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Route 66

Route 66

Prenez vos bécanes pour aller au cinéma, voir des pièces de théâtre, admirer des expositions...

cinema

Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Christophe Honoré s'interroge et nous interroge sur la vie conjugale et la fidélité après de nombreuses années  de mariage...

Avec ce rôle, Chiara Mastroianni qui a remporté le prix d'interprétation féminine dans la sélection Un certain regard au festival de Cannes 2019...

De tous les plans du film, elle interprète Maria, une femme mariée à Paul (Benjamin Biolay) depuis 20 ans...

Si Paul lui a été fidèle, Maria elle, a eu des dizaines d'amants parmi ses proches et ses élèves de la fac de Droit...

Quand Paul découvre sa dernière infidélité, elle fait ses valises et se réfugie dans la chambre 212 de l'hôtel en face de chez elle...

Tandis qu'elle observe son mari déprimer, Maria convoque ses ex dont Paul à 25 ans interprété par Vincent Lacoste et fait la connaissance d'Irène (Camille Cottin), la professeur de piano et amour de jeunesse de Paul...

Sur une excellente bande son, le réalisateur filme avec amusement et mélancolie les heurs et malheurs de Don Juanne qui se raconte et tente de comprendre ce qui arrive à leur couple...

Malheureusement et contrairement à la plupart des critiques, et malgré l'excellent jeu des acteurs, je ne suis pas entrée dans la fable, ce que je regrette mais un excès de futilité m'a empêchée d' y voir autre chose qu'un pur exercice de style sans réelle analyse en profondeur...

Dommage !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Nicolas Pariser qui fut un élève de Rohmer, nous plonge dans les intrigues politiques d'une mairie tenue par un socialiste Paul Théraneau (Fabrice Luchini fabuleux)...

Usé, en panne d'inspiration, le maire s'adjoint les services d'une jeune normalienne Alice Heimann (Alice Demoustier parfaite dans le rôle), censée lui rédiger des notes sur des sujets de son choix pour lui donner des idées !

Intrigué puis peu à peu fasciné par les thèmes choisis par la jeune femme (1er  thème : la modestie), le maire va retrouver son appétit politique jusqu'à envisager de se représenter...

Le scénario s'attarde avec bonheur sur la personnalité des deux protagonistes et l'émergence de leur amitié mais musarde avec moins de succès dans la description des enjeux qui agitent tout le petit monde de la mairie, de la chef de cabinet aux communicants et aux experts...

Dommage qu'avec un si beau sujet et de si bons acteurs, le réalisateur n'ait pas osé aller jusqu'au bout de sa fiction en faisant prononcer par le maire le magnifique et courageux discours écrit par sa conseillère...

Un film audacieux mais qui tourne court !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Dans son premier long métrage le réalisateur suisse Antoine Russbach a choisi de nous montrer la réalité du monde capitaliste sans fard et sans jugement...

Son film nous raconte l'histoire de Franck (incarné par Olivier Gourmet) qui travaille depuis des années dans une entreprise de transport suisse...

Quand totalement investi dans son rôle de décideur Franck commet une faute professionnelle, il est immédiatement lâché par sa hiérarchie qui en profite pour se débarrasser d'un cadre devenu trop cher et qui surtout manquait de rondeur dans ses prises de position...

Meurtri, Franck décide de mentir à sa femme et à ses 5 enfants et continue à se lever tous les matins pour faire illusion... car Franck qui s'est fait tout seul à la force du poignet n'existe à ses yeux qu'à travers son statut social et le confort de vie qu'il offre à sa famille...

Quand la vérité se fait jour, Franck se retrouve seul, lâché par le monde du travail dont l'hypocrisie éclate au grand jour et surtout lâché par sa famille qui ne voyait en lui qu'un portefeuille...

Seule sa dernière fille Mathilde (formidable Adèle Bochatay) le voit comme un père et le rattache à la vie...

Un film à voir absolument pour le jeu d'Olivier Gourmet mais également pour mieux comprendre le piège de la marchandisation des êtres au nom du travail !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Edouard Bergeon a voulu rendre hommage à son père agriculteur qui s'est suicidé en 1999 criblé de dettes...

Pour nous raconter l'évolution du monde paysan durant ces 40 dernières années, le réalisateur a choisi de nous faire vivre avec une famille composée du grand père (Rufus excellent en vieil autoritaire), du père Pierre incarné par Guillaume Canet, de la mère et de leurs deux enfants...

L'histoire commence en 1970 quand Pierre rentre tout fringant d'une expérience aux USA, rachète l'exploitation à son père, épouse sa fiancée Claire (formidable Veerle Baetens) qui l'a attendu et se lance dans une grande politique intensive pour s'inscrire dans la modernité...

20 ans plus tard Pierre est surendetté et l'incendie d'une grange le fait sombrer dans une dépression dont personne n'arrive à le sortir : ni sa femme qui travaille au dehors pour remplir le frigo et assure toute l'exploitation du domaine, ni Thomas son fils (excellent Anthony Bajon) prêt à interrompre ses études d'ingénieur agricole pour reprendre la direction des Grands Bois...

Je suis allée voir ce film car je suis certaine que notre agriculture est en danger et qu'il faut parler des suicides des agriculteurs qui ont "investi" comme leur recommandait la FNSEA mais se retrouvent seuls face à d'immenses difficultés liées à la politique de croissance à tout prix et à l'usage intensif des pesticides...

Le sujet est passionnant mais Guillaume Canet sensé incarner le père du réalisateur jusqu'à cette ridicule calvitie que la caméra n'arrête pas de souligner, ne m'a pas du tout émue :  il est incapable de demander de l'aide à son père et ne saisit pas la main tendue par sa femme mère courage et ses enfants... Il s'enferme pour boire, fumer et absorber des médicaments qui finissent par le rendre violent...

Dommage qu'Edouard Bergeon dont c'est le premier long métrage, n'ait pas réussi à prendre plus de distance par rapport à son histoire personnelle pour délivrer un message plus universel et donc plus fort !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Woody Allen retrouve pour notre grand plaisir Manhattan : ses villages, ses rues, ses appartements, ses hôtels, son atmosphère...

Sa caméra filme avec amusement Gatsby (Timothée Chalamet) et Ashleigh (Elle Fanning) ses deux jeunes héros venus passer un weekend en amoureux à New York...

En effet, venue interroger pour le magazine de son lycée le célèbre réalisateur Roland Pollard (Liev Schreiber), Ashleigh est ravie à l'idée de découvrir la vie natale de Gatsby...

Mais rien ne se déroule comme prévu...

Le réalisateur en pleine crise créatrice propose à la jeune journaliste en herbe de découvrir son dernier film avant qu'il ne le détruise... il l'entraîne avec lui et la présente à tous ceux qui gravitent autour de lui...

Fascinée la jeune femme se laisse happer par la vie factice des gens de cinéma tandis que Timothée laissé à lui-même, renoue avec ses anciens amis et accepte de participer à la soirée organisée par sa puissante et tyrannique mère...

Le dernier film de Woody Allen est une vraie réussite : deux acteurs qui crèvent l'écran, de belles images, un scénario intelligent, des dialogues brillants le tout servi par une bande son jazzy à souhait... 

Enfin contrairement à ses précédents films où le réalisateur laissait transparaître  une certaine amertume, celui-ci est enlevé et optimiste et offre de très belles scènes comme celle de l'échange en tête à tête entre la mère et le fils !

A voir absolument !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Hafsia Herzi, l'envoûtante  danseuse du ventre de La Graine et le Mulet est passée derrière la caméra avec ce premier long métrage visiblement autobiographique...

Elle se raconte en Lila jeune femme très amoureuse de Rémi (Jérémie Laheurte) qui, plaquée par ce dernier, tente de retrouver un équilibre de vie...

Plus heureuse en amitié qu'en amour, la jeune femme multiplie les rencontres et cède au plaisir des autres sans réel consentement...

S'essayant à la manière "kechichienne", la réalisatrice filme les visages, les fessiers et les baisers en gros plans mais les gros plans ne font pas un film...

Un scénario poussif, des dialogues consternants de banalité, des acteurs ingrats sans réel talent...

Heureusement que l'actrice est belle et que la réalisatrice fouille un peu les personnages secondaires tels Ali son ami gay (Djanis Bouzyani très drôle) et Charly (touchant Anthony Bajon) qui la photographie (cf l'affiche)

On attend son second film ?

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Gurinder Chadha s'est inspirée du récit biographique du journaliste  Sarfraz Manzoor pour nous replonger dans les années Thatcher marquées par  la croissance du chômage et la montée de l'intolérance...

Nous sommes en 1987 à Luton, petite ville anglaise où s'est installée une diaspora pakistanaise...

Le jeune Javed 17 ans (formidable Viveik Kalra) s'est réfugié dans l'écriture pour échapper au racisme ordinaire et à l'autorité farouche de son père...

Supporté (au sens anglais) par son professeur de littérature, le jeune Javed prend petit à petit confiance en son talent, grandement aidé par les textes de Bruce Springsteen qui font écho à sa difficulté de trouver son propre chemin sans renier les idéaux de sa communauté...

Littéralement porté par le jeune comédien au minois craquant, le film alterne avec un peu de systématisme les scènes familiales, les épisodes de la vie scolaire et la description de la réalité sociale de l'époque...

Les personnages de parents de Javed et de sa petite amie sont malheureusement si caricaturaux qu'ils affaiblissent le propos de cette comédie qui surfe sur les tubes du Boss...

Dommage, dommage...

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Dans son 13e long métrage, Cédric Klapisch revient à Paris pour nous parler de la solitude des trentenaires à l'heure des réseaux sociaux...

Sur cette trame très convenue, le réalisateur nous raconte l'histoire de Mélanie (Ana Girardot) et de Rémy (François Civil) qui habitent le quartier de Stalingrad, dans deux immeubles mitoyens, mais ne se connaissent pas... ils vont se rencontrer dans les toutes dernières images du film qui dure 1h50...

Mélanie est une laborantine timide mais douée qui travaille sur des traitements expérimentaux contre le cancer... Elle vient de rompre et n'arrive pas à trouver une nouvelle âme sœur sur les sites de rencontres...

Rémy travaille dans un immense entrepôt où les employés comme lui vont être remplacés par des robots... Quand on lui propose une promotion, il n'arrive pas à croire à sa chance car, pense-t-il il porte la poisse... 

Nos deux héros fréquentent bien évidement un psy, chacun le sien...

Mélanie voit Camille Cottin (excellente dans ce rôle) qui la reçoit dans un cabinet très cosy... tandis que Rémy est suivi par François Berléand (tout aussi excellent) qui exerce ses talents dans un centre impersonnel avant de prendre sa retraite...

Nous les voyons donc chez leurs psys, dans le métro, au boulot, avec leurs familles, jouer avec un chaton recueilli tour à tour par l'un puis par l'autre... Nous voyons passer les trains de la gare du Nord...

Bref nous nous ennuyons copieusement en attendant qu'ils établissent le contact, enfin !!!

Klapisch ne voulait pas faire Chacun cherche son chat 2.0... alors mon conseil revoyez avec délice et un brin de nostalgie Chacun cherche son chat l'original 

 

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Zabou Breitman et Eléa Gobbé-Mévellec, animatrice pour Ernest et Célestine et Le chat du rabbin, ont adapté le livre de Yasmina Khadra pour écrire et réaliser ce film bijou...

Nous sommes en 1998 à Kaboul : la ville en ruine est occupée par les talibans qui font régner la charia...

Les hommes sont pendus, les femmes sont lapidées et les enfants regardent en jouant au ballon...

Les délicates aquarelles d'Eléa Gobbé-Mévellec magnifient le décor pour mieux faire ressortir les pierres et les rares silhouettes qui osent s'aventurer dehors... entre deux passages de 4x4 fous et de leurs sinistres occupants armés...

C'est l'histoire de deux couples que le destin va rapprocher : Atiq, ex-moudjahid devenu chef d'une prison pour femmes et Mussarat son épouse qui se meurt d'un cancer, Mohsen (qui a la voix et ressemble à Swann Arlaud) et Zunaira deux enseignants qui n'ont plus le droit d'enseigner...

Un événement tragique va amener Zunaira dans la prison d'Atiq - lequel, fasciné par la beauté de la jeune femme qui a osé enlever sa burqa, décide de résister à la dictature islamiste...

Une combinaison harmonieuse de très jolis moments, un dessin tout à la fois délicat et réaliste, une fin émouvante et les superbes voix de plusieurs comédiens de la comédie française font de ce film d'animation engagé une vraie réussite !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Le jeune réalisateur russe Kantemir Balagov (30 ans), dont Tesnota le premier long métrage avait été sélectionné en 2017 à Cannes dans la section Un certain regard, a remporté avec ce film le prix de la mise en scène dans la même section en 2019...  et ce n'est que justice !

Il s'est inspiré du livre La guerre n'a pas un visage de femme de Svetlana Aleksievitch pour nous raconter le quotidien de Iya et Mascha, deux jeunes femmes russes qui ont survécu à l'enfer de Stalingrad...

A la manière d'un peintre qui nous ferait entrer dans le tableau, le réalisateur tente par touches de couleur de saisir dans le dialogue des deux jeunes femmes le passé indicible et le présent douloureux...

Iya (formidable Viktoria Miroshnichenko), est infirmière dans un hôpital qui tente de soigner les survivants de la bataille de Stalingrad : grande silhouette blonde comme absente à elle-même, elle ne vit que dans le regard de Mascha (tout aussi formidable Vasilisa Perelygina), "fille à soldats" revenue du front marquée dans son corps  et désormais stérile...

Ces deux-là sont liées par leur passé commun, par un fils confié par l'une à l'autre, par leur quotidien dans le service d'Andrey (Nikolay Ivanovich intense et fragile)... puis par le futur qu'elles tentent d'inventer, abandonnant la couleur sépia des uniformes pour oser les couleurs vives du rouge et du vert...

Un film lent (2h17) et beau où les sourires d'Iya et Mascha nous parlent des grandes oubliées de l'Histoire ! 

 

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