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Route 66

Route 66

Prenez vos bécanes pour aller au cinéma, voir des pièces de théâtre, admirer des expositions...

cinema

Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Hiroshi Okuyama a toujours voulu faire un film sur le patinage artistique pour partager les émotions sur ce sport auquel il a été initié étant enfant...

Il nous raconte l'histoire de Takuya (Keitatsu Koshimaya très touchant), un jeune garçon maladroit dans les sports masculins dont le hockey sur glace, incontournable lors des longs hivers neigeux sur l'île d’Hokkaido...

Rêveur, il reste assis au bord de la patinoire et admire Sakura (Kiara Nakashini), une ravissante patineuse dont les arabesques le subjugue, coachée par Arakawa (Sosuke Ikematsu), un ex champion exilé de Tokyo...

Quand ce dernier touché par l'isolement de Takuya lui propose de l'entraîner en duo avec Sakura, le jeune homme s'épanouit sous l’œil attendri du coach et développe des qualités artistiques insoupçonnées...

Une merveilleuse sortie à trois sur un lac naturel enneigé nous fait espérer un avenir radieux pour ces trois-là mais ils sont malheureusement rattrapés par les préjugés sociétaux japonais et notamment par l'homophobie latente mais omniprésente...

Le fil est joli, les acteurs et notamment les deux jeunes (excellents patineurs dans la vie mais non professionnels au cinéma) sont attachants et le spectateur passe durant 1h30 un moment un peu hors du temps mais plein d'espoir en l'humanité !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Les critiques chagrins disent que ce film ne ressemble pas à Almodovar... à part peut-être dans l'usage savant des couleurs franches qui l'ont toujours caractérisé...

Ils disent ne pas retrouver l'outrance de l'Almodovar de la Movida mais nous ne sommes plus au début des années 80 et le talentueux réalisateur espagnol a aujourd'hui 75 ans...

Il s'est inspiré du roman Quel est donc ton tourment ? de Sigrid Nunez pour nous parler du thème très actuel de la fin de vie... à travers la rencontre inopinée de ces deux femmes qui ne se sont pas vues depuis des années et se retrouvent par le biais d'une de leurs amies communes, confrontées au drame que doit affronter Martha (magnifique Tilda Swinton) qui est en phase terminale d'un "méchant cancer"...

Ingrid (Julianne Moore dans une de ses meilleures interprétations) et Martha se sont connues en début de carrière puis leurs métiers : romancière à succès pour l'une et intrépide reporter de guerre pour l'autre, les ont séparées...

Quand Martha demande à Ingrid dont le dernier ouvrage parle de sa peur de la mort de l'accompagner dans son désir de maîtriser sa fin de vie, cette dernière terrorisée, finit par accepter le défi qui se présente à elle...

Pedro Almodovar sait trouver la bonne distance pour filmer la complicité de ces deux femmes "puissantes", si semblables et si différentes, les dessinant comme les deux faces d'un même personnage qui habiterait tour  tour la chambre d'à côté...

Des flashbacks savamment positionnés, des scènes finement drôles viennent soulager le poids de ces questions qui hantent la génération qui voit la fin de sa vie se rapprocher : comment accepter ses échecs personnels, quelle attitude adopter face à la maladie et à la déchéance, à qui demander de partager ses derniers moments...

Jusqu'aux dernières images magnifiques, le film nous saisit et nous émeut devant l'audace de ce réalisateur qui dévoile ses faiblesses sans apitoiement et avec panache !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Le réalisateur anglais John Crawley nous offre un joli roman d'amour, plein de gaieté et d'authenticité...

C'est aussi une histoire triste car Almut (Florence Pugh) et Tobias (Andrew Garfield), qui sont "tombés" amoureux au premier regard, doivent affronter la maladie qui se déclare rapidement chez Almut...

Le scénario ainsi décrit pourrait faire craindre le pire (un Love Story du XXIe siècle), mais le montage du film entremêle si habilement la chronologie des moments partagés qu'on ne peut que sourire et s'émouvoir de la complicité de ce couple dont les regards sont chargés de tendresse l'un envers l'autre...

Les deux acteurs que je ne connaissais pas, sont très attachants et très contemporains : dans leur couple, c'est elle qui donne le "la" mais lui incarne un homme sensible et moderne, à l'écoute des désirs de sa compagne et toujours présent dans chaque bonheur partagé et dans chaque épreuve traversée...

Je vous conseille de passer 1h50 avec ce duo pour partager un vrai moment de cinéma élégant et classique, très éloigné de tous les profils atypiques, cabossés et mal dans leur peau que l'on tente de nous imposer à longueur de films comme les personnages représentatifs de notre époque !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Le film d'Andrea Arnold qui a été présenté en Compétition au Festival de Cannes 2024, déroute par son ambiance : à la fois fantastique et proche de l'univers de Ken Loach, il ne ressemble à aucun autre...

Il nous plonge dans un squat au nord du Kent dans lequel Bailey (12 ans) et Hunter (14 ans) vivent avec leur père Bug (Barry Keoghan), immature et tatoué des pieds à la tête qui leur annonce qu'il va se marier avec une très jeune femme qui a déjà une petite fille...

Le spectateur est happé dès les premières images par le visage d'une expressivité inouïe de Bailey (Nykiya Adams), une actrice non professionnelle qui crève littéralement l'écran...

La réalisatrice nous raconte son enfance dans ces milieux déshérités, où les garçons de 14 ans font des enfants aux filles à peine pubères de leur quartier...

Bailey vit la plupart de son temps dehors où elle tente de s'intégrer à la bande de son frère mais elle garde un œil  sur ses trois plus jeunes frère et sœurs qui vivent avec sa mère, tombée sous la coupe d'un homme violent...

Chronique de la diagonale du vide de ces existences, le film gagne en épaisseur et en étrangeté quand Bailey rencontre Bird (Franz Rogowski), un homme étrange au regard blessé qui va la protéger de loin et qu'elle va apprivoiser pour qu'il puisse se trouver lui-même et l'accompagner dans sa quête de liberté et de justice...

Si nous acceptons de quitter nos repères habituels, le scénario va nous surprendre et nous émouvoir par sa force et son humanité ! Et ce d'autant plus qu'il réserve une place entière aux animaux !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Paul Schrader retrouve Richard Gere (son héros dans American Gigolo en 1980) et lui confie le rôle de Leonard Fife du roman éponyme de Russel Banks...

Il nous raconte la confession d'un grand documentariste au soir de sa vie... qui souhaite dire la vérité et exige la présence de sa femme Emma (toujours aussi belle Uma Thurman qui est également sa compagne dans sa vie)...

Richard Gere, très éloigné de ses fameux rôles "sexy", "doublé" par Jacob Elordi pour l'interpréter dans les flashbacks,  réalise ici une véritable performance d'acteur mêlant son visage actuel à celui d'un vieil homme habité par la souffrance et par l'urgence de parler...

Le scénario doublement crépusculaire est habité par le décès récent du père de Richard Gere et la maladie déclarée de Russel Banks quand Paul Schrader a démarré l'écriture de son scénario...

Véritable mosaïque, le film mêle habilement les quatre différentes époques racontées par le documentariste en utilisant quatre formats d’image différents et cet effet de décalage nous perd tant en nous rapprochant de la confusion de cet homme dont la mémoire, certes toujours très présente, est de temps en temps floutée par l'injection de morphiniques...

Et c'est passionnant car ce procédé nous permet de vivre cette confession comme si c'était la nôtre, celle que chacun souhaite ou redoute de faire avant de refermer la dernière page... sur une vie marquée par la réussite mais également par la lâcheté qui l'a rongé toute sa vie, vérité qu'il voudrait crier à ceux qui l'entourent pour obtenir un pardon qu'il ne se donne pas lui-même...

Écrite comme cela, la critique pourrait vous faire peur mais il faut lâcher prise et écouter, regarder cet homme toujours aussi beau et charismatique mais humble et lucide face à la vanité de la réussite médiatique...

Personnellement, j'ai trouvé le film magnifique et ce d'autant plus que j'avais eu la chance de voir Richard Gere interviewé la veille au soir sur Arte par une Elisabeth Quin sous le charme : avec un naturel époustouflant, l'acteur a parlé de sa vie et de son film, prenant à témoin l'épique technique du plateau, geste que je n'avais jamais vu faire par qui que soit d'autre dans cette émission...

A voir absolument pour Richard Gere, un honnête homme, un Mensch !

PS : le film porte ce titre pour 2 raisons (la première puisque Leonard a fui la conscription pour le Vietnam en fuyant au Canada et la seconde parce que c'est le nom de la caméra utilisée dans le film,  surnommée Interrotron, en hommage à l’appareil inventé par le documentariste oscarisé Errol Morris, un ami de Paul Schrader)

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Le film est le premier véritable long-métrage en France qui soit consacré à la comédienne !

Guillaume Nicloux a choisi de ne pas faire un biopic mais de retracer des moments charnières de sa carrière, sur 30 ans : la journée de son jubilée (9 décembre 1896) et l’amputation de sa jambe !

Je n'avais pas été très convaincue par l’exposition consacrée à l'actrice au Petit Palais où ressortait le côté un peu trop extravagant mais surtout "daté" de la Divine...

Le réalisateur a su faire ressortir le tempérament moderne et progressiste de Sarah Bernhardt grâce au talent de Sandrine Kiberlain qui est tout à la fois inouïe, spectaculaire, orgueilleuse, excentrique, parfois odieuse mais aussi profondément humaine,  touchante, engagée, courageuse, amoureuse... en un mot contemporaine !

Certains critiques reprochent au film le défilé des "people" de l'époque : Guitry père et fils, Zola, Rostand... mais ils constituaient son cercle intime !

Les dialogues et les scènes d'amour entre Sarah Bernhardt et Lucien Guitry (interprété par un Laurent Lafitte plutôt crédible), l'amour de sa vie, non  seulement constituent le fil rouge du film mais en font tout le charme jusqu'aux dernières images...

Les personnages secondaires sont tout aussi bien campés et plus particulièrement Louise Abema, la fidèle amante et portraitiste de la comédienne, interprétée par Amira Casar, formidable dans le rôle...

Un scénario habilement construit, des décors spectaculaires, des costumes époustouflants pour les femmes, élégants et sobres pour les hommes...

En quelques mots, du vrai cinéma et tant pis pour les grincheux qui regrettent qu'il n'y ait pas de scène où elle joue sur les planches ! Sa vie est une pièce de théâtre à part entière !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Le film des frères Ludovic et Zoran Boukherma est adapté du roman du même nom à succès écrit par Nicolas Mathieu, prix Goncourt 2018.

Les réalisateurs nous parlent du passage à l'âge adulte d'une bande d'ados en 4 saisons : 4 étés compris entre 1992 et 1998... dans une vallée perdue de l’Est de la France où les hauts fourneaux sont à l'arrêt et les parents en échec comme ceux d'Anthony (incarné par Paul Kircher, la nouvelle coqueluche des media)...

Un après-midi de canicule au bord du lac, Anthony quatorze ans, s’ennuie ferme et rêve d'un ailleurs impossible, pour tenter de fuir le déterminisme social qui l'attend...

Sa rencontre avec Stéphanie (Angelina Woreth), une jeune bourgeoise un peu plus âgée, va changer le cours de sa vie...

Une histoire un peu décousue, trop longue, des personnages peu attachants à part Gilles Lellouche qui interprète le père d'Anthony, un alcoolique malheureux qui ne connait que la violence comme forme d'expression...

En un mot, vous n'êtes pas obligés d'aller voir ce film d'autant plus que le personnage de la mère, Ludivine Sagnier, est particulièrement peu gâté par le scénario !

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Le réalisateur allemand Edward Berger a adapté pour son dernier opus le thriller éponyme de Robert Harris (2016) et en a confié l'adaptation et le scénario à  Peter Straughan, connu pour son travail sur le film "La Taupe" adapté de John Le Carré.

Quand le pape décède de façon inattendue et mystérieuse, le cardinal Lawrence (extraordinaire Ralph Fiennes) qui occupe la fonction de doyen, se retrouve chargé, bien malgré lui, d’organiser l'élection de son successeur...

Le film nous fait partager la vie des cardinaux qui se retrouvent enfermés dans un espace clos : la salle du conclave où les votes se succèdent au rythme des tractations, des secrets, des trahisons et des surprises...

Logés dans de magnifiques appartements, ils sont nourris par des sœurs qui veillent à leur confort mais les observent avec intelligence et circonspection...

Les bruits de la ville et du monde se répercutent dans les lieux saints, venant confronter la réalité des problématiques contemporaines à la complexité d'une élection qui présente toutes les caractéristiques et les travers du monde de la politique politicienne...

Les acteurs "papabile" sont tous excellents : Stanley Tucci (cardinal Bellini) et John Lithgow (cardinal Tremblay), Sergio Castellito (cardinal Tedesco) et Carlos Diehz en cardinal "inattendu" officiant en zones de guerre...

Quant à Isabella Rossellini, elle crève l'écran en sœur Agnès, une femme "forte", confidente du défunt pape !

A voir dès sa sortie le 4 décembre sur les écrans !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Si vous n'avez pas beaucoup de temps pour aller au cinéma, c'est LE FILM à voir !

Pour ses acteurs principaux Benjamin Lavernhe et Pierre Lottin mais aussi pour tous ses rôles secondaires dont Sarah Succo, formidable dans le rôle d'une ouvrière syndiquée, engagée pour tenter de sauver l'usine de Lallaing, près de Douai, dans le département du Nord...

Pour les sujets qu'il évoque avec subtilité et humanité : le déterminisme social, le manque de confiance en soi, l'adoption, la maladie... mais aussi l'engagement, la fraternité/sororité, l'hérédité, la transmission, la complicité, la générosité... mais aussi la musique, toutes les musiques, la musique des villes (les grands orchestres symphoniques et leurs vedettes) et la musique des champs (les fanfares et les défilés de majorettes)...

Le pitch pourrait laisser penser qu'Emmanuel Courcol nous propose un film tire-larmes mais il n'en est rien : Thibaut est un chef d’orchestre de renommée internationale qui parcourt le monde. Lorsqu’il apprend qu'il est atteint d'une leucémie, il découvre qu'il a été adopté, que sa sœur n'est pas sa sœur, qu'il a un frère, Jimmy, employé de cantine scolaire qui joue du trombone dans une fanfare du nord de la France. En apparence tout les sépare, sauf l’amour de la musique. Détectant les capacités musicales exceptionnelles de son frère, Thibaut se donne pour mission de réparer l’injustice du destin et Jimmy, d'abord réticent, se prend alors à rêver d’une autre vie…

Un scénario sans fausses notes (et sans jeu de mots), des personnages attachants, des moments de grâce, des plages musicales bouleversantes, une mixité réussie entre les deux univers de ces formidables  comédiens tous les deux passés par le cours Florent : la Comédie Française pour l'un et les comédies des Tuche pour l'autre !

A voir absolument !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Le projet de Miguel Gomes qui a pris forme la veille de son mariage était tentant...

Il s'est inspiré d'un livre de voyage de Sommerset Maugham "A Gentleman in the Parlour", dans lequel l'auteur raconte une rencontre avec un Anglais vivant en Birmanie : il avait fui sa fiancée à travers l’Asie avant d’être rattrapé et de finalement vivre un mariage heureux...

"Cette poursuite a pris la forme d’un Grand Tour. Au début du XXe siècle, le «Asian Grand Tour» est le nom donné à l’itinéraire qui part d’une des grandes villes de l’Empire britannique, en Inde, et se termine en Extrême-Orient (Chine ou Japon)"

À partir de cette idée sommaire, le réalisateur et son scénariste ont décidé qu’il leur fallait faire ce Grand Tour eux-mêmes avant de commencer à écrire le scénario : ils ont donc filmé cet itinéraire en 2020, créant ainsi des « archives de voyage »

Dans le film censé se dérouler en 1918, les deux personnages parcourent ce vaste territoire pour des raisons complémentaires : Edward (Gonçalo Waddindton), un homme falot et lâche, fuit sa fiancée Molly (Crista Alfaiate) ; et Molly, une femme têtue et déraisonnable, poursuit son fiancé Edward... et je ne vous dirai pas comment finit l'histoire !

Alors que j'adore l'Asie et plus particulièrement le Vietnam, j'ai été très déçue par les images en noir et blanc, certes belles mais souvent plombées par la brume... et surtout répétitives...

Qui plus est, je n'ai pas du tout adhéré ni aux personnages ni aux anecdotes un peu ridicules qui nous sont proposées... durant 2h08 !

Dommage !

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