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Route 66

Route 66

Prenez vos bécanes pour aller au cinéma, voir des pièces de théâtre, admirer des expositions...

cinema

Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Après Que Dios nos perdone (2016), Rodrigo Sorogoyen nous parle de la corruption généralisée en Espagne...

Manuel Lopez-Vidal (brillantissime Antonio de la Torre), homme politique influent dans sa région, doit entrer à la direction nationale de son parti... mais il est rattrapé par des histoires de corruption qui menacent un de ses plus proches amis...

Caméra à l'épaule, le réalisateur s'attache aux pas de son héros qui se débat dans le collimateur de la justice... éclaboussé à son tour par le système qui se retourne et le lâche !

Manuel Lopez-Vidal redouble de duplicité pour sauver sa peau et n'hésite pas à piéger à son tour ses amis...

C'est à travers son point de vue de politicien trouble que le scénario se déroule et non sous l'angle d'enquêteurs intègres de la police ou de la presse... et c'est ce qui fait toute l'originalité de ce film...

Dans un tourbillon de scènes qui s'enchaînent, les dialogues fusent ponctués par une bande son "métal" pour dénoncer l'absurdité d'une vie politique vidée de son sens, d'un système pervers où les programmes et les doctrines disparaissent au profit de l'intérêt particulier de ces requins hors sol mais surtout sans foi ni loi...

Cerise sur le gâteau, Rodrigo Sorogoyen réussit à rendre sympathique ce personnage qui n'hésite pas à recourir au mensonge mais aussi au chantage pour sauver sa peau !

Une vraie réussite qui laisse bien évidemment un goût amer dans la bouche : tous pourris vraiment ?

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

La réalisatrice israélienne Michal Aviad s'est inspirée de l'histoire vraie d'une de ses amies pour nous parler dans son second long métrage du harcèlement sexuel "ordinaire" en entreprise...

Documentariste de formation, elle a rencontré des victimes et des avocates spécialisées pour bien comprendre comment la notion de harcèlement et les lois mêmes qui le pénalisent aujourd'hui avaient évolué à travers le temps...

Orna (formidable Liron Ben Shlush), mère de trois enfants, se doit de travailler pour participer financièrement à l'équilibre du budget familial puisque son mari peine à faire décoller le restaurant qu'il vient d'ouvrir...

Elle est embauchée comme assistante dans une société immobilière qui vend des appartements avec vue mer aux riches juifs de la diaspora...

Au début Orna  se sent encouragée et reconnue par son patron Benny (tout aussi formidable Menashe Noy) qui lui confie de plus en plus de responsabilités, d'autant qu'elle se révèle extrêmement douée dans ce rôle de commerciale polyglotte...

Un baisé volé fait naître son inquiétude qu'elle cache à son mari... mais Benny lui promet de ne plus jamais recommencer...

Une tension sourde naît dans le scénario à partir de ce premier "écart" et le spectateur se surprend à scruter les moindres gestes de ce patron à l'attitude si cordiale et si généreux...

Et c'est là que le film prend toute sa force car les scènes s'étirent pour susciter le malaise à tort ou à raison... jusqu'au moment de bascule qui laisse Orna dans la sidération...

La scène finale que je ne vous raconterai pas, lui permettra de regagner sa liberté en utilisant les mêmes armes que son bourreau !

Michal Aviad décrit avec justesse et précision le sentiment de toute puissance de l'homme face à une femme coincée par sa précarité sociale... Les acteurs sont formidables de naturel et l'histoire ressemble à l'histoire de toutes les femmes qui se sont entendues dire pour toute excuse : "tu me rends fou" !

A voir absolument !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

J'ai eu la chance d'aller voir le film en avant première puisqu'il ne sort que le 24 avril

Jérôme Garcin et André Téchiné étaient présents pour nous parler du dernier opus du réalisateur et je dois avouer que ce court échange m'a plus intéressée que le film lui-même !

André Téchiné s'est inspiré du livre de David Thomson "Les français jihadistes", recueil d'entretiens réalisés auprès de jeunes partis en Syrie pour scénariser cette actualité brûlante... et a fait appel à son actrice fétiche Catherine Deneuve pour donner le point de vue d'une personne de sa génération...

Muriel (Catherine Deneuve), gérante d'un centre équestre est ravie d'accueillir son petit fils Alex (Kacey Mottet Klein) avant son départ à Montréal... mais découvre très rapidement qu'il s'est converti à l'islam et  envisage de partir en Syrie, encouragé par sa petite amie Lila (Oulaya Amamra)... et va tout faire pour l'en empêcher !

Sur cette trame un peu faiblarde, le film nous raconte de façon un peu trop démonstrative  les préparatifs du voyage... Les trois acteurs ne sont pas particulièrement "aimables" et les relations qui les lient ne sont pas analysées de façon très fine...

Beaucoup de digressions qui ne mènent à rien, des personnages secondaires un peu inutiles à part Fouad, un repenti (Kamel Labroudi excellent dans le rôle), des longueurs et une fin ridicule !

Donc à éviter sauf si vous êtes un fan inconditionnel de Téchiné !

Sur ce même sujet, j'ai de loin préféré le film Les cowboys avec François Damiens !

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Je suis très en retard pour ma critique mais je l'écris tout de même car ce film est fascinant...

Fascinant puisqu'il raconte une histoire vraie : celle du procès en appel de Jacques Viguier, accusé du meurtre de son épouse Suzanne...

Fascinant parce que le réalisateur Antoine Rambault introduit en la personne de Nora (formidable Marina Foïs), un personnage de fiction (toutefois inspiré de la nouvelle compagne de l'accusé),  qui est le véritable moteur du film ! 

Aux côtés d'une Nora obsessionnelle dans sa quête de vérité, Olivier Gourmet campe un extraordinaire Eric Dupond-Moretti, tout d'abord distancié puis rapidement complètement impliqué, dans ce procès hors du commun qui replonge l'accusé, ses enfants et les différents témoins dont l'amant de Suzanne, dans une histoire vieille de 10 ans !

Un grand moment de cinéma !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

François Ozon dénonce avec force la pédophilie du père Preynat, dont le procès se tiendra fin 2019... et le silence coupable de la hiérarchie épiscopale...

Trois interprètes magistraux nous font revivre le cauchemar vécu par ces enfants abusés par ce prêtre lyonnais qui "s'occupait" à sa façon des jeunes scouts que leurs parents lui confiaient les yeux fermés...

Lorsque Alexandre (formidable Melvil Poupaud), père de famille nombreuse, quadragénaire et croyant, découvre que le père Preynat continue à être en contact avec de jeunes enfants, il est le premier à se manifester auprès du diocèse de Lyon pour dénoncer les attouchements dont il a été victime trente ans auparavant...

Reçu par le cardinal Barbarin (interprété par François Marthouret), il est écœuré de l'absence totale de sanctions contre le père Preynat et décide de porter l'affaire en justice...

Puis François (tout aussi formidable Denis Ménochet) contacté par la police, entre en scène à son tour et décide de créer une association : La Parole libérée... 

Emmanuel (Swann Arlaud à fleur de peau), le plus jeune et le plus abîmé des trois, rejoint à son tour l'association et finit par accepter de témoigner....

Admirablement construit le film nous raconte le parcours de résilience de ces 3 victimes, en nous faisant vivre leur quotidien et en nous replongeant dans leur passé...

En effet les souvenirs qui remontent avec la parole libérée ont un fort impact sur leurs proches : conjoint, frère, mère ou enfants et nous assignent à notre tour comme témoins impuissants de ces drames individuels et familiaux...

Grâce à Dieu ne juge pas, il témoigne et si sa sortie se télescope avec l'actualité judiciaire, François Ozon revendique l'utilisation exclusive de faits avérés... jusqu'au titre de son film qui reprend la phrase malheureuse employée par le cardinal Barbarin lors d'une conférence de presse...

Un film dossier passionnant, servi par trois acteurs subtils et des personnages secondaires qui habitent complètement leur rôle : Bernard Verley est un père Preynat plus vrai que nature, Josiane Balasko est émouvante dans le rôle de la mère d'Emmanuel, de même qu'Hélène Vincent dans celui de la mère de François !

Après 8 femmes et Dans la maison, François Ozon quitte sa posture ironique pour entrer dans la cour des grands réalisateurs témoins de leur temps !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Adam McKay, passionné par la personnalité de Dick Cheney, nous raconte l'ascension patiente mais vertigineuse de ce jeune homme médiocre du Wyoming, qui grâce à son épouse Lynne Vincent, jeune femme au tempérament affirmé, a réussi à se hisser jusqu'à  la fonction de vice-président de George W Bush entre 2001 et 2009...

Voir ces deux alcooliques tenir entre leurs mains l'avenir de leur pays et l'équilibre des forces entre les puissances occidentales et le Moyen Orient est effrayant et glaçant...

Car coaché par sa femme et mentoré par Donald Rumsfeld, l'élève Dick se révèle manipulateur, diabolique et résolument cynique : il n'a cure que son ascension se soit faite au prix de la mort de 4 800 militaires de la coalition et de 461 000 irakiens !

Les acteurs sont tous très crédibles et plus particulièrement Christian Bale qui est époustouflant dans un rôle de composition...

Seul m'a gênée le parti pris distancié du réalisateur qui choisit d'entremêler la reconstitution de la vie de Dick Cheney tant sur le plan personnel que professionnel entre 21 et 70 ans, avec les commentaires d'un personnage qui dénonce en voix off les turpitudes du personnage et les images d'archive...

Un peu trop long (plus de 2 heures), le film perd en puissance ce qu'il aurait pu gagner en force de frappe s'il avait été "focusé" sur une dénonciation linéaire et implacable du pouvoir nuisible de cette frange de la droite politique américaine qui préfigure l'avènement de  Donald Trump !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Pour surveiller Ludo son amant qui l'a quittée, Claire un professeur de français de 50 ans, crée un avatar sur Facebook et devient Clara, une ravissante jeune femme de 24 ans...

Contactée par Alex le coloc de de son ex, Claire se prend au jeu de la séduction virtuelle...

Le réalisateur Safy Nebbou s'est inspiré d'une mésaventure qu'il a lui-même vécue avec une femme se faisant passer pour plus jeune qu'elle n'était, pour nous raconter cette histoire d'amour via les réseaux sociaux...

Car les deux héros interprétés avec beaucoup de talent par Juliette Binoche (magnifique dans ce rôle) et François Civil vont tomber dans le piège créé par Claire et tomber éperdument amoureux l'un de l'autre...

Le film parle de la détresse des femmes de 50 ans réduites à des subterfuges pour continuer à être désirées mais aussi de la fragilité des hommes face à l'amour qui se dérobe et c'est en cela qu'il est passionnant...

Le troisième personnage du film est la thérapeute de Claire, interprétée avec finesse par Nicole Garcia qui quitte peu à peu son attitude distanciée pour devenir la confidente de cette femme qui lui fait face comme un double...

Admirablement construit, le film nous tient en haleine jusqu'à la fin ! 

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Couple à la ville comme derrière la caméra, la réalisatrice turque Cagla Zenzirci et le réalisateur français Guillaume Giovanetti se sont inspirés d'un paragraphe découvert dans un livre de 2000 pages "Les langages de l'humanité" mentionnant l'existence d'un petit village au nord-est de la Turquie où les habitants parlent une langue sifflée...

Fascinés, les deux cinéastes se sont rendus sur place à Kusköy pour rencontrer les villageois et vivre leur vie, accueillis par le maire qui les a logés chez lui...

Le personnage de Sibel, l'héroïne du film, est une création de fiction nourrie par plusieurs rencontres dont celle d'une jeune femme muette qui réussissait à se faire comprendre dans la langue sifflée...

Dans Sibel, on parle de la place des femmes dans la société turque, on parle également de la difficulté d'être un homme partagé entre les traditions et son amour pour ses filles, on parle de rébellion pour échapper à son destin et ce aussi bien pour les femmes que pour les hommes dont certains refusent de faire leur service militaire et surtout on parle du loup, animal mythe puissant qui peuple la forêt de cette vallée proche de la mer...

Le spectateur fasciné ne quitte pas des yeux Sibel (troublante Damla Sônmez), jeune femme de 25 ans aux yeux verts et au visage fier, tour à tour "parfaite" maîtresse de maison auprès de son père et créature farouche qui traque le loup fusil à la main, pour compenser son handicap et trouver sa place dans la communauté villageoise...

Une expérience hors du commun !

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Le réalisateur Jia Zhang-Ke s'est inspiré d'une héroïne de la pègre des années 30-40 pour écrire son scénario...

Le film débute par une scène très sèche où Bin (impressionnant Liao Fan), chef de la pègre de Datong, fait avouer une faute à l'un de ses lieutenants, l'humiliant devant tous...

Sa compagne Qiao (formidable Zhao Tao), elle-même fille de mineur,  également sur les lieux, se fait respecter de tous les hommes par sa brutale autorité...

Nous sommes en 2001 lorsque la Chine s'éveille à l'Ouest et que les jeunes gens tentent d'oublier leur quotidien en dansant des nuits entières dans des discothèques...

Lorsque Bin se fait attaquer par une bande rivale, Qiao n'hésite pas à s'interposer en tirant en l'air pour faire fuir les agresseurs de son amant...

Arrêtée par la police, elle sera incarcérée durant 5 ans à l'issue desquels elle prendra le train et fera 7700 kilomètres à travers une Chine à chantiers ouverts, pour aller rejoindre Bin qui la reçoit très froidement : Bin qui a une nouvelle compagne a tourné le dos à la pègre pour tenter de trouver sa place dans le capitalisme sauvage...

Ecoeurée par cette double infidélité alors qu'elle s'est sacrifiée pour lui, Qiao repart à Datong pour régner en patronne sur la pègre locale...

Et quand dix ans plus tard Bin réapparaît pour lui demander de l'aide, Qiao femme courage oublie ses griefs pour à nouveau lui tendre la main...

Jia Zhang-Ke filme son épouse et muse au plus près de ses émotions, nous livrant un beau personnage de femme qui s'inscrit dans la lignée de ses précédents films...

Mais contrairement à son dernier opus Au-delà des montagnes, son propos est si noir et si teinté de violence qu'il occulte presque la force de l'histoire...

A voir bien évidemment pour Zhao Tao et pour l'aspect documentaire du film qui illustre les années d'agitation sociale qu'a connu la Chine entre 2001 et nos jours !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Barry Jenkins, le réalisateur de Moonlight, adapte le roman de James Baldwin paru en 1974 pour nous faire partager l'histoire d'amour contrariée de deux jeunes afro-américains dans le Harlem des années 70...

Tish (délicieuse Kiki Layne) et Fonny (Stephan James très émouvant) se connaissent depuis l'enfance et s'aiment...

Accusé à tort d'un viol qu'il n'a pas commis, Fonny est incarcéré...

Tish découvre qu'elle est enceinte et décide, avec l'aide de sa famille, de tout faire pour le sortir de prison...

Alternant les flash backs qui nous racontent peu à peu la genèse de l'accusation et les longs plans séquences qui nous associent à la naissance de leur amour, le film dénonce le racisme ordinaire, fondement quotidien du destin des noirs américains d'hier et d'aujourd'hui...

L'enfant qui naît incarne l'espoir des minorités opprimées qui envers et contre tout, restent dignes face à l'adversité...

Un beau film qui manque peut-être d'un peu de tension pour égaler In mood for love !

 

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