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Route 66

Route 66

Prenez vos bécanes pour aller au cinéma, voir des pièces de théâtre, admirer des expositions...

cinema

Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Guère tentée par le scénario à la sortie du film en avril dernier mais convaincue par les éloges qui ont couronné le premier long métrage de Jean-Baptiste Durand lors des César 2024, j'ai décidé d'entrer dans un univers qui m'est totalement étranger...

Chien de la casse, une expression qui vient des banlieues, définit l’amitié de ces jeunes gens d'un village du Sud de la France où le réalisateur a lui-même grandi...

C'est une relation qui s'inscrit dans un rapport dominant/dominé - qui n'est pas sans évoquer la relation maître/chien -  et se caractérise par un attachement indéfectible et une fidélité qui frise l'absurde...

Mirales le tchatcheur (excellent Raphaël Quenard) et Dog le taiseux (étonnant Anthony Bajon) sont potes ; l'arrivée d'Elsa (Galatea Bellugi) dont Dog tombe amoureux, va rebattre les cartes de leur amitié dis-harmonieuse...

Un étrange objet de cinéma où l'on s'ennuie un peu comme les jeunes péri-urbains dont le réalisateur nous offre un portrait sensible, avec de jolis moments, des scènes incompréhensibles quand on n'est pas initié et une touche finale résolument positive !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Prague, 1938. Alors que la ville est sur le point de tomber aux mains des nazis, Nicholas Winton, un banquier londonien va tout mettre en œuvre pour sauver des centaines d’enfants promis à une mort certaine dans les camps de concentration...

Durant près de deux heures, le spectateur partage le sauvetage de ces enfants tchécoslovaques, pour la plupart juifs, qui, grâce à l'énergie déployée par Nicholas Winton, sa mère et quelques amis, ont trouvé des familles d'accueil en Angleterre...

James Hawes s'est inspiré du livre If It’s Not Impossible, écrit par la fille de Winton pour raconter la formidable épopée de ce héros modeste, dont on n'a découvert l'existence qu'en 1988, lors d'une émission à la BBC...

Incarné successivement par Johnny Flynn durant ces jeunes années puis par Anthony Hopkins en 1988, cet homme hors du commun parle à l'humanité qui est en nous et nous interpelle sur les réfugiés d'aujourd'hui !

Un film boudé par Télérama, applaudi en salle, que certaines maladresses de mise en scène rendent encore plus poignant !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

En 1972, Marcel Trillat avait réalisé un premier documentaire télévisuel de 26 minutes sur les frères Bertrand, trois paysans célibataires qui tenaient une exploitation laitière d'une centaine de bêtes dans un village de 50 habitants en Haute-Savoie !

Concerné par ce témoignage puisqu'il habitait à côté de cette ferme, le réalisateur Gilles Perret a décidé de leur consacrer en 1997 son premier film Trois frères pour une vie, alors que les trois agriculteurs sont en train de transmettre la ferme à leur neveu Patrick et sa femme Hélène.

Aujourd’hui, 25 ans plus tard, le réalisateur-voisin reprend la caméra pour accompagner Hélène qui, à son tour, va passer la main.

50 ans dans la vie d'une ferme, à travers plusieurs générations qui ont à cœur de bien faire leur travail, de s'inscrire dans le progrès comme par exemple la robotisation de la traite, de sauvegarder la beauté des paysages qui les entourent à 800 m d'altitude sur les coteaux de la vallée du Giffre entre Chamonix et Genève et de transmettre leur exploitation dans les meilleures conditions !

Des personnages attachants, bouleversants d'humanité acceptent de parler d'eux-mêmes, de la joie que leur procure leur travail mais également de la pénibilité et du côté répétitif de leurs tâches, de la réalité économique dans laquelle s'inscrit la fabrication du Reblochon et de leur vie intime rendue si complexe du fait de l'exode rural...

Des images de cartes postales mais pas que, des sourires d'enfants dont les yeux pétillent, des repas simples partagés autour d'une table en bois, des vaches magnifiques dont chacun connait le nom et le caractère...

Un film pour raconter une histoire agricole tout à la fois traditionnelle, respectueuse des hommes, des animaux et de la nature et résolument ancrée dans son siècle !

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Le film s’inspire du roman Présences d’un été du Japonais Taichi Yamada, publié en 1987 avant d’être traduit en anglais en 2003.

Encensé par la critique, il nous raconte l'histoire d'Adam (Andrew Scott), qui vit dans une tour à Londres où la plupart des appartements sont inoccupés.

Scénariste en chambre, assailli par des souvenirs de son passé, Adam retourne dans la ville de son enfance où il a vécu avec ses parents qui sont morts dans un accident de voiture alors qu'il n'avait que 12 ans... et découvre que ses parents occupent toujours les lieux, et semblent avoir le même âge que le jour de leur mort, il y a plus de 30 ans !!!

Le réalisateur Andrew Haigh s'attache aux névroses de cet homme qui s'affirme comme gay et vit seul dans un appartement qui lui sert de tanière...

Séduit par Harry (Paul Mescal), un mystérieux voisin qui redoute la visite de vampires, il renoue avec une sexualité vaguement honteuse qui l'angoisse et le comble tout à la fois...

Dans un récit mêlant réalisme et fantastique, le cinéaste nous invite à partager durant 1h45, la parcours psychanalytique de ce quadragénaire mal dans sa peau, en nous infligeant scènes de sexe et délires sous psychotropes...

Au secours !

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Comme tout a été dit sur Molière ou presque, Olivier Py nous propose un Molière bisexuel !

Le film nous raconte la dernière représentation du Malade imaginaire, le 17 février 1673, sur la scène du théâtre du Palais-Royal, par un Molière agonisant...

Dans un magnifique décor rouge et or, la caméra nous invite à assister au spectacle en nous conviant sur la scène, dans les balcons, dans la loge et les coulisses...  de l'ultime performance de Jean-Baptiste Poquelin !

Le réalisateur nous immerge et nous noie dans un scénario qui n'est pas sans évoquer la Rome décadente : sexe, luxure, orgie... rien ne nous est épargné !

Laurent Lafitte (Molière), les acteurs de la troupe et les spectateurs sont ridicules dans leurs rôles poudrés ; seule Jeanne Balibar, qui n'apparait que quelques instants, est émouvante dans le rôle de Madeleine !

A éviter !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Bertrand Bonello adapte le court roman d'Henry James, La Bête dans la jungle, paru en 1903, mais a inversé les rôles par rapport à la nouvelle en faisant du personnage féminin celui qui est dans l'attente et le pressentiment...

Le récit se déroule à trois périodes distinctes : 1910 (pour la crue historique de la Seine), 2014 et 2044 - et met en scène deux acteurs prodigieux : Léa Seydoux, femme à la fois moderne et intemporelle et George MacKay, un comédien anglais dont le physique magnétique tente de remplacer le génial Gaspard Ulliel, prévu à l'origine pour le rôle...

Le film démarre en 2044 : l'intelligence artificielle a pris le pouvoir et les êtres de chair et de sang, devenus inutiles sont sommés de subir un traitement de "purification" psychique, qui les amène à revivre des moments de leur passé pour tenter d'effacer les affects et les émotions qui les empêchent d'être compétitifs...

Gabrielle va donc replonger en 1910 où lors d'un bal, elle rencontre Louis : le coup de foudre est immédiat mais elle est mariée... puis en 2014 où jeune et jolie starlette qui tente de percer à Hollywood, elle retrouve Louis sous les traits d'un psychopathe (inspiré d'un tueur en série qui a réellement existé)...

Le pitch est long mais passionnant sur le papier...

Le film séduit les critiques qui crient au génie...

Pour ma part, même si j'ai été séduite par le scénario et le jeu des acteurs, je suis malheureusement restée à l'extérieur du film et j'avoue m'être parfois ennuyée tant la durée est longue (2h26)...

Mélodrame, thriller, dystopie, romance, documentaire historique... le film embrasse tous les genres et maintient le suspense jusqu'aux dernières images... mais comme dit Télérama, pour apprécier "La bête", "il faut se faire attraper et accepter la morsure", ce qui n'a pas été mon cas !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Quentin Dupieux, nouvelle coqueluche des media, a de bonnes idées de scénario (voir ma critique de Yannick en août 2023), mais a du mal à les mettre en images sur la durée d'un long métrage (même si le film ne dure qu'1 heure 18)...

"Quand j’ai rêvé de ce film, j’ai très vite senti qu’il ne fallait pas faire un film sur Dalí mais avec Dalí."

Le réalisateur explique qu'en confiant le rôle à plusieurs acteurs (6 acteurs d'où les 6 a du titre), il souhaitait briser l'idée du biopic ?

Une jeune journaliste débutante (ex pharmacienne !?), interprétée par Anaïs Demoustier, souhaite interviewer le maître et trouve un producteur en la personne de Romain Duris pour la soutenir dans son projet, car Dali exige une vraie caméra de cinéma pour être filmé... mais le peintre de génie se dérobe à l'exercice pour des raisons toutes plus loufoques les unes que les autres...

Le procédé amusant au départ, finit par vite lasser d'autant que l'actrice ne convainc pas autant qu'à son habitude, tant son jeu est prévisible et répétitif...

Quant aux 6 Dali, seul Edouard Baer tire son épingle du jeu, les 5 autres étant au mieux pathétiques...

Si l'on oublie la première image qui reproduit le tableau intitulé Fontaine nécrophilique, la peinture de Dali est curieusement et malheureusement absente à part quelques allusions...

Dommage de réduire le génial peintre catalan à sa caricature qu'il a incarné notamment dans sa publicité pour le chocolat Lanvin...

Dommage que le riche imaginaire du peintre ne soit pas plus présent et que toute la seconde partie explore les rêves surréalistes d'un évêque avec lequel il est invité à dîner chez un ami commun ???

Je sauverais le décor reconstitué de Port LLigat et de la magnifique maison où Salvador habitait avec Gala !

Et je résumerais ma critique par un mot : boffffff !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Pourquoi tourner un tel film ?

Pourquoi aller voir un tel film ?

Le long métrage de Jonathan Glazer a obtenu le Grand Prix du Jury à Cannes mais a divisé les critiques et continue à diviser les cinéphiles...

L’expression "zone d’intérêt", a été utilisée par les nazis pour décrire le périmètre de 40 kilomètres carrés entourant le camp de concentration d’Auschwitz...

S'interdisant d'entrer dans le camp, le réalisateur filme la vie "ordinaire"  du commandant du camp Rudolf Höss qui vit dans une maison entourée d'un jardin "paradisiaque" qui jouxte le camp, avec sa femme Hedwig (Sandra Hüller) et leur cinq enfants blonds...

La caméra filme les murs, les baraquements et les miradors du camp, la bande son nous immerge dans les soit-disant bruits émanant du camp... mais tout sonne faux !

Les écrans noirs, le scénario appuyé, distillant les allusions à l'holocauste, l'antisémitisme des protagonistes... donnent la nausée !

Qu'a voulu réellement nous dire le réalisateur dont "l’idée était d’observer des gens dans leur vie quotidienne. Je voulais capturer le contraste entre quelqu’un qui se verse une tasse de café dans sa cuisine et quelqu’un en train d’être assassiné de l’autre côté du mur, la coexistence de ces deux extrêmes" ?

Je voulais me rendre compte par moi-même et témoigner : j'ai détesté le film car il n'apporte rien qu'on ne sache déjà...

En choisissant le parti pris de la "banalité du mal", le réalisateur invisibilise les victimes et la réalité de leur extermination qui n'apparait que dans les dernières images lorsqu'il filme les femmes de ménage du musée d'Auschwitz !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Le film raconte l’histoire d’un ami du réalisateur yéménite Amr Gamal, et de sa femme, confrontés à une grossesse non désirée...

Isra’a (Abeer Mohammed) vit avec son mari Ahmed (Khaled Hamdan) et ses trois enfants dans le vieux port de la ville d’Aden, au sud du Yémen. Leur vie quotidienne est rythmée par les effets de la guerre civile : contrôles militaires dans les rues, pannes de courant fréquentes, et rationnement de l’eau. Ahmed, qui travaillait pour la télévision, a dû quitter son poste à la suite de nombreux salaires impayés, pour devenir chauffeur de taxi collectif.

Quand Isra’a apprend qu’elle est à nouveau enceinte, le couple sait qu’il ne peut pas se permettre un quatrième enfant, d’autant qu’ils doivent déménager dans un logement moins cher et qu’il faut payer les frais d’inscription d’école du petit dernier. Ensemble, ils décident d’avorter.

C'est un vrai parcours du combattant qui les attend dans ce pays profondément musulman... où les religieux et le corps médical sont étonnamment partagés sur le sujet de l'avortement...

Nous suivons le couple dans la ville d'Aden qui est le véritable 3ème personnage de l'histoire et nous "souffrons" aux côtés d'Isra'a qui doit affronter les colères de son mari, l'intransigeance de sa sœur et la corruption qui s'invite à tous les guichets...

Heureusement elle va trouver sur sa route des personnes "éclairées" comme Mona (Samah Alamrani), une amie médecin et sa belle mère qui comprend la situation à mi-mots et la soutient autant que cela lui est possible dans une société patriarcale.

Un film à voir pour son sujet (en France, les femmes se battent pour inscrire le droit à l'avortement dans la constitution) - et ses excellents acteurs tous non professionnels mais touchants dans leur authenticité ! 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Le réalisateur japonais Kei Ishikawa a choisi d'adapter le roman éponyme de Keiichiro Hirano (qui a remporté en 2018 le prix Yomiuri - le Goncourt japonais), pour nous parler du phénomène des "évaporés" au Japon, communément dénommés "jōhatsu".

Chaque année, on estime qu'environ cent mille personnes disparaissent volontairement au pays du Soleil-Levant, abandonnant leur famille et leurs proches derrière elles. Les raisons derrière ce désir de disparition sont nombreuses et diverses, il s'agit souvent d'un besoin de fuir un quotidien anxiogène, une situation familiale compliquée ou des dettes impossibles à éponger.

La première image du film donne le ton : dans un tableau de Magritte, un homme aux cheveux bruns découvre le reflet de sa nuque dans la glace...

A la mort de son mari, Rie (Sakura Ando excellente) découvre que l'homme qu'elle aimait, qui lui a donné une fille et a adopté son fils né de sa première union, n'était pas celui qu'il prétendait être...

Elle fait appel à Maître Kido (Satoshi Tsumabuki formidable), l'avocat qui l'avait accompagnée dans son divorce, pour découvrir la véritable identité de son défunt mari...

Comme un rubik's cube dont on doit recomposer les 6 faces, le scénario nous amène à nous interroger sur la psyché de tous les hommes qui s'inscrivent dans cette quête vertigineuse, où chacun tente d'effacer de sa mémoire un passé qui menace leur équilibre... mais également sur la difficulté à se construire quand on rejette ou quand on recherche sa filiation, et encore sur la lourdeur des traditions et le racisme de la société japonaise...

Malgré quelques longueurs, le film nous envoûte à la manière d'un polar existentiel !

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