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Route 66

Route 66

Prenez vos bécanes pour aller au cinéma, voir des pièces de théâtre, admirer des expositions...

cinema

Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Brighton Beach, à la pointe sud de Brooklyn, est principalement habité par des immigrants de l’ex-URSS. C’est un endroit où l’on peut survivre sans parler anglais car les affichages dans la rue sont principalement écrits en russe mais c'est un refuge familier que les immigrés ne quittent pas...

Le réalisateur géorgien Levan Koguashvili nous invite à partager la vie de ces perdants qui tentent de se débrouiller et enchaînent les petits boulots pour survivre... 

Il nous raconte une belle histoire d'amour filial entre Kakhi (interprété magnifiquement par Levan Tedaishvili, authentique champion de lutte, médaillé olympique en 1972 et 1976) et son fils Soso parti faire des études de médecine à New-York...

Quand Kakhi débarque à Brighton 4th, la très modeste pension de famille où habite son fils, il découvre qu'il est couvert de dettes et que son créancier, un caïd de la mafia locale, n'est pas du genre à se laisser intimider...

Entouré par une bande de "pieds nickelés", le père taiseux et digne va tout mettre en œuvre pour sauver son fils...

Un dépaysement complet, à quelques encablures de Manhattan !

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Le réalisateur turc Emin Alper nous raconte le combat d'un jeune procureur intègre contre les potentats locaux d'une bourgade rurale et surchauffée d'Anatolie...

Le contexte est campé dès les premières images : la disparition des nappes phréatiques qui provoque des dolines (voir affiche du film), la persistance des traditions locales qui veut que des hommes lourdement armés chassent le sanglier y compris dans les rues de la ville et l'ambiance de crise entretenue par un maire populiste qui prépare sa prochaine réélection... 

Volontariste et naïf,  Emre (brillamment interprété par Selahattin Pasalile), le procureur fraîchement arrivé de la capitale va tenter de comprendre les rouages du système en place gangréné par la corruption et de s'y faire respecter...
 
Présente dès le départ, la tension d'abord sourde, ne cesse de monter jusqu'au paroxysme final qui fait froid dans le dos !
 
Un film à nul autre pareil qui nous dépayse mais surtout nous inquiète...

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Ours d'Or à la dernière Berlinale, le dernier opus de Nicolas Philibert nous parle de nos doubles psychiatriques...

L'Adamant, une magnifique péniche en bois amarrée sur les berges de la Seine à hauteur de la grande horloge de la gare de Lyon, est un centre de jour ouvert aux parisiens atteints de troubles psychiques...

Premier volet d'un triptyque sur la santé mentale, le film nous invite à bord de cette utopie flottante où Muriel, Marc, Olivier et les autres... viennent se confier au micro du réalisateur...

Le spectateur s'attache aux femmes et aux hommes qui viennent rechercher une écoute et de la compagnie : tous doués d'un talent artistique, ils participent à des ateliers d'expression corporelle, de dessin, de chant, de photo ou de confiture après avoir été chercher les fruits invendus des épiceries voisines...

La vie les a cabossés mais régulés par la prise de médicaments, ils peuvent de nouveau espérer renouer avec leurs enfants, leurs amis et leurs rêves...

Une variété de visages et de voix qui se croisent et qui, comme les acteurs d'un film, nouent au fur et à mesure des prises, un paysage humain à la fois proche et lointain qui, peu à peu, nous fascine et nous laisse orphelins quand le générique de fin s'inscrit sur l'écran !

On attend avec impatience le volet 2 qui nous mènera à l'hôpital Esquiral de Charenton-le-Pont et le volet 3 qui suivra des visites aux domiciles des patients...

A voir assurément !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Le film de Colm Bairéad est l’adaptation en langue irlandaise du récit Foster, écrit par Claire Keegan et publié en 2010. Il est paru en France sous le titre Les Trois Lumières.

Ayant grandi à Dublin dans une famille bilingue parlant anglais et irlandais, le réalisateur a choisi de tourner "The Quiet Girl" en gaélique irlandais et cette décision concourt en grande partie à la réussite de son premier long métrage de fiction...

Cette "quiet gril", c'est l'histoire de Cait, un petite fille mal aimée par ses parents paysans qui la confient lors d'un été des années 80 à de lointains cousins...

Cait la silencieuse, ne trouve sa place nulle part, ni au milieu de sa nombreuse fratrie, ni à l'école où ses coreligionnaires se moquent de sa lecture hésitante et de son côté farouche...

Quand elle se retrouve dans une maison coquette où tout est propre, où elle peut enfin manger à sa faim et où surtout elle est accueillie avec tendresse par Eibhlin et par Shean qui se laisse apprivoiser,  Cait s'ouvre aux bonheurs simples de la vie et participe aux travaux de la ferme.

Colm Bairéad a pensé en réalisant ce film, aux orphelins et aux enfants réputés difficiles qui ont été livrés durant de nombreuses années en Irlande aux sévices de sœurs catholiques maltraitantes - et la violence sourde de cette dénonciation transparait en filigrane du scénario pour le rendre encore plus poignant...

Le charme du tempo lent et silencieux du film agit comme un baume sur les êtres meurtris par le destin !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Le 20 janvier 1942, quinze hauts responsables du IIIe Reich conviés par Reinhard Heydrich, se sont réunis durant deux heures dans une villa berlinoise cossue, pour mettre au point un plan d'élimination du peuple juif...

Basé sur le procès-verbal hautement confidentiel de la conférence établi par Adolf Eichmann, dont il ne reste qu'un seul exemplaire retrouvé après la fin de la guerre, le film du réalisateur allemand Matti Geschonneck nous fait vivre en "direct" la conférence de Wannsee qui a scellé le sort de millions de juifs exterminés dans les camps de la mort...

Autour de la table en U, les représentants de la Waffen SS et du Parti hitlérien, les fonctionnaires des différents ministères et les émissaires des provinces conquises débattent et se livrent à des jeux de pouvoir pour parvenir à adopter la "solution finale"...

Dans cette unité de lieu et de temps, nous écoutons avec effroi ces hommes décider sans le moindre état d'âme du meilleur système à mettre en œuvre pour "industrialiser" le massacre des juifs qui a débuté dès 1939...

Remarquablement interprété par l'acteur autrichien Philipp Hochmair, Reinhard Heydrich le SS-Obergruppenführer allemand tour à tour autoritaire, séducteur et suprêmement habile convainc ses interlocuteurs de la justesse de la mission que lui a confiée Göring :  étendre l’Endlösung à tous les Juifs d'Europe, dont il estime le nombre à 11 millions de personnes !

Le spectateur d'aujourd'hui assiste glacé à ces échanges dont le cynisme n'a pas de limite : la stratégie établie au cours de cette conférence claque comme la "banalité du mal" dénoncée par Hannah Arendt à l'encontre d'Eichmann lors de son procès en 1961...

Documentaire à charge et non fiction, le film devrait figurer au programme d'Histoire des futurs citoyens européens !

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Un sujet très actuel : l'immigration clandestine, deux acteurs talentueux mais à l'arrivée un film qui hésite entre le documentaire et le drame social, la fiction télévisuelle et le thriller...

Jeune mère célibataire de 25 ans, Natacha (Alice Isaaz) vit dans le nord de la France et "galère" pour offrir à son fils de 8 ans une vie meilleure...

Son chemin croise celui de Walid (Adam Bessa déjà remarqué dans Harka), un immigré irakien lettré qui tente de réunir les fonds nécessaires pour réussir son passage en Grande-Bretagne...

Natacha et Walid décident d'unir leurs détresses pour monter une filière d'immigration clandestine...

Difficile de croire à cette histoire qui parait peu crédible au regard de l'amateurisme de cette jeune femme spontanée et débrouillarde mais pas très structurée...

Le film de Thierry Binisti se regarde mais, malgré une réelle tension, ne trouve pas le bon tempo pour nous séduire ! 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Je n'avais pas vu la pièce de théâtre créée par Alexis Michalik à la Scala  à Paris en 2020 mais cette adaptation cinématographique lui est, parait-il, très fidèle... et ce jusqu'au casting...

L'écrivain à qui tout sourit dans la vie, interprète ici William un romancier à succès qui veille sur sa sœur cadette Katia (Juliette Delacroix)...

Marqués l'un et l'autre par une enfance douloureuse, ils multiplient les aventures... jusqu'à ce qu'ils tombent tous les deux follement amoureux : Katia de Justine (Marica Soyer) et William de Claire (Pauline Bression)...

Quand Justine dit à Katia qu'elle désire un enfant, cette dernière fragilisée par le souvenir d'une mère trop tôt décédée et d'un père violent, hésite puis se lance, acceptant même de procéder à une double PMA...

Aux belles histoires d'amour succèdent, dans la seconde partie du film, les drames qui vont accabler la sœur et le frère : séparation brutale, accident de voiture mortel, panne d'écriture, alcoolisme et cancer !

Racontée comme cela, l'histoire pourrait s'apparenter à un mélo mais il n'en est rien grâce au personnage pivot de Katia, femme entière et résiliente, qui élève seul sa fille dans l'amour des livres et de la lecture...

Grâce également à l'humour qui arrive à point pour dénouer les séquences heureuses ou malheureuses...

Et malgré le personnage d'écrivain cynique et désabusé qu'incarne Alexis Michalik avec une certaine complaisance...

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

André Téchiné nous raconte l'histoire d'un frère et d'une sœur entre le Mali et l'Ariège...

David 23 ans  (Benjamin Voisin), véritable tête brulée s'est engagé au Mali : son corps démoli est rapatrié en France après l'explosion du camion dans lequel il se trouvait...

Jeanne sa sœur aînée (Nomie Merlant) qui vit en Ariège dans la dépendance d'une demeure historique dont le propriétaire est Marcel (André Marcon), se précipite à son chevet aux Invalides...

David récupère peu à peu mais sa mémoire lui fait défaut, au grand dam de Jeanne qui prend le relai de l'équipe soignante...

La caméra nous fait voyager par toutes les saisons dans la maison, dans le village, dans la forêt, sur les routes : le frère et la sœur vivent ensemble mais se cherchent...

Chacun joue sa partition sans surprise, aucune émotion n'affleure même si le propos du réalisateur est évident : il y a eu quelque chose entre eux et ce quelque chose est en train de renaître...

Impossible de s'intéresser au film qui hésite entre le documentaire : comment soigne-t-on un grand brûlé amnésique et la romance sous-jacente...

Seul le personnage de Rachel (Audrey Dana), la maire du village qui assure tous les rôles dans le village est intéressant !

On va attendre le prochain Téchiné !

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Swann Arlaud est fascinant dans ce rôle d'intellectuel qui se fait embaucher à la chaîne chez Citroën en septembre 1968 pour mieux connaître le milieu ouvrier et le soutenir dans ses luttes sociales...

Adapté du roman L'établi de Robert Linhart, un philosophe normalien d'origine juive, co-fondateur du mouvement maoïste, qui a passé une année en usine, le film de Mathias Gokalp est un véritable manifeste en faveur de la classe ouvrière, célébrant son courage, sa solidarité et sa "beauté"...

Les images du premier jour de Robert, filmées comme un polar, nous tiennent en haleine jusqu'à son retour chez lui, le corps meurtri et les mains en sang...

On découvre ou on redécouvre la réalité de l'époque post-68 : les conditions de travail inhumaines, les méthodes perverses de surveillance et de répression des supérieurs, le racisme des contremaîtres à l'égard des immigrés italiens, maghrébins et noirs...

Quand Citroën décide de se rembourser des accords de Grenelle en exigeant des ouvriers qu'ils travaillent trois heures supplémentaires par semaine à titre gracieux pendant 6 mois, Robert et quelques autres entrevoient alors la possibilité d'un mouvement social...

Formidablement empathique, le réalisateur nous fait participer à la préparation de cette grève puis à son déroulement avec ses moments d'enthousiasme, ses difficultés et ses découragements...

Aux côtés de Robert et de ceux nombreux qui l'ont rejoint spontanément,  je donnerai une mention spéciale au jeune ouvrier Christian (Robin Migné), dont la personnalité est digne de La Comédie humaine...

Servi par ce grand acteur qu'est Swann Arlaud mais également par Denis Podalydès qui excelle dans un rôle de Directeur du personnel machiavélique et par Olivier Gourmet qui interprète avec son talent habituel un aumônier, délégué de la CGT dans l'usine - le film nous rappelle que les luttes ne sont pas finies même si on peut espérer que les conditions de travail se soient largement améliorées depuis cette période, pas si lointaine...

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Pour son deuxième opus, la réalisatrice coréenne July Jung s'empare d'une histoire vraie, un fait divers survenu dans le petit village de Jeonju fin 2016, qui a eu des répercussions sur les lois du travail en Corée du Sud.

Kim Sohee (touchante Kim Si-eun) est une lycéenne au caractère affirmé qui se verrait bien devenir une star de K-pop : dansant seule devant la glace de sa salle de sport, elle répète à l'infini sa chorégraphie pour mieux la maîtriser...

Quand le professeur principal de son lycée technique lui annonce triomphalement qu'il lui a trouvé un stage dans un centre d'appels pour une grande entreprise de téléphonie, Sohee rejoint une cohorte de jeunes femmes, le casque sur les oreilles, qui sont (sous)payées pour dissuader les clients de résilier leur abonnement internet et surtout pour supporter leurs insultes...

Sohee peine à intégrer les éléments de langage du manuel qu'elle doit observer à la lettre et ne tarde pas à se faire remarquer par son manager qui lui reproche de "déshonorer" son groupe par ses mauvais résultats...

Humiliée, Sohee perd peu à peu son côté solaire pour devenir une "esclave" moderne qui se défonce en heures supplémentaires et en beuveries vespérales...

Le film se transforme en polar lorsque l'inspectrice Yoo-jin (formidable Doona Bae) est mandatée pour élucider le suicide de Sohee...

Tenace et ne tenant compte d'aucune des remarques de son irascible supérieur, la policière va mener une enquête à charge pour mettre à jour un système socio-énonomique malade qui, sous couvert de sauvegarder la rentabilité des entreprises et les classements des écoles, broie la jeunesse qui se fait exploiter dans les usines pour les garçons et dans les métiers de services pour les filles...

Servi par deux excellentes actrices, le film montre sans fards la violence de cette société coréenne où les adolescents, "abandonnés" par des parents dépassés, tentent de survivre...

Malgré quelques longueurs (la durée est de 2h17), le récit documentaire nous glace et nous interpelle : les pays occidentaux sont-ils si différents ?

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