Overblog Tous les blogs Top blogs Associations & ONG
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Route 66

Route 66

Prenez vos bécanes pour aller au cinéma, voir des pièces de théâtre, admirer des expositions...

cinema

Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
Le film est le troisième long-métrage de la comédienne et réalisatrice Maryam Touzani après Adam (2019) et Le Bleu du caftan (2022).
La jeune cinéaste marocaine n'a que 46 ans et pourtant, elle décrit avec une grande justesse les ressentis propres aux personnes que la vieillesse tutoie...
Elle nous fait partager la gaieté espiègle de Maria Angeles, une espagnole de 79 ans, qui vit seule à Tanger où elle profite de sa ville et de ses chaleureux habitants.
Tout la ravit, le théâtre de la rue avec ses commerçants avec qui elle partage son goût pour les bonnes choses, son petit appartement, cocon ouvert sur les autres depuis son balcon fleuri, sa tendre complicité avec son amie Josefa, une nonne qui a fait vœu de silence...
Sa vie bascule lorsque sa fille Clara arrive de Madrid pour vendre l’appartement dans lequel elle a toujours vécu, car elle a besoin d'argent...
D'abord déstabilisée et profondément attristée par l'indifférence froide de sa fille qui lui révèle que l'appartement n'est pas à son nom, elle se ferme au dialogue et refuse de la suivre à Madrid...
Impuissante face au destin qui la frappe, elle accepte d'entrer dans une maison de retraite où elle s'étiole comme une plante qui n'est plus arrosée...
Déterminée à rester dans cette ville qui l'a vue grandir, Maria Angeles, aidée par toutes les personnes de son quartier,  va inventer un stratagème pour retourner dans sa maison et récupérer tous les objets qui la meublaient.
Maryam Touzani, qui tourne pour la première fois dans sa ville natale, s'est inspirée de sa grand mère andalouse pour nous offrir ce personnage solaire qui nous séduit par sa profonde humanité ! 

Voir les commentaires

Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Pascal Bonitzer nous propose une adaptation du livre Maigret et les vieillards, écrit par Simenon en 1960, en le transposant au début des années 2000 au tout début de l'apparition du portable et avant le déferlement d'internet...

Une casting 5 étoiles (Denis Podalydès, Anne Alvaro, Dominique Reymond, Micha Lescot, Irène Jacob...) pour interpréter cette histoire qui s'inscrit dans une période de crise pour l'auteur Simenon, confronté à la question de l'âge...

Le commissaire Maigret (Denis Podalydès très crédible malgré sa frêle stature) est appelé en urgence au Quai d’Orsay. Monsieur Berthier-Lagès, ancien ambassadeur renommé, a été assassiné dans son bel appartement du 7e arrondissement...

C'est sa gouvernante Jacotte Larrieu (Anne Alvaro formidable en dévote dévouée à son patron), qui l'a découvert le matin même criblé de balles dans son bureau...

L'hypothèse politique est vite écartée car Maigret découvre qu’il entretenait depuis cinquante ans une correspondance amoureuse avec la princesse de Vuynes (Dominique Reymond), dont le mari, étrange coïncidence, vient de décéder.

Toujours accompagné de son fidèle Janvier, le commissaire va peu à peu rencontrer la famille de ces deux hommes qui aimaient la même femme, contrainte par les usages à épouser un aristocrate...

Confronté à ce milieu huppé qu'il ne connait pas, Maigret va les entendre et surtout les écouter pour mener son enquête à son rythme, malgré les pressions qu'il subit...

Le film à la fois intemporel, désuet par le conformisme des figures qu'il rencontre et moderne du fait même de la présence de Denis Podalydès qui se glisse dans le personnage avec gourmandise et l’œil qui frise... nous offre des dialogues ciselés et des personnages nettement plus complexes qu'ils ne paraissent au premier abord...

Un divertissement de qualité pour une soirée pluvieuse ! 

 

 

Voir les commentaires

Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Comme chaque année mais cette année encore avec beaucoup de retard, je vais me livrer à cet exercice difficile : passer en revue les films vus en 2025 et sélectionner ceux que j’ai particulièrement appréciés !

Avec 157 millions d’entrées en 2025, les salles françaises confirment la situation exceptionnelle de la France dans le paysage du cinéma mondial, même si l’année marque un sensible recul par rapport à 2024 (-13.6%) et n’a vraiment démarré qu’au printemps / été avec la sortie de blockbusters anglo-saxons ("Mission impossible" : 2.5M entrées, "Lilo et Stitch" : 5.1M entrées, "Jurassic World" : 3M entrées et "F1 le film" : 3.3M entrées…) pour finir en beauté à la fin de l’année avec 3 autres films anglo-saxons qui ont crevé les plafonds ("Avatar" 4.6M entrées, "Zootopie 2" : 6.2M entrées et La femme de ménage : 1.1M entrées)

A titre de comparaison, les entrées en Allemagne, en Italie et en Espagne sont respectivement de 85, 67 et 65 millions pour la même période.

Parmi les 216 films sortis sur les écrans français en 2025, j’en ai personnellement découvert 92 (soit environ 2 par semaine).

Je n’ai pas vu les blockbusters anglo-saxons ni le français "God Save the Tuche" (3M entrées), et je n’ai pas vu 2 films : "Un ours dans le Jura" (français) et "Sirat" (franco-espagnol) qui ont fait de bons scores (respectivement 1.4M et 700 000 entrées)

Ma sélection sera donc, comme chaque année, entièrement subjective !

J’ai établi une première sélection de mes films préférés : 30 films dont 15 français et 15 étrangers (dont 1 danois, 1 syrien, 1 ukrainien, 1 coréen, 1 égyptien, 1 brésilien, 1 québécois, 1 taïwanais, 2 iraniens, 2 japonais, 1 espagnol, 1 anglais et 1 américain…)

Sur ces 28 films, j’ai retenu 10 films qui constituent mon palmarès 2025 : 5 français et 5 étrangers (1 danois, 1 brésilien, 1 québécois, 1 ukrainien, 1 américain) mais contrairement à 2024 où mon film préféré : « En fanfare » s’était imposé, j’ai beaucoup hésité cette année !

Le n°1, « Valeur sentimentale », le dernier film du réalisateur danois et norvégien Joachim Trier nous invite à entrer dans l'histoire d'une famille marquée par le drame de la trahison d'un père qui a abandonné sa femme et ses filles pour poursuivre librement sa carrière de scénariste (récompensé par le Grand Prix à Cannes, 440 000 entrées)

Trois excellents acteurs : le père Stellan Skarsgard (1m91, 74 ans, impressionnant de froideur et d'émotions contenues), la sœur ainée Renate Reinsve (révélée dans Julie en 12 chapitres du même Joachim Trier) et la sœur cadette Inga Ibsdotter Lilleaas nous offrent une rare réflexion sur les liens familiaux, des scènes de sororité magiques et des échanges de regards et/ou des dialogues passionnants entre le père et la fille... sans oublier la maison qui est un personnage à part entière !

Le n°2, « Je suis toujours là » : dans son dernier opus, le réalisateur brésilien Walter Salles s'est inspiré du récit écrit par Marcelo, le fils de Rubens et Eunice Paiva, pour mettre en scène la tragédie qu’ils ont connue à la fin des années 60 à Rio de Janeiro... (3M entrées au Brésil)

Nous suivons le destin de cette famille brisée qui saura se relever et prenons conscience par touches successives de l'horreur de ces années de plomb qui continueront jusqu'en 1974, menant à la rupture, première dans l'histoire du Brésil, entre le régime et la hiérarchie catholique...

La figure d'Eunice interprétée avec maestria par Fernanda Torres qui décidera de quitter Rio pour reprendre des études de droit et devenir avocate et militante du mouvement anti-dictature militaire au Brésil, illumine le film du début à la fin !

Le n°3, « Les rêveurs » : dans son premier film d’inspiration autobiographique, Isabelle Carré souhaite avec finesse et sensibilité alerter sur la déliquescence de la pédopsychiatrie en France qui n'arrive pas à faire face à la multiplication des mal-être de l'adolescence et plus particulièrement des jeunes filles d'aujourd'hui…

Le scénario tout en finesse se déroule dans les années 80 à l'hôpital Necker où sont "enfermés dans une camisole chimique", les jeunes gens qui ont cherché à attenter à leur vie... La réalisatrice jeune est interprétée par la ravissante et expressive Tessa Dumont Janod dont c'est le premier rôle au cinéma et Alex Lutz, toujours aussi formidable, joue le frère musicien d'Isabelle Carré...

Le n°4, « Dossier 137 » : après "La nuit du 12" réalisé en 2022, film enquête sur un féminicide, qui a obtenu six César, dont celui du meilleur film et meilleur réalisateur, Dominik Moll s'attache dans son dernier opus à décortiquer le fonctionnement peu documenté de l'IGPN, au sein duquel il a réussi à s'immiscer.

Construit autour de Léa Drucker qui nous impressionne une fois de plus par son autorité naturelle et son empathie, le scénario nous plonge dans le dossier 137 dont elle hérite dans le cadre de la crise des Gilets Jaunes fin 2018 (702 000 entrées)

Le n°5, « Ma mère, Dieu et Sylvie Vartan » : avec ce roman inspiré de sa vie, Roland Perez voulait rendre hommage à sa mère, et à toutes les mères qui se battent pour leur enfant. Jusqu'au décès de cette dernière, il n'avait jamais parlé publiquement de son handicap (1.5M entrées)

En choisissant Leïla Bekhti pour jouer le rôle de la mère, le réalisateur québécois Ken Scott a trouvé en cette actrice frémissante, la clé de voûte de son film qui, étant donné son sujet : le handicap, aurait pu être tire-larmes mais du fait de la présence solaire de cette mère "louve" ne peut que nous séduire et nous captiver...

Sylvie Vartan, qui a accepté de jouer son propre rôle dans le film, rend le film encore plus fort et plus émouvant !

Le n°6, « Deux procureurs » : une plongée glaçante dans le régime totalitaire de l’Union soviétique en 1937 ! Le réalisateur ukrainien Sergei Loznitsa a adapté une nouvelle écrite en 1969 par Georgy Demidov, physicien arrêté en 1938 et envoyé au Goulag, dont les écrits furent saisis par le KGB en 1980 et ne purent être publiés qu’en 2009, après avoir dormi quarante ans dans l’ombre.

Le film qui a été tourné dans une prison de Riga construite en 1905 fascine par la figure du procureur local Alexander Kornev (Aleksandr Kuznetsov impressionnant de sobriété), un bolchévique intègre dont la soif de justice le conduira jusqu’au bureau du procureur général à Moscou...

Le n°7, « La condition » : le réalisateur français Jérôme Bonnel a adapté le roman "Amours" de Léonor de Récondo pour nous parler de patriarcat au début du XXe siècle  

Swann Arlaud nous dérange et nous séduit une fois de plus par le large spectre de son jeu d'acteur n’hésitant pas à explorer la violence intérieure de son personnage, reflet fidèle d’une société façonnée par des siècles de rapports de domination et par le poids des non-dits...

Le n°8, « Partir un jour » : premier long-métrage d'Amélie Bonnin, le film réunit un duo gagnant composé de la chanteuse Juliette Armanet dont c'est le premier rôle au cinéma et Bastien Bouillon révélé dans "La nuit du 12" !

La cinéaste nous raconte l'histoire d’une jeune femme qui s’apprête à réaliser son rêve, ouvrir son propre restaurant gastronomique mais contactée par sa mère, interprétée par la merveilleuse Dominique Blanc, elle doit rentrer en catastrophe dans le village de son enfance à la suite de l'infarctus de son père qui tient un restaurant de Routiers dans le Loir et Cher...

Replongée malgré elle dans son passé, elle retrouve son premier amour interprété par Bastien Bouillon resté sur place, contrairement à elle qui est "montée" à Paris... (660 000 entrées)

Le n°9, « La petite cuisine de Mehdi », le premier long métrage du réalisateur français Amine Adjina est un vrai bijou de tendresse, d'humour et de réflexion sensible sur les rapports entre parents et grands enfants, sur fond d'exil...

Il nous raconte l'histoire de Mehdi (Younès Boucif à la bouille craquante), né en France de parents algériens émigrés, qui est devenu un cuisinier de talent dans une brasserie lyonnaise... Mais seul homme de la fratrie depuis le décès de son père, Mehdi ne veut pas faire de peine à sa mère en lui annonçant qu'il a renoncé à la cuisine de ses origines et surtout qu'il est fou amoureux d’une française de souche… 

Le n°10, « The brutalist » : auréolé de 10 nominations aux Oscars, le film du réalisateur américain Brady Corbet et sa femme Mona Fastwold, nous fascine par le portrait de l’architecte László Tóth (personnage inventé incarné par Adrien Brody dont le charisme fiévreux lui a permis de décrocher l'Oscar du meilleur acteur), formé au Bauhaus, déporté durant la guerre et contraint de repartir à zéro aux Etats-Unis en se voyant confier un grand projet dans le style brutaliste ! 

Et aussi « La petite dernière » réalisé par Hafsia Herzi qui confirme son talent (385 000 entrées), « L’attachement » avec Valeria Bruni Tedeschi (779 000 entrées), « The amateur » un thriller original de James Hawes…

Et encore 2 films iraniens : « La femme qui en savait trop » et la Palme d’Or « Un simple accident » de Jafar Panahi, un film égyptien : « Les aigles de la République » avec le fascinant Fares Fares, un film coréen « A normal family », un thriller familial poignant, « L’inconnu de la Grande Arche » de Stéphane Demoustier, une page d’histoire architecturale passionnante avec Michel Fau et Swann Arlaud, « Le répondeur », une comédie amusante de Fabienne Godet avec Denis Podalydès et Salif Cissé, « La pie voleuse »  dernier opus de Robert Guédiguian avec  la toujours touchante Ariane Ascaride….

Par contre je n’ai pas succombé aux succès de « L’étranger » malgré le talent de Benjamin Voisin, de « Black Dog » (trop noir), de « Nino » malgré le profil intéressant de Théodore Pellerin éloigné des codes de la masculinité classique, ni « D’une bataille après l’autre » avec un Leonardo di Caprio fumeur de joints qui ne quitte pas sa robe de chambre !

 

Cinéma : Classement 2025
Cinéma : Classement 2025
Cinéma : Classement 2025
Cinéma : Classement 2025
Cinéma : Classement 2025
Cinéma : Classement 2025
Cinéma : Classement 2025
Cinéma : Classement 2025
Cinéma : Classement 2025

Voir les commentaires

Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Ainara 17 ans (ravissante Blanca Soroa dont c'est le premier rôle au cinéma), orpheline de mère, élève dans un lycée catholique à Bilbao,  s'apprête à passer son bac.

A la surprise générale, cette brillante adolescente, qui a une vie sociale très épanouie et un petit ami, annonce à sa famille qu'elle souhaite participer à une période de "discernement" en vue d'entrer dans les ordres.

Le film est le troisième long-métrage de la cinéaste espagnole Alauda Ruiz de Azúa mais le premier à sortir sur les écrans français. Réputée pour sa série primée Querer sur les violences conjugales (Arte), la réalisatrice continue à explorer la complexité des relations familiales...

La nouvelle prend tous ses proches au dépourvu. Si Inaki son père, un peu démissionnaire, semble se laisser convaincre par les aspirations de sa fille, Maité, la tante d’Ainara, farouchement athée, tente au contraire de convaincre sa nièce de réfléchir et de se lancer dans un parcours universitaire avant de prendre une décision irrévocable...

Tenu à distance des véritables questionnements d'Ainara, le spectateur assiste durant presque deux heures à une succession de scènes dans lesquelles alternent les repas en famille, les confidences entre copines, la vie au lycée et les séances de chorale, les échanges avec les sœurs du couvent et le jeune directeur de conscience... sans trop pouvoir démêler la logique qui habite la douce et énigmatique jeune fille...

On peut se réjouir de la dualité assumée du scénario, mais d'un autre côté, on reste un peu perplexe et désappointé face à une décision dont on ne connait visiblement pas tous les paramètres...

Voir les commentaires

Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Fasciné par le potentiel cinématographique de cet univers peu exploré, Pierre Niney a contacté Yann Gozlan peu après la sortie de "Boîte Noire" en 2020 (où il interprétait un agent du Bureau d'enquêtes et d'analyses pour la sécurité de l'aviation civile chargé d'enquêter sur un accident d'avion)

Séduit par l’originalité et la pertinence du sujet, le réalisateur a immédiatement perçu le coaching comme un "symptôme d’une société en crise".

Durant plus de deux heures, nous assistons fascinés et tétanisés à la réussite fulgurante de Matt (Pierre Niney), parti de rien puisqu'il n'a aucun bagage académique, qui devient le coach en développement personnel le plus suivi de France.

Sincère au début de son parcours dans ses intentions d'aider les personnes dans leur quête de mieux être, le coach Matthieu Vasseur se transforme peu à peu en véritable rock star manipulateur qui électrise ses adeptes, jusqu'à inquiéter les autorités qui lui demandent de venir expliquer sa pratique...

Nous assistons aux séminaires qui réunissent jusqu'à 400 personnes et suivons son équipe dont fait partie sa femme Adèle (Marion Barbeau très juste) en coulisses...

Mais au fil du scénario, nous découvrons la faille de cet homme qui perd peu à peu toute mesure et bascule dans le règne émotionnel qui régit les réseaux sociaux...  et le film se transforme en véritable thriller avec un "gentil paumé" (Anthony Bajon) qui devient toxique et un "méchant" qui se cache derrière un masque de fidèle adjoint...

A voir absolument si on s'intéresse à la "mode" actuelle du développement personnel et à ses nouveaux "prédicateurs" !

 

Voir les commentaires

Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Vu en avant-première lors du festival Télérama dans la grande salle du Balzac pleine à craquer, le dernier film de Valérie Donzelli a été longuement applaudi !

Bastien Bouillon que le cinéphile peut admirer actuellement dans "Bojarski", où il incarne l'inspecteur Mattei, le meilleur flic de France, prête son physique protéiforme à un personnage très représentatif de la moderne solitude de notre monde "ubérisé", où la société attend de chacun un comportement "conforme" à sa communauté ! 

Révélé à 38 ans dans "La nuit du 12" de Dominik Moll où il a été récompensé par le César du meilleur espoir masculin, le comédien âgé aujourd'hui de 40 ans tient à garder dans chacun de ses personnage une exigence artistique, conjuguant le cinéma grand public et les films d'auteur.

Son physique adulescent et son pouvoir de transformation lui permet de changer physiquement d'apparence jusqu'à devenir méconnaissable comme dans "Partir un jour" où il est quasiment méconnaissable dans un rôle de garagiste aux cheveux longs décolorés au charme gouailleur et authentique !

Huitième long métrage de Valérie Donzelli, le film est l'adaptation du livre du même nom de Franck Courtès, publié en 2023 : Paul Marquet (Bastien Bouillon qui a perdu 10 kg pour le rôle), interprète ici un photographe qui décide d'abandonner son métier pour se lancer dans l'écriture...

Abandonné par son épouse qui part au Canada avec leurs deux enfants, désavoué par son père et sa sœur - qui accepte quand même de lui prêter un studio glauque en sous-sol, éclairé par une grille, où il regarde le monde comme Charles Denner dans "L'homme qui aimait les femmes"...

Encouragé mais surtout houspillé par son éditrice incarnée par son éditrice Virginie Ledoyen, Paul est en panne d'écriture après le succès d'estime de ses trois premiers livres...

Pour assurer sa subsistance, il s'inscrit sur un site "Jobber", qui propose à ses abonnés des petits boulots dans une logique infernale d'enchères inversées...

Paul écrit le matin et tente de décrocher des interventions plus loufoques les unes que les autres chez des clients qui le traitent comme un esclave et n'hésitent pas à mal le noter pour la moindre attitude "ne parle pas beaucoup"...

Nous suivons avec angoisse, la descente aux enfers de cet intellectuel aux petites lunettes rondes qui met toute l'énergie qui lui reste pour tenter d'être à la hauteur de son ambition littéraire...

A voir à sa sortie en salles le 4 février pour Bastien Bouillon mais pas que !

Voir les commentaires

Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Difficile d'adapter au cinéma un chef d’œuvre de littérature !

Enthousiasmé par le livre, Olivier Assayas a longtemps hésité puis s'est laissé convaincre par Emmanuel Carrère de la faisabilité du projet...

Il lui a d'abord fallu trouver un interprète pour Poutine et son choix s'est arrêté sur Jude Law qu'il connaissait puisqu'ils étaient membres du jury du festival de Cannes 2011...

Toutefois pas question de le grimer : l'acteur devait s'imposer par sa présence et sa gestuelle, ce qu'il réussit à faire la plupart du temps mais difficile d'oublier la séduction naturelle de Jude Law...

Pour ceux qui n'ont pas lu le livre, le propos est tellement complexe et ardu qu'il est nécessaire de résumer le livre de Giuliano da Empoli publié en 2022, composé en grande partie de confidences sous forme de dialogues... 

Russie, dans les années 1990. L’URSS s’effondre. Dans le tumulte d’un pays en reconstruction, un jeune homme à l’intelligence redoutable, Vadim Baranov (incarné par un Paul Dano ambigu à souhait), trace sa voie. D’abord producteur de télé-réalité, il devient le conseiller officieux d’un ancien agent du KGB promis à un pouvoir absolu, Vladimir Poutine.

Plongé au cœur du système, Baranov devient un rouage central de la nouvelle Russie, façonnant les discours, les images et les prises de position de celui qui est devenu le nouveau "Tsar". 

Quinze ans plus tard, après s’être retiré dans le silence, Baranov accepte de parler. Ce qu’il révèle alors brouille les frontières entre réalité et fiction, conviction et stratégie.

Le scénario (trop long : il dure 2h30) est une plongée dans les arcanes du pouvoir, un récit où chaque mot dissimule une faille, chaque décision son envers.

Je n'ai pas regretté de voir le film car il m'a donné envie de relire le Grand Prix du roman de l'Académie ! 

Voir les commentaires

Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Eleonora Duse (1858-1924) fut l'égale italienne de Sarah Bernhardt en France...

Le réalisateur italien Pietro Marcello a décidé de nous raconter les dernières années de la vie de la Duse, ruinée, quand la tuberculose, qu'elle tente de dissimuler, la ronge de plus en plus...

Le jeu d’actrice d’Eleonora Duse n’est parvenu à la postérité qu’à travers des témoignages indirects et parfois contradictoires. En effet, il n’existe aucun témoignage direct de l’art de la comédienne. Pour préparer le film, les scénaristes Letizia Russo et Guido Silei se sont beaucoup documentés sur sa biographie et sur le contexte historique des années qui suivent directement la Première Guerre Mondiale, période à laquelle démarre le film...

En 1918, en pleine montée du fascisme, alors que l’Italie enterre son soldat inconnu, la grande actrice arrive au terme d’une carrière légendaire, mais malgré son âge et malgré les reproches de sa fille qu'elle a mal aimée (incarnée par Noémie Merlant), elle décide de remonter sur scène.

Vaniteuse, fiévreuse et naïve, elle accepte l'aide de Mussolini sans se rendre compte qu'elle est instrumentalisée...

Tourné dans des décours superbes et notamment dans les brumes de Venise, le film crépusculaire célèbre toutefois la force vitale de cette femme qui ne vit que pour son art...

Malgré un contexte historique peu linéaire, un scénario pas très lisible, l'apparition ridicule de Sarah Bernhardt (interprétée par une Noémie Lvovsky pas du tout crédible), le film vaut la peine d'être vu pour la maestria de Valeria Bruni Tedeschi qui donne toute sa mesure à ce personnage de légende ! 

Voir les commentaires

Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Projeté en salles mais visible en replay sur Arte, le documentaire de  David Borenstein et Pavel Talankin nous plonge de façon poignante dans la réalité de la propagande face à "l'opération militaire spéciale" menée par l'armée russe en Ukraine !

Salarié de l'éducation dans une petite ville russe, Pavel Talankin a filmé pendant deux ans la mise en oeuvre du programme militaire et nationaliste imposé dans les écoles après l’invasion de l’Ukraine. 

À Karabach, petite cité industrielle de l’Oural victime d'une pollution très élevée, Pavel (ou “Pacha”) Talankin s’épanouit en tant que coordinateur des activités pédagogiques dans l’école qui l’a vu grandir.

A partir de février 2022, il assiste au déploiement d’un nouveau programme gouvernemental guerrier dont le menu comprend des récitation de poèmes patriotiques, la création d’un mouvement de jeunesse nationaliste, la rédaction de lettres aux soldats, les défilés militaires et un entraînement des enfants au maniement des armes...

Chargé de filmer les opérations, Pacha décide, après avoir songé à démissionner, de se servir de sa mission pour documenter cette propagande à marche forcée. Mais tandis que d’anciens élèves sont mobilisés et que la guerre endeuille peu à peu les familles des enfants comme du personnel éducatif, le jeune homme, opposant assumé à Poutine, se voit de plus en plus isolé. 

À l’été 2024, après la cérémonie annuelle de remise des diplômes, il se résout à fuir la Russie, emportant clandestinement les vidéos qui constituent la matière première de ce documentaire...

Durant 90 minutes, le téléspectateur français assiste fasciné et désespéré au lavage des jeunes cerveaux imposé par le régime russe actuel pour légitimer la soi-disant "dénazification" de l'Ukraine et remercie Pacha pour son courage et sa clairvoyance ! 
 

 

Voir les commentaires

Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Le réalisateur Jean-Paul Salomé a décidé de nous raconter l'histoire incroyable mais véridique de Jan Bojarski qui a fait trembler la Banque de France ! 

Jeune ingénieur polonais, il se réfugie en France pendant la guerre et utilise ses dons pour fabriquer des faux papiers pendant l’occupation allemande.

Après la guerre, son statut d'apatride l’empêche de déposer les brevets de ses nombreuses inventions (dont la machine à café à dose), aussi est-il contraint d'occuper des petits boulots mal rémunérés pour faire vivre sa femme Suzanne (délicieuse Sara Giraudeau) dont il est très amoureux !

Lorsqu'il rencontre un gangster qui lui propose d’utiliser ses talents exceptionnels pour fabriquer des faux billets, il crée dans un atelier secret toutes les machines (presse, plaques, mélangeur...), le papier et les encres pour fabriquer dès 1950 des billets de 1000 francs "Minerve et Hercule" puis à partir de 1958 contrefait des billets de 5 000 francs "Terre et mer" réputés infalsifiables...

En 1962 il abandonne la contrefaçon des billets de 5 000 francs pour celle des récents billets de 100 nouveaux francs type "Bonaparte", tellement parfaits que des caissiers habiles à repérer les faux sont incapables de les différencier des vrais...

Heureux de pouvoir faire vivre correctement sa famille, il se heurte néanmoins aux questionnements et à la perspicacité de son épouse et surtout fascine l'inspecteur Mattei (interprété par un Bastien Bouillon toujours aussi formidable), qui délaisse les honneurs de sa carrière de meilleur flic de France pour se consacrer à débusquer ce faussaire génial qui n'hésite pas à le provoquer...

Le spectateur suit avec passion durant 2 heures cette aventure incroyable dont les rebondissements nous font chavirer comme dans un polar !

Je ne vous raconterai pas la fin mais les dernières images collectées par un journaliste suisse passionné par Bojarski nous permettent de découvrir des photos et des plans de son atelier !

Surnommé le "Cézanne de la fausse monnaie", il faut aller voir ce film pour faire la connaissance de cet homme hors du commun ! 

Voir les commentaires

<< < 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 > >>

Archives

Articles récents

Hébergé par Overblog