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Route 66

Route 66

Prenez vos bécanes pour aller au cinéma, voir des pièces de théâtre, admirer des expositions...

cinema

Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Anne Fontaine a fait appel à quatre excellents comédiens pour incarner deux anciens présidents et leurs compagnes...

Nicolas (Jean Dujardin) s'adonne aux tâches ménagères et s'occupe du petit chien ratier que lui a offert sa femme Natalie, cantatrice de renom (Doria Tillier) : la vie politique lui manque !

François (Grégory Gadebois) coule une retraite paisible dans un petit village de Corrèze, aux côtés d'Isabelle (Pascale Arbillot), une vétérinaire très appréciée dans la région...

Très énervé par les sondages favorables à Marine Le Pen, Nicolas rejoint François en Corrèze pour lui proposer de faire alliance contre le péril fasciste !

Farci de petits détails amusants, le récit se moque avec tendresse des travers des hommes politiques et de ces deux-là en particulier qui ne peuvent s'empêcher de s'envoyer des piques !

Sous le regard attentif de leurs très intelligentes compagnes, et encouragés par leurs gardes du corps respectifs, Nicolas et François vont se lancer dans une improbable campagne aux côtés de l'élu local qui n'est pas dupe !

A voir pour sourire et oublier les 66% d'abstentionnistes aux dernières élections !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Le réalisateur Dominic Cooke s'est inspiré de faits réels pour nous raconter l'histoire extraordinaire d'un espion ordinaire !

Le scénario nous replonge dans les années 60 au pic de la guerre froide : un homme d'affaires interprété par l'excellent Benedict Cumberbatch, est choisi pour servir de contact avec un colonel soviétique désireux de sauver le monde de la menace nucléaire que Krouchtchev poussa à son paroxysme...

Une belle amitié entre Monsieur Tout-le-monde et la taupe du Kremlin, la reconstitution fidèle d'une époque et la tension de la première moité du film ne suffisent pas à faire d'Un espion ordinaire un grand film d'espionnage...

Un bon téléfilm à la facture classique et un peu "datée" dans la description des relations entre les deux héros et leurs familles respectives !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Le film d'Elie Wajeman est noir, noire comme la nuit où se débat Mikaël (Vincent Macaigne parfait), un médecin de nuit toujours sur la corde raide : entre ses patients toxicomanes et les combines de Dimitri (Pio Marmaï), son cousin pharmacien, entre sa femme Sacha (Sarah Le Picard) et sa maîtresse Sofia (Sara Giraudeau) qui se trouve être de surcroît la femme de Dimitri...

L'action se déroule en une nuit d'hiver, dans les quartiers populaires de Paris où s'agite la faune multi raciale de la nuit...

Au volant de sa vieille Volvo, caparaçonné dans son épais blouson de cuir, lourde sacoche à la main, Mikaël tour à tour tendre et violent,  tente de se racheter une conscience en arrêtant le trafic de Subutex (substitut de l'héroïne) dans lequel son cousin l'a entraîné, en renouant avec sa femme pour ne pas perdre l'amour de ses filles...

Tout le monde compte sur Mikaël : le dispatcheur de SOS Médecins qui crépite dans sa radio, la vieille dame qui fait une crise d'angoisse à trois heures du matin, le cousin qui fête son anniversaire dans une boîte de nuit  psychédélique, sa maîtresse qui veut partir avec lui, sa femme qui le somme d'arrêter ce métier...

Mikaël fait face à toutes les situations, c'est un sauveur, mais arrivera-t-il à se soustraire au destin qu'il s'est lui-même fabriqué ?

Un témoignage poignant sur l'exercice de la médecine d'urgence à domicile et dans la rue, un polar fiévreux, un beau portrait d'homme... que demander de plus au cinéma ?!

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

A sa façon et dans la veine de Effacer l'historique et Adieu les cons, Bruno dénonce avec humour et finesse notre société ultralibérale, ultra connectée, jargonnante : en un mot la start-up nation appelée de ses vœux par notre "jeune" Président !

Alexandre (Denis Podalydès prodigieux) est un chômeur déclassé qui a deux mois pour prouver à sa femme partie en mission dans un sous marin qu'il est capable de s'occuper de ses deux jeunes enfants et de devenir autonome financièrement...

A son grand étonnement, il décroche un entretien d'embauche pour un poste de "reacting process" (job dont il ignore tout et même sa définition) chez The Box... l'entretien est hilarant... et se fait recruter, après avoir juré ses grands dieux qu'il n'avait pas d'enfant ("No child" fait partie des injections de The Box... pour ses "contacts" dans sa ville de banlieue natale...  

Alexandre hérite d'une patronne autoritaire et cassante : Séverine alias Sandrine Kiberlain qui, comme à son habitude, crève l'écran dans un rôle à double face, super woman qui ne quitte pas sa voiture autonome (qui refuse de lui obéir la plupart du temps), et quinqua au bord de la crise de nerfs...

Troisième personnage et non des moindres en la personne de Bruno Podalydès qui pour une fois, partage l'affiche avec son frère : il interprète Arcimboldo surnommé ainsi "because le nez en aubergine", auto-entrepreneur de lui-même et "slasher" en multipliant les petits boulots sur applis...

Pour faire face à son mensonge, Alexandre demande à  Arcimboldo qu'il a rencontré à la crèche de s'occuper de ses enfants et se rend chez The box où les employés tous plus jeunes les uns que les autres, naviguent entre la table de ping pong, le trampoline, les transats et le potager ; mais ne vous y trompez pas le patron Aymeric qui partage son temps entre Londres et Paris exige une disponibilité H24 et les convoque pour fêter chaque succès commercial à une galette des kings à 21 heures !

Le réalisateur se régale pour nous démontrer l'absurde du monde d'aujourd'hui et de demain entre la montre connectée qui ne donne plus l'heure car elle ne reconnait plus le visage de son propriétaire, la voiture autonome qui décide d'aller toute seule à la station de lavage au lieu d'aller au rendez vous de prospection, les drones qui ont remplacé les trottinettes et qui tels des soucoupes s'écrasent sur les trottoirs dès qu'ils ne sont plus en charge, le "Weboot" ou robot baladeur du patron qui, par le truchement d'un écran sur pied, lui permet d'être présent et de déambuler virtuellement dans les bureaux... et le cycliste corseté dans sa combinaison moulante qui chancelle après une énième course...

Il y a longtemps que je n'avais pas autant ri devant un écran de cinéma et je souris encore en pensant aux deux peluches (les Alfred) restées malicieusement dans une mallette de travail , aux métiers loufoques exercés par Arcimboldo qui, par exemple, touche 15 euros de l'heure pour défiler à des manifs à la place de ses clients, arborant des tee shirts décorés de slogans qui font de lui un homme sandwich des temps modernes !

Je ne vous raconterai pas la fin car il faut absolument voir ce film qui à travers sa petite musique à lui, nous fait comprendre que les individus même quinquas ! sont plus malins que les machines !

 

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Le réalisateur espagnol Fernando Trueba a décidé d'adapter le roman éponyme de l'écrivain Hector Abad Faciolince paru en 2006, best seller en Colombie et vendu à plus de 300 000 exemplaires dans le monde...

Le film comme le livre nous plonge dans l'atmosphère fiévreuse de Medellin dans les années 80...

Dans la ville gangrénée par la violence des politiques et des narco-trafiquants, le docteur Hector Abad Gomez se bat pour sortir ses concitoyens de la misère et de la maladie...

Adoré par sa femme Cécilia, son fils Hector et ses cinq filles, il ne supporte pas d'être réduit au silence quand il est licencié de l'université et continue à se battre en se présentant à la mairie... jusqu'à son assassinat en 1987 !

Fernando Trueba a confié le premier rôle à l'acteur espagnol Javier Camara (qui a joué dans de nombreux films de Pedro Almodovar et a tourné dans la série The new Pope) - et s'est entouré d'une formidable équipe d'acteurs colombiens qui, pour la plupart, connaissaient la famille Gomez...

C'est cette proximité entre les faits réels, le roman et le film qui donne toute sa profondeur et toute sa chaleur au film qui nous fait découvrir un personnage à l'engagement exceptionnel mais surtout un père de famille lumineux qui fascine ses enfants par sa gentillesse et son humanité...

Mais à ne pas vouloir choisir entre la chronique familiale et le récit d'un engagement social, le film perd de sa force politique...

A voir pour l'interprétation de Javier Camara et des autres acteurs : le fils (Nicolas Reyes Cano puis Juan Pablo Urrego), la mère (Patricia Tamayo) et les sœurs qui chacune dans son genre, sont très attachantes !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Les critiques sont partagés sur le dernier film de Céline Sciamma, soi-disant trop court (1h12) pour être un long métrage ?

Pour ma part, j'ai plongé tout de suite dans l'univers de Nelly qui, venant de perdre sa grand-mère, part avec ses parents vider la maison de cette dernière...

Ce qui intéresse Nelly c'est la forêt autour de la maison, retrouver l'endroit où sa mère enfant construisait sa cabane...

Quand elle se réveille le lendemain matin, elle découvre que sa mère est partie... elle était trop triste lui dit son père...

Nelly explore la forêt et découvre une petite fille Marion qui construit une cabane... elle l'aide à décorer la cabane et lui apprend que sa mère s'appelle Marion...

Les deux petites filles qui se ressemblent subtilement (les deux actrices Joséphine et Gabrielle Sanz sont jumelles), deviennent les meilleures amies du monde et jouent dans la maison de Marion qui doit se faire opérer... La mère de Marion boîte comme la grand-mère de Nelly et ne veut pas que sa fille souffre du même mal qu'elle...  

Comme dans un kaléidoscope, le puzzle de la vie de ces trois générations de femmes se dessine sous nos yeux d'adultes : les petites filles comprennent très vite ce qui est en jeu dans leur relation et la gravité s'invite dans les confidences et les jeux...

La réalisatrice nous parle avec talent de l'intelligence enfantine, de mémoire, de transmission... et habille ses propos sous les couleurs d'un conte moderne où il n'y a pas de loup mais juste une petite fille, sa mère et sa grand mère !

 

 

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Publié le par Hlène
Publié dans : #cinéma

Le film démarre en 1939 lorsque Billie Holiday interprète Strange fruit au Café Society, premier club de jazz new-yorkais sans ségrégation...

Il s’agit à l’origine d’un poème, Bitter Fruit, écrit en 1937 par le Juif américain Abel Meeropol, dans The New York Teacher, une publication du syndicat des enseignants.
Meeropol avait écrit ce poème après avoir été bouleversé par une photo prise par le photographe Lawrence Beitler du lynchage de deux jeunes Afro-Américains, Thomas Shipp et Abram Smith. Accusés d’avoir tué un homme blanc et violé sa petite amie, ils ont été pendus par une foule blanche qui avait pénétré par effraction dans la prison pour s’emparer d’eux. Abel Meeropol et sa femme Anne ont mis le texte en musique, et la chanteuse noire américaine Laura Duncan l’a interprété sous forme de chanson.
Les paroles de la chanson rappelèrent à Billy Holiday son père, mort de s’être vu refuser l’accès à l’hôpital parce qu’il était noir.

Le gouvernement s'émeut des paroles de Strange fruit qui dénonce le lynchage des afro-américains en toute impunité et demande à Billie Holiday de cesser de chanter cette chanson, très différente de son répertoire habituel - ce qu'elle refuse !

Déterminé à la faire "tomber", le chef du bureau des narcotiques Harry Anslinger (Garrett Hedlund parfait dans le rôle), va utiliser son addiction à la drogue pour infiltrer à ses côtés l'agent Jimmy Fletcher (émouvant Trevante Rhodes) qui, après un premier succès qui se traduit par l'arrestation et l'emprisonnement de Billie Holiday, va tomber amoureux d'elle...

Le réalisateur Lee Daniels a fait appel à Andra Day  pour interpréter la grande Lady Day ; pour mieux épouser le rôle,  la chanteuse a perdu 20 kg, s'est mise à boire et à fumer et a chanté l'ensemble des titres en direct alors qu'elle devait être enregistrée en play back !

Une performance d'actrice, une voix jazzy énergisante, de magnifiques robes réalisées par Prada... mais un film un peu long (2h08) pour ne retracer qu'une infime partie de la biographie de cette femme à l'enfance sacrifiée dont les succès et les excès ont fait la une de la presse durant 20 ans ! 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Après Les chansons que mes frères m'ont apprises et The rider, la réalisatrice Chloé Zhao a décidé de témoigner sur les laissés pour compte du rêve américain en adaptant le livre éponyme Nomadland, Surviving America in the twentyfirst century de la journaliste Jessica Bruder...

Suite au décès de son mari et face à l'effondrement économique d'Empire (Nevada du Sud) où elle vécut très heureuse, Fern (formidable Frances McDormand) décide de tout quitter pour prendre la route à bord de son vieux van personnalisé...

Nous la suivons de campements en petits boulots, de galères en moments de bonheurs fugaces,  le long des routes qui se perdent à l'horizon des paysages grandioses et vides de l'Ouest américain...

Nous partageons avec Fern cette vie de petits riens illuminée par les rencontres avec d'authentiques précaires qui ont pris la route suite à la crise de 2008 et s'entraident pour survivre aux conditions météorologiques extrêmes, aux pannes et à la maladie qui s'invite sans prévenir...

Frances McDormand s'est complètement impliquée dans ce film en vivant dans une camionnette durant 4 à 5 mois, en travaillant comme ouvrière successivement dans un centre de commandes Amazon, une usine sucrière au Nebraska, une cafétéria d'un parc touristique puis comme responsable d'un camping d'un parc national...

Tous ces éléments réunis concourent à donner à Nomadland une sincérité poignante et poétique qui ne vire jamais au misérabilisme et nous embarque dans cette vie nomade qui devient à elle seule une vraie raison pour continuer à avancer malgré la dureté du contexte économique et social...

De magnifiques figures de femmes : Swankie, Linda... dont les visages et les corps racontent leurs combats, des paysages à couper le souffle, une héroïne oscarisée, du vrai cinéma sur grand écran !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Florian Zeller a décidé d'adapter au cinéma sa pièce à succès Le père, créée au théâtre Hébertot à Paris en 2012 avec Robert Hirsch dans le rôle titre...

La version cinématographique écrite en anglais pour Anthony Hopkins a été récompensée de deux oscars dont celui du meilleur acteur pour l'interprète de ce scénario magistral...

Le premier long métrage du dramaturge nous fait vivre l'inexorable descente dans la démence sénile d'Anthony (Anthony Hopkins bouleversant), un brillant ingénieur, père de deux filles dont Anne (formidable Olivia Colman) qui tente de l'accompagner dans ce voyage que personne ne voudrait entreprendre...

Mêlant habilement le présent et le passé récent, le scénario nous trompe en nous enfermant dans l'esprit de cet homme qui se veut toujours séduisant mais qui peu à peu oublie, mélange, confond, se défend, fait une dernière pirouette... puis s'abandonne...

Le film est une exercice sans faute sur la perte : la perte de soi que l'on veut retarder par tous les artifices, la perte d'un enfant que l'on veut oublier pour mieux la supporter, la perte d'un amour raté entre un père et sa fille...

The father est à voir absolument : pour le jeu des deux acteurs qui sont aussi fabuleux l'un que l'autre, pour la mise en scène dans l'appartement, en fait dans deux appartements qui se ressemblent dans leur style so british mais dont les légères différences nous désorientent, pour l'exercice de magie autour de la montre dont Anthony dit ne jamais se séparer mais qui disparait toujours...

Dommage que la fin ne soit pas plus resserrée pour mieux capter notre empathie face à cet homme qui se perd et se raccroche à son enfance !    

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Hospitalité est un long métrage inédit de 2010 réalisé par le japonais Köji Fukadan , le premier d'une série de quatre films dont les sorties sont prévues en juin et juillet...

A travers cette comédie  déjantée, le cinéaste nous parle du problème de l'immigration dans son pays : le Japon est en effet le quatrième pays du monde à accueillir le plus de travailleurs étrangers (2,5 millions de personnes) ; pourtant, le gouvernement du pays affirme catégoriquement ne pas vouloir accueillir d'immigrants. En ce qui concerne les réfugiés, leur taux d’acceptation est inférieur à 1%, un chiffre extrêmement bas comparé à celui des autres pays développés.

L'intrigue se déroule en plein Tokyo, non loin d'une friche surplombée par un échangeur autoroutier et squattée par des sans abris et des clandestins...

La maison de Mikio (Kenji Yamauchi) qui abrite sa petite entreprise d'imprimerie et sa famille composée de sa petite fille, sa jeune compagne et sa sœur récemment divorcée... est le personnage central du film...

Le spectateur y est invité à partager le quotidien de cette famille ordinaire dont la vie va se trouver bouleversée par l'irruption de Kagawa (Kanji Furutachi), une ancienne relation de Mikio, à qui ce dernier va offrir le vivre et le couvert !

De scène en scène, Kagawa se révèle être un séduisant mais dangereux parasite doublé d'un passeur de migrants... qui va transformer la modeste maison traditionnelle en un joyeux et pagailleux phalanstère !

Une fable loufoque et insolite pour dénoncer la méfiance envers tout ce qui est étranger !

 

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