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Route 66

Route 66

Prenez vos bécanes pour aller au cinéma, voir des pièces de théâtre, admirer des expositions...

cinema

Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Un sujet très actuel : l'immigration clandestine, deux acteurs talentueux mais à l'arrivée un film qui hésite entre le documentaire et le drame social, la fiction télévisuelle et le thriller...

Jeune mère célibataire de 25 ans, Natacha (Alice Isaaz) vit dans le nord de la France et "galère" pour offrir à son fils de 8 ans une vie meilleure...

Son chemin croise celui de Walid (Adam Bessa déjà remarqué dans Harka), un immigré irakien lettré qui tente de réunir les fonds nécessaires pour réussir son passage en Grande-Bretagne...

Natacha et Walid décident d'unir leurs détresses pour monter une filière d'immigration clandestine...

Difficile de croire à cette histoire qui parait peu crédible au regard de l'amateurisme de cette jeune femme spontanée et débrouillarde mais pas très structurée...

Le film de Thierry Binisti se regarde mais, malgré une réelle tension, ne trouve pas le bon tempo pour nous séduire ! 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Je n'avais pas vu la pièce de théâtre créée par Alexis Michalik à la Scala  à Paris en 2020 mais cette adaptation cinématographique lui est, parait-il, très fidèle... et ce jusqu'au casting...

L'écrivain à qui tout sourit dans la vie, interprète ici William un romancier à succès qui veille sur sa sœur cadette Katia (Juliette Delacroix)...

Marqués l'un et l'autre par une enfance douloureuse, ils multiplient les aventures... jusqu'à ce qu'ils tombent tous les deux follement amoureux : Katia de Justine (Marica Soyer) et William de Claire (Pauline Bression)...

Quand Justine dit à Katia qu'elle désire un enfant, cette dernière fragilisée par le souvenir d'une mère trop tôt décédée et d'un père violent, hésite puis se lance, acceptant même de procéder à une double PMA...

Aux belles histoires d'amour succèdent, dans la seconde partie du film, les drames qui vont accabler la sœur et le frère : séparation brutale, accident de voiture mortel, panne d'écriture, alcoolisme et cancer !

Racontée comme cela, l'histoire pourrait s'apparenter à un mélo mais il n'en est rien grâce au personnage pivot de Katia, femme entière et résiliente, qui élève seul sa fille dans l'amour des livres et de la lecture...

Grâce également à l'humour qui arrive à point pour dénouer les séquences heureuses ou malheureuses...

Et malgré le personnage d'écrivain cynique et désabusé qu'incarne Alexis Michalik avec une certaine complaisance...

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

André Téchiné nous raconte l'histoire d'un frère et d'une sœur entre le Mali et l'Ariège...

David 23 ans  (Benjamin Voisin), véritable tête brulée s'est engagé au Mali : son corps démoli est rapatrié en France après l'explosion du camion dans lequel il se trouvait...

Jeanne sa sœur aînée (Nomie Merlant) qui vit en Ariège dans la dépendance d'une demeure historique dont le propriétaire est Marcel (André Marcon), se précipite à son chevet aux Invalides...

David récupère peu à peu mais sa mémoire lui fait défaut, au grand dam de Jeanne qui prend le relai de l'équipe soignante...

La caméra nous fait voyager par toutes les saisons dans la maison, dans le village, dans la forêt, sur les routes : le frère et la sœur vivent ensemble mais se cherchent...

Chacun joue sa partition sans surprise, aucune émotion n'affleure même si le propos du réalisateur est évident : il y a eu quelque chose entre eux et ce quelque chose est en train de renaître...

Impossible de s'intéresser au film qui hésite entre le documentaire : comment soigne-t-on un grand brûlé amnésique et la romance sous-jacente...

Seul le personnage de Rachel (Audrey Dana), la maire du village qui assure tous les rôles dans le village est intéressant !

On va attendre le prochain Téchiné !

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Swann Arlaud est fascinant dans ce rôle d'intellectuel qui se fait embaucher à la chaîne chez Citroën en septembre 1968 pour mieux connaître le milieu ouvrier et le soutenir dans ses luttes sociales...

Adapté du roman L'établi de Robert Linhart, un philosophe normalien d'origine juive, co-fondateur du mouvement maoïste, qui a passé une année en usine, le film de Mathias Gokalp est un véritable manifeste en faveur de la classe ouvrière, célébrant son courage, sa solidarité et sa "beauté"...

Les images du premier jour de Robert, filmées comme un polar, nous tiennent en haleine jusqu'à son retour chez lui, le corps meurtri et les mains en sang...

On découvre ou on redécouvre la réalité de l'époque post-68 : les conditions de travail inhumaines, les méthodes perverses de surveillance et de répression des supérieurs, le racisme des contremaîtres à l'égard des immigrés italiens, maghrébins et noirs...

Quand Citroën décide de se rembourser des accords de Grenelle en exigeant des ouvriers qu'ils travaillent trois heures supplémentaires par semaine à titre gracieux pendant 6 mois, Robert et quelques autres entrevoient alors la possibilité d'un mouvement social...

Formidablement empathique, le réalisateur nous fait participer à la préparation de cette grève puis à son déroulement avec ses moments d'enthousiasme, ses difficultés et ses découragements...

Aux côtés de Robert et de ceux nombreux qui l'ont rejoint spontanément,  je donnerai une mention spéciale au jeune ouvrier Christian (Robin Migné), dont la personnalité est digne de La Comédie humaine...

Servi par ce grand acteur qu'est Swann Arlaud mais également par Denis Podalydès qui excelle dans un rôle de Directeur du personnel machiavélique et par Olivier Gourmet qui interprète avec son talent habituel un aumônier, délégué de la CGT dans l'usine - le film nous rappelle que les luttes ne sont pas finies même si on peut espérer que les conditions de travail se soient largement améliorées depuis cette période, pas si lointaine...

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Pour son deuxième opus, la réalisatrice coréenne July Jung s'empare d'une histoire vraie, un fait divers survenu dans le petit village de Jeonju fin 2016, qui a eu des répercussions sur les lois du travail en Corée du Sud.

Kim Sohee (touchante Kim Si-eun) est une lycéenne au caractère affirmé qui se verrait bien devenir une star de K-pop : dansant seule devant la glace de sa salle de sport, elle répète à l'infini sa chorégraphie pour mieux la maîtriser...

Quand le professeur principal de son lycée technique lui annonce triomphalement qu'il lui a trouvé un stage dans un centre d'appels pour une grande entreprise de téléphonie, Sohee rejoint une cohorte de jeunes femmes, le casque sur les oreilles, qui sont (sous)payées pour dissuader les clients de résilier leur abonnement internet et surtout pour supporter leurs insultes...

Sohee peine à intégrer les éléments de langage du manuel qu'elle doit observer à la lettre et ne tarde pas à se faire remarquer par son manager qui lui reproche de "déshonorer" son groupe par ses mauvais résultats...

Humiliée, Sohee perd peu à peu son côté solaire pour devenir une "esclave" moderne qui se défonce en heures supplémentaires et en beuveries vespérales...

Le film se transforme en polar lorsque l'inspectrice Yoo-jin (formidable Doona Bae) est mandatée pour élucider le suicide de Sohee...

Tenace et ne tenant compte d'aucune des remarques de son irascible supérieur, la policière va mener une enquête à charge pour mettre à jour un système socio-énonomique malade qui, sous couvert de sauvegarder la rentabilité des entreprises et les classements des écoles, broie la jeunesse qui se fait exploiter dans les usines pour les garçons et dans les métiers de services pour les filles...

Servi par deux excellentes actrices, le film montre sans fards la violence de cette société coréenne où les adolescents, "abandonnés" par des parents dépassés, tentent de survivre...

Malgré quelques longueurs (la durée est de 2h17), le récit documentaire nous glace et nous interpelle : les pays occidentaux sont-ils si différents ?

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Dès le départ, c’est ce gros titre dans un journal qui a inspiré les scénaristes : "Une mère de deux enfants, originaire d'Edimbourg, a retrouvé la dépouille d’un roi disparu dans un parking".

Cette femme c'est Philippa Langley dont il a fallu obtenir l'autorisation pour s’emparer de son combat...

Stephen Frears et ses co-scénaristes ont décidé d'insuffler une dose d'humour dans cette histoire vraie comme pour sa précédente réalisation Philomena et le pari est réussi !

Sally Hawkins est délicieuse dans ce rôle de femme anonyme, tenace et sensible qui va réussir, grâce au soutien de son entourage familial (avec une mention spéciale pour John son mari malicieusement interprété par Steeve Coogan), à convaincre les services d'archéologie de l'Université de Leicester d'entreprendre des fouilles dans un parking pour exhumer la patrouille de Richard III, injustement jugé par l'Histoire et Shakespeare en particulier !

Tourné à Edimbourg dans de magnifiques décors médiévaux préservés, le film réhabilite la mémoire de ce roi, tout dernier monarque de la dynastie Plantagenêt et de la Maison d’York, qui a régné sur l'Angleterre de  1483 à sa mort survenue sur le champ de bataille de Bosworth Field en 1485 (avant-dernière bataille de la Guerre des Deux-Roses).

Un feel good movie !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Présenté à la Quinzaine des réalisateurs de Cannes en 2022, le premier long métrage de Manuela Martelli est une grande réussite...

Fascinée par le destin de sa grand-mère dont elle a appris qu'elle s'était suicidée, la réalisatrice chilienne a imaginé l'histoire de Carmen, une femme de la classe moyenne supérieure qui se trouve confrontée à la réalité de la répression organisée par Pinochet, après son accession au pouvoir en 1973, à l'encontre des militants socialistes et des syndicalistes suspectés de marxisme...

Dès le début du film, le spectateur est plongé dans la paranoïa et la violence qui ont empoisonné le quotidien de tous les chiliens au milieu des années 70 : Carmen qui a décidé d'entreprendre des grands travaux de rénovation pour sa villa au bord de la mer, demande à un droguiste de Santiago de réaliser un mélange de peinture qui lui rappelle les couleurs des maisons de Venise...

Lorsque des bruits sourds retentissent dans la rue, le commerçant se hâte d'aller fermer le rideau de sa boutique et lâche son pinceau qui constelle de tâches colorées l'escarpin de Carmen...

Lorsque Carmen reprend sa voiture, elle découvre une chaussure qui a roulé sous son véhicule...

Lorsque Carmen arrive dans sa maison, elle accepte de suivre dès le lendemain de son arrivée le Père Sanchez qui lui demande de soigner un fugitif blessé qu'il a recueilli dans le plus grand secret...

Happée par ce nouvel engagement, Carmen va tenter de concilier sa vie d'épouse de grand médecin et de jeune grand-mère avec les dangers de la clandestinité qui va désormais constituer son quotidien...

L'actrice franco-chilienne Aline Kuppenheim incarne avec un rare talent cette femme à la fois forte et fragile qui se retrouve bien malgré elle impliquée au cœur de l'Histoire du Chili, alors que la vie de ses proches ne semble pas du tout impactée par ces événements tragiques...

Un sujet intéressant, de beaux personnages secondaires dont la nounou mais quelques longueurs (le film dure deux heures)...

A voir assurément !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Une élégante main d'homme caresse lentement un chatoyant coupon de satin de soie bleu pétrole...

Cette main c'est celle d'Halim, un tailleur traditionnel, un maalem, qui exerce le métier de brodeur de caftans artisanaux dans la médina de Salé (la sublime voisine oubliée de Rabat)...

Halim (Saleh Bakri émouvant) vit depuis de longues années avec Mina (toujours aussi formidable Lubna Azabal) : ils tiennent ensemble la boutique, elle au comptoir, lui à l'atelier et leur complicité saute aux yeux...

Halim, qui a pris du retard dans ses commandes et doit broder le caftan bleu pour une cliente exigeante, a décidé de prendre un apprenti en la personne de Youssef (passionnant Ayoub Missoui)

La caméra caressante de la réalisatrice Maryam Touzani (dont c'est le deuxième long métrage après Adam), filme avec tendresse ses trois héros ordinaires : regards échangés et gestes suspendus dans la beauté du clair obscur du magasin ou de l'appartement où vit le couple...

Le spectateur est appelé à entrer sur la pointe des pieds dans le secret de l'intimité du couple : Mina la femme forte qui a sauvé son mari du mépris de son père, est en phase terminale d'un cancer ; Halim de son côté se rend au hammam où il loue une cabine particulière : l'homosexualité au Maroc est punie de 6 mois à 3 ans de prison...

Une ode à la liberté d'aimer, à la sensualité des corps, à la suavité des clémentines que Mina déguste en guise de repas, au travail bien fait, à la musique partagée le temps d'une danse improvisée, aux couleurs des tissus et des fils d'or, à la mer dont l'odeur imprègne la médina... mer que l'on découvre dans une féérique scène finale... une vraie merveille !

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Vu en avant-première dans le cadre des 9e rencontres du film russe (sortie prévue le 29 mars).

Tourné en 2021 à Saint-Pétersbourg, monté en France, le film de Natalia Merkoulova et Alexeï Tchoupov est interdit de diffusion en Russie et on peut aisément le comprendre... 

Les deux réalisateurs nous parlent avec un réalisme cru et une touche de fantastique de la purge effectuée par Staline en 1938 dans ses propres rangs.

Les hommes qui ont mis en œuvre la terrible répression qui s'est traduite par l'arrestation, la torture et l'assassinat de 600 000 civils des villes de Moscou et de Léningrad, sont eux-mêmes arrêtés et exécutés.

Se sachant condamné, le capitaine Volkonogov jusqu'ici bien noté par ses supérieurs et apprécié par ses collègues, s’échappe. Dans sa fuite, il est frappé d’une vision : pour sauver son âme, il devra se confronter aux familles de ses victimes et obtenir leur pardon.

Le spectateur français est plongé dans l'enfer russe d'une chasse à l'homme qui erre de lieu sordide en appartement communautaire glauque, empruntant un tramway brinquebalant pour mieux échapper à ses poursuivants...

Des scènes à couper le souffle au cœur de la ville où les bourreaux sont habillés de rouge et de cuir noir... et dans des no mans' land où tentent de survivre enfants et vieillards dont les proches ont été exécutés...

Un film document, un film métaphore, un film éminemment courageux !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Sylvain Desclous nous offre un vrai moment de cinéma :

- un beau sujet complexe : peut-on réussir en politique ou sur tout autre terrain quand on a les mains sales ?

- d'excellents acteurs avec une mention spéciale pour : Rebecca Marder formidable dans ce rôle de jeune femme tout à la fois forte et fragile, Emmanuelle Bercot excellente dans celui d'une députée militante et Marc Barbé, père fracassé mais profondément concerné par l'avenir de sa si brillante fille...

- une trame policière qui sous-tend l'histoire et lui donne toute sa fièvre...

Madeleine (Rebecca Marder) et Antoine (Benjamin Lavernhe), couple à la ville comme à l'écran, sont jeunes, beaux, talentueux et amoureux...

Préparant de concert le grand oral de l'ENA dans une splendide villa du côté de Porto-Vecchio, ils se destinent tous les deux à un grand avenir : elle la fille de Vénissieux et lui le bourgeois lyonnais fils à papa...

Tout dérape sur une route de Corse où ils font une rencontre inattendue qui se solde par un drame... qui va irrémédiablement les séparer...

Le scénario très bien construit nous attache aux pas de Madeleine qui va tout mettre en œuvre pour aller jusqu'au bout de son ambition sans trahir ses idées mais...

A voir assurément !

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