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Route 66

Route 66

Prenez vos bécanes pour aller au cinéma, voir des pièces de théâtre, admirer des expositions...

cinema

Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Dans son troisième long-métrage,  le réalisateur japonais Akio Fujimoto a décidé d'aborder le douloureux sujet du sort réservé aux rohingyas... malgré le risque professionnel que cela peut représenter pour la poursuite de sa carrière, tant la problématique est sensible... 

Le spectateur est invité à suivre la traversée dangereuse et interminable de deux enfants orphelins de 9 et 4 ans, Somira et Shafi, sœur et frère à l'écran et dans la vie, qui quittent le camp où ils étaient internés au Bangladesh pour tenter de rejoindre la Malaisie où réside un de leurs oncles...

Le cinéaste a confié les deux rôles à Shomira Rias Uddin et Muhammad Shofik Rias Uddin qui n'avaient jamais fait de cinéma et dont le casting se révèle époustouflant de réalisme...

Le scénario a été réalisé en langue rohingya (essentiellement parlée dans la région de Chittagong au Bangladesh), avec plus de 200 personnes rohingyas. Une grande majorité d’entre eux avaient vécu des expériences similaires à celles montrées dans le film.

A voir pour s'informer et surtout pour s'émerveiller de la relation entre la sœur et son petit frère avec lequel elle partage les rares occasions de jeu qu'ils se créent pour oublier l'enfer qu'ils subissent - et pour lequel elle est prête à tous les sacrifices ! 

NB : Les Rohingyas désignent une minorité musulmane originaire de l’État de Rakhine, dans l’ouest du Myanmar (ex-Birmanie). Depuis 1982, le pays ne les reconnaît plus comme citoyens. Apatrides et privés de droits fondamentaux, ils ont été plus de 750 000 à fuir vers le Bangladesh en août 2017 à la suite d’une répression militaire majeure afin d’échapper à des viols et des massacres qualifiés par des enquêtes internationales de nettoyage ethnique. Depuis cette date, les Rohingyas se déplacent vers de nombreux pays voisins, comme la Malaisie ou l’Indonésie. Certaines familles, poussées par la misère et les conditions de vie, vont jusqu’à parcourir 2500km en mer sur des routes parmi les plus dangereuses et les plus meurtrières du monde.

 

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Pas très fan de science fiction, je n'étais pas allée voir le film de Yann Gozlan sorti en 2025... et j'avoue avoir été séduite par le thème : la dangereuse avancée de l'IA et par ses interprètes dont la toujours aussi formidable Cécile de France...

Clarissa, romancière en mal d’inspiration, rejoint une résidence d’artistes prestigieuse à la pointe de la technologie, dirigée par la géniale Anna Mouglalis .

Très à l'aise au début du film, elle trouve en Dalloway, son assistante virtuelle qui a la voix de Mylène Farmer, un soutien et même une confidente qui l’aide à écrire.

Mais peu à peu, Clarissa fragilisée par le récent suicide de son fils qui a fait éclater son couple avec Frédéric Pierrot, éprouve un malaise grandissant face au comportement de plus en plus intrusif de son IA, renforcé par les avertissements complotistes d’un autre résident en la personne de Lars Mikkelsen.

En panne d'écriture, se sentant surveillée, Clarissa se lance secrètement dans une enquête pour découvrir les réelles intentions de ses hôtes tout en essayant de garder son propre équilibre mental...

Le réalisateur a pris des libertés par rapport au livre éponyme de Tatiana de Rosnay, en accord avec cette dernière. Ainsi, il a ajouté le contexte de la pandémie, il a supprimé certains personnages et modifié un peu l’intrigue, notamment la fin, qui est beaucoup plus ouverte dans le roman.

Le bâtiment ultra-moderne où ont été tournées plusieurs scènes du film devait forcément se trouver en Belgique — contraintes de production oblige — et l’équipe a jeté son dévolu sur un centre culturel de la ville de Deinz. Le lieu a été agrandi numériquement et des volets végétaux ont également été ajoutés. Les scènes dans les couloirs et dans l’escalier circulaire ont été tournées dans d’autres lieux en Belgique.

Tous les éléments du film concourent à nous faire sérieusement nous poser la question : qu'adviendra-t-il de l'Homme lorsque l'IA sera douée d'émotion ?! 

Avoir en replay sur Canal

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Premier long métrage de Damiano Michieletto, grand metteur en scène d'Opéra, le film nous plonge au début du XVIIIᵉ siècle, l’Ospedale della Pietà à Venise recueille et forme de jeunes orphelines à la musique. Dissimulées au public, souvent masquées ou derrière une grille, les musiciennes de haut niveau se produisent pour les riches mécènes de l'institution.

L'arrivée d'Antonio Vivaldi, malade et financièrement aux abois comme nouveau maître de musique va bouleverser l'établissement et infléchir le destin de Cécilia, une violoniste virtuose de 20 ans dont la forte personnalité est magnifiquement incarnée par l'actrice Tecla Insolia qui crève l'écran...

Immergé dans la musique du génial Vivaldi (Michele Riondino) qui composa ses œuvres les plus connues dans cet orphelinat, le film nous séduit par la reconstitution de cette époque où, sous couvert de prendre en charge les fillettes abandonnées, l'Ospedale (fondé en 1346) tire l'essentiel de ses revenus des mariages arrangés des pensionnaires à de vieux veufs à la recherche de chair fraiche...

A voir pour son actualité sur la dénonciation du patriarcat, pour son magnifique écrin : Venise... et surtout pour son héroïne !

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

J'ai hésité à aller voir la suite mais je n'ai pas pu résister à l'envie de retrouver Meryl Streep, Anne Hathaway, Stanley Tucci et Emily Blunt... 20 ans après...

Miranda (Meryl Streep) est toujours à la tête de Runway mais le magazine papier n'a presque plus d'abonnés et est menacé de coupes budgétaires pour assurer sa survie...

Andrea Sachs (Anne Hathaway) est devenue une journaliste de talent mais elle apprend son licenciement par SMS le soir où elle et un de ses collègues reçoivent un prix...

Quant à Emily (Emily Blunt), elle est responsable de Dior New York, grâce à la fortune et à l'entregent de son compagnon à l'humour consternant...

Enfin le formidable Nigel (Stanley Tucci) est toujours présent, fidèle au poste dans l'ombre de Miranda...

Quand Andrea, grâce à ses relations, est nommée directrice en chef chez Runway, le trio se remet dans les marques du premier opus mais le scénario se répète sans le charme et surtout sans le ton caustique et incisif du film de 2006...

Miranda a mal vieilli même si Meryl Streep est toujours incroyablement belle, Andrea veut toujours bien faire et Nigel fait du Nigel mais sans humour...

L'actualité marquée par le développement d'internet et des réseaux sociaux, l'arrivée en force des influenceurs, la fast fashion et la domination financière des investisseurs est abordée mais de façon superficielle, ce qui rend le scénario paresseux voire même brouillon dans le tourbillon des défilés et des réceptions...

Le spectateur nostalgique passe un bon moment mais regrette que la suite ne soit pas à la hauteur du 1er film... il faut reconnaître que le défi était quasiment inatteignable...

Je pense que je vais très vite revoir en DVD pour la nième fois et toujours avec autant de plaisir, Le Diable s'habille en Prada dans sa version originelle !

 

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Le film documentaire de Philippe Béziat a notamment été présenté lors de l’édition 2026 du FIPADOC (Festival International de Programmes Audiovisuel de Biarritz) :  il y a remporté le Grand Prix Documentaire Musical.

Le réalisateur nous fait entrer dans les coulisses de l'Orchestre de Paris et s'attache plus particulièrement à la virtuosité de son jeune chef, Klaus Mäkëla, un prodige finlandais âgé de trente ans qui est littéralement habité par la musique !

Pas besoin d'être mélomane ni de connaitre le répertoire pour être également envouté par les répétitions et les concerts dirigés par les divers chefs invités dont Elim Chan (native de Hong Kong) qui demande des cuivres "plus sanglants" ou Herbert Blomstedt, 97 ans, suédois naturalisé américain, qui dirige la 8e symphonie de Bruckner en bougeant à peine les doigts...

L'habile scénario donne la parole à quelques uns des 120 musiciens composant l'orchestre, qui analysent devant nous leurs coups d'archet, leur écoute des autres instruments pour mieux s'aligner avec le collectif, les raisons qui les ont amenés à rejoindre cette formation d'exception... Pour ne pas interrompre la musique, leurs commentaires s'inscrivent sur l'écran comme des cartons de films muets...

Le spectateur ressort, au bout d'une heure 1/2, enchanté, passionné, transporté, ému... en un mot heureux ! 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Je n'avais pas très envie de voir le dernier film de Gus Van Sant dont le scénario ne m'attirait guère...

Le film raconte l’histoire vraie de Tony Kiritsis, un homme ruiné à cause d’un emprunt. A Indianapolis, le 8 février 1977, il kidnappe le fils du courtier responsable de sa situation. Il réclame 5 millions de dollars et des excuses. La prise d’otage va durer 63 heures, sous les yeux de la télévision locale, puis nationale. L’Amérique se passionne pour cette affaire. Chacun choisit son camp.

Tony est-il un criminel, ou simplement une victime qui réclame justice ?

Le récit est intéressant en ce que les personnages de Tony et Richard,  respectivement et excellemment interprétés par Bill Skarsgärd et Dacre Montgomery sont complexes : le "méchant" n'est pas si fou ou dangereux qu'il n'y parait, mais plutôt victime du système et infiniment naïf, et le gentil fils à papa que l'on pourrait imaginer hautain et dédaigneux, se révèle dans toute sa fragilité face à son père (Al Pacino), figure abjecte de l'ultra capitalisme...

Le film (1h45) est un peu long mais montre bien la violence des rapports entre la classe dominante et la classe moyenne qui se perpétue aujourd'hui dans les démocraties illibérales...

A voir également pour le personnage charismatique de Fred Temple, DJ black de la radio locale, que Tony appelle pour passer dans sa célèbre émission qui diffuse de la soul et du jazz... comme une douce parenthèse dans ce monde de brutes !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

En 1932, Herman J. Mankiewicz, juif de parents immigrés allemands, qui deviendra célèbre 10 ans plus tard pour son scénario de Citizen Kane, écrit The Mad Dog of Europe : un script visionnaire dénonçant la montée du nazisme en Europe, avant même l'accession d'Hitler au pouvoir.

Le film ne fut jamais tourné pour des raisons diplomatiques autant qu'économiques : les studios américains ne voulaient pas contrarier Hitler, qui aurait pu interdire leurs films en Allemagne, leur principal débouché à l'exportation...

Dans le documentaire de la britannique Rubika Shah, on découvre avec stupeur la propagation méconnue de l'idéologie nazie aux Etats-Unis durant les années 30 (des enfants, portant des chemises brunes, sont embrigadés dans des groupes, à l'image des jeunesses hitlériennes, des magasins juifs sont saccagés...)  et en particulier à Hollywood où de nombreux scénaristes et techniciens de cinéma  juifs sont licenciés...

Entremêlant images d'archives et interviews de Ben Mankiewicz (le fils d'Herman, acteur de métier) et de Nick Davis (scénariste américain), le récit nous scotche à nos fauteuils même si le déroulé est un peu elliptique... et ne creuse pas assez, de mon point de vue, la personnalité si particulière d'Herman Mankiewicz !

L’histoire de ce film jamais produit résonne avec les fractures de plus en plus menaçantes de notre époque...

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Le film est directement inspiré de la vie de la réalisatrice, Carla Simon. Comme le personnage principal de Romería, cette dernière, orpheline de mère et père, a dû reprendre contact avec ses grands-parents à l’âge de dix-huit ans afin de récupérer le certificat de décès de ses parents, nécessaire à son entrée à l’université. 

Carla Simon a choisi pour interpréter Marina, l'héroïne du film, une ravissante actrice Llucia Garcia dont c'est le premier rôle au cinéma. 

Guidée par le journal intime de sa mère qui ne l’a jamais quittée, elle se rend, invitée par un de ses oncles, en Galice pour se rapprocher de sa famille paternelle qu’elle ne connait pas. 

Marina rencontre les différents membres de cette famille bourgeoise qui vit dans une magnifique villa au bord de l'océan atlantique...

Alternant les repas, les fêtes et les sorties en mer à bord d'un magnifique voilier, le scénario sans volonté de logique linéaire, nous permet de comprendre peu à peu ce qui s'est joué au début des années 80, peu de temps après sa naissance, dans le contexte de la Movida, si bien décrit par Pedro Almodovar...

Encensé par la critique, le film qui faisait partie de la sélection du festival de Cannes 2025, ne m'a pas entièrement convaincue malgré le talent de cette révélation féminine : trop long (près de 2 heures), trop foisonnant et finalement assez prévisible...

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Le second long métrage de David Roux ne tient pas ses promesses... 

On ressort du film avec une impression de déjà vu : la dénonciation du patriarcat et de la riche bourgeoisie catholique est un thème qui a été très souvent abordé et avec beaucoup plus de talent...

L'accent est mis par le réalisateur sur l'enfermement de Marianne (Mélanie Thierry), l'épouse de l'héritier d'une riche famille industrielle de province (Eric Caravaca), où les hommes meurent vieux mais sans passer par la case EPHAD et les femmes, si tant est qu'elles manifestent un peu de personnalité, sont traitées d'hystériques et abruties de médicaments... 

Au décès de sa mère, le fils ainé décide pour toute sa famille : il rachète la grande maison familiale, dédommage ses soeurs et frère et décrète que sa femme Marianne s'occupera du patriarche aigri...

Marianne dit non mais très rapidement accepte de continuer à jouer les faire-valoir (elle est très belle) de cette famille, mais son mari ne la respecte pas car elle est issue d'un milieu modeste, ne lui a donné un fils qu'après de longues années de vie conjugale et présente, de son point de vue, des failles émotionnelles.

Écartelée entre ses devoirs de mère et d'épouse et ses désirs, Marianne perd peu à peu pied dans cette maison qui devient son tombeau...

Quand un homme issu de son passé (Jérémie Renier) refait surface, Marianne semble se réveiller pour oser interroger sa vie...

Dommage que Mélanie Thierry semble devoir se cantonner à des personnages de femmes "mélancoliques" comme dans le récent "Connemara" et dommage surtout que toutes les autres figures du film soient aussi caricaturales !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Attirée par la très bonne filmographie de Rémi Bezançon, auteur entre autres du célèbre "Le premier jour du reste de ta vie", je suis allée voir cette comédie remake de "Fenêtre sur cour",  avec la promesse d'un bon casting : Laetitia Casta, Gilles Lellouche et Guillaume Gallienne... 

C'est l'histoire d'un couple qui va se rabibocher à travers l'enquête qu'ils vont mener en commun...

Colette, professeure de cinéma spécialisée dans l’œuvre de Hitchcock, soupçonne son nouveau voisin d’en face (Guillaume Gallienne) d’avoir tué sa femme. Son mari, François, écrivain en panne de romans historico-policiers kitsch se laisse peu à peu convaincre par la fougue de sa femme...

Le scénario patchwork, mêle maladroitement les initiatives balourdes du duo d'enquêteurs improvisés, des images cultes des films d'Hitchcock, une représentation "moderne" d'Hamlet où le fameux voisin interprète avec emphase le rôle titre, une interview d'Hitchcock par un mauvais sosie IA du maître...

Une démonstration pesante et appuyée de la construction du suspens à la Hitchcock dans un film qui en est l'antithèse ! 

Mon conseil : allez plutôt revoir "Fenêtre sur cour" !

 

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