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Route 66

Route 66

Prenez vos bécanes pour aller au cinéma, voir des pièces de théâtre, admirer des expositions...

cinema

Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

La réalisatrice Julie Navarro porte le sujet du film depuis qu'elle a lu le roman qu’a écrit son compagnon, Marc Salbert :  "De l’influence du lancer de minibar sur l’engagement humanitaire", qui ironise sur une tendance du cinéma français actuel à romantiser les tragédies des immigrés et en miroir, à mettre en lumière des récits d'engagements citoyens...

Et pourtant le pari est réussi !

Benjamin Biolay est parfait dans le rôle d'Arthur Berthier, un critique rock qui se retrouve relégué aux informations générales après avoir saccagé une chambre d’hôtel...

Camille Cottin est très juste dans son interprétation de Mathilde, une ancienne et brillante avocate devenue responsable de l'association Solidarité Exilés...

A son contact, Arthur découvre que le journalisme est un sport de combat quand il s'agit de suivre le l'évacuation d'un camp de réfugiés dans le Nord de Paris...

Matraqué par un CRS et fasciné par la posture militante de Mathilde, le journaliste bobo accepte d'héberger pour quelques jours, croit-il, Daoud, un jeune Afghan (interprété par Amrulah Safi, un réfugié cuisinier de son état, ne parlant pas un mot de français)...

Ce qui est passionnant dans le film, c'est la complexité des personnages : que ce soient les deux héros mais également les rôles secondaires tels que Emily la fille d'Arthur, Hassan son ami ou les bénévoles de l'association, dont les regards tantôt critiques, tantôt désarmés donnent toute sa dimension humaine au film !

Dommage que la fin du film soit un peu trop "jolie" pour être véridique, mais ne boudons pas notre plaisir devant le ton humoristique qui traverse tout le scénario ! 

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Adepte du cinéma japonais, et admirative du dernier opus de Ryusuke Hamaguchi : Drive my car, je me suis empressée d'aller voir ce film... récompensé par le Lion d'Argent - Grand Prix du Jury et le Prix FIPRESCI à la Mostra de Venise 2023.

Après une interminable introduction où la caméra filme des arbres, puis un homme qui marche, puis un homme qui scie du bois, puis un homme qui puise de l'eau à une source, le film aborde enfin le sujet promis...

Takumi et sa fille Hana vivent dans le village de Mizubiki, près de Tokyo. Comme leurs aînés avant eux, ils mènent une vie modeste en harmonie avec leur environnement. Le projet de construction d’un « camping glamour » dans le parc naturel voisin, offrant aux citadins une échappatoire tout confort vers la nature, va mettre en danger l’équilibre écologique du site et affecter profondément la vie de Takumi et des villageois...

L'affiche beaucoup plus belle que les images du film, nous fait espérer un débat écologique où la nature sera plus forte que les discours mensongers d'une boîte de com utilisée par des entrepreneurs véreux...

Mais le scénario noyé par la musique de la compositrice Eiko Ishibashi nous lasse très vite tant les plans sont étirés, les dialogues quasi inexistants et les personnages peu fouillés...

Quant à la fin, j'avoue n'avoir rien compris, mais peut-être n'y avait-il rien à comprendre ?

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Le réalisateur Stéphane Demoustier souhaitait depuis longtemps faire un film sur la Corse...

Il s'est inspiré d'un fait divers : une femme surveillante pénitentiaire – en Corse depuis peu – qui s’est retrouvée impliquée dans un règlement de compte entre bandes rivales...

Melissa (Hafsia Herzi) a demandé sa mutation en Corse pour prendre un nouveau départ avec son mari Djibril (Moussa Mansaly) et leurs deux jeunes enfants...

Embauchée dans la prison de Borgo (au nord de la Corse), Melissa (32 ans) cherche à s'imposer dans l'Unité 2 de cette institution pénitentiaire qui fonctionne en régime ouvert et n'accueille que des corses qui appartiennent tous à des clans...

Mal accueillis dans la cité où ils résident car ils forment un couple mixte et atypique (Moussa peine à trouver un job de menuisier), dans une société patriarcale traditionnelle, leur quotidien s'arrange rapidement grâce à l'intervention de Saveriu (Louis Memmi, acteur corse impressionnant dans un 1er rôle), un détenu qui a le bras long...

Quand ce dernier est libéré, il reprend contact avec Melissa pour un petit service : elle lui doit bien cela et la matonne au comportement exemplaire se retrouve piégée dans un conflit qui la dépasse...

Des bons acteurs, un scénario bien ficelé, une atmosphère bien rendue... mais les scènes de prison sont beaucoup trop longues et répétitives, l'emprise de Saveriu sur Melissa est téléphonée et l'enquête policière menée par Michel Fau et l'un de ses lieutenants est laborieuse...

Le film sort le 17 avril : je ne suis pas certaine de vous le recommander !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Il s'agit du premier long-métrage de fiction qu'Ethan Coen réalise sans son frère, Joël Coen.  Pour autant, Ethan Coen a été accompagné tout au long de la production par son épouse, Tricia Cooke, qui officie sur le film en tant que scénariste, productrice et cheffe monteuse... et se définit elle-même comme queer ?!

Sur une idée de départ amusante : deux lesbiennes Jamie (amusante Margaret Qualley), totalement libérée et Marian (douce Geraldine Viswanathan), son amie pudique et réservée se lancent dans un road trip en direction de Tallahassee en Floride pour rendre visite à la grand-mère de cette dernière...

Mais comme dans beaucoup de thrillers, elles héritent par erreur d'une voiture de location dont le coffre cache un étrange butin de godemichés très spéciaux, qu'un duo de bandits crétins va tout faire pour retrouver...

Quelques trouvailles nous font sourire mais le scénario paresseux et répétitif nous fait vite bailler d'ennui...

Joël reviens !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Turquie, 1996. Ahmet (Doga Karakas),14 ans, ne comprend pas pourquoi son père récemment converti l'envoie dans un pensionnat religieux (Yurt)...

Dans la journée, il fréquente une école privée, laïque, mixte, élitiste et nationaliste où il excelle dans toutes les matières et plus particulièrement en anglais...

Le soir, il retrouve un dortoir surpeuplé, les longues heures d’études coraniques et les brimades subies pour des broutilles...

Accueilli et protégé par Hakan (passionnant Can Bartu Arslan), un pensionnaire de milieu très modeste, Ahmet trouve la force de résister au système violent qui ne vise qu’à embrigader la jeunesse...

Ballotté entre les deux mondes, soutenu par la tendresse impuissante de sa mère, fasciné et rebuté par son père affairiste, tout à la fois insensible et complice (magistral Tansu Bicer), dont il voudrait se faire aimer, l'adolescent découvre son désir pour une jeune fille de son collège et se nourrit de l'amitié de son ami en qui il voit un modèle et un grand-frère...

De tous les plans, le visage pur d'Ahmet nous appelle à nous interroger sur la construction d'une personnalité mâture dans un régime binaire qui annonce celui de la Turquie d'Erdogan, où le pouvoir religieux a malheureusement gagné sur l'ouverture laïque !

A voir absolument même si le film de Nehir Tuna n'est programmé que dans trois salles à Paris !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Roman (Esteban Bigliardi) et Moran (Daniel Elias), deux modestes quadragénaires, employés de banque à Buenos Aires, s'ennuient copieusement dans la routine qui est la leur...

Pour pouvoir profiter d'une vie de loisirs, Moran fomente un projet complètement loufoque : voler à la banque l'équivalent du double salaire que leur employeur leur aurait versé jusqu'à l'âge de la retraite, confier l'argent à Roman, se dénoncer à la police, écoper de 6 ans d'emprisonnement (ramenés à 3 pour bonne conduite), et retrouver la liberté...

S'inspirant d'une histoire un peu similaire, le réalisateur argentin Rodrigo Moreno nous offre, par tranches de vie successives mais non chronologiques, les aventures de ses deux héros entre lieu de travail pour l'un, incarcération pour l'autre et évasion dans les paysages verdoyants de Cordoba où ils vont tour à tour croiser deux femmes Morna et Norma  dont ils partagent l'aspiration au bonheur simple que procure la vie en plein air...

Le scénario habilement construit sur cette idée de départ cocasse, s'étire malheureusement en longueur (le film dure 3h09), au risque de lasser le spectateur qui finit par se désintéresser de l'issue de l'aventure tant la description des deux univers ville/campagne et des deux modes de vie travail/loisirs est caricaturale...

En multipliant les plus ou moins bonnes idées (tel le patron de la banque joué par le même acteur que le caïd en prison), le film perd en force et en subtilité dans sa dénonciation de l'aliénation du monde du travail...

Dommage !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

De retour à Paris de son séjour au Japon, où elle a été invitée durant une semaine par le distributeur local  de son film "Belleville-Tokyo", la réalisatrice Elise Girard a ressenti le besoin de partager sa découverte du Japon et plus particulièrement des villes d'Osaka et de Kyoto - où elle a été frappée par l'étrangeté du pays du Soleil Levant pour un profil occidental...

Désireuse de transposer son ressenti, elle a décidé de réaliser "Sidonie au Japon" en jouant à fond sur l'aspect fantasmatique que procurent la sérénité des temples et la beauté aérienne des cerisiers en fleurs...

Elle nous raconte l'histoire de Sidonie (interprétée magnifiquement par Isabelle Huppert), une femme écrivain en panne d'écriture, qui se rend au Japon à l’occasion de la ressortie de son best-seller. Accueillie par son éditeur japonais avec qui elle découvre les traditions du pays, elle perd peu à peu ses repères… jusqu'à revoir le fantôme de son mari disparu dans un accident de voiture...

Seule française parmi les personnages du film,  Sidonie semble se perdre et se diluer dans des décors d'aéroports et d'hôtels luxueusement vides, où elle est saluée par un personnel obséquieux et célébrée par des admirateurs, silhouette gracile face aux mystères des souvenirs qui refusent de s'effacer...

Seul son éditeur Kenzo Mizoguchi (sensible Tsuyoshi Ihara) la rattache à la vie, même si de son côté, il semble également submergé par une mélancolie ancestrale...

A voir pour le jeu des acteurs mais également et surtout pour les magnifiques paysages de l'île de Naoshima et la magie des jardins des temples Hönen-In à Kyoto et Tödai-Ji à Nara !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Cinéaste iranien en exil depuis 2004, Alireza Khatami est revenu à Téhéran en 2022 dans l'espoir de pouvoir y réaliser un long métrage... dont le permis lui a été refusé par le Ministère de la Culture et de l'Orientation islamique...

Les courts métrages n'étant pas soumis à l'autorisation préalable, le quadragénaire a décidé avec son ami Ali Asgari, d'auto-financer un film de fiction composé de neuf histoires, neuf dialogues entre deux acteurs ou actrices, l'un(e) cadré(e) en plan moyen, l'autre hors champ, avec à chaque fois des interprètes différents, persuadés pour leur propre sécurité de tourner un court métrage...

Un homme déclare la naissance de son fils. Une mère habille sa fille pour la rentrée. Une élève est convoquée par la directrice. Une jeune femme conteste une contravention. Une jeune fille se présente à un entretien d’embauche. Un jeune homme vient retirer son permis de conduire. Un homme au chômage répond à une annonce. Un réalisateur demande une autorisation de tournage. Une femme cherche à retrouver son chien...

Le régime des mollahs traque tout ce qui n'est pas "normal" : porter un tee-shirt de Mickey, avoir les cheveux longs pour un homme, être tatoué, posséder un chien (réputé impur), appeler son enfant d'un prénom à consonance occidentale, ne pas connaître par cœur telle sourate du Coran... etc

Autant d'instantanés tout à la fois drôles et tragiques qui illustrent le pouvoir totalitaire qui soumet la population à d'infinies et absurdes obligations administratives, dans tous les actes de leur vie personnelle et professionnelle !

A voir absolument !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

C’est la fin de l’année scolaire à Budapest. Recalé à son oral d’histoire au baccalauréat, Abel (Gaspar Adonyi-Walsh) décide de mentir à ses parents sur les raisons de son échec et déclenche alors, malgré lui, un scandale politico-médiatique.

Le réalisateur hongrois Gabor Reisz nous raconte, durant plus de deux heures, une courte tranche de vie d'un jeune homme de 18 ans, amoureux d'une jeune fille qui elle-même a déclaré sa flamme à leur professeur d'histoire, lequel l'a gentiment mais fermement remise à sa place...

Xième témoignage sur le monde enseignant où l'élève accuse à tort un professeur, en l'occurrence ce fameux professeur d'histoire qui l'aurait interpellé lors de l'examen sur le port d'un pin's à cocarde, symbole nationaliste lié à la révolution de 1848 mais récupéré par Viktor Orban...

Découpé en plusieurs séquences avant, durant puis après l'examen, le film centré autour d'Abel, se veut l'illustration de la polarisation de la société hongroise dont se nourrit la sphère médiatique mais reste en surface en laissant entendre que le sujet est hautement sensible...

L'ennui, c'est qu'il ne se passe pas grand chose, que les personnages ne sont pas attachants, que certaines scènes, de mon point de vue inutiles ou caricaturales, cassent la tension du film... et que la fin est incompréhensible...

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Le film s’inspire d’une épreuve que Teddy Lussi-Modeste a traversée il y a quelques années, dans le collège où il était professeur...

Si le réalisateur ne souhaitait pas coller aux événements tels qu’ils s’étaient déroulés dans la réalité, il voulait représenter à l'écran les émotions qui l'ont traversé et surtout la peur qui saisit celui qui interprète son rôle...

Julien (François Civil), professeur de français dans un collège de banlieue est convoqué par le CPE (conseiller principal d'éducation) qui lui dit avoir reçu une lettre d'une de ses élèves qui dénonce le harcèlement qu'il exercerait sur elle...

D'une remarque malheureuse formulée en classe et d'une invitation hasardeuse de sa part dans un kebab de 6 bons élèves de sa classe (dont son accusatrice), l'histoire s'emballe au point que peu à peu, Julien perd toute spontanéité et confiance en lui au point de redouter d'entrer dans sa salle de classe, de sortir du collège où l'attend menaçant le frère ainé de la jeune fille qui l'a dénoncé, de croiser le regard en plus en plus critique de ses collègues, d'emprunter le chemin jusqu'à son domicile...

Tout à la fois film à charge contre l'administration de l’Éducation Nationale et la Police, film dénonçant la solitude des enseignants et le pouvoir de la voix des victimes présumées, film reflet de la violence de la société d'aujourd'hui, film miroir de la naïveté et de l'orgueil d'un jeune professeur s'imaginant qu'il peut changer la vie de ces adolescents comme un de ses professeurs a jadis changé la sienne...

L'histoire racontée comme un thriller m'est apparu partisan, non pour son propos mais pour l'intention sous-jacente du réalisateur : souhaite-t-il témoigner de l'actualité du monde enseignant (et dans ce cas j'ai nettement préféré "Un métier sérieux" - voir ma critique du 11 juillet 2023 -, qui est, de mon point de vue, beaucoup plus objectif et distancié) - ou désire-t-il se présenter comme victime et se faire "pardonner" d'un comportement (dans le film en tout cas), totalement immature et nombriliste ?

Vous me direz ce que vous en pensez !

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