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Route 66

Route 66

Prenez vos bécanes pour aller au cinéma, voir des pièces de théâtre, admirer des expositions...

cinema

Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Je n'avais pas très envie de voir le dernier film de Gus Van Sant dont le scénario ne m'attirait guère...

Le film raconte l’histoire vraie de Tony Kiritsis, un homme ruiné à cause d’un emprunt. A Indianapolis, le 8 février 1977, il kidnappe le fils du courtier responsable de sa situation. Il réclame 5 millions de dollars et des excuses. La prise d’otage va durer 63 heures, sous les yeux de la télévision locale, puis nationale. L’Amérique se passionne pour cette affaire. Chacun choisit son camp.

Tony est-il un criminel, ou simplement une victime qui réclame justice ?

Le récit est intéressant en ce que les personnages de Tony et Richard,  respectivement et excellemment interprétés par Bill Skarsgärd et Dacre Montgomery sont complexes : le "méchant" n'est pas si fou ou dangereux qu'il n'y parait, mais plutôt victime du système et infiniment naïf, et le gentil fils à papa que l'on pourrait imaginer hautain et dédaigneux, se révèle dans toute sa fragilité face à son père (Al Pacino), figure abjecte de l'ultra capitalisme...

Le film (1h45) est un peu long mais montre bien la violence des rapports entre la classe dominante et la classe moyenne qui se perpétue aujourd'hui dans les démocraties illibérales...

A voir également pour le personnage charismatique de Fred Temple, DJ black de la radio locale, que Tony appelle pour passer dans sa célèbre émission qui diffuse de la soul et du jazz... comme une douce parenthèse dans ce monde de brutes !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

En 1932, Herman J. Mankiewicz, juif de parents immigrés allemands, qui deviendra célèbre 10 ans plus tard pour son scénario de Citizen Kane, écrit The Mad Dog of Europe : un script visionnaire dénonçant la montée du nazisme en Europe, avant même l'accession d'Hitler au pouvoir.

Le film ne fut jamais tourné pour des raisons diplomatiques autant qu'économiques : les studios américains ne voulaient pas contrarier Hitler, qui aurait pu interdire leurs films en Allemagne, leur principal débouché à l'exportation...

Dans le documentaire de la britannique Rubika Shah, on découvre avec stupeur la propagation méconnue de l'idéologie nazie aux Etats-Unis durant les années 30 (des enfants, portant des chemises brunes, sont embrigadés dans des groupes, à l'image des jeunesses hitlériennes, des magasins juifs sont saccagés...)  et en particulier à Hollywood où de nombreux scénaristes et techniciens de cinéma  juifs sont licenciés...

Entremêlant images d'archives et interviews de Ben Mankiewicz (le fils d'Herman, acteur de métier) et de Nick Davis (scénariste américain), le récit nous scotche à nos fauteuils même si le déroulé est un peu elliptique... et ne creuse pas assez, de mon point de vue, la personnalité si particulière d'Herman Mankiewicz !

L’histoire de ce film jamais produit résonne avec les fractures de plus en plus menaçantes de notre époque...

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Le film est directement inspiré de la vie de la réalisatrice, Carla Simon. Comme le personnage principal de Romería, cette dernière, orpheline de mère et père, a dû reprendre contact avec ses grands-parents à l’âge de dix-huit ans afin de récupérer le certificat de décès de ses parents, nécessaire à son entrée à l’université. 

Carla Simon a choisi pour interpréter Marina, l'héroïne du film, une ravissante actrice Llucia Garcia dont c'est le premier rôle au cinéma. 

Guidée par le journal intime de sa mère qui ne l’a jamais quittée, elle se rend, invitée par un de ses oncles, en Galice pour se rapprocher de sa famille paternelle qu’elle ne connait pas. 

Marina rencontre les différents membres de cette famille bourgeoise qui vit dans une magnifique villa au bord de l'océan atlantique...

Alternant les repas, les fêtes et les sorties en mer à bord d'un magnifique voilier, le scénario sans volonté de logique linéaire, nous permet de comprendre peu à peu ce qui s'est joué au début des années 80, peu de temps après sa naissance, dans le contexte de la Movida, si bien décrit par Pedro Almodovar...

Encensé par la critique, le film qui faisait partie de la sélection du festival de Cannes 2025, ne m'a pas entièrement convaincue malgré le talent de cette révélation féminine : trop long (près de 2 heures), trop foisonnant et finalement assez prévisible...

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Le second long métrage de David Roux ne tient pas ses promesses... 

On ressort du film avec une impression de déjà vu : la dénonciation du patriarcat et de la riche bourgeoisie catholique est un thème qui a été très souvent abordé et avec beaucoup plus de talent...

L'accent est mis par le réalisateur sur l'enfermement de Marianne (Mélanie Thierry), l'épouse de l'héritier d'une riche famille industrielle de province (Eric Caravaca), où les hommes meurent vieux mais sans passer par la case EPHAD et les femmes, si tant est qu'elles manifestent un peu de personnalité, sont traitées d'hystériques et abruties de médicaments... 

Au décès de sa mère, le fils ainé décide pour toute sa famille : il rachète la grande maison familiale, dédommage ses soeurs et frère et décrète que sa femme Marianne s'occupera du patriarche aigri...

Marianne dit non mais très rapidement accepte de continuer à jouer les faire-valoir (elle est très belle) de cette famille, mais son mari ne la respecte pas car elle est issue d'un milieu modeste, ne lui a donné un fils qu'après de longues années de vie conjugale et présente, de son point de vue, des failles émotionnelles.

Écartelée entre ses devoirs de mère et d'épouse et ses désirs, Marianne perd peu à peu pied dans cette maison qui devient son tombeau...

Quand un homme issu de son passé (Jérémie Renier) refait surface, Marianne semble se réveiller pour oser interroger sa vie...

Dommage que Mélanie Thierry semble devoir se cantonner à des personnages de femmes "mélancoliques" comme dans le récent "Connemara" et dommage surtout que toutes les autres figures du film soient aussi caricaturales !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Attirée par la très bonne filmographie de Rémi Bezançon, auteur entre autres du célèbre "Le premier jour du reste de ta vie", je suis allée voir cette comédie remake de "Fenêtre sur cour",  avec la promesse d'un bon casting : Laetitia Casta, Gilles Lellouche et Guillaume Gallienne... 

C'est l'histoire d'un couple qui va se rabibocher à travers l'enquête qu'ils vont mener en commun...

Colette, professeure de cinéma spécialisée dans l’œuvre de Hitchcock, soupçonne son nouveau voisin d’en face (Guillaume Gallienne) d’avoir tué sa femme. Son mari, François, écrivain en panne de romans historico-policiers kitsch se laisse peu à peu convaincre par la fougue de sa femme...

Le scénario patchwork, mêle maladroitement les initiatives balourdes du duo d'enquêteurs improvisés, des images cultes des films d'Hitchcock, une représentation "moderne" d'Hamlet où le fameux voisin interprète avec emphase le rôle titre, une interview d'Hitchcock par un mauvais sosie IA du maître...

Une démonstration pesante et appuyée de la construction du suspens à la Hitchcock dans un film qui en est l'antithèse ! 

Mon conseil : allez plutôt revoir "Fenêtre sur cour" !

 

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Publié le par Jean Louis
Publié dans : #cinéma

Deuxième réalisation de John Patton Ford, ce film contient tous les ingrédients du drame en raison d’une série de meurtres frappant une famille très riche, exécutés par Becket, le fils de l’une des héritières, reniée après avoir été mise enceinte par un homme de condition modeste.

C’est donc ce fils, que l’on voit devenir adulte et vivre chichement d’un emploi ennuyeux et peu rémunérateur, qui décide de venger sa mère et de récupérer la fortune de la famille en supprimant méthodiquement tous ses membres.

Les premiers meurtres éliminent des héritiers, oisifs et présentant peu d’intérêt dans des épisodes d’une comédie noire joyeusement excentrique, avec des scènes d’enterrement répétées, et l’arrivée du FBI qui commence à s’intéresser à une telle hécatombe.

Nous voyons ensuite entrer dans la vie du héros deux femmes que tout oppose, la première, Julia, amie d’enfance qui renoue avec lui et va le piéger en imaginant un plan machiavélique, et la seconde, Ruth, avec laquelle il se fiance et se projette dans un avenir à deux.

La machination de la femme fatale vient bousculer la perspective du film et en rendre sa conclusion cynique et peu crédible.

La distribution réunit Glen Powell (Becket), Margaret Qualley (Julia), Jessica Henwick (Ruth), dans les rôles principaux, avec une mention spéciale à Ed Harris qui incarne le patriarche et le dernier membre survivant de la famille, lui-même éliminé dans une scène grandiose.

Au total, on ne s’ennuie pas, mais le déroulement des dernières péripéties, dont on ne saisit pas tout de suite la perversité sous-jacente, peut donner l’impression d’une fin quelque peu bâclée.

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Une rencontre improbable, des combines, des galères : bien malgré lui Jean (formidable Pierre Lottin qui confirme son talent révélé dans "En fanfare"), entre dans l'univers foutraque de Rose (toujours aussi délicieuse Sandrine Kiberlain)... la tendresse se tisse entre ces deux adultes cabossés vivant à la marge de la société ...

Rose, malgré son veuvage, est une force de la nature qui affronte tous ses problèmes avec une désarmante joie de vivre. Elle campe avec ses 3 enfants à l’étage de l’hôtel de famille qui ne leur appartient plus, et non, ils ne sont pas pauvres, ils sont fauchés. 

Jean, un homme solitaire et taciturne, trahi par sa compagne qui l'a quitté pour un autre,  vit de petits boulots depuis qu'il a perdu son emploi, et habite dans une caravane en bordure d'autoroute: résigné, il semble ne plus rien attendre de la vie...

Sous des dehors bourrus, il va peu à peu se trouver mêlé à l'histoire de cette mère courage qui élève seule ses trois enfants avec attention et amour...

Le film de Jean Pierre Leonetti nous embarque et nous fait sourire malgré le lourd contexte que Rose doit affronter : deux acteurs formidables de justesse, des enfants craquants, un scénario inventif pour nous rappeler que la solidarité est une valeur capitale !   

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Sorti en janvier dernier, le film de la réalisatrice chinoise Chloé Zhao est adapté du livre éponyme de Maggie O’Farrell,  qui a décroché en 2020 le National Book Critics Circle Award et le Women’s Prize de la meilleure fiction...

Porté par deux formidables acteurs Jessie Buckley, qui vient de décrocher l'Oscar de la meilleure actrice et Paul Mescal, le film nous raconte la vie familiale méconnue de William Shakespeare, marquée par la mort de son fils Hamnet, frappé par la peste à tout juste 11 ans...

Durant 2 heures, nous partageons la vie de ce couple et de leurs trois enfants : Agnès fille de la forêt aux étranges pouvoirs transmis par sa mère et William, modeste répétiteur de latin qui en tombe éperdument amoureux...

Le film nous parle d’amour : d'un couple mais également d'un couple et de leurs enfants, de la difficulté à concilier deux tempéraments que tout oppos puisque William devra quitter l'univers fantastique de sa femme pour trouver l'énergie de se lancer dans sa carrière de dramaturge à Londres, de l'impossible deuil d'un enfant et surtout du pouvoir réparateur de l’art puisque c’est de cette épreuve commune que naîtra l’inspiration d’un chef d’œuvre universel : Hamlet !

Un film à nul autre pareil à voir dans quelques salles Art et Essai !  

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Le film, moqué à tort par la critique, a une genèse touchante et singulière.

Il s'agit en effet d'un scénario écrit par Sophie Fillières, décédée le 31 juillet 2023. Pascal Bonitzer, qui a partagé la vie de la réalisatrice, a pris la suite de ce projet sur lequel la cinéaste avait commencé à travailler en 2020. A l'origine, elle devait le réaliser elle-même, avant d'être empêchée par la longue maladie qui l'a finalement emportée il y a deux ans presque jour pour jour.

Fabrice Luchini qui joue son propre rôle sous les traits de Robert Zucchini est merveilleux de passion et de sobriété !

Passionné par Victor Hugo, il ne vit que le pour "son" grand homme : sur scène, avec ses amis, son concierge, sa boulangère... il partage dans son phrasé inimitable, les citations qui accompagnent sa vie d'artiste tout comme sa vie de tous les jours...

Bouleversé par la douleur de l'écrivain qui a perdu sa fille chérie Léopoldine, l'acteur, doit "en miroir" reprendre contact avec sa fille Lisbeth (Marie Narbonne) qu'il n'a pas vu depuis de longues années : désespérée par l'abandon de son père, la jeune femme réapparait dans sa vie et exige de lui qu'il fasse le chemin vers elle...

Suivant les petits cailloux qu'elle sème sur son chemin, le misanthrope qui n'a de contact qu'avec son public et sa femme (Chiara Mastroiani), dont il est séparé géographiquement, va découvrir un univers totalement étranger au sien en s'immergeant dans la création artistique de jeunes amies de sa fille, qui sur un tout autre registre que le sien, s'intéressent aux femmes que Victor Hugo a aimées...

Tout en finesse,  le film de Pascal Bonitzer nous montre une autre facette de la personnalité de Fabrice Luchini, qui ne cesse de nous étonner par l'amplitude du registre de son jeu d'acteur et de conteur !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Le réalisateur américain Josh Safdie s'est inspiré d'un livre écrit par Marty Reisman, un prodige du tennis de table, pour nous plonger dans le New York des années 1950, où ce sport peu reconnu a fait naître une véritable sous-culture peuplée de magouilleurs, de génies et de marginaux. On pratiquait cette discipline dans des salles clandestines enfumées du Lower East Side , au cours de fêtes organisées sur les terrasses des immeubles, les dortoirs des prestigieuses universités de la côte Est du pays...

Nous suivons pendant 2h30, le parcours haletant de Marty Mauser, un jeune homme à l’ambition démesurée, prêt à tout pour réaliser son rêve et prouver au monde entier que remporter une finale mondiale contre un japonais surdoué est possible !

Timothée Chalamet , dont le talent s'affirme au fil des années, est entouré d'un casting peu connu du public français à l'exception de Gwyneth Paltrow qui interprète une célèbre actrice hollywoodienne qui fait son come back... 

Le scénario survitaminé nous entraîne dans une série d'anecdotes peuplées de personnages à la fois loosers et puissants qui s'inscrivent dans ce monde interlope qui ne recule devant rien pour faire de l'argent...

Brillamment filmées les parties de tennis de table, bien qu'un peu trop nombreuses, sont impressionnantes et participent à l'effet général de tourbillon généré par le film...

Trop long, trop speedé, trop dispersé, le film aurait mérité d'être plus ramassé autour du personnage central et de quelques protagonistes !

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