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Route 66

Route 66

Prenez vos bécanes pour aller au cinéma, voir des pièces de théâtre, admirer des expositions...

cinema

Publié le par Jean Louis
Publié dans : #cinéma

Deuxième réalisation de John Patton Ford, ce film contient tous les ingrédients du drame en raison d’une série de meurtres frappant une famille très riche, exécutés par Becket, le fils de l’une des héritières, reniée après avoir été mise enceinte par un homme de condition modeste.

C’est donc ce fils, que l’on voit devenir adulte et vivre chichement d’un emploi ennuyeux et peu rémunérateur, qui décide de venger sa mère et de récupérer la fortune de la famille en supprimant méthodiquement tous ses membres.

Les premiers meurtres éliminent des héritiers, oisifs et présentant peu d’intérêt dans des épisodes d’une comédie noire joyeusement excentrique, avec des scènes d’enterrement répétées, et l’arrivée du FBI qui commence à s’intéresser à une telle hécatombe.

Nous voyons ensuite entrer dans la vie du héros deux femmes que tout oppose, la première, Julia, amie d’enfance qui renoue avec lui et va le piéger en imaginant un plan machiavélique, et la seconde, Ruth, avec laquelle il se fiance et se projette dans un avenir à deux.

La machination de la femme fatale vient bousculer la perspective du film et en rendre sa conclusion cynique et peu crédible.

La distribution réunit Glen Powell (Becket), Margaret Qualley (Julia), Jessica Henwick (Ruth), dans les rôles principaux, avec une mention spéciale à Ed Harris qui incarne le patriarche et le dernier membre survivant de la famille, lui-même éliminé dans une scène grandiose.

Au total, on ne s’ennuie pas, mais le déroulement des dernières péripéties, dont on ne saisit pas tout de suite la perversité sous-jacente, peut donner l’impression d’une fin quelque peu bâclée.

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Une rencontre improbable, des combines, des galères : bien malgré lui Jean (formidable Pierre Lottin qui confirme son talent révélé dans "En fanfare"), entre dans l'univers foutraque de Rose (toujours aussi délicieuse Sandrine Kiberlain)... la tendresse se tisse entre ces deux adultes cabossés vivant à la marge de la société ...

Rose, malgré son veuvage, est une force de la nature qui affronte tous ses problèmes avec une désarmante joie de vivre. Elle campe avec ses 3 enfants à l’étage de l’hôtel de famille qui ne leur appartient plus, et non, ils ne sont pas pauvres, ils sont fauchés. 

Jean, un homme solitaire et taciturne, trahi par sa compagne qui l'a quitté pour un autre,  vit de petits boulots depuis qu'il a perdu son emploi, et habite dans une caravane en bordure d'autoroute: résigné, il semble ne plus rien attendre de la vie...

Sous des dehors bourrus, il va peu à peu se trouver mêlé à l'histoire de cette mère courage qui élève seule ses trois enfants avec attention et amour...

Le film de Jean Pierre Leonetti nous embarque et nous fait sourire malgré le lourd contexte que Rose doit affronter : deux acteurs formidables de justesse, des enfants craquants, un scénario inventif pour nous rappeler que la solidarité est une valeur capitale !   

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Sorti en janvier dernier, le film de la réalisatrice chinoise Chloé Zhao est adapté du livre éponyme de Maggie O’Farrell,  qui a décroché en 2020 le National Book Critics Circle Award et le Women’s Prize de la meilleure fiction...

Porté par deux formidables acteurs Jessie Buckley, qui vient de décrocher l'Oscar de la meilleure actrice et Paul Mescal, le film nous raconte la vie familiale méconnue de William Shakespeare, marquée par la mort de son fils Hamnet, frappé par la peste à tout juste 11 ans...

Durant 2 heures, nous partageons la vie de ce couple et de leurs trois enfants : Agnès fille de la forêt aux étranges pouvoirs transmis par sa mère et William, modeste répétiteur de latin qui en tombe éperdument amoureux...

Le film nous parle d’amour : d'un couple mais également d'un couple et de leurs enfants, de la difficulté à concilier deux tempéraments que tout oppos puisque William devra quitter l'univers fantastique de sa femme pour trouver l'énergie de se lancer dans sa carrière de dramaturge à Londres, de l'impossible deuil d'un enfant et surtout du pouvoir réparateur de l’art puisque c’est de cette épreuve commune que naîtra l’inspiration d’un chef d’œuvre universel : Hamlet !

Un film à nul autre pareil à voir dans quelques salles Art et Essai !  

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Le film, moqué à tort par la critique, a une genèse touchante et singulière.

Il s'agit en effet d'un scénario écrit par Sophie Fillières, décédée le 31 juillet 2023. Pascal Bonitzer, qui a partagé la vie de la réalisatrice, a pris la suite de ce projet sur lequel la cinéaste avait commencé à travailler en 2020. A l'origine, elle devait le réaliser elle-même, avant d'être empêchée par la longue maladie qui l'a finalement emportée il y a deux ans presque jour pour jour.

Fabrice Luchini qui joue son propre rôle sous les traits de Robert Zucchini est merveilleux de passion et de sobriété !

Passionné par Victor Hugo, il ne vit que le pour "son" grand homme : sur scène, avec ses amis, son concierge, sa boulangère... il partage dans son phrasé inimitable, les citations qui accompagnent sa vie d'artiste tout comme sa vie de tous les jours...

Bouleversé par la douleur de l'écrivain qui a perdu sa fille chérie Léopoldine, l'acteur, doit "en miroir" reprendre contact avec sa fille Lisbeth (Marie Narbonne) qu'il n'a pas vu depuis de longues années : désespérée par l'abandon de son père, la jeune femme réapparait dans sa vie et exige de lui qu'il fasse le chemin vers elle...

Suivant les petits cailloux qu'elle sème sur son chemin, le misanthrope qui n'a de contact qu'avec son public et sa femme (Chiara Mastroiani), dont il est séparé géographiquement, va découvrir un univers totalement étranger au sien en s'immergeant dans la création artistique de jeunes amies de sa fille, qui sur un tout autre registre que le sien, s'intéressent aux femmes que Victor Hugo a aimées...

Tout en finesse,  le film de Pascal Bonitzer nous montre une autre facette de la personnalité de Fabrice Luchini, qui ne cesse de nous étonner par l'amplitude du registre de son jeu d'acteur et de conteur !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Le réalisateur américain Josh Safdie s'est inspiré d'un livre écrit par Marty Reisman, un prodige du tennis de table, pour nous plonger dans le New York des années 1950, où ce sport peu reconnu a fait naître une véritable sous-culture peuplée de magouilleurs, de génies et de marginaux. On pratiquait cette discipline dans des salles clandestines enfumées du Lower East Side , au cours de fêtes organisées sur les terrasses des immeubles, les dortoirs des prestigieuses universités de la côte Est du pays...

Nous suivons pendant 2h30, le parcours haletant de Marty Mauser, un jeune homme à l’ambition démesurée, prêt à tout pour réaliser son rêve et prouver au monde entier que remporter une finale mondiale contre un japonais surdoué est possible !

Timothée Chalamet , dont le talent s'affirme au fil des années, est entouré d'un casting peu connu du public français à l'exception de Gwyneth Paltrow qui interprète une célèbre actrice hollywoodienne qui fait son come back... 

Le scénario survitaminé nous entraîne dans une série d'anecdotes peuplées de personnages à la fois loosers et puissants qui s'inscrivent dans ce monde interlope qui ne recule devant rien pour faire de l'argent...

Brillamment filmées les parties de tennis de table, bien qu'un peu trop nombreuses, sont impressionnantes et participent à l'effet général de tourbillon généré par le film...

Trop long, trop speedé, trop dispersé, le film aurait mérité d'être plus ramassé autour du personnage central et de quelques protagonistes !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma
Le film est le troisième long-métrage de la comédienne et réalisatrice Maryam Touzani après Adam (2019) et Le Bleu du caftan (2022).
La jeune cinéaste marocaine n'a que 46 ans et pourtant, elle décrit avec une grande justesse les ressentis propres aux personnes que la vieillesse tutoie...
Elle nous fait partager la gaieté espiègle de Maria Angeles, une espagnole de 79 ans, qui vit seule à Tanger où elle profite de sa ville et de ses chaleureux habitants.
Tout la ravit, le théâtre de la rue avec ses commerçants avec qui elle partage son goût pour les bonnes choses, son petit appartement, cocon ouvert sur les autres depuis son balcon fleuri, sa tendre complicité avec son amie Josefa, une nonne qui a fait vœu de silence...
Sa vie bascule lorsque sa fille Clara arrive de Madrid pour vendre l’appartement dans lequel elle a toujours vécu, car elle a besoin d'argent...
D'abord déstabilisée et profondément attristée par l'indifférence froide de sa fille qui lui révèle que l'appartement n'est pas à son nom, elle se ferme au dialogue et refuse de la suivre à Madrid...
Impuissante face au destin qui la frappe, elle accepte d'entrer dans une maison de retraite où elle s'étiole comme une plante qui n'est plus arrosée...
Déterminée à rester dans cette ville qui l'a vue grandir, Maria Angeles, aidée par toutes les personnes de son quartier,  va inventer un stratagème pour retourner dans sa maison et récupérer tous les objets qui la meublaient.
Maryam Touzani, qui tourne pour la première fois dans sa ville natale, s'est inspirée de sa grand mère andalouse pour nous offrir ce personnage solaire qui nous séduit par sa profonde humanité ! 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Pascal Bonitzer nous propose une adaptation du livre Maigret et les vieillards, écrit par Simenon en 1960, en le transposant au début des années 2000 au tout début de l'apparition du portable et avant le déferlement d'internet...

Une casting 5 étoiles (Denis Podalydès, Anne Alvaro, Dominique Reymond, Micha Lescot, Irène Jacob...) pour interpréter cette histoire qui s'inscrit dans une période de crise pour l'auteur Simenon, confronté à la question de l'âge...

Le commissaire Maigret (Denis Podalydès très crédible malgré sa frêle stature) est appelé en urgence au Quai d’Orsay. Monsieur Berthier-Lagès, ancien ambassadeur renommé, a été assassiné dans son bel appartement du 7e arrondissement...

C'est sa gouvernante Jacotte Larrieu (Anne Alvaro formidable en dévote dévouée à son patron), qui l'a découvert le matin même criblé de balles dans son bureau...

L'hypothèse politique est vite écartée car Maigret découvre qu’il entretenait depuis cinquante ans une correspondance amoureuse avec la princesse de Vuynes (Dominique Reymond), dont le mari, étrange coïncidence, vient de décéder.

Toujours accompagné de son fidèle Janvier, le commissaire va peu à peu rencontrer la famille de ces deux hommes qui aimaient la même femme, contrainte par les usages à épouser un aristocrate...

Confronté à ce milieu huppé qu'il ne connait pas, Maigret va les entendre et surtout les écouter pour mener son enquête à son rythme, malgré les pressions qu'il subit...

Le film à la fois intemporel, désuet par le conformisme des figures qu'il rencontre et moderne du fait même de la présence de Denis Podalydès qui se glisse dans le personnage avec gourmandise et l’œil qui frise... nous offre des dialogues ciselés et des personnages nettement plus complexes qu'ils ne paraissent au premier abord...

Un divertissement de qualité pour une soirée pluvieuse ! 

 

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Comme chaque année mais cette année encore avec beaucoup de retard, je vais me livrer à cet exercice difficile : passer en revue les films vus en 2025 et sélectionner ceux que j’ai particulièrement appréciés !

Avec 157 millions d’entrées en 2025, les salles françaises confirment la situation exceptionnelle de la France dans le paysage du cinéma mondial, même si l’année marque un sensible recul par rapport à 2024 (-13.6%) et n’a vraiment démarré qu’au printemps / été avec la sortie de blockbusters anglo-saxons ("Mission impossible" : 2.5M entrées, "Lilo et Stitch" : 5.1M entrées, "Jurassic World" : 3M entrées et "F1 le film" : 3.3M entrées…) pour finir en beauté à la fin de l’année avec 3 autres films anglo-saxons qui ont crevé les plafonds ("Avatar" 4.6M entrées, "Zootopie 2" : 6.2M entrées et La femme de ménage : 1.1M entrées)

A titre de comparaison, les entrées en Allemagne, en Italie et en Espagne sont respectivement de 85, 67 et 65 millions pour la même période.

Parmi les 216 films sortis sur les écrans français en 2025, j’en ai personnellement découvert 92 (soit environ 2 par semaine).

Je n’ai pas vu les blockbusters anglo-saxons ni le français "God Save the Tuche" (3M entrées), et je n’ai pas vu 2 films : "Un ours dans le Jura" (français) et "Sirat" (franco-espagnol) qui ont fait de bons scores (respectivement 1.4M et 700 000 entrées)

Ma sélection sera donc, comme chaque année, entièrement subjective !

J’ai établi une première sélection de mes films préférés : 30 films dont 15 français et 15 étrangers (dont 1 danois, 1 syrien, 1 ukrainien, 1 coréen, 1 égyptien, 1 brésilien, 1 québécois, 1 taïwanais, 2 iraniens, 2 japonais, 1 espagnol, 1 anglais et 1 américain…)

Sur ces 28 films, j’ai retenu 10 films qui constituent mon palmarès 2025 : 5 français et 5 étrangers (1 danois, 1 brésilien, 1 québécois, 1 ukrainien, 1 américain) mais contrairement à 2024 où mon film préféré : « En fanfare » s’était imposé, j’ai beaucoup hésité cette année !

Le n°1, « Valeur sentimentale », le dernier film du réalisateur danois et norvégien Joachim Trier nous invite à entrer dans l'histoire d'une famille marquée par le drame de la trahison d'un père qui a abandonné sa femme et ses filles pour poursuivre librement sa carrière de scénariste (récompensé par le Grand Prix à Cannes, 440 000 entrées)

Trois excellents acteurs : le père Stellan Skarsgard (1m91, 74 ans, impressionnant de froideur et d'émotions contenues), la sœur ainée Renate Reinsve (révélée dans Julie en 12 chapitres du même Joachim Trier) et la sœur cadette Inga Ibsdotter Lilleaas nous offrent une rare réflexion sur les liens familiaux, des scènes de sororité magiques et des échanges de regards et/ou des dialogues passionnants entre le père et la fille... sans oublier la maison qui est un personnage à part entière !

Le n°2, « Je suis toujours là » : dans son dernier opus, le réalisateur brésilien Walter Salles s'est inspiré du récit écrit par Marcelo, le fils de Rubens et Eunice Paiva, pour mettre en scène la tragédie qu’ils ont connue à la fin des années 60 à Rio de Janeiro... (3M entrées au Brésil)

Nous suivons le destin de cette famille brisée qui saura se relever et prenons conscience par touches successives de l'horreur de ces années de plomb qui continueront jusqu'en 1974, menant à la rupture, première dans l'histoire du Brésil, entre le régime et la hiérarchie catholique...

La figure d'Eunice interprétée avec maestria par Fernanda Torres qui décidera de quitter Rio pour reprendre des études de droit et devenir avocate et militante du mouvement anti-dictature militaire au Brésil, illumine le film du début à la fin !

Le n°3, « Les rêveurs » : dans son premier film d’inspiration autobiographique, Isabelle Carré souhaite avec finesse et sensibilité alerter sur la déliquescence de la pédopsychiatrie en France qui n'arrive pas à faire face à la multiplication des mal-être de l'adolescence et plus particulièrement des jeunes filles d'aujourd'hui…

Le scénario tout en finesse se déroule dans les années 80 à l'hôpital Necker où sont "enfermés dans une camisole chimique", les jeunes gens qui ont cherché à attenter à leur vie... La réalisatrice jeune est interprétée par la ravissante et expressive Tessa Dumont Janod dont c'est le premier rôle au cinéma et Alex Lutz, toujours aussi formidable, joue le frère musicien d'Isabelle Carré...

Le n°4, « Dossier 137 » : après "La nuit du 12" réalisé en 2022, film enquête sur un féminicide, qui a obtenu six César, dont celui du meilleur film et meilleur réalisateur, Dominik Moll s'attache dans son dernier opus à décortiquer le fonctionnement peu documenté de l'IGPN, au sein duquel il a réussi à s'immiscer.

Construit autour de Léa Drucker qui nous impressionne une fois de plus par son autorité naturelle et son empathie, le scénario nous plonge dans le dossier 137 dont elle hérite dans le cadre de la crise des Gilets Jaunes fin 2018 (702 000 entrées)

Le n°5, « Ma mère, Dieu et Sylvie Vartan » : avec ce roman inspiré de sa vie, Roland Perez voulait rendre hommage à sa mère, et à toutes les mères qui se battent pour leur enfant. Jusqu'au décès de cette dernière, il n'avait jamais parlé publiquement de son handicap (1.5M entrées)

En choisissant Leïla Bekhti pour jouer le rôle de la mère, le réalisateur québécois Ken Scott a trouvé en cette actrice frémissante, la clé de voûte de son film qui, étant donné son sujet : le handicap, aurait pu être tire-larmes mais du fait de la présence solaire de cette mère "louve" ne peut que nous séduire et nous captiver...

Sylvie Vartan, qui a accepté de jouer son propre rôle dans le film, rend le film encore plus fort et plus émouvant !

Le n°6, « Deux procureurs » : une plongée glaçante dans le régime totalitaire de l’Union soviétique en 1937 ! Le réalisateur ukrainien Sergei Loznitsa a adapté une nouvelle écrite en 1969 par Georgy Demidov, physicien arrêté en 1938 et envoyé au Goulag, dont les écrits furent saisis par le KGB en 1980 et ne purent être publiés qu’en 2009, après avoir dormi quarante ans dans l’ombre.

Le film qui a été tourné dans une prison de Riga construite en 1905 fascine par la figure du procureur local Alexander Kornev (Aleksandr Kuznetsov impressionnant de sobriété), un bolchévique intègre dont la soif de justice le conduira jusqu’au bureau du procureur général à Moscou...

Le n°7, « La condition » : le réalisateur français Jérôme Bonnel a adapté le roman "Amours" de Léonor de Récondo pour nous parler de patriarcat au début du XXe siècle  

Swann Arlaud nous dérange et nous séduit une fois de plus par le large spectre de son jeu d'acteur n’hésitant pas à explorer la violence intérieure de son personnage, reflet fidèle d’une société façonnée par des siècles de rapports de domination et par le poids des non-dits...

Le n°8, « Partir un jour » : premier long-métrage d'Amélie Bonnin, le film réunit un duo gagnant composé de la chanteuse Juliette Armanet dont c'est le premier rôle au cinéma et Bastien Bouillon révélé dans "La nuit du 12" !

La cinéaste nous raconte l'histoire d’une jeune femme qui s’apprête à réaliser son rêve, ouvrir son propre restaurant gastronomique mais contactée par sa mère, interprétée par la merveilleuse Dominique Blanc, elle doit rentrer en catastrophe dans le village de son enfance à la suite de l'infarctus de son père qui tient un restaurant de Routiers dans le Loir et Cher...

Replongée malgré elle dans son passé, elle retrouve son premier amour interprété par Bastien Bouillon resté sur place, contrairement à elle qui est "montée" à Paris... (660 000 entrées)

Le n°9, « La petite cuisine de Mehdi », le premier long métrage du réalisateur français Amine Adjina est un vrai bijou de tendresse, d'humour et de réflexion sensible sur les rapports entre parents et grands enfants, sur fond d'exil...

Il nous raconte l'histoire de Mehdi (Younès Boucif à la bouille craquante), né en France de parents algériens émigrés, qui est devenu un cuisinier de talent dans une brasserie lyonnaise... Mais seul homme de la fratrie depuis le décès de son père, Mehdi ne veut pas faire de peine à sa mère en lui annonçant qu'il a renoncé à la cuisine de ses origines et surtout qu'il est fou amoureux d’une française de souche… 

Le n°10, « The brutalist » : auréolé de 10 nominations aux Oscars, le film du réalisateur américain Brady Corbet et sa femme Mona Fastwold, nous fascine par le portrait de l’architecte László Tóth (personnage inventé incarné par Adrien Brody dont le charisme fiévreux lui a permis de décrocher l'Oscar du meilleur acteur), formé au Bauhaus, déporté durant la guerre et contraint de repartir à zéro aux Etats-Unis en se voyant confier un grand projet dans le style brutaliste ! 

Et aussi « La petite dernière » réalisé par Hafsia Herzi qui confirme son talent (385 000 entrées), « L’attachement » avec Valeria Bruni Tedeschi (779 000 entrées), « The amateur » un thriller original de James Hawes…

Et encore 2 films iraniens : « La femme qui en savait trop » et la Palme d’Or « Un simple accident » de Jafar Panahi, un film égyptien : « Les aigles de la République » avec le fascinant Fares Fares, un film coréen « A normal family », un thriller familial poignant, « L’inconnu de la Grande Arche » de Stéphane Demoustier, une page d’histoire architecturale passionnante avec Michel Fau et Swann Arlaud, « Le répondeur », une comédie amusante de Fabienne Godet avec Denis Podalydès et Salif Cissé, « La pie voleuse »  dernier opus de Robert Guédiguian avec  la toujours touchante Ariane Ascaride….

Par contre je n’ai pas succombé aux succès de « L’étranger » malgré le talent de Benjamin Voisin, de « Black Dog » (trop noir), de « Nino » malgré le profil intéressant de Théodore Pellerin éloigné des codes de la masculinité classique, ni « D’une bataille après l’autre » avec un Leonardo di Caprio fumeur de joints qui ne quitte pas sa robe de chambre !

 

Cinéma : Classement 2025
Cinéma : Classement 2025
Cinéma : Classement 2025
Cinéma : Classement 2025
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Cinéma : Classement 2025
Cinéma : Classement 2025
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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Ainara 17 ans (ravissante Blanca Soroa dont c'est le premier rôle au cinéma), orpheline de mère, élève dans un lycée catholique à Bilbao,  s'apprête à passer son bac.

A la surprise générale, cette brillante adolescente, qui a une vie sociale très épanouie et un petit ami, annonce à sa famille qu'elle souhaite participer à une période de "discernement" en vue d'entrer dans les ordres.

Le film est le troisième long-métrage de la cinéaste espagnole Alauda Ruiz de Azúa mais le premier à sortir sur les écrans français. Réputée pour sa série primée Querer sur les violences conjugales (Arte), la réalisatrice continue à explorer la complexité des relations familiales...

La nouvelle prend tous ses proches au dépourvu. Si Inaki son père, un peu démissionnaire, semble se laisser convaincre par les aspirations de sa fille, Maité, la tante d’Ainara, farouchement athée, tente au contraire de convaincre sa nièce de réfléchir et de se lancer dans un parcours universitaire avant de prendre une décision irrévocable...

Tenu à distance des véritables questionnements d'Ainara, le spectateur assiste durant presque deux heures à une succession de scènes dans lesquelles alternent les repas en famille, les confidences entre copines, la vie au lycée et les séances de chorale, les échanges avec les sœurs du couvent et le jeune directeur de conscience... sans trop pouvoir démêler la logique qui habite la douce et énigmatique jeune fille...

On peut se réjouir de la dualité assumée du scénario, mais d'un autre côté, on reste un peu perplexe et désappointé face à une décision dont on ne connait visiblement pas tous les paramètres...

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Fasciné par le potentiel cinématographique de cet univers peu exploré, Pierre Niney a contacté Yann Gozlan peu après la sortie de "Boîte Noire" en 2020 (où il interprétait un agent du Bureau d'enquêtes et d'analyses pour la sécurité de l'aviation civile chargé d'enquêter sur un accident d'avion)

Séduit par l’originalité et la pertinence du sujet, le réalisateur a immédiatement perçu le coaching comme un "symptôme d’une société en crise".

Durant plus de deux heures, nous assistons fascinés et tétanisés à la réussite fulgurante de Matt (Pierre Niney), parti de rien puisqu'il n'a aucun bagage académique, qui devient le coach en développement personnel le plus suivi de France.

Sincère au début de son parcours dans ses intentions d'aider les personnes dans leur quête de mieux être, le coach Matthieu Vasseur se transforme peu à peu en véritable rock star manipulateur qui électrise ses adeptes, jusqu'à inquiéter les autorités qui lui demandent de venir expliquer sa pratique...

Nous assistons aux séminaires qui réunissent jusqu'à 400 personnes et suivons son équipe dont fait partie sa femme Adèle (Marion Barbeau très juste) en coulisses...

Mais au fil du scénario, nous découvrons la faille de cet homme qui perd peu à peu toute mesure et bascule dans le règne émotionnel qui régit les réseaux sociaux...  et le film se transforme en véritable thriller avec un "gentil paumé" (Anthony Bajon) qui devient toxique et un "méchant" qui se cache derrière un masque de fidèle adjoint...

A voir absolument si on s'intéresse à la "mode" actuelle du développement personnel et à ses nouveaux "prédicateurs" !

 

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