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Route 66

Route 66

Prenez vos bécanes pour aller au cinéma, voir des pièces de théâtre, admirer des expositions...

cinema

Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

La scénariste Caroline Glorion venue du documentaire, s'essaie à la fiction pour nous conter l'histoire de Lili,  une jeune mère précaire de 3 enfants...

Lili (fascinante Mathilde La Musse) est maman mais Lili est avant tout une toute jeune femme sauvageonne à la langue bien pendue...

Abritée dans un foyer parental à Sète, elle se débat pour offrir une vie "normale" à ses trois enfants, qu'elle a eus de deux pères différents, disparus de son quotidien,  l'un par lâcheté, l'autre pour désordres alcooliques...

Elle travaille dans un bar dont le propriétaire oublie régulièrement de lui établir des bulletins de salaire... et se fait accuser à tort de maltraitances à l'égard de ses enfants par les services sociaux - en la personne de Sandrine Bonnaire (pas très gâtée dans un rôle ingrat)...

Privée de ses enfants placés en famille d'accueil, Lili va multiplier les "erreurs" de comportement... avant d'accepter l'aide spontanée des femmes de son entourage qui vont la "coacher"...

Peu d'hommes en effet dans ce film à part la figure du juge (François Morel) et de Pierre (excellent Arthur Igual), un homme qui prend spontanément sa défense face à son patron voyou...

Sarah Suco excelle dans le rôle d'une avocate qui accepte de la défendre et Laurence Côte dans celui d'une copine du foyer, ex détenue, qui accepte de l'héberger...

Un film à voir pour ses acteurs mais surtout pour ce portrait de "maman louve" qui enveloppe ses enfants de tendresse plus qu'elle ne les élève...

Sortie prévue le 20 septembre !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Depuis 2009, une expérimentation d’offre alternative à l’hébergement d’urgence par l’utilisation de locaux inoccupés a été mise en place. Ce système permet aux propriétaires de confier leurs biens vacants à des organismes publics ou privés afin d’y loger des résidents temporaires.

Le but de ce dispositif est de protéger les espaces vacants (bureaux, couvents...) d’une occupation illicite et de trouver des places d’hébergement pour les personnes en situation précaire. Ce concept est importé d’un modèle hollandais inventé à Amsterdam dans les années 80, par un acteur de l’immobilier. 

Cette "avancée" sociale s'inscrit malheureusement dans le système néo-libéral qui gangrène nos sociétés, en ce sens que les règles "locatives" sont très flexibles pour les propriétaires, mais beaucoup plus contraignantes pour les résidents : expulsion possible durant la trêve hivernale, enfants et animaux interdits dans les locaux, pas de fêtes, pas plus de deux invités, interdiction de s’absenter plus de deux jours sans autorisation etc

Nicolas Silhol illustre cette disposition de la loi Elan en nous racontant l'histoire d'Inès (Lise Bourgoin magnifique dans le rôle), contrainte, sous menace d'expulsion de son logement, de retrouver rapidement un job pour pouvoir se loger avec Adam (Samy Belkessa), son fils de 14 ans... Elle accepte donc un CDD de resident manager dans une société Anti-Squat au management musclé...

Mais les règles des résidents s'appliquant également à elle, elle doit bientôt jongler avec ce nouveau métier difficile et exigeant et la "gestion" à distance de son fils dont la conscience sociale est en train de s'épanouir dans le cadre de la révolte lycéenne...

Un peu moins précaire que les précaires qu'elle a recrutés, Inès se retrouve dans un nœud de conflits de loyautés et doit très vite apprendre à questionner ses valeurs pour satisfaire tout à la fois ses employeurs, prendre soin de ses résidents et assurer la sauvegarde de sa famille...

Le film est tellement noir que, malgré la performance extraordinaire des principaux acteurs et des seconds rôles, le spectateur ressort anéanti devant cette misère "ordinaire" soumise aux lois de la jungle capitalistique...

A voir pour Lise Bourgoin ?

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

En français, formidable, super, sensationnel !

Le réalisateur allemand Christian Petzold s'est inspiré de ce qui est un véritable genre dans de nombreux pays, à savoir le film d‘été : des jeunes gens qui passent des vacances ensemble.

En France, les films d'été parlent d'éducation sentimentale...

En Allemagne, les films s'inscrivent dans la tradition des rêves romantiques : Leon (étonnant Thomas Schubert) et Felix (attachant Langston Uibel), roulent en voiture et se perdent en forêt...

Ils finissent par retrouver le chemin d'une maison isolée dans une clairière au bord de la Baltique, où ils ont décidé de passer quelques semaines pour travailler et se baigner...

A leur grande surprise, ils découvrent que la maison est occupée par Nadja (toujours aussi formidable Paula Beer), une jeune femme peu farouche que la mère de Felix a invitée sans leur en parler...

Au trio inattendu s'ajoute Devid, le maître nageur avec lequel Nadja passe des nuits agitées...

Tout le film est construit autour de Leon, qui recherche la tranquillité pour finir la rédaction de son second roman : centré sur lui-même, exaspéré par la désinvolture apparente de ses colocataires, il refuse de participer aux tâches ménagères et aux distractions que les autres lui proposent...

Les baignades, les repas, la musique et le sommeil ponctuent les journées bientôt obscurcies par la menace du feu qui gronde dans les allées forestières...

Un très beau film d'initiation et de quête de soi, un film féministe et d'ouverture aux autres !

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

L'écrivain Gilles Legardinier a co-écrit et réalisé le film tiré d'un de ses romans... et pour une première, c'est une totale réussite !

Andrew Blake (formidable John Malkovich), entrepreneur londonien qui a du mal à se remettre du décès de sa femme Diane, décide sur un coup de tête de retourner dans le manoir breton où il l'a rencontrée... 

Accueilli par Madame Odile (Emilie Dequenne), une cuisinière bourrue qui le prend pour le majordome qu'elle recherche pour renforcer le personnel de maison, Blake accepte le challenge pour pouvoir rester sur place...

Sa distinction et son flegme so british, son délicieux français émaillé d'expressions erronées agissent comme un révélateur sur l'ensemble de la maisonnée, chat Méphisto compris...

Tous les occupants du magnifique domaine de Beauvillier (le film a été tourné dans un château privé situé dans la région de Vitré) vont se confier à cet homme imprévisible qui sait si bien écouter et.... retrouver le goût de vivre...

Les acteurs s'amusent et nous aussi : Fanny Ardant est merveilleuse dans le rôle de Nathalie Beauvillier maîtresse des lieux, Philippe Bas est touchant dans son interprétation du régisseur bien frappé qui vit au fond du parc...

Un film délicieux, des personnages attachants, une happy end... que demander de plus au cinéma ?!

Vous devrez toutefois attendre le 1er novembre, date de sortie officielle du film !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Et cinq enfants à qui elle se consacre entièrement !

Lauréate il y a 20 ans d'un single qui a cartonné, Toni (diminutif d'Antonia), tente de nourrir sa famille en chantant le soir dans les bars... mais à 43 ans, alors que les deux aînés passent le bac, elle se rend compte qu'elle n'a pas vraiment choisi sa vie...

Le jeune réalisateur Nathan Ambrosioni (24 ans) brosse le portrait d'une femme, qui, à l'instar de ses enfants, s'interroge sur qui elle est et tente de se (re)construire...

Le scénario campe la vie de tous les jours de cette famille sans père (Toni est veuve), entre trajets énervés en voiture et bruyants repas en famille, entre scènes comiques et répliques assassines, entre moments de tendresse et parenthèses existentielles...

Les cinq préados (la plus jeune a 11 ans) et ados sont tous criants de vérité : ils incarnent leur époque et se chamaillent pour mieux se retrouver lorsque l'un d'eux est en danger...

Un joli film à l'accent méditerranéen !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

En 1 heure 22, la réalisatrice américaine Tina Satter (dont c'est le premier long métrage), nous raconte l'histoire de Reality Leigh Winner, une linguiste cryptologue, ancienne employée des services secrets américains et lanceuse d'alerte, condamnée pour « obtention de documents classifiés de la NSA (National Security Agency), à partir d'une installation du gouvernement et transmission à un organe de presse»

Le , alors salariée militaire de la société Pluribus International Corporation, Reality Winner (25 ans) est interrogée par deux agents du FBI à son domicile...

Scotchés à notre fauteuil, nous assistons à l'ahurissant numéro de duettistes des deux agents rejoints bientôt par une escouade qui fouillent le domicile, la voiture et la personne de Reality, après avoir soigneusement mis à l'écart son chien et son chat...

S'appuyant sur la retranscription  quasi-intégrale des propos échangés ce jour-là, les trois interprètes (Sydney Sweeney, Josh Hamilton et Marchant Davis), nous font toucher du doigt l'écart à la fois minuscule et vertigineux entre un citoyen lambda et un lanceur d'alerte...

Arrêtée sur des accusations de fuite d'un rapport de renseignement au sujet des accusations d'ingérences russes dans l'élection présidentielle américaine de 2016 vers le site web d'actualités The Intercept, Reality Winner est condamnée le à une peine de 5 ans et 3 mois de prison. Elle est la première personne condamnée en application de l'Espionage Act sous la présidence de Donald Trump.

A voir pour mieux comprendre la paranoïa des années Trump autour des fake news !

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Publié le par Hélènebarbie
Publié dans : #cinéma

Un film imaginé et réalisé par la cinéaste Greta Gerwig notoirement féministe et estampillée "art et essai", la perspective était prometteuse (j'ai beaucoup aimé "Frances Ha" et "Lady Bird")...

L'idée était très amusante : dynamiter l'image artificielle, bimbo et ringarde de la célèbre poupée mannequin aux formes parfaites, créée par Mattel à la fin des années 50 pour faire rêver les petites filles...

Durant près de deux heures, le scénario s'emploie de façon appuyée et répétitive à nous expliquer les différences entre BarbieLand et le vrai monde que "Barbie Stéréotypée", subitement perturbée par des pensées négatives, décide de découvrir pour mieux se trouver...

Des acteurs Margot Robbie et Ryan Gosling (qui interprète Ken) qui visiblement s'amusent beaucoup, de nombreuses trouvailles de mise en scène, une dérision permanente et réjouissante... mais une promotion pour Mattel omniprésente et un discours féministe beaucoup moins subtil que le marketing du film ne le laissait espérer...

Le message du film doit toutefois être "puissant" puisqu'il comptabilise à ce jour 5 millions d'entrées en France et que sa projection a été interdite dans les pays maghrébins mais personnellement, je regrette qu'il soit noyé dans une super-production survoltée et, de mon point de vue, superficielle...

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Fille d'éleveurs dans la région lyonnaise, Sophie Vasseur va-t-elle réussir à intégrer Polytechnique ?

Telle est la question que pose le réalisateur suisse Frédéric Mermoud et à laquelle il tente de répondre de façon sensible et empathique !

Repérée par son professeur de mathématiques, Sophie est douée dans les matières scientifiques mais cette excellence ne suffit pas pour réussir une classe préparatoire... et elle va s'en rendre compte dès les premières semaines : comment rivaliser avec les surdoués qui ont tutoyé les 20 au bac et surtout comment trouver sa place face aux privilégiés qui connaissent les codes de la réussite sociale ?

Ce qui est intéressant dans le parcours de cette jeune fille incarnée par Suzanne Jouannet, une actrice qui crève l'écran tant elle est "vraie", c'est qu'elle va devoir trouver sa voie pour réussir, en acceptant de se faire aider puis en prenant petit à petit son indépendance...

Face à elle deux actrices de talent : Marie Colomb sa voisine de chambre passionnée de théâtre et Maud Wyler son exigeante professeur de physique, séduisent par l'originalité de leurs profils...

Un film ancré dans son époque qui donne la parole à une génération qui doit intégrer les défis de l'écologie et la remise en question des modèles de réussite !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

La réalisatrice Marie Amachoukeli a voulu rendre hommage à sa nounou portugaise, repartie dans son pays alors qu'elle même n'avait que 6 ans...

Dans le film, la petite fille Cléo (délicieuse Louise Mauroy Panzani),  myope comme elle et orpheline de mère, a reporté tout son amour sur Gloria (formidable Ilça Moreno), sa nounou capverdienne  qui doit retourner dans son île pour s'occuper de ses propres enfants (suite au décès de sa mère)...

Pour tenter de calmer le désespoir de Cléo, son père accepte qu'elle passe un dernier été avec Gloria, au Cap-Vert...

Ponctué de scènes d'animation qui décryptent la pensée et les rêves de Cléo, le scénario loin d'être mièvre, témoigne d'une double émancipation ;: celle d'une femme qui retrouve son indépendance et celle d'une petite fille, obligée de grandir plus vite qu'elle ne l'aurait souhaité...

Un feel good movie !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Avec son 4ème long métrage, Justine Triet a décroché la Palme d'Or à Cannes et une fois n'est pas coutume, j'applaudis ce choix sans réserve !

Un scénario diabolique comme dit Téléréma, un casting parfait, seconds rôles inclus, des dialogues magistralement écrits...

La réalisatrice analyse avec intelligence le naufrage d'un couple et la résilience de leur  enfant qu'un accident a rendu malvoyant... dans un film protéiforme : polar, procès, critique littéraire...

Dans une maison isolée par la neige, un homme chute d'un étage et meurt sur le coup : accident, meurtre, suicide... toutes les hypothèses sont sur la table...

Dès le départ Sandra, la "femme" (prodigieuse Sandra Hüller) est suspectée : elle était seule dans la maison, son fils Daniel 11 ans étant parti se promener avec son chien...

Aidée par un ancien ami et avocat (tout aussi formidable Swann Arlaud), cette femme à la fois froide et sensuelle, écrivain de talent dont l’œuvre se nourrit de sa vie, tente de faire face malgré les preuves qui s'accumulent...

Orchestrée autour de Daniel (fascinant Milo Machado Graner repéré dans "Thérapie" où il incarnait le fils de Frédéric Pierrot), véritable pivot du film, la trame judiciaire révèle peu à peu les facettes du couple que formait ses parents...

Dans le tribunal, l'avocat général survolté (impressionnant Antoine Reinartz) se confronte à la maîtrise de l'avocat de la défense, à l'impartialité de la présidente du tribunal, à l'enquêteur dépassé par les enjeux psychologiques de l'affaire, au psychiatre de la victime qui se révèle d'une parfaite mauvaise foi...

Un film moderne, passionnant, brillant, non conventionnel !

Une réussite, à voir absolument !

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