Pierre-Henry Mercier, un brillant candidat issu de la grande bourgeoisie brigue la présidence de la République...
Mademoiselle Pove, une impertinente journaliste reléguée à la rubrique football, est réhabilitée pour suivre la campagne de l'entre deux tours...
Albert Dupontel (qui interprète l'homme politique), a fait appel à Cécile de France pour lui donner la réplique...
Démontant la "belle histoire" de cette candidature trop parfaite, l’intervieweuse aux grosses lunettes, va faire la lumière sur le passé de Pierre-Henry (qu'elle a côtoyé au collège)...
Entre parodie et charge féroce contre le pseudo-verdissement des promesses électorales actuelles, le réalisateur réussit, malgré un scénario un peu compliqué autour d'un garde du corps roumain, une mère abusive et d'une tierce personne dont je ne vous révélerai pas l'identité, à nous faire adhérer à son propos politique...
Librement inspiré du film argentin de Gaston Duprat sorti en France en 2019, le dernier opus de Rémi Bezançon réunit un excellent duo d'acteurs...
Bouli Lanners et Vincent Macaigne interprètent avec talent un peintre génial mais ingérable (Renzo Nervi) et son galeriste dévoué (Arthur Forestier)...
Pour sauver son ami Renzo qui n'arrive plus à vendre un seul tableau, Arthur invente un stratagème pour relancer la cote du peintre...
Malgré un scénario improbable, le film grâce à ses interprètes, tient ses promesses et nous fait fait sourire jusqu'à la fin...
Quatrième long métrage du réalisateur espagnol Victor Erice (83 ans), "Fermer les yeux" est une magnifique œuvre poétique...
Vingt-deux après le tournage inachevé de son film "Le regard de l'adieu", Miguel Garay (Manolo Solo) est sollicité pour venir parler à une émission de télévision de la disparition de son acteur vedette Julio Arenas (toujours aussi formidable José Coronado)...
Le cinéaste écrivain, aujourd'hui réfugié dans une caravane au bord de la mer, se retrouve à Madrid propulsé dans ses souvenirs...
Miguel et Julio, amis de toujours, partageaient la passion du cinéma et celle des femmes...
Miguel recontacte les témoins de leur passé commun et mène l'enquête à l'instar du rôle joué par Julio, chargé dans le scénario de retrouver à Shangaï la fille d'un vieil homme retiré à Triste-le-Roi en région parisienne...
Un voyage nostalgique entre passé et présent, ponctué de rencontres précieuses avec des personnages délicieux, nous embarque durant 2h46 dans cette ode à la puissance du cinéma comme objet mémoriel !
Le réalisateur espagnol Jaime Rosales voulait un titre évocateur et poétique, qui ne soit pas explicite : "Il y a une dimension contradictoire dans le titre car les tournesols ne sont pas sauvages mais le personnage de Julia, auxquels ils font écho, l’est. Elle se révolte contre sa destinée. Le tournesol cherche la lumière et est dépendant du soleil. Il bouge en fonction de lui. Julia, de la même manière, est dépendante des hommes et se déplace en fonction d’eux."
Julia (délicieuse et émouvante Anna Castillo), jeune mère célibataire, élève seule, avec infiniment de tendresse et d'attention, ses deux enfants tout en poursuivant des études d'infirmière...
Très soutenue par son père et sa sœur, elle envisage toutefois difficilement sa vie sans un homme à ses côtés...
Le scénario découpé en 3 chapitres nous fait vivre l'itinéraire amoureux de la jeune femme qui tente de concilier sa vie personnelle, ses enfants et sa vie professionnelle aux côtés de trois hommes successifs : Oscar (Oriol Pla) à la masculinité toxique, Marcos (Quim Avila) son ex mari militaire de carrière et Alex (Lluis Marques) qui pourrait être le bon...
Anna Castillo, une actrice contemporaine solaire au corps adulescent et au visage boudeur et expressif, crève l'écran et nous séduit pas sa détermination !
Le réalisateur japonais Daigo Matsui, dont c'est le premier film diffusé en France, nous raconte l'histoire anti-chronologique d'un jeune couple en sept séquences qui se déroulent toutes un 26 juillet (et le film est sorti le 26 juillet sur les écrans...)...
Pourquoi pas ? mais pourquoi ?
Le 26 juillet c'est la date anniversaire de Tuero (mélancolique Sosuke Ikematsu), un ancien danseur professionnel qui a du renoncer à son métier après un grave accident... La première scène du film nous le montre à son réveil dans son appartement avec son chat : il fait quelques mouvements de taï chi avant de se rendre à son nouveau travail d'éclairagiste...
La caméra nous entraîne ensuite dans le taxi de Yo (Sairi Itô), très sérieuse avec ses gants blancs et son masque anti Covid...
De 26 juillet en 26 juillet, le spectateur un peu perdu tente de suivre les aller-retour de leur histoire, somme toute banale, entremêlée avec des moments plus oniriques : un vieil homme qui attend sa femme sur un banc ou plus convenus : discussions entre Yo et ses clients ...
La première heure ne se comprend qu'au fil de la seconde et l'on aimerait bien rembobiner pour mieux les suivre mais on est fatigué de n'avoir pas tout compris... et on se surprend à se dire que le scénario est bien mince...
Tourné en six jours, ce "court long métrage" de Quentin Dupieux se veut plus profond que ses autres films ?
Parce qu'il parle des travers et/ou de la colère de notre société actuelle ?
Parce qu'il nous raconte une prise d'otages dans une salle de théâtre (la fin rappelant de façon indécente une page tragique de notre récente histoire parisienne) ?
Yannick (très bonne interprétation de Raphael Quenard), c'est un banlieusard gardien de nuit, qui a pris sa "journée" pour se changer les idées en allant voir une pièce de "boulevard" intitulée "Le cocu", interprétée par Blanche Gardin, Pio Marmaï et Sébastien Chassagne...
Et comme la pièce ne lui plaît pas, il interrompt la représentation (ce qui est contraire à tous les usages qu'il ne connait pas), pour présenter ses revendications, d'abord fermement et courtoisement (à sa façon) puis un pistolet à la main...
Un scénario paresseux avec des longueurs paradoxales pour une durée si courte, dénonce la médiocrité, la lâcheté et la violence ordinaires de nos contemporains : comédiens et spectateurs en prennent pour leur grade...
Pour ma part, je n'ai pas trouvé cela drôle, ni fin... mais plutôt consternant !
Les amateurs de séries sur Canal + la connaissent : Daphné Patakia interprétait la charmante et fantasque assistante de Didier Mathure (Melvil Poupaud) responsable du GEPAN (Groupe d'études des phénomènes aérospatiaux non identifiés) dans "Ovnis".
Dans le film de Marie Garel-Weiss, elle interprète Mimi, une attachante trentenaire bipolaire qui souhaite, malgré les conseils de sa thérapeute, devenir avocat pour défendre la veuve et l'orphelin...
En l'occurrence dans le scénario présent, un jeune homme injustement accusé... dont elle s'éprend dans tous les sens du terme... et pour la défense duquel elle réussit à remotiver un ancien avocat menacé de radiation (Benoît Poelvoorde qui n'est jamais meilleur que quand il apparait fragile)...
Un film joyeusement loufoque dans lequel Agnès Jaoui (excellente comme à son habitude), qui dirige le cabinet d'avocat dans lequel Mimi effectue sa "mission", est la seule figure "adulte" de l'histoire... quoique...
Un éloge de la différence, de la complémentarité des profils, de la pensée hors cadre, de la "folie" douce pour réenchanter le quotidien !
Au départ, un pitch improbable : Odile se prépare à fêter son anniversaire. Alors que ses enfants et petits enfants sont en route pour la soirée, Jean, son mari, décède brutalement. Incapable de faire face à cette réalité, elle le cache sous son lit...
A l'arrivée une comédie familiale originale et sensible sur le difficile travail de deuil... avec des personnages profondément humains : la mère (toujours formidable Ariane Ascaride), en plein déni qui s'appuie sur la complicité fortuite de son petit-fils, la fille Sylvie (Bérénice Bejo) qui recherche désespérément l'amour de sa mère, le fils Lucas (Thomas Scimeca) qui semble découvrir la vie avec son amoureuse Clara (délicieuse Marilou Aussilloux), une jeune fille pleine de vie et ouverte à toutes les spiritualités...
Un scénario plein de jolies surprises avec un twist à la toute fin qui donne toute sa profondeur au film...
Le premier long-métrage de l'actrice Camille Japy pourrait bien être la comédie de l'été !
Christopher Nolan s'est inspiré de la biographie : American Prometheus : The Triumph and Tragedy of J. Robert Oppenheimer écrite par Kai Bird et Martin J. Sherwin et récompensée d’un prix Pulitzer, pour écrire son scénario.
Trois heures pour nous décrire par le menu le destin du "père de la bombe atomique", J. Robert Oppenheimer, le génial physicien appelé par le gouvernement des Etats-Unis en 1942 pour contrecarrer le présupposé projet d'armement nucléaire de l'Allemagne nazie...
Un projet fou, qui a réuni des milliers de personnes à Los Alamos dans une ville laboratoire construite ex nihilo dans le désert du Nouveau Mexique, et qui s'est traduit par le lancement les 6 août et 9 août 1945 de la bombe atomique sur les villes martyres d'Hiroshima et de Nagasaki (103 000 à 220 000 morts selon les calculs, sans compter les cas ultérieurs de cancers ou autres pathologies secondaires).
Les moments les plus passionnants du film sont les périodes de doute de J. Robert Oppenheimer qui, contrairement au président Truman qui autorisa le largage des bombes, en avait intuité les conséquences mondiales en termes d'équilibre de la terreur...
Par contre, les scènes de l'enquête diligentée par le FBI en 1954 à l'encontre d'Oppenheimer puisque soupçonné d'intelligence avec l'URSS du fait de sa sympathie pour le parti communiste, sont de mon point de vue trop techniques et trop denses, provoquant un effet de "gavage" du spectateur qui aimerait pouvoir reprendre son souffle entre deux épisodes tragiques...
Cillian Murphy excelle dans ce rôle complexe d'un scientifique juif surdoué, amateur d'art et et de conquêtes féminines, polyglotte capable de déchiffrer le sanskrit et d'apprendre le néerlandais en un semestre...
Et Matt Damon est très à l'aise dans l'uniforme du colonel qui dirigea le projet ultra-secret baptisé Manhattan...
Sans oublier une brochette d'acteurs et de figurants (scientifiques dans la vraie vie) qui donnent à ce film tout son contenu humain et historique...
Le film de Pierre Jolivet est adapté de la bande dessinée d’Inès Léraud et Pierre Van Hove, Algues vertes, l'histoire interdite, tirée de l'enquête menée par Inès Léraud sur le scandale des algues vertes.
Selon Inès Léraud : "L’enquête sur les algues vertes met en lumière de façon éloquente le conflit entre les intérêts économiques qui nous gouvernent, et les intérêts réels des populations. Il révèle les mensonges d’État qui peuvent être diffusés pour semer le trouble dans nos esprits et nous freiner dans nos mobilisations… Ce film résonne avec beaucoup d’autres sujets d’actualité."
C'est Céline Sallette qui incarne avec son habituel talent, le personnage de cette courageuse journaliste devenue lanceuse d'alerte après le décès d'un deuxième jogger dans la baie de Saint Brieuc...
Décidée à aller jusqu'au bout de son enquête, Inès Léraud qui s'est installée en Bretagne avec sa compagne, sillonne les routes pour interviewer les différents protagonistes de ce drame...
S'appuyant sur les militants écologistes locaux et les familles des victimes, elle n'hésite pas à affronter les agriculteurs, les éleveurs et la FNSEA leur puissant syndicat - ainsi que les élus locaux ou les députés européens en charge de la politique agricole de la France...
Très habilement construit, le scénario nous offre un cinéma vérité qui a le mérite de dévoiler une tragédie à l'échelle d'une région et offre quelques très jolis moments de partage entre la journaliste et les témoins qui ont décidé de lui faire confiance...
A voir pour tenter de comprendre la complexité politique qui se cache derrière cet enjeu environnemental !