
Prenez vos bécanes pour aller au cinéma, voir des pièces de théâtre, admirer des expositions...

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Sous-estimé par la critique, le film du réalisateur allemand Fatih Akin, émeut par son sujet : les soubresauts de la fin de la guerre en Allemagne et la justesse de jeu de son héros de 12 ans qui se débat dans un douloureux conflit de loyauté...
Nous sommes au printemps 1945, sur l’île d’Amrum, au large de l'Allemagne où s'est réfugiée la famille de Nanning, qui pêche de nuit et travaille à la ferme voisine pour aider sa mère à nourrir ses frères et sœurs.
Les paysages sauvages de l’île apportent une authenticité brute et poétique qui sert de toile de fond parfaite pour mieux nous faire comprendre les tourments de Nanning qui a suivi les pas de son père théoricien du nazisme et engagé sur le front, en adhérant aux Jeunesses hitlériennes...
Depuis la maison où règne sa mère qui repeuple l'Allemagne d'enfants d'aryens, le préadolescent découvre au fil des jours que les habitants de l'île se réjouissent de la capitulation de l'Allemagne, que les enfants réfugiés qui ont fui les villes bombardées ne sont pas méprisables et que l'histoire du conflit que l'Europe vient de traverser est beaucoup plus complexe que celle qu'on lui a enseignée...
Malgré une image un peu trop sage et une description du village et de ses habitants un peu trop sommaire, le film vaut vraiment la peine d'être vu pour se mettre à la hauteur d'un jeune garçon allemand dont l'intelligence s'est développée grâce à la justesse de son regard !
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Le film s’inspire du roman éponyme de Constance Debré, paru en 2020. La réalisatrice Anna Cazenave Cambet raconte avoir eu un "électrochoc" à sa lecture, qui s’est produite alors qu'elle venait elle-même de devenir maman.
Le choix de Vicky Krieps pour incarner Clémence a été motivé par sa capacité à faire passer toutes les émotions sur son visage mais également par son charisme physique.
Une fin d’été, Clémence fait une annonce à son ex-mari Laurent (Antoine Reinartz très ambigü), avec lequel elle a réussi à établir une relation apaisée dans l'intérêt de leur fils Paul (adorable Viggo Ferreira Redier) : elle a des histoires d’amour avec des femmes.
D'abord étonné puis désorienté puis vaguement goguenard, Laurent semble a priori bien réagir mais ce n'est qu'une façade : profondément vexé, il change complètement d'attitude et décide de lui retirer brutalement la garde de son fils de 8 ans.
Nous suivons avec effarement et empathie le parcours de cette femme désireuse de rester mère tout en vivant sa vie de femme comme elle l'entend et le scénario nous ramène une fois de plus à la force du patriarcat et aux injonctions qui sont toujours faites aux femmes...
L'enfant otage de ce couple désuni est confronté à un conflit de loyauté qui le déséquilibre, d'autant que les services sociaux, censés aider le cercle familial à retrouver un mode de fonctionnement favorable pour le petit garçon sont envahissants à force de s'interposer entre la mère "forcément coupable" puisqu'elle a dévié de sa trajectoire normative (elle était avocat et gagnait bien sa vie) pour devenir écrivain - et son enfant qui souffre physiquement d'être séparé de sa mère...
La fin du film est à la fois cruelle, étonnante et très belle mais je ne vous en dirai pas plus !
A voir pour son actrice principale mais pas que !
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Un soir d'été, Suzanne (Juliette Armanet), accompagnée de ses deux jeunes enfants, rend une visite impromptue à sa sœur Jeanne (Camille Cottin). Au réveil, Jeanne découvre sidérée le mot laissé par sa sœur. La sidération laisse place à la colère lorsqu'à la gendarmerie Jeanne comprend qu'aucune procédure de recherche ne pourra être engagée : Suzanne a fait le choix insensé de disparaître...
Le film de Nathan Ambrosioni nous fait partager le vécu de Jeanne et des deux enfants (10 et 6 ans) à fleur de visages...
Nous suivons avec émotion les réactions de cette jeune femme qui vient de se séparer de sa compagne Nicole (Monia Chokri) car elle ne voulait pas d'enfant avec elle et se retrouve du jour au lendemain en charge de sa nièce et de son neveu, complètement déboussolés par la disparition de leur mère, d'autant qu'ils sont orphelins de père...
Le scénario très subtil nous fait partager les émotions des personnages qui vont tenter de s'apprivoiser : les actrices sont toutes les trois excellentes et les enfants Gaspard et Margaux sont à croquer !
Un film à voir avant qu'il ne disparaisse des écrans !
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Projeté en 1ère mondiale au festival international du film de Saint Jean de Luz en octobre dernier, le premier long métrage de Amine Adjina, diplômé de l'atelier scénario de la Femis, est un vrai bijou de tendresse, d'humour et de réflexion sensible sur les rapports entre parents et grands enfants, sur fond d'exil...
Il nous raconte l'histoire de Mehdi (Younès Boucif à la bouille craquante), né en France de parents algériens émigrés, qui, sous la houlette de Bernard (Gustave Kervern), est devenu un cuisinier de talent dans une brasserie lyonnaise...
Mais Mehdi, seul homme de la fratrie depuis le décès de son père, ne veut pas faire de peine à sa mère Fatima (incroyable Malika Zerrouki dont c'est le premier rôle au cinéma), en lui annonçant qu'il a renoncé à la cuisine de ses origines et surtout qu'il est fou amoureux de Léa (adorable Clara Bretheau), avec laquelle il projette d'acheter le restaurant...
Pour tenter de réconcilier l'irréconciliable, Mehdi va inventer un stratagème qui va encore compliquer ses relations avec sa mère, ses sœurs (dont il se sent responsable) et surtout Léa...
Des acteurs formidables de naturel bien que pour la plupart débutants dans le métier (Malika exerce la profession de médiatrice entre parents et grands enfants mais n'avait pas pu jusqu'ici réaliser son rêve de jeune algérienne de devenir actrice, car empêchée par son grand-frère), des scènes très drôles (dont un happening dans un train InterCités), un authentique questionnement identitaire et la célébration de la cuisine comme sujet de transmission !
Que demander de plus ?


Jérôme Bonnel nous raconte l’histoire de deux femmes : Céleste, jeune bonne employée chez un couple bourgeois de province (Victoire et André) en 1908 et de Victoire, épouse qui ne rentre pas dans le modèle que la société et son mari attendent d'elle...
Deux femmes donc que tout sépare mais qui vivent sous le même toit et vont s'unir pour lutter contre le patriarcat et trouver leur équilibre en défiant les conventions.
Le réalisateur a eu le coup de foudre pour le roman "Amours" de Léonor de Récondo dès sa sortie. Cependant, c'est seulement après plusieurs années, entre autres projets, qu'il a pris la décision de l'adapter au cinéma. Ce long processus a permis au réalisateur de développer une vision personnelle de la résonance entre le roman du début du XXème siècle et les débats contemporains, en y ajoutant un personnage, la mère d'André, sorte de "Folcoche" incarnée par Emmanuelle Devos, qui n'existait pas dans le livre (et dont le rôle est ingrat).
Le film se déroule principalement en huis clos : cette configuration narrative renforce la tension entre les classes sociales de l'époque, symbolisée par l'architecture même des demeures bourgeoises : le personnel en bas, les bourgeois au milieu, et les chambres de bonnes tout en haut.
Swann Arlaud qui incarne André, a pris son rôle à bras-le-corps en explorant la violence intérieure de son personnage, reflétant fidèlement une société façonnée par des siècles de rapports de domination et par le poids des non-dits...
A priori à contre emploi, le comédien nous dérange et nous séduit une fois de plus par le large spectre de son jeu d'acteur !
Les deux femmes sont également merveilleusement incarnées par Louise Chevillotte (Victoire, femme puissante comme nous dirions aujourd'hui, toute en retenue) et Galatea Bellugi (Céleste, jeune fille naïve qui révèle également toute sa personnalité dans un registre peu commun pour l'époque)
Le film sort le 10 décembre, courez le voir !

Le film de la réalisatrice Kaouther Ben Hania a été présenté en avant-première mondiale lors de l’édition 2025 de la Mostra de Venise où il a décroché le Lion d’Argent. Il a été également choisi pour représenter la Tunisie aux Oscars 2026 !
29 janvier 2024. Les bénévoles du Croissant-Rouge reçoivent un appel d'urgence. Une fillette de six ans est piégée dans une voiture sous les tirs à Gaza et implore qu'on vienne la secourir. Tout en essayant de la garder en ligne, ils font tout leur possible pour lui envoyer une ambulance. Elle s'appelait Hind Rajab.
À mi-chemin entre le documentaire et la fiction, le film comprend des scènes avec des comédiens qui sont tous tunisiens et interprètent différentes personnes.
La petite fille Hind Rajab n’est pas présente à l’écran : le spectateur ne voit que des photos d'elle souriante et l'entend à travers l’enregistrement de son long appel téléphonique à la Société du Croissant-Rouge palestinien (service d’urgence de la Palestine)
Le film est poignant et nous inclut dans l'urgence politique : stopper le massacre de la population de Gaza et plus particulièrement des enfants !
Certains critiques ont déploré le mélange de la réalité (la diffusion de l'appel de la fillette) et de la fiction : personnellement je n'ai pas été gênée car la cinéaste mêle habilement les deux registres pour mieux nous faire vivre le double drame qui se joue : dans la voiture où est réfugiée Hind Rajab face à un tank israélien et dans les locaux du Croissant Rouge où les personnes à l'écoute ne comprennent pas les lenteurs administratives qui entravent la possibilité de réaliser leur mission de sauvetage...
Les comédiens sont tous excellents et l'actrice palestino-américaine Clara Khoury qui incarne le rôle de Nisreen Jeries Qawas, la véritable directrice du soutien psychosocial et de la santé mentale au Croissant-Rouge palestinien est époustouflante !
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La réalisatrice Rebecca Zlotowski dont le talent se confirme, nous offre un film à la fois riche et fantaisiste qui nous fait partager le chemin d'une thérapeute qui découvre ses failles en enquêtant sur la mort d'une de ses patientes incarnée par Virginie Efira...
Jodie Foster, qui joue pour la première fois en français, incarne avec brio et dérision cette femme puissante qui se trouve confrontée à une totale perte de contrôle...
Isolée dans son orgueil, elle se voit contrainte de chercher de l'aide auprès de son ex-mari toujours amoureux d'elle (Daniel Auteuil délicieux) et de se rapprocher de son fils (Vincent Lacoste très adulte dans son rôle de jeune papa, habité de reproches envers une mère qui l'a délaissé pour son métier)... de faire face à la colère du mari de sa patiente décédée (Mathieu Amalric) et même de faire appel à l'hypnose pour dénouer son enquête !
Un film très réussi qui joue sur plusieurs registres et n'est pas sans évoquer la période la plus inspirée de Woody Allen !