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Route 66

Route 66

Prenez vos bécanes pour aller au cinéma, voir des pièces de théâtre, admirer des expositions...

cinema

Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Dans le film, on découvre Maurice Ravel à une période qui ne lui est pas propice, comme l'explique la réalisatrice Anne Fontaine : "Il est enlisé, il ne sait pas comment aborder le ballet qu’il a promis à cette femme aussi tenace que baroque qu’est Ida Rubinstein, ex-danseuse des Ballets Russes, devenue la star et la productrice de ses propres spectacles."

Pour interpréter ce musicien, mal dans sa peau, qui n'aime pas son Boléro, auquel le grand public le réduit souvent aujourd'hui, Raphaël Personnaz a perdu 10 kg, a repris des leçons de piano pour entrer dans le jeu de Ravel (il interprète 80% des morceaux), et s'est formé à la direction d'orchestre : une véritable performance !

De tous les plans, l'acteur (sous "utilisé" dans le cinéma), incarne brillamment l'artiste solitaire, ascète tiré à quatre épingles, attaché à sa mère et vieillard avant l'heure touché par une maladie dégénérative - et éclipse les autres personnages à l'exception de Jeanne Balibar qui semble beaucoup s'amuser dans son interprétation d'Ida Rubinstein !

Tourné en grande partie dans la vraie maison de Ravel, Le Belvédère, à Montfort-l'Amaury dans les Yvelines, le film séduit par quelques trouvailles (l'immersion dans une usine pour repérer des rythmes répétitifs) - mais pêche malheureusement par ses longueurs, ses digressions et ses répétitions...

Les premières images sonores, pot pourri de toutes les interprétations de ce "hit" mondialement adopté sont passionnantes... par contre la fin qui illustre les fameuses 17 minutes de l’œuvre n'en finit plus !

Le film de 2 heures aurait mérité d'être resserré autour du mystère de la création de ce génie, dont la musique continue à nous accompagner et pas uniquement au Pays Basque !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Le film du réalisateur allemand Ilker Catak concourt aux Oscars 2024 dans la catégorie Meilleur film international, aux côtés de Moi, capitaine (Italie), Perfect days (Japon),  Le cercle des neiges (Espagne) et La zone d'intérêt (Royaume Uni)... 

Alors qu'une série de vols a eu lieu en salle des profs, Carla Nowak (formidable Leonie Benesch), professeure principale d'une classe de 5ème, très réticente face à la pression exercée sur les enfants pour leur faire dénoncer le ou la coupable, décide de mener l'enquête seule et à sa façon...

Très à l'aise dans son double rôle de professeure de maths et d'éducation physique, elle a un excellent contact avec ses élèves mais n'a pas encore complètement trouvé sa place auprès de ses collègues qui, pour la plupart, enseignent depuis de longues années dans ce collège...

Le film nous questionne très intelligemment sur la société actuelle, ses rapports sociaux et son racisme sous-jacent, sur les relations conflictuelles entre parents et professeurs, sur la place de l'adolescent dans un environnement d'adultes, sur les notions de pouvoir, de solidarité et de délation...

Tous les acteurs, quel que soit leur âge, sont tous excellemment campés dans leur complexité et l'on sort de la salle partagé : qu'aurions-nous fait à la place de Carla, le voleur dénoncé est-il le coupable, quels sont les réels enjeux de ce drame social, comment les victimes vont-elles pouvoir se reconstruire etc...

Passionnant !

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Après un premier documentaire sur la famille de son père Leur Algérie, réalisé en 2021, Lina Soualem, née à Paris d'un père algérien et d'une mère palestinienne, continue à filmer ses proches pour leur faire raconter l'histoire de leurs vies...

Dans son dernier long métrage, elle a réussi à convaincre sa mère Hiam Abbass (qui interprète son propre rôle), de parler de sa famille, de son passé et surtout de revenir sur les circonstances de son déracinement...

Hiam Abbass a quitté son village palestinien pour réaliser son rêve de devenir actrice en Europe, laissant derrière elle sa mère, sa grand-mère et ses sept sœurs.

Trente ans plus tard, elle accepte de retourner avec sa fille sur les traces des lieux disparus et des mémoires dispersées de quatre générations de femmes palestiniennes.

Le film s'ouvre sur des images d'archives familiales et nous parle de cette terre de Palestine tant aimée et du lac de Tibériade dans lequel toutes les générations de la famille Tabarya (traduction arabe de Tibériade), se sont baignées...

La réalisatrice nous parle de la beauté de la langue arabe, des traditions et des valeurs que ces femmes ont réussi à transmettre à leurs enfants, malgré les drames consécutifs à l'exode de 1948*, et c'est très beau !

* En 1948, 700 000 Arabes palestiniens (sur les 900 000 qui vivaient dans les territoires qui passeront sous contrôle israélien à l'issue de la guerre), auraient fui ou auraient été chassés de leurs terres...

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Très intéressée par la relation mère/fille, Isabelle Brocard s'attache à une figure de l'histoire de la littérature française, à laquelle, jusqu'ici, le cinéma ne s'était pas intéressé ...

Désireuse de faire le pont entre la position actuelle des femmes dans la société et la question des femmes telle qu'elle se posait au XVIIe siècle,  la réalisatrice s'est plongée dans les Lettres de Madame de Sévigné écrites à sa fille Madame de Grignan et  s'est beaucoup appuyée sur la biographie de Roger Duchêne, considéré comme le spécialiste de l'illustre épistolière...

Tourné dans les magnifiques décors intérieurs et extérieurs des châteaux de Courances et de Grignan, le scénario nous invite au cœur des échanges entre ces deux femmes, belles, intelligentes et éminemment "modernes"...

Karin Viard incarne avec son talent habituel et sans cesse renouvelé, Marie de Rabutin-Chantal, veuve de Henri de Sévigné, tué lors d'un duel avec le chevalier d'Albret, pour les beaux yeux de sa maîtresse Madame de Gondran, amie de Madame de La Fayette et Charles de La Rochefoucauld - et mère de deux enfants : Françoise et Charles, dont contrairement aux mœurs de l'époque, elle s'occupera elle-même dès leur plus petite enfance...

Ana Girardot interprète avec un peu de maladresse à mon goût, Françoise, la fille de la Marquise, contrainte d'épouser François de Grignan, un homme beaucoup plus âgé qu'elle, pour des raisons que vous redécouvrirez dans le récit... avec lequel elle aura trois enfants...

Au-delà de l'intérêt historique, c'est l'emprise exercée par cette mère possessive sur la destinée de sa fille qui intéresse la cinéaste : comment rivaliser avec cette femme de lettres indépendante qui brille dans les salons parisiens auprès des plus beaux esprits, lorsque l'on est une jeune femme fatiguée par des grossesses à répétition et exilée en province dans un mariage où l'argent manque cruellement ?

Si le débat et la mise en perspective sont intéressants, je trouve que le film pêche par un défaut de casting en la personne d'Ana Girardot (que j'avais adorée dans Ce qui nous lie en 2017), dont le visage et l'allure très contemporains siéent mal à cette époque...

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Difficile de réussir une deuxième œuvre quand la première a remporté tous les suffrages...

Xavier Legrand a brillamment dénoncé dans Jusqu'à la garde les violences faites aux femmes, avec un casting 5 étoiles : Léa Drucker et Denis Ménochet...

Le réalisateur choisit cette fois-ci de confier le rôle principal à Marc-André Grondin, un acteur québécois au regard enfantin dans une silhouette charpentée pour continuer à creuser le sillon de la dénonciation du patriarcat...

Le film démarre sur une scène d'anthologie d'un défilé de haute couture dans un labyrinthe glacé : le génie de la mode Ellias Barnès est ovationné par le Tout Paris !

Quand il apprend que son père, qu’il n'a pas revu  depuis une vingtaine d'années, vient de mourir d’une crise cardiaque, il se rend au Québec pour régler la succession.

Quittant son univers privilégié, il se retrouve plongé dans la banlieue pavillonnaire de Montréal où les voisins de son père se montrent très... trop prévenants...

Assailli par les souvenirs, déphasé par le décalage horaire, reprenant bien malgré lui son accent canadien, Ellias va découvrir que son père cachait sous des dehors sympathiques, un terrible secret... qu'il ne va pas savoir gérer...

Malgré quelques scènes parodiques voire paroxystiques, le film nous interroge sur la filiation : tel père, tel fils ? et nous fait partager la descente aux enfers d'un homme qui se croyait arrivé au sommet par son seul talent...

Pour ma part, je me rangerais plutôt dans les Pour, même si j'aurais bien aimé que l'on creuse le personnage de la mère d'Ellias pour mieux comprendre l'immense fragilité du fils !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Guère tentée par le scénario à la sortie du film en avril dernier mais convaincue par les éloges qui ont couronné le premier long métrage de Jean-Baptiste Durand lors des César 2024, j'ai décidé d'entrer dans un univers qui m'est totalement étranger...

Chien de la casse, une expression qui vient des banlieues, définit l’amitié de ces jeunes gens d'un village du Sud de la France où le réalisateur a lui-même grandi...

C'est une relation qui s'inscrit dans un rapport dominant/dominé - qui n'est pas sans évoquer la relation maître/chien -  et se caractérise par un attachement indéfectible et une fidélité qui frise l'absurde...

Mirales le tchatcheur (excellent Raphaël Quenard) et Dog le taiseux (étonnant Anthony Bajon) sont potes ; l'arrivée d'Elsa (Galatea Bellugi) dont Dog tombe amoureux, va rebattre les cartes de leur amitié dis-harmonieuse...

Un étrange objet de cinéma où l'on s'ennuie un peu comme les jeunes péri-urbains dont le réalisateur nous offre un portrait sensible, avec de jolis moments, des scènes incompréhensibles quand on n'est pas initié et une touche finale résolument positive !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Prague, 1938. Alors que la ville est sur le point de tomber aux mains des nazis, Nicholas Winton, un banquier londonien va tout mettre en œuvre pour sauver des centaines d’enfants promis à une mort certaine dans les camps de concentration...

Durant près de deux heures, le spectateur partage le sauvetage de ces enfants tchécoslovaques, pour la plupart juifs, qui, grâce à l'énergie déployée par Nicholas Winton, sa mère et quelques amis, ont trouvé des familles d'accueil en Angleterre...

James Hawes s'est inspiré du livre If It’s Not Impossible, écrit par la fille de Winton pour raconter la formidable épopée de ce héros modeste, dont on n'a découvert l'existence qu'en 1988, lors d'une émission à la BBC...

Incarné successivement par Johnny Flynn durant ces jeunes années puis par Anthony Hopkins en 1988, cet homme hors du commun parle à l'humanité qui est en nous et nous interpelle sur les réfugiés d'aujourd'hui !

Un film boudé par Télérama, applaudi en salle, que certaines maladresses de mise en scène rendent encore plus poignant !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

En 1972, Marcel Trillat avait réalisé un premier documentaire télévisuel de 26 minutes sur les frères Bertrand, trois paysans célibataires qui tenaient une exploitation laitière d'une centaine de bêtes dans un village de 50 habitants en Haute-Savoie !

Concerné par ce témoignage puisqu'il habitait à côté de cette ferme, le réalisateur Gilles Perret a décidé de leur consacrer en 1997 son premier film Trois frères pour une vie, alors que les trois agriculteurs sont en train de transmettre la ferme à leur neveu Patrick et sa femme Hélène.

Aujourd’hui, 25 ans plus tard, le réalisateur-voisin reprend la caméra pour accompagner Hélène qui, à son tour, va passer la main.

50 ans dans la vie d'une ferme, à travers plusieurs générations qui ont à cœur de bien faire leur travail, de s'inscrire dans le progrès comme par exemple la robotisation de la traite, de sauvegarder la beauté des paysages qui les entourent à 800 m d'altitude sur les coteaux de la vallée du Giffre entre Chamonix et Genève et de transmettre leur exploitation dans les meilleures conditions !

Des personnages attachants, bouleversants d'humanité acceptent de parler d'eux-mêmes, de la joie que leur procure leur travail mais également de la pénibilité et du côté répétitif de leurs tâches, de la réalité économique dans laquelle s'inscrit la fabrication du Reblochon et de leur vie intime rendue si complexe du fait de l'exode rural...

Des images de cartes postales mais pas que, des sourires d'enfants dont les yeux pétillent, des repas simples partagés autour d'une table en bois, des vaches magnifiques dont chacun connait le nom et le caractère...

Un film pour raconter une histoire agricole tout à la fois traditionnelle, respectueuse des hommes, des animaux et de la nature et résolument ancrée dans son siècle !

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Le film s’inspire du roman Présences d’un été du Japonais Taichi Yamada, publié en 1987 avant d’être traduit en anglais en 2003.

Encensé par la critique, il nous raconte l'histoire d'Adam (Andrew Scott), qui vit dans une tour à Londres où la plupart des appartements sont inoccupés.

Scénariste en chambre, assailli par des souvenirs de son passé, Adam retourne dans la ville de son enfance où il a vécu avec ses parents qui sont morts dans un accident de voiture alors qu'il n'avait que 12 ans... et découvre que ses parents occupent toujours les lieux, et semblent avoir le même âge que le jour de leur mort, il y a plus de 30 ans !!!

Le réalisateur Andrew Haigh s'attache aux névroses de cet homme qui s'affirme comme gay et vit seul dans un appartement qui lui sert de tanière...

Séduit par Harry (Paul Mescal), un mystérieux voisin qui redoute la visite de vampires, il renoue avec une sexualité vaguement honteuse qui l'angoisse et le comble tout à la fois...

Dans un récit mêlant réalisme et fantastique, le cinéaste nous invite à partager durant 1h45, la parcours psychanalytique de ce quadragénaire mal dans sa peau, en nous infligeant scènes de sexe et délires sous psychotropes...

Au secours !

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Comme tout a été dit sur Molière ou presque, Olivier Py nous propose un Molière bisexuel !

Le film nous raconte la dernière représentation du Malade imaginaire, le 17 février 1673, sur la scène du théâtre du Palais-Royal, par un Molière agonisant...

Dans un magnifique décor rouge et or, la caméra nous invite à assister au spectacle en nous conviant sur la scène, dans les balcons, dans la loge et les coulisses...  de l'ultime performance de Jean-Baptiste Poquelin !

Le réalisateur nous immerge et nous noie dans un scénario qui n'est pas sans évoquer la Rome décadente : sexe, luxure, orgie... rien ne nous est épargné !

Laurent Lafitte (Molière), les acteurs de la troupe et les spectateurs sont ridicules dans leurs rôles poudrés ; seule Jeanne Balibar, qui n'apparait que quelques instants, est émouvante dans le rôle de Madeleine !

A éviter !

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