferme à notre insu dans une atmosphère aussi cotonneuse que la neige qui recouvre la ville...

Le déséquilibre entre les deux comédiens : Bella Kim si juste dans son rôle et Roschdy Zem, acteur certes talentueux mais qui n'habite pas vraiment son personnage, accentue la distance entre les deux héros que tout sépare au-delà de leur ascendance française ...

Dommage !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Dans son dernier opus, Walter Salles s'est inspiré du récit écrit par Marcelo, le fils de Rubens et Eunice Paiva, pour mettre en scène la tragédie qu'a connue sa famille,  famille que le cinéaste a fréquentée à la fin des années 60 à Rio de Janeiro...

Le film démarre sur des images idylliques : une famille unie de cinq enfants autour d'un couple parental complice, une belle maison posée au bord de la plage où règne la joie de vivre, tenue par une jeune domestique totalement intégrée à la famille, l'arrivée d'un chien errant à la bouille craquante...

Une seule ombre au tableau : le survol de la plage par un hélicoptère noir et menaçant : nous sommes en 1971, sous la dictature militaire à la tête du Brésil...

Lorsque deux soldats sonnent à la porte pour emmener Rubens Paiva, ingénieur de métier et ancien député, Eunice s'inquiète mais Rubens part avec le sourire : ce n'est que pour un entretien de routine...

Très habilement monté, le scénario nous fait partager l'angoisse qui s'installe peu à peu - avec l'absence de nouvelles de Rubens, l'emprisonnement puis le retour à la maison d'Eunice et de sa fille aînée, le manque d'argent qui s'installe très rapidement et les contraint à changer leur style de vie puis à quitter la maison... malgré le soutien des amis et le conseil des avocats qui tentent de percer le mystère autour du sort de Rubens...

La figure d'Eunice interprétée avec maestria par Fernanda Torres illumine le film du début à la fin, Eunice qui décidera de quitter Rio pour reprendre des études de droit : devenue avocate et militante du mouvement anti-dictature militaire au Brésil, cette dernière est décédée le 13 décembre 2018.

Durant 2h15, nous suivons le destin de cette famille brisée qui saura se relever et nous prenons conscience par touches successives de l'horreur de ces années de plomb,  période la plus répressive du régime militaire, qui continuera jusqu'en 1974, menant à la rupture, première dans l'histoire du Brésil, entre le régime et la hiérarchie catholique...

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Hiroshi Okuyama a toujours voulu faire un film sur le patinage artistique pour partager les émotions sur ce sport auquel il a été initié étant enfant...

Il nous raconte l'histoire de Takuya (Keitatsu Koshimaya très touchant), un jeune garçon maladroit dans les sports masculins dont le hockey sur glace, incontournable lors des longs hivers neigeux sur l'île d’Hokkaido...

Rêveur, il reste assis au bord de la patinoire et admire Sakura (Kiara Nakashini), une ravissante patineuse dont les arabesques le subjugue, coachée par Arakawa (Sosuke Ikematsu), un ex champion exilé de Tokyo...

Quand ce dernier touché par l'isolement de Takuya lui propose de l'entraîner en duo avec Sakura, le jeune homme s'épanouit sous l’œil attendri du coach et développe des qualités artistiques insoupçonnées...

Une merveilleuse sortie à trois sur un lac naturel enneigé nous fait espérer un avenir radieux pour ces trois-là mais ils sont malheureusement rattrapés par les préjugés sociétaux japonais et notamment par l'homophobie latente mais omniprésente...

Le fil est joli, les acteurs et notamment les deux jeunes (excellents patineurs dans la vie mais non professionnels au cinéma) sont attachants et le spectateur passe durant 1h30 un moment un peu hors du temps mais plein d'espoir en l'humanité !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Les critiques chagrins disent que ce film ne ressemble pas à Almodovar... à part peut-être dans l'usage savant des couleurs franches qui l'ont toujours caractérisé...

Ils disent ne pas retrouver l'outrance de l'Almodovar de la Movida mais nous ne sommes plus au début des années 80 et le talentueux réalisateur espagnol a aujourd'hui 75 ans...

Il s'est inspiré du roman Quel est donc ton tourment ? de Sigrid Nunez pour nous parler du thème très actuel de la fin de vie... à travers la rencontre inopinée de ces deux femmes qui ne se sont pas vues depuis des années et se retrouvent par le biais d'une de leurs amies communes, confrontées au drame que doit affronter Martha (magnifique Tilda Swinton) qui est en phase terminale d'un "méchant cancer"...

Ingrid (Julianne Moore dans une de ses meilleures interprétations) et Martha se sont connues en début de carrière puis leurs métiers : romancière à succès pour l'une et intrépide reporter de guerre pour l'autre, les ont séparées...

Quand Martha demande à Ingrid dont le dernier ouvrage parle de sa peur de la mort de l'accompagner dans son désir de maîtriser sa fin de vie, cette dernière terrorisée, finit par accepter le défi qui se présente à elle...

Pedro Almodovar sait trouver la bonne distance pour filmer la complicité de ces deux femmes "puissantes", si semblables et si différentes, les dessinant comme les deux faces d'un même personnage qui habiterait tour  tour la chambre d'à côté...

Des flashbacks savamment positionnés, des scènes finement drôles viennent soulager le poids de ces questions qui hantent la génération qui voit la fin de sa vie se rapprocher : comment accepter ses échecs personnels, quelle attitude adopter face à la maladie et à la déchéance, à qui demander de partager ses derniers moments...

Jusqu'aux dernières images magnifiques, le film nous saisit et nous émeut devant l'audace de ce réalisateur qui dévoile ses faiblesses sans apitoiement et avec panache !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Le réalisateur anglais John Crawley nous offre un joli roman d'amour, plein de gaieté et d'authenticité...

C'est aussi une histoire triste car Almut (Florence Pugh) et Tobias (Andrew Garfield), qui sont "tombés" amoureux au premier regard, doivent affronter la maladie qui se déclare rapidement chez Almut...

Le scénario ainsi décrit pourrait faire craindre le pire (un Love Story du XXIe siècle), mais le montage du film entremêle si habilement la chronologie des moments partagés qu'on ne peut que sourire et s'émouvoir de la complicité de ce couple dont les regards sont chargés de tendresse l'un envers l'autre...

Les deux acteurs que je ne connaissais pas, sont très attachants et très contemporains : dans leur couple, c'est elle qui donne le "la" mais lui incarne un homme sensible et moderne, à l'écoute des désirs de sa compagne et toujours présent dans chaque bonheur partagé et dans chaque épreuve traversée...

Je vous conseille de passer 1h50 avec ce duo pour partager un vrai moment de cinéma élégant et classique, très éloigné de tous les profils atypiques, cabossés et mal dans leur peau que l'on tente de nous imposer à longueur de films comme les personnages représentatifs de notre époque !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Le film d'Andrea Arnold qui a été présenté en Compétition au Festival de Cannes 2024, déroute par son ambiance : à la fois fantastique et proche de l'univers de Ken Loach, il ne ressemble à aucun autre...

Il nous plonge dans un squat au nord du Kent dans lequel Bailey (12 ans) et Hunter (14 ans) vivent avec leur père Bug (Barry Keoghan), immature et tatoué des pieds à la tête qui leur annonce qu'il va se marier avec une très jeune femme qui a déjà une petite fille...

Le spectateur est happé dès les premières images par le visage d'une expressivité inouïe de Bailey (Nykiya Adams), une actrice non professionnelle qui crève littéralement l'écran...

La réalisatrice nous raconte son enfance dans ces milieux déshérités, où les garçons de 14 ans font des enfants aux filles à peine pubères de leur quartier...

Bailey vit la plupart de son temps dehors où elle tente de s'intégrer à la bande de son frère mais elle garde un œil  sur ses trois plus jeunes frère et sœurs qui vivent avec sa mère, tombée sous la coupe d'un homme violent...

Chronique de la diagonale du vide de ces existences, le film gagne en épaisseur et en étrangeté quand Bailey rencontre Bird (Franz Rogowski), un homme étrange au regard blessé qui va la protéger de loin et qu'elle va apprivoiser pour qu'il puisse se trouver lui-même et l'accompagner dans sa quête de liberté et de justice...

Si nous acceptons de quitter nos repères habituels, le scénario va nous surprendre et nous émouvoir par sa force et son humanité ! Et ce d'autant plus qu'il réserve une place entière aux animaux !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Paul Schrader retrouve Richard Gere (son héros dans American Gigolo en 1980) et lui confie le rôle de Leonard Fife du roman éponyme de Russel Banks...

Il nous raconte la confession d'un grand documentariste au soir de sa vie... qui souhaite dire la vérité et exige la présence de sa femme Emma (toujours aussi belle Uma Thurman qui est également sa compagne dans sa vie)...

Richard Gere, très éloigné de ses fameux rôles "sexy", "doublé" par Jacob Elordi pour l'interpréter dans les flashbacks,  réalise ici une véritable performance d'acteur mêlant son visage actuel à celui d'un vieil homme habité par la souffrance et par l'urgence de parler...

Le scénario doublement crépusculaire est habité par le décès récent du père de Richard Gere et la maladie déclarée de Russel Banks quand Paul Schrader a démarré l'écriture de son scénario...

Véritable mosaïque, le film mêle habilement les quatre différentes époques racontées par le documentariste en utilisant quatre formats d’image différents et cet effet de décalage nous perd tant en nous rapprochant de la confusion de cet homme dont la mémoire, certes toujours très présente, est de temps en temps floutée par l'injection de morphiniques...

Et c'est passionnant car ce procédé nous permet de vivre cette confession comme si c'était la nôtre, celle que chacun souhaite ou redoute de faire avant de refermer la dernière page... sur une vie marquée par la réussite mais également par la lâcheté qui l'a rongé toute sa vie, vérité qu'il voudrait crier à ceux qui l'entourent pour obtenir un pardon qu'il ne se donne pas lui-même...

Écrite comme cela, la critique pourrait vous faire peur mais il faut lâcher prise et écouter, regarder cet homme toujours aussi beau et charismatique mais humble et lucide face à la vanité de la réussite médiatique...

Personnellement, j'ai trouvé le film magnifique et ce d'autant plus que j'avais eu la chance de voir Richard Gere interviewé la veille au soir sur Arte par une Elisabeth Quin sous le charme : avec un naturel époustouflant, l'acteur a parlé de sa vie et de son film, prenant à témoin l'épique technique du plateau, geste que je n'avais jamais vu faire par qui que soit d'autre dans cette émission...

A voir absolument pour Richard Gere, un honnête homme, un Mensch !

PS : le film porte ce titre pour 2 raisons (la première puisque Leonard a fui la conscription pour le Vietnam en fuyant au Canada et la seconde parce que c'est le nom de la caméra utilisée dans le film,  surnommée Interrotron, en hommage à l’appareil inventé par le documentariste oscarisé Errol Morris, un ami de Paul Schrader)

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Le film est le premier véritable long-métrage en France qui soit consacré à la comédienne !

Guillaume Nicloux a choisi de ne pas faire un biopic mais de retracer des moments charnières de sa carrière, sur 30 ans : la journée de son jubilée (9 décembre 1896) et l’amputation de sa jambe !

Je n'avais pas été très convaincue par l’exposition consacrée à l'actrice au Petit Palais où ressortait le côté un peu trop extravagant mais surtout "daté" de la Divine...

Le réalisateur a su faire ressortir le tempérament moderne et progressiste de Sarah Bernhardt grâce au talent de Sandrine Kiberlain qui est tout à la fois inouïe, spectaculaire, orgueilleuse, excentrique, parfois odieuse mais aussi profondément humaine,  touchante, engagée, courageuse, amoureuse... en un mot contemporaine !

Certains critiques reprochent au film le défilé des "people" de l'époque : Guitry père et fils, Zola, Rostand... mais ils constituaient son cercle intime !

Les dialogues et les scènes d'amour entre Sarah Bernhardt et Lucien Guitry (interprété par un Laurent Lafitte plutôt crédible), l'amour de sa vie, non  seulement constituent le fil rouge du film mais en font tout le charme jusqu'aux dernières images...

Les personnages secondaires sont tout aussi bien campés et plus particulièrement Louise Abema, la fidèle amante et portraitiste de la comédienne, interprétée par Amira Casar, formidable dans le rôle...

Un scénario habilement construit, des décors spectaculaires, des costumes époustouflants pour les femmes, élégants et sobres pour les hommes...

En quelques mots, du vrai cinéma et tant pis pour les grincheux qui regrettent qu'il n'y ait pas de scène où elle joue sur les planches ! Sa vie est une pièce de théâtre à part entière !

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