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Route 66

Route 66

Prenez vos bécanes pour aller au cinéma, voir des pièces de théâtre, admirer des expositions...

cinema

Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Comme chaque année, je me suis livrée à cet exercice difficile mais passionnant : passer en revue les films vus en 2023 et sélectionner ceux que j’ai particulièrement appréciés !

Parmi les 270 films sortis sur les écrans français en 2023, j’en ai personnellement découvert 123 (soit environ 10 par mois) : j’ai battu mon record de 2022 qui était de 95 !

J’ai établi une première sélection de mes films préférés : 29 films dont 17 français et 12 étrangers

Sur ces 29 films, j’ai retenu 10 films qui constituent mon palmarès 2023 : 3 français et 7 étrangers (marocain, anglais, italiens, allemand, américains)

Le n°1 s’est imposé de façon évidente : Anatomie d’une chute de Justine Triet, Palme d’Or à Cannes en 2023, qui a fait un carton au box-office (27e position avec 1.3 million d’entrées) et qui aurait mérité de représenter la France aux Oscars !

Pour les 9 autres titres, j’ai longtemps hésité : je vous propose une sélection qui est le reflet de mes coups de cœur hautement subjectifs, d’autant plus que je n’ai pas vu certains films qui figurent parmi les préférés des critiques (ex : Les herbes sèches de Nuri Bilge Ceylan ou Le règne animal de Thomas Cailley)

N°1 : Anatomie d'une chute de Justine Triet : un film moderne, puissant, brillant… un thriller, un film de procès qui parle du naufrage d'un couple et de l'intelligence émotionnelle d'un enfant - aux côtés d'une formidable Sandra Hüller dans le rôle principal, des comédiens de grand talent comme Swann Arlaud !

N°2 : Le bleu du caftan de Maryam Touzani : dans la médina de Salé (proche de Rabat), une ode à la liberté d'aimer, à la sensualité des corps, à la suavité des mandarines, au soyeux des étoffes, au travail bien fait - un film magique transcendé par Lubna Azabal !

N°3 : Empire of light de Sam Mendès : le film tourné dans le cinéma « Empire » de Margate est une ode au 7ème art – des personnages aux parcours dignes et poignants et Olivia Colman qui, une fois de plus, crève l’écran !

N°4 : La conférence de Matti Geschonneck : le réalisateur allemand nous fait vivre en "direct" la conférence de Wannsee qui a scellé le sort de millions de juifs exterminés dans les camps de la mort... Documentaire à charge et non fiction, le film devrait figurer au programme d'Histoire des futurs citoyens européens !

N°5 : Le procès Goldman de Cédric Kahn : un brillant exercice de dialectique où l'accusé, magnifiquement interprété par Arieh Worthalter, donne le ton des échanges : pas de témoin de moralité, pas de pathos, les faits, rien que les faits...

N°6 : Tàr de Todd Field : un film foisonnant, à voir pour l'incroyable performance de Cate Blanchett, pour son ancrage dans l'actualité des réseaux sociaux et pour son audace : une cheffe d'orchestre avant-gardiste dans un grand orchestre symphonique allemand !

N°7 : La fiancée du poète de et avec Yolande Moreau : d'une grande douceur et d'une grande liberté, le film est une véritable comédie sociale qui pose la question de la nécessité du mensonge... pour supporter la morosité de la vie !

N°8 : Nostalgia de Mario Martone : une immersion dans le dédale des rues d’un quartier populaire de Naples où règne sans partage la Camorra... une belle réflexion autour de la force du passé, du poids de l'amitié et du sentiment d'appartenance avec l'excellent Pierfrancisco Favino dans le rôle principal !

N°9 : L’enlèvement de Marco Bellocchio : tourné dans de magnifiques décors, une somptueuse reconstitution historique pour nous replonger dans une époque où le pape, à la tête des Etats Pontificaux, pouvait kidnapper un enfant mineur pour l'élever dans la religion catholique contre l'avis de ses parents...

N°10 : Oppenheimer de Christopher Nolan : un biopic magistral avec, dans le rôle-titre, le formidable Cillian Murphy qui excelle dans ce rôle complexe d'un scientifique juif surdoué, amateur d'art et de conquêtes féminines, polyglotte capable de déchiffrer le sanskrit et d'apprendre le néerlandais en un semestre...

Et aussi :

Une belle réflexion sur la quête de soi et l'ouverture aux autres : Le ciel rouge

Un superbe premier film soudanais aux accents féministes : Good bye Julia

Deux formidables reportages : Je verrai toujours vos visages (Justice réparative) et Sur L'Adamant (péniche, centre de jour pour des parisiens atteints de troubles psychiatriques)

Un film coup de poing sur la lanceuse d'alerte Maureen Kearney : La syndicaliste

Agnès Jaoui nous invite à une passionnante masterclass : Le cours de la vie

Quatre films sur la recherche de l'excellence : Le théorème de Marguerite, La voix royale, De grandes espérances et Divertimento

Et encore :

Rien à perdre, Le temps d'aimer, Les feuilles mortes, Second tour, Une nuit, Vers un avenir radieux, Jeanne du Barry, Le ravissement, Les filles d'Olfa

--/--

Les français continuent à reprendre le chemin des salles de cinéma : 181 millions d'entrées en 2023 (+18.9% versus 2022) et je ne peux que m'en réjouir (même si le chiffre reste encore inférieur à celui des entrées des années 2017 à 2019 : 208 millions en moyenne)

J'ai hâte de vous faire partager mes émotions de 2024 !

 

Cinéma : classement 2023
Cinéma : classement 2023
Cinéma : classement 2023
Cinéma : classement 2023
Cinéma : classement 2023
Cinéma : classement 2023
Cinéma : classement 2023
Cinéma : classement 2023
Cinéma : classement 2023

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Monteur et scénariste, Felipe Galvez Haberle réalise un premier long métrage épique pour dénoncer la brutalité des conquêtes de territoires au Chili...

1901, Terre de Feu, un éleveur de moutons charge trois hommes de partir en expédition pour tuer les "bêtes" qui s'attaquent à ses troupeaux, en l'occurrence les Selknam, des chasseurs nomades...

Dans les magnifiques décors naturels de cette région immense et désolée, les hommes armés massacrent et violent les populations autochtones pour "pacifier" la route vers l'Océan Atlantique...

Vu à travers le regard de Segundo, un métis choisi pour ses talents de tireur, le film prend une force particulière en opposant colons et colonisés...

La deuxième partie du film va encore plus loin dans la réflexion en mettant en scène un représentant de l'Etat chilien, chargé en 1908, d'imposer une nouvelle identité nationale, lavée des massacres jusque-là revendiqués...

Malgré quelques longueurs et un propos un peu démonstratif, le film mérite toute notre attention !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Le dernier opus de Hirokazu Kore-eda a obtenu le Prix du Scénario  au Festival de Cannes 2023, mais ce n'est pas lui qui a écrit le scénario puisqu'il a fait appel à Yuji Sakamoto...

J'ai personnellement été déroutée par le film qui, selon moi, ne ressemble pas à "un Kore-eda" : aux récits magnifiques et linéaires de ses précédentes œuvres telles que Tel père, tel fils (Prix du jury et mention spéciale du Prix du jury œcuménique en 2013) et Une affaire de famille (Palme d'or en 2018), le cinéaste privilégie ici une histoire à tiroirs qui distrait le spectateur du cœur du propos à savoir les mystères de l'enfance...

Saori (Sakura Ando) qui élève seul Minato (Soya Kurokawa) depuis le décès de son mari, soupçonne Hori (Eita Nagayama), son professeur, d'être à l'origine des troubles de comportement de son fils...

Tout d'abord attachée aux impressions de la mère et aux réactions des différents adultes, la caméra se tourne peu à peu vers l'enfant et vers Eri, son camarade de classe : tous deux déçus par "l'absence" de leurs pères respectifs, ils se construisent un monde à eux...

Quand le scénario rajoute des pluies torrentielles à l'intrigue finale, on ne sait plus si on est dans un film familial ou dans un film catastrophe...

Un étonnant objet cinématographique !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Ce premier film soudanais de l'Histoire du pays, en Sélection officielle au festival de Cannes 2023, a remporté le Prix de la liberté !

Sorti début novembre, noyé au milieu d'autres productions, très peu distribué, le film de Mohamed Kordofani trouve peu à peu son public (25 000 entrées à ce jour)...

Nous sommes en 2005 : au Soudan, les affrontements fratricides entre le Nord et le Sud reprennent suite à la mort accidentelle du leader des chrétiens du Sud, quelques mois après la signature d'un accord de paix...

Pour réaliser son film, Mohamed Kordofani a quitté le confort d'une carrière dans l'aéronautique pour créer sa société de production afin de lancer "un appel à la réconciliation pour construire une nouvelle identité nationale, basée sur des valeurs d’humanité, de coexistence et de justice plutôt que de race, de tribu et de sexe".

Tourné à Khartoum, le scénario nous immerge dans le quotidien de deux femmes que tout oppose : Mona (merveilleuse Eiman Yousif), de classe sociale favorisée et de religion musulmane vit à quelques rues de Julia (tout aussi merveilleuse Siran Riak), chrétienne pauvre venue du Sud...

Mona vit sous la coupe d'un mari jaloux qui lui a interdit de poursuivre sa carrière de chanteuse sous peine de la répudier, et ce d'autant plus qu'elle n'arrive pas à lui donner un enfant...

Quand Mona, suite à une série de circonstances dramatiques, décide d'embaucher Julia comme bonne, une complexe et belle relation se noue entre les deux femmes : dans des décors aux couleurs chaudes, Mona et Julia vont se découvrir, se confier, s'épauler, se reconstruire sous le regard perspicace du fils de Julia..

Une progression dramatique entrecoupée de douces scènes de complicité féminine, des dialogues profonds, des personnages secondaires bien campés, un contexte historique méconnu des pays occidentaux... un grand film, une fresque féministe qui mériterait une plus large diffusion !

A voir absolument avant qu'il ne disparaisse des écrans !

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Rosa (formidable Céleste Brunnquell) est bien la fille de son père Etienne mais pas, comme elle le déclare, la fille de sa mère Virginie, mystérieusement disparue alors qu'elle n'était qu'un bébé...

Quand Etienne rencontre Virginie, c'est le coup de foudre : ils n'ont pas vingt ans et quand un bébé s'annonce, ils n'en ont guère plus...

Courageusement, Etienne (Manuel Pérez Biscayat excellent mais peu crédible dans un rôle de père), décide d'élever seule sa fille dans la maison familiale...

Ils se construisent dans leur relation à deux et dans leurs passions respectives : lui le foot, elle la peinture...

Quand Rosa décroche à 17 ans son examen pour une école de Beaux Arts à Metz, père et fille s'interrogent sur leur avenir...

Rosa est amoureuse de Youssef (Mohammed Louridi très prometteur) : ce dernier a entrepris d'écrire l'histoire de Rosa et d'Etienne qui, pour lui incarnent le drame et la poésie, alors que sa vie à lui est dramatiquement banale...

Etienne est amoureux d'Hélène (délicieuse Maud Wyler), chauffeur de taxi de son état...

Un film plein de poésie avec de nombreux moments de grâce mais également des séquences un peu inutiles...

Pour son deuxième long métrage, le réalisateur Erwan Le Duc n'a pas choisi un thème facile et le pari est plutôt réussi !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

La recette : mettre dans un shaker une boarding school pour fils de riches dans un paysage enneigé du Massachusetts, Paul Hunham (formidable Paul Giamatti), un professeur disgracieux et mal aimé, Angus (Dominic Sessa prometteur), un ado intelligent mais dépressif et rebelle et Mary (Da'vine Joy Randolph), une cuisinière black aux formes rebondies dont le fils a été tué au Vietnam (nous sommes dans les années 70), secouer le tout et savourer durant 2h10 un film à la fois daté mais intemporel qui nous fait croire à la magie de Noël...

Le réalisateur américain Alexander Payne s'est inspiré de sa propre expérience pour nous offrir ce conte avec ces trois personnages principaux qui se retrouvent, chacun pour une raison différente, contraints de passer les vacances de Noël dans l'internat déserté...

Sans trahir le scénario, le spectateur comprend très vite que de ces trois solitudes va naître une complicité mais rien n'est convenu dans ce film et une vraie émotion va peu à peu s'installer, révélant les failles et les talents de chacun jusqu'à la dernière scène qui ouvre le champ des possibles...

Malgré une première partie un peu trop longue, le film vaut vraiment la peine d'être vu pour ses personnages très attachants !

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

La réalisatrice américaine, d'origine coréenne, Celine Song s'est inspirée de sa vie pour écrire son séduisant premier long métrage...

Composé aux trois âges de la vie de son héroïne Nora (magistrale Greta Lee), à 12 ans (émigration à Toronto), 24 ans (installation à New-York) et 36 ans (retrouvailles avec Hae Song, son amour de jeunesse), le film s'interroge sur le "inyeon" (le fil du destin en coréen)...

Comme l'explique la cinéaste "Dans les cultures occidentales, le destin est une chose que l’on doit impérativement réaliser. Mais dans les cultures orientales, lorsqu’on parle d’"inyeon", il ne s’agit pas forcément d’un élément sur lequel on peut agir. Je sais que le "inyeon" est une notion romantique, mais en fin de compte, il s’agit simplement du sentiment d’être connecté et d’apprécier les personnes qui entrent dans votre vie, que ce soit aujourd’hui, hier ou demain".

Empreint de mélancolie, le scénario s'attache à nous décrire le destin parallèle de Nora et Hae Song, élèves inséparables mais rivaux dans l'excellence, qui vont se perdre de vue au départ de Nora... pour se retrouver grâce aux réseaux sociaux puis dans la vraie vie 24 ans plus tard... elle mariée à Arthur, un écrivain juif new-yorkais et lui hésitant à sauter le pas...

Si les deux premières parties installent intelligemment l'histoire avec toutefois quelques longueurs, la troisième partie est éblouissante tant au niveau des interactions complexes entre les trois personnages que dans la poésie de leurs dialogues croisés, sous le signe de l'urgence car Hae Song (formidable Yoo Teo) effectue un court séjour à New-York...

A voir pour les amoureux du cinéma coréen mais pas que !

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Je vous rappelle le pitch : "en épousant la fille d’Enrico Macias, je ne me doutais pas que trente ans plus tard je lui en voudrais encore d’avoir transformé nos noces en show démesuré. En revoyant le film du mariage, je réalise que c’est vraiment là que j’ai commencé à « fonder une famille » : deux fils, une séparation, trois filles, une autre séparation, un deuil. Sur la tombe de mon psy, je tente une sorte d’inventaire. Que nous ont légué nos pères et nos mères ? Et moi, que vais-je laisser à mes enfants ?"

Le "Tout Cinéma" était réuni dans la magnifique grande salle du Balzac pour applaudir Oury Milshtein, qui présentait en avant-première son premier film en tant que réalisateur, aux côtés d'une Noémie Lvovsky au bord des larmes...

Durant la projection (le documentaire dure 1h20 mais il m'a paru plus long), j'ai vainement attendu que monte l'émotion évoquée par les critiques du Masque et la Plume... 

Le réalisateur réunit sa famille (ses ex et ses enfants), pour leur projeter le film de son premier mariage avec la fille d'Enrico Macias (le reportage dure deux heures pour cinq jours de mariage fastueux) - ainsi que plusieurs films amateurs réalisés lors des moments forts de sa vie (dont les derniers jours d'une de ses filles décédée d'une leucémie ou des images de sa mère atteinte d'Alzheimer)... et en profite pour recueillir leurs réactions...

Pris en otages par la caméra de leur père, les enfants s'étonnent du procédé, posent des questions, voire se rebiffent... devant nos yeux de spectateurs transformés en voyeurs...

Pour quelques moments d'humour juif (je préfère nettement la maestria de Woody Allen), que de verbiage analytique auto-complaisant pour narrer ses vagabondages sentimentaux d'une femme à l'autre et ses difficultés relationnelles avec ses parents !

Enrico Macias crève l'écran mais sa présence ne sauve pas le film !

 

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Donya has a date with a "deer" in Bakersfield !

Le réalisateur irano-britannique Babak Jalali nous invite à partager quelques jours de la vie d'une réfugiée afghane de 20 ans qui travaille pour une fabrique chinoise de Fortune Cookies à San Francisco...

Le pitch peut intriguer, voire rebuter d'autant plus que le film est en noir et blanc ?!

Mais le quatrième long métrage de cet amoureux du cinéma est très séduisant, d'autant qu'il a choisi de nous parler des immigrés afghans et plus particulièrement de cette jeune femme de façon non victimaire...

Donya (formidable Anaita Wali Zada dont c'est le premier rôle au cinéma) vit à Fremont dans la plus importante communauté afghane aux USA...

Quand son patron lui confie l'importante tâche de rédiger les messages abrités par les cookies, Donya, qui est une femme puissante, décide de lancer une bouteille à la mer en confiant son numéro de téléphone à une bandelette...

Quelques personnages secondaires comme le psychanalyste fan de Croc Blanc qu'elle consulte pour des difficultés de sommeil, sa compagne d'atelier encombrée par sa mère ou le mécanicien qu'elle rencontre sur la route de Bakersfield... complètent le tableau de cette peinture universelle des laissés pour compte qui s'inventent leur propre bonheur !

Le film a reçu le Prix du jury du Festival de Deauville en 2023 !

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Le dernier film de Wim Wenders (78 ans) a obtenu le Prix d'Interprétation Masculine pour Kōji Yakusho au Festival de Cannes 2023 et on ne peut qu'applaudir au choix du jury !

L'acteur japonais de 67 ans, déjà repéré dans The third murder (voir ma critique en avril 2018), interprète Hirayama, un senior qui continue à travailler à l'entretien des toilettes publiques de Tokyo... qui, comme l'explique le réalisateur, sont "des merveilles d'architecture qui ressemblent davantage à des temples de l'assainissement qu'à des toilettes classiques"

Le scénario épouse le rituel de cet homme au doux sourire qui soigne ses plantes avec amour, photographie son ami l'arbre sous différentes lumières, accomplit son travail avec le plus grand sérieux et sillonne la ville au volant de sa camionnette super équipée en écoutant des cassettes audio (la bande son des années 70/80 est superbe)...

Il dîne toujours au même endroit et l'agenda de son weekend est tout aussi millimétré...

Grand lecteur, il n'échange que de rares paroles avec ses collègues mais accueille les rencontres inopinées avec gourmandise...

Impossible de s'ennuyer durant les deux heures du film tant le visage de cet extraordinaire acteur est expressif : l’œil frétille, le sourire n'est jamais loin et illumine son regard empli d'humanité...

Un grand moment de cinéma, fait de petits riens comme autant d'instants de bonheurs tout simples !

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