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Route 66

Route 66

Prenez vos bécanes pour aller au cinéma, voir des pièces de théâtre, admirer des expositions...

cinema

Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Une très jolie surprise en ce mois de novembre gris et hivernal : une comédie française intelligente portée par des acteurs tous plus épatants les uns que les autres !

Nicolas Bedos nous raconte l'histoire de Victor (Daniel Auteuil parfait dans le rôle), dessinateur au chômage et vieux mari délaissé par Marianne sa femme (Fanny Ardant pétillante)...

Nostalgique des années 70, Victor n'aime pas son époque et refuse tous les outils modernes de communication au grand dam de Marianne qui lui préfère François son ex associé (Denis Podalydès désopilant) et finit par le mettre à la porte de leur appartement...

Désemparé son fils François (Michaël Cohen sobre et touchant à la fois), lui offre un voyage dans l'époque de son choix, organisé par un de ses amis d'enfance Maxime (Guillaume Canet parfaitement à l'aise dans ce rôle de metteur en scène cynique et d'amoureux tyrannique)...

Victor choisit sans hésiter le jour où il a rencontré sa femme Marianne en 1974 !

C'est là que le film se met en place avec l'arrivée de Margot (délicieuse Dora Tillier), jeune comédienne qui interprétera le rôle de Marianne jeune... et par ailleurs amante de Maxime...

Alternant nostalgie et ironie, scènes d'aujourd'hui et scènes des années 70 dans une reconstitution aussi fidèle que délicieusement "clichés" , le film gagne en profondeur au fur et à mesure que les personnages prennent conscience de leurs vrais désirs...

Quelques scènes hilarantes dont la "partouze" et les ronflements de l'amant tombé de son piédestal, des personnages secondaires extrêmement bien campés (et plus particulièrement le photographe et la scripte de l'équipe de tournage), un invité surprise en la personne de Pierre Arditi qui nous émeut, un magnifique couple Ardant/Auteuil...

Une seule petite déception : le couple Tillier/Canet trop caricatural dans leurs relations volcaniques pour vraiment nous convaincre !

A voir assurément !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Roman Polanski (86 ans) nous replonge dans la plus grande erreur judiciaire de la fin du XIXe siècle, la fameuse affaire Dreyfus qui déchira les familles françaises durant 12 ans... 

Le scénario du film est signé Robert Harris, journaliste britannique de télévision et de presse écrite qui s'est fait un nom en écrivant des romans historiques... tout comme l'était celui de Ghost Writer (très grand succès du réalisateur en 2010)...

Pour nous faire vivre "l'Affaire" à Paris et non depuis l'île du Diable, Roman Polanski et Robert Harris ont décidé de la présenter du point de vue de Georges Picquart, un lieutenant-colonel antisémite qui a paradoxalement et largement contribué à innocenter Alfred Dreyfus...

Le film tourné en français démarre dans la sinistre cour de l'Ecole Militaire le 5 janvier 1895 lorsque Dreyfus, condamné pour haute trahison et intelligence avec l'ennemi, est dégradé sous les cris de la foule haineuse qui se presse aux grilles...

Et le ton est donné... Tout est sombre dans le film : les bureaux, les prétoires, les appartements... tout est confiné et sent la poussière... seuls rutilent les uniformes aux pantalons garance...

Durant 2h13, nous suivons avec passion l'enquête menée par Picquart depuis son arrivée à la tête du "Bureau des Statistiques", autrement dit le service du renseignement français jusqu'au fameux "J'accuse" d'Emile Zola qui précipitera le deuxième procès puis la réhabilitation du capitaine juif...

Interprété par une brochette d'acteurs tous plus excellents les uns que les autres : Jean Dujardin incarne avec sobriété le personnage complexe de Picquart, Louis Garrel est marmoréen dans les habits de Dreyfus, Grégory Gadebois est formidable comme à son habitude dans la peau de Hubert Henry, officier subalterne qui fabriqua des fausses preuves contre Dreyfus à la demande de sa hiérarchie, Mathieu Amalric campe un Bertillon plus vrai que nature, Vincent Perez est parfait en Me Leblois, l'avocat ami de Picquart, Didier Sandre excelle dans l'uniforme du général de Boisdeffre, Melvil Poupaud est magnifique dans la robe de Me Labori qui défendit Dreyfus... le film dénonce la chasse aux sorcières à l'encontre d'une minorité, la paranoïa sécuritaire, les tribunaux militaires secrets, les agences de renseignement qui échappent à tout contrôle, les dissimulations gouvernementales et la presse tabloïd...

Le 64ème film de Polanski est tout à la fois le récit d'un passé peu glorieux pour la France et son armée et une mise en garde contre un possible bégaiement de l'Histoire ! 

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Le réalisateur letton Juris Kursietis nous raconte l'histoire d'Oleg (formidable Valentin Novopolskij), garçon boucher qui quitte son pays pour travailler sans contrat dans une "usine de viande" à Bruxelles...

Bien intégré dans l'équipe, Oleg vit chichement mais semble satisfait de son quotidien qui lui permet d'avoir un salaire décent et des compagnons d'infortune...

Trahi par un de ses collègues, il est viré sur le champ et se retrouve la proie d'Andrzej, un polonais mafieux qui l'exploite en contrepartie du vivre et du couvert...

Oleg est rattrapé par le destin de l'Agneau de Dieu, parabole que lui racontait sa grand mère en lui promettant un avenir salvateur...

Tentant d'échapper à son bourreau, il s'enfuit à Gant pour admirer le fameux Agneau mystique peint par les frères Van Eyck puis, n'arrivant pas à trouver sa place au sein d'une quelconque communauté (Andrzej lui a déchiré son passeport letton et il ne parle pas polonais alors que c'est la nationalité portée sur son nouveau passeport), il retourne à Bruxelles où l'attendent d'autres épreuves...

Inspiré d'une histoire vraie, le film "coup de poing" fait froid dans le dos et nous interroge sur la capacité d'accueil de nos belles démocraties !

A voir un jour où vous avez le moral ! 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

J'attendais un regard neuf sur la Cosa nostra de la part du grand réalisateur Marco Bellocchio (79 ans)...

Certes il nous raconte l'incroyable destin de Tomaso Bruscetta, l'un des premiers "repentis" de la mafia - mais parallèlement il ne nous épargne aucun incontournable du thème cinématographique autour de la mafia : les scènes de famille, les mariages, les trahisons, les meurtres... 

Le personnage est fascinant, l'acteur qui l'incarne est fabuleux (Pierfrancesco Favino), les échanges entre Bruscetta et le juge Falcone fascinants d'intelligence mais le film est plombé par sa longueur, les nombreux flash backs et scènes rêvées... et surtout les grandiloquentes scènes du procès fleuve qui ressemble à un cirque ou à un zoo plus qu'à un véritable jugement de la "Pieuvre"...

Dommage, dommage... 

Le film aurait mérité d'être resserré autour de son héros dont l'étude de caractère aurait amplement suffi à nourrir le scénario !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Xavier Dolan a choisi le Québec pour tourner son 8ème long métrage...

Il nous parle d'amitié, d'une bande de copains qui se réunit pour boire, fumer et jouer à des jeux de mimes...

Les six trentenaires sont obligés de supporter la jeune sœur déjantée de l'un d'entre eux qui décide de tourner un court métrage amateur et leur demande de pallier l'absence de ses amis acteurs...

Matthias (Gabriel D'Almeida Freitas) et Maxime (Xavier Dolan) se voient contraints de tourner une scène de baiser qui va les plonger dans un trouble équivoque...

Hélas tout est tellement téléphoné que l'on n'arrive pas à s'intéresser à l'histoire de ces deux-là...

Matthias perd tout intérêt à son boulot et s'éloigne de sa femme...

Maxime se débat avec sa mère (incarnée par la fidèle Anne Dorval) qui est borderline et martyrise son fils... Il prépare son départ pour la Nouvelle Zélande où il a décidé de trouver un job de barman...

Rien ne nous est épargné, ni les disputes entre le fils et la mère, ni la coutumière scène de vomissement dans les toilettes, ni le pelotage dans une pièce fermée à clé où Matthias et Maxime succombent à leur attirance...

On ressort du film mal à l'aise, consternés une fois de plus par les éternels atermoiements de cette classe d'âge qui n'en finit plus de reculer devant l'âge adulte !

Les acteurs jouent bien mais ils ne sont ni sympathiques ni attendrissants...

Enfin heureusement qu'il y a des sous titres car le québécois mêlé d'anglais baragouiné est le plus souvent incompréhensible !

A voir si vous aimez Xavier Dolan ?

 

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Christophe Honoré s'interroge et nous interroge sur la vie conjugale et la fidélité après de nombreuses années  de mariage...

Avec ce rôle, Chiara Mastroianni qui a remporté le prix d'interprétation féminine dans la sélection Un certain regard au festival de Cannes 2019...

De tous les plans du film, elle interprète Maria, une femme mariée à Paul (Benjamin Biolay) depuis 20 ans...

Si Paul lui a été fidèle, Maria elle, a eu des dizaines d'amants parmi ses proches et ses élèves de la fac de Droit...

Quand Paul découvre sa dernière infidélité, elle fait ses valises et se réfugie dans la chambre 212 de l'hôtel en face de chez elle...

Tandis qu'elle observe son mari déprimer, Maria convoque ses ex dont Paul à 25 ans interprété par Vincent Lacoste et fait la connaissance d'Irène (Camille Cottin), la professeur de piano et amour de jeunesse de Paul...

Sur une excellente bande son, le réalisateur filme avec amusement et mélancolie les heurs et malheurs de Don Juanne qui se raconte et tente de comprendre ce qui arrive à leur couple...

Malheureusement et contrairement à la plupart des critiques, et malgré l'excellent jeu des acteurs, je ne suis pas entrée dans la fable, ce que je regrette mais un excès de futilité m'a empêchée d' y voir autre chose qu'un pur exercice de style sans réelle analyse en profondeur...

Dommage !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Nicolas Pariser qui fut un élève de Rohmer, nous plonge dans les intrigues politiques d'une mairie tenue par un socialiste Paul Théraneau (Fabrice Luchini fabuleux)...

Usé, en panne d'inspiration, le maire s'adjoint les services d'une jeune normalienne Alice Heimann (Alice Demoustier parfaite dans le rôle), censée lui rédiger des notes sur des sujets de son choix pour lui donner des idées !

Intrigué puis peu à peu fasciné par les thèmes choisis par la jeune femme (1er  thème : la modestie), le maire va retrouver son appétit politique jusqu'à envisager de se représenter...

Le scénario s'attarde avec bonheur sur la personnalité des deux protagonistes et l'émergence de leur amitié mais musarde avec moins de succès dans la description des enjeux qui agitent tout le petit monde de la mairie, de la chef de cabinet aux communicants et aux experts...

Dommage qu'avec un si beau sujet et de si bons acteurs, le réalisateur n'ait pas osé aller jusqu'au bout de sa fiction en faisant prononcer par le maire le magnifique et courageux discours écrit par sa conseillère...

Un film audacieux mais qui tourne court !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Dans son premier long métrage le réalisateur suisse Antoine Russbach a choisi de nous montrer la réalité du monde capitaliste sans fard et sans jugement...

Son film nous raconte l'histoire de Franck (incarné par Olivier Gourmet) qui travaille depuis des années dans une entreprise de transport suisse...

Quand totalement investi dans son rôle de décideur Franck commet une faute professionnelle, il est immédiatement lâché par sa hiérarchie qui en profite pour se débarrasser d'un cadre devenu trop cher et qui surtout manquait de rondeur dans ses prises de position...

Meurtri, Franck décide de mentir à sa femme et à ses 5 enfants et continue à se lever tous les matins pour faire illusion... car Franck qui s'est fait tout seul à la force du poignet n'existe à ses yeux qu'à travers son statut social et le confort de vie qu'il offre à sa famille...

Quand la vérité se fait jour, Franck se retrouve seul, lâché par le monde du travail dont l'hypocrisie éclate au grand jour et surtout lâché par sa famille qui ne voyait en lui qu'un portefeuille...

Seule sa dernière fille Mathilde (formidable Adèle Bochatay) le voit comme un père et le rattache à la vie...

Un film à voir absolument pour le jeu d'Olivier Gourmet mais également pour mieux comprendre le piège de la marchandisation des êtres au nom du travail !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Edouard Bergeon a voulu rendre hommage à son père agriculteur qui s'est suicidé en 1999 criblé de dettes...

Pour nous raconter l'évolution du monde paysan durant ces 40 dernières années, le réalisateur a choisi de nous faire vivre avec une famille composée du grand père (Rufus excellent en vieil autoritaire), du père Pierre incarné par Guillaume Canet, de la mère et de leurs deux enfants...

L'histoire commence en 1970 quand Pierre rentre tout fringant d'une expérience aux USA, rachète l'exploitation à son père, épouse sa fiancée Claire (formidable Veerle Baetens) qui l'a attendu et se lance dans une grande politique intensive pour s'inscrire dans la modernité...

20 ans plus tard Pierre est surendetté et l'incendie d'une grange le fait sombrer dans une dépression dont personne n'arrive à le sortir : ni sa femme qui travaille au dehors pour remplir le frigo et assure toute l'exploitation du domaine, ni Thomas son fils (excellent Anthony Bajon) prêt à interrompre ses études d'ingénieur agricole pour reprendre la direction des Grands Bois...

Je suis allée voir ce film car je suis certaine que notre agriculture est en danger et qu'il faut parler des suicides des agriculteurs qui ont "investi" comme leur recommandait la FNSEA mais se retrouvent seuls face à d'immenses difficultés liées à la politique de croissance à tout prix et à l'usage intensif des pesticides...

Le sujet est passionnant mais Guillaume Canet sensé incarner le père du réalisateur jusqu'à cette ridicule calvitie que la caméra n'arrête pas de souligner, ne m'a pas du tout émue :  il est incapable de demander de l'aide à son père et ne saisit pas la main tendue par sa femme mère courage et ses enfants... Il s'enferme pour boire, fumer et absorber des médicaments qui finissent par le rendre violent...

Dommage qu'Edouard Bergeon dont c'est le premier long métrage, n'ait pas réussi à prendre plus de distance par rapport à son histoire personnelle pour délivrer un message plus universel et donc plus fort !

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Publié le par Hélène
Publié dans : #cinéma

Woody Allen retrouve pour notre grand plaisir Manhattan : ses villages, ses rues, ses appartements, ses hôtels, son atmosphère...

Sa caméra filme avec amusement Gatsby (Timothée Chalamet) et Ashleigh (Elle Fanning) ses deux jeunes héros venus passer un weekend en amoureux à New York...

En effet, venue interroger pour le magazine de son lycée le célèbre réalisateur Roland Pollard (Liev Schreiber), Ashleigh est ravie à l'idée de découvrir la vie natale de Gatsby...

Mais rien ne se déroule comme prévu...

Le réalisateur en pleine crise créatrice propose à la jeune journaliste en herbe de découvrir son dernier film avant qu'il ne le détruise... il l'entraîne avec lui et la présente à tous ceux qui gravitent autour de lui...

Fascinée la jeune femme se laisse happer par la vie factice des gens de cinéma tandis que Timothée laissé à lui-même, renoue avec ses anciens amis et accepte de participer à la soirée organisée par sa puissante et tyrannique mère...

Le dernier film de Woody Allen est une vraie réussite : deux acteurs qui crèvent l'écran, de belles images, un scénario intelligent, des dialogues brillants le tout servi par une bande son jazzy à souhait... 

Enfin contrairement à ses précédents films où le réalisateur laissait transparaître  une certaine amertume, celui-ci est enlevé et optimiste et offre de très belles scènes comme celle de l'échange en tête à tête entre la mère et le fils !

A voir absolument !

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