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Route 66

Route 66

Prenez vos bécanes pour aller au cinéma, voir des pièces de théâtre, admirer des expositions...

cinema

Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Le réalisateur allemand Jan-Ole Gerster filme la journée d'anniversaire des 60 ans de son héroïne Lara Jenkins !

Cette dernière est interprétée par Corinna Harfouch, la "Isabelle Huppert allemande", une belle actrice cadenassée sur elle-même à l'instar du personnage de femme et de mère frustrée qu'elle incarne...

Quand elle se réveille seule dans son appartement de Berlin, Lara boit son café et fume sa première cigarette devant la fenêtre dont elle enjambe l'encadrement...

Distraite par un coup de fil intempestif, Lara est contrainte de vivre sa journée d'anniversaire alors qu'elle n'a plus de nouvelles de son fils Viktor, pianiste virtuose dont elle a été le professeur intraitable et qui donne ce soir un concert auquel elle craint de ne pas être conviée...

Nous comprendrons au fil des scènes que Lara Jenkins a pour sa part abandonné sa carrière de pianiste, découragée par un éminent professeur castrateur pour faire "carrière" à la mairie de Berlin où elle s'est révélée une excellente manager, respectée mais détestée par ses collaborateurs...

Nous comprendrons aussi le lien mortifère entre cette femme et son fils qui peine à exister sans le regard de sa mère, malgré ce que cela lui en coûte !

Un film formidable sur la transmission qui aurait gagné à être plus musical et un peu moins bergmanien !

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Todd Haynes nous raconte l'histoire vraie de Robert Bilott (Mark Ruffalo formidable), un avocat d'affaires que rien ne prédestinait à la fin des années 90 à combattre les dérives d'un géant de l'industrie américaine : DuPont qui fabrique entre autres du Téflon...

Robert Bilott est alerté par un fermier voisin de sa grand-mère dont les vaches meurent une à une : ses terres sont voisines de l'usine mais personne ne l'écoute...

A partir de cet instant, et malgré les réticences initiales de son patron dont le cabinet Taft défend les intérêts des industries chimiques, l'avocat va se consacrer corps et âme et ce durant une quinzaine d'années à la défense de ce fermier, au risque d'y perdre sa famille, son job et sa santé !

Malgré quelques longueurs, le réalisateur réussit à nous captiver et à nous faire adhérer aux multiples dimensions scientifique, juridique, économique, médicale et politique de ce combat titanesque de David contre Goliath...

Tourné dans la région du drame et dans les locaux mêmes du cabinet d'avocats, le film sonne juste jusque dans l'atmosphère fin du monde de la nature polluée par les rejets chimiques du PFOA, une substance de synthèse responsable de pathologies cancéreuses avérées...

A voir !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Le premier long métrage de Mounia Meddour sorti sur les écrans en octobre 2019 a été récompensé par 2 césars : celui du meilleur espoir féminin pour l'interprète principale Lyna Khoudri et celui de la meilleure première oeuvre...

La réalisatrice franco-algérienne nous replonge dans les années 90 au sein de la guerre civile algérienne qui opposa le gouvernement à divers groupes islamistes et se solda par 150000 morts !

Nedjma (délicieuse Lyna Khoudri)  est la figure même des Papicha algéroises : jolie, drôle, libérée et styliste amateur, elle essaie de vivre ses 18 ans malgré le corset de l'obscurantisme islamiste...

Etudiante en français, elle vit dans la cité universitaire d'où elle s'échappe la nuit tombée avec ses amies pour vendre ses créations dans les toilettes des boîtes de nuit...

Nedjma aime faire la fête, danser, s'habiller comme les européennes, se maquiller et refuse de répondre aux injonctions de la morale islamiste qui commande aux femmes de cacher leur corps...

Lorsque la soeur de Nedjma est tuée devant ses yeux, elle décide après un moment d'abattement et grâce au soutien de ses amies, d'organiser un défilé de ses créations taillées dans des haïks !

Le film incarne avec maestria la pulsion de vie de ces jeunes femmes qui parlent un françarabe inventif et osent entrevoir leur vie en dehors des codes patriarcaux de leur époque...

Je n'avais pas vu le film à sa sortie et je me réjouis de vous le recommander chaudement ! 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Je vous recommande vivement ce festival qui se déroule pour sa 6ème édition du 2 au 9 mars au Balzac, au Christine, au Max Linder, au studio 28 et au centre spirituel et culturel orthodoxe russe !

L'ouverture du festival a eu lieu lundi au Balzac en présence de la marraine Macha Méril...

Après un accueil avec des bulles et un concert piano et violon, nous avons eu la chance de voir en avant première le film de Larissa Sadilova intitulé Il était une fois dans l'Est !

Présenté au festival de Cannes 2019 dans la section Un certain regard, le film sortira le 29 avril sur les écrans...

La réalisatrice, également présente au Balzac, y raconte une "banale" histoire d'amour entre deux voisins d'un petit village non loin de Moscou...

Ils sont tous les deux mariés et plutôt heureux en ménage mais la passion les réunit au gré des déplacements de l'un et de l'autre... Elle va régulièrement à Moscou pour vendre ses tricots et lui est routier...

L'histoire se révélera pas si banale que cela et nous suivons avec amusement les péripéties gentiment cocasses de leur idylle jusqu'à la chute que je ne vous raconterai pas !

Aujourd'hui mercredi j'ai vu Salle n°6 réalisée en 2010 par Karen Chakhnazarov, l'adaptation d'une nouvelle de Tchekhov transposée à notre époque : une réflexion sensible et journalistique sur les pensionnaires d'un asile de fous dont le médecin chef se laisse séduire par l'esprit philosophique d'un de ses patients au point de le rejoindre dans la salle n°6 !

J'ai enchaîné avec Katia Ismaïlova réalisé en 1994 par Valery Todororovski : une femme écrivain très autoritaire "utilise" Katia sa belle fille comme dactylo et l'emmène dans sa datcha pour finir de taper son dernier roman...  Un très séduisant menuisier / majordome vient semer le trouble amoureux entre les deux femmes... Des personnages secondaires savoureux et une fin digne d'Anna Karénine..

Le festival se poursuit entre longs métrages en compétition (jeudi et vendredi au Balzac), films de Sokourov et de Bodrov, courts métrages...

La soirée de clôture aura lieu au Max Linder lundi 9 mars à 18h en présence d'Alexandre Sokourov...

44 séances à déguster sans modération !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Anthony Chen, le réalisateur de Ilo Ilo (caméra d'or à Cannes en 2013) reprend ses deux interprètes pour nous raconter l'histoire d'une jeune femme Ling en pleine crise de la quarantaine...

Dans le contexte pluvieux de la mousson singapourienne, Ling (Yeo Yann Yann) fait bonne figure malgré la dérive de sa vie personnelle et le peu d'intérêt de sa vie professionnelle...

Ling est une femme courage qui s'occupe de son beau-père mourant et supporte la froideur de son mari avec lequel elle tente depuis des années d'avoir un enfant...

Ling est professeur de chinois dans un lycée où elle peine à intéresser ses étudiants puisque sa matière est facultative...

C'est pourtant au contact de Wei Lun (Koh Jla Ler), un de ses élèves délaissé par ses parents que Ling va retrouver le goût de se rendre utile...

Wet season sonne d'autant plus vrai que le réalisateur essaie également d'avoir un enfant avec son épouse...

Le film lent et beau nous attache à ce visage de femme qui subit puis tente de reprendre le fil de sa vie mais le scénario, noyé  par les torrents d'eau qui n'en finissent plus de ruisseler sur les vitres des appartements et des voitures, nous laisse étonnamment sur le côté !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

A bientôt 90 ans, Clint Eastwood continue à nous raconter l'Amérique...

Dans son dernier film il nous parle à travers ce fait divers, de la figure du héros ordinaire encensé puis broyé par la machine médiatique...

Richard Jewell (Paul Walter Hauser formidable d'humanité), fait partie de l'équipe des agents de sécurité lors des jeux olympiques d'Atlanta en 1996...

Très investi dans son métier, il repère un sac à dos abandonné et convainc les forces de police de faire évacuer la zone : grâce à lui, la bombe ne fera qu'un seul mort et une centaine de blessés...

Les media se ruent sur le quidam anonyme, un gentil garçon rondouillard qui vit encore chez sa mère : du jour au lendemain, son nom est sur tous les écrans et sa mère Barbara ou Bobi pour les intimes (Kathy Bates sensationnelle), n'en finit plus d'admirer ce fils qu'elle a si bien élevé dans le respect des autorités...

Le FBI présent dans cette affaire à travers la figure de Tom Shaw (Jon Hamm), se fait piéger par Kathy (Olivia Wilde), une journaliste prête à tout pour un bon scoop...

Le nouveau héros dont le passé révèle des failles, devient du jour au lendemain l'ennemi public n°1 dont la vie privée devient un enfer... 

Grâce à Watson Bryant (formidable Sam Rockwell), un "ami" avocat atypique que Richard appelle pour prendre sa défense, la machine infernale de la délation ordinaire finit par être stoppée... 

Profondément authentiques et habilement guidés par Watson, Richard et sa mère vont finir par retourner l'opinion publique et le FBI !

Maîtrisé de bout en bout, le film laisse ko debout devant la férocité du monde d'aujourd'hui qui se nourrit de proies toutes désignées par la veulerie des media et la lâcheté du corps d'élite que devrait être le FBI...

A voir absolument !   

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Nina (Barbara Sukowa) et Madeleine (Martine Chevallier) sont secrètement amantes...

Pour les autres et surtout pour les enfants de Madeleine, les deux femmes sont voisines de palier et amies...

Le réalisateur franco-italien Filippo Meneghetti dont c'est le premier long métrage, a voulu témoigner de la force de l'amour, a fortiori de celui qui est caché !

Quand Madeleine est victime d'un AVC, les cartes sont rebattues par la société :  Anne (Léa Drucker), la fille de Madeleine prend tout naturellement en charge la convalescence de sa mère en embauchant une garde à domicile...

Réduite à son rôle de "voisine", Nina tente à sa façon de retrouver sa place...

L'émotion palpite entre ces deux femmes que la maturité rend infiniment belles et les enfants de Madeleine tentent de comprendre ce qui est réellement en jeu : leur mère n'a-t-elle pas toujours été amoureuse de leur père ?

Le film est monté comme un thriller jusqu'au coming out final...

Dommage qu'il n'y ait pas eu quelques flash backs pour mieux tisser l'histoire commune de Nina et Madeleine que l'on devine toutefois au fil des scènes !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Après des courts métrages et des documentaires engagés, l'actrice marocaine Maryam Touzani principale interprète de Razzia co-écrit avec son mari, se lance dans la réalisation !

Elle s'est inspirée d'une histoire réelle vécue par sa famille pour nous raconter l'histoire de Samia (Nisrin Erradi, intense), une jeune femme enceinte de 8 mois recueillie par Abla (formidable Lubna Azabal), une veuve vivant seule avec Warda sa petite fille de 8 ans...

Dans le décor authentique de la Médina de Casablanca, la ravissante et lumineuse petite fille (une inconnue castée par la réalisatrice dans la Médina), va rapprocher ces deux femmes enfermées dans leur douleur : Samia vit le destin dramatique des grossesses hors mariage au Maroc et Abla ne se remet pas de la disparition de son mari dont on lui a volé la mort...

Avec douceur et fermeté Samia va faire entrer à nouveau la vie dans la triste maison dont la devanture ouverte sur la rue permet à Abla de vendre ses pâtisseries...

Les scènes d'intérieur et les foulards des femmes aux couleurs délicates évoquent la douceur et la quiétude en clair obscur des tableaux de Vermeer...

La sensualité du travail de la pâte nous fait presque sentir l'odeur des recettes traditionnelles partagées par les deux femmes...

C'est la musique imposée par Samia qui aide Abla à sortir de son deuil dans une scène magnifique où elle ose ouvrir à nouveau son corps à la sensualité...

Un film sensible et délicat qui magnifie la profonde humanité des femmes "courage" !

A voir absolument !

"Adam" : une ode à la sensualité et à la complicité féminines

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Très intéressée par la démarche de la réalisatrice tunisienne Manele Labidi qui a souhaité utiliser le registre comique pour témoigner de son pays tiraillé, au lendemain de la Révolution, entre traditions religieuses et besoin de parler pour se reconstruire... je suis allée voir son film avec beaucoup d'attentes...

Elle nous raconte l'histoire de Selma (formidable Golshifteh Farahani) qui revient à Tunis pour ouvrir un cabinet de psychanalyste sur le toit d'une maison...

S'ensuivent toute une série de déconvenues où la jeune femme prend conscience de la difficulté à exercer son métier dans un pays régi par des règles et des interdits arabo-musulmans....

Cela aurait pu être drôle et les premières images le sont mais la cohorte de ses patients tous plus foutraques les uns que les autres et les représentants des autorités administratives sont tellement caricaturaux que le film dégage, de scène en scène, un ressenti légèrement raciste à l'encontre du peuple tunisien... ou du moins c'est ainsi que je l'ai perçu...

Dommage ! 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Mariana Otero nous offre un magnifique voyage en images dans l'univers du photographe Gilles Caron, disparu mystérieusement en 1970 au Cambodge à tout juste 30 ans...

En l'espace de 6 ans, Gilles Caron a connu une carrière de photojournaliste fulgurante chez Gamma et c'est le regard affûté et sensible de témoin de son époque que la documentariste tente de nous faire partager...

Quand Marina Otero découvre le travail du photographe, un cliché fait écho à son propre vécu de disparition d'un être cher...

Elle décide alors de rencontrer la femme et les filles de Gilles Caron et se plonge dans son oeuvre foisonnante (100 000 clichés)... 

C'est tout bonnement passionnant de suivre le photographe dans son chemin créatif à partir des planches contacts...

La guerre des 6 jours où il a la chance de capturer Moshe Dayan dans son objectif, mai 68 où il réussit à immortaliser Cohn Bendit face à un CRS devant la Sorbonne dans un cliché narquois, le conflit nord-irlandais où la photo d'une jeune fille aux cheveux blonds incarne les "troubles" catholiques et bien évidemment la guerre du Vietnam où il participera à l'une des batailles les plus dures du conflit (colline 875)...

Un montage fascinant nous montre l'humanité de ce photo-reporter si jeune mais déjà père et le regard respectueux de celle qui célèbre son parcours !

A voir absolument !

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